En ce moment même, le Musée des beaux-arts de Montréal accueille l’inauguration de l’exposition présente en Amérique du Nord Momies égyptiennes: Passé retrouvé, mystères dévoilés. Les visiteurs peuvent partir à la rencontre de six momies qui, de leur vivant, vivaient dans l'Égypte antique, de la Troisième Période intermédiaire (1069-525 av. J.-C.) à l'Égypte romaine (30 av. J.-C. - 395 ap. J.-C.), et en apprendre davantage sur leur vie, leur place dans la société et, bien sûr, les circonstances de leur mort.
L’exposition lève le voile sur des recherches récentes entreprises par le British Museum, qui a pu effectuer un scanner détaillé des momies grâce à une technologie non invasive, révélant au grand jour des détails sur ces momies que l’on n'avait pas vus auparavant, notamment sur la cause de leur décès et les objets avec lesquels elles furent enterrées. C’était assez impressionnant de constater le travail des embaumeurs à l’intérieur de la momie – où des paquets d’organes furent placés, voir comment le squelette fut rempli de résine, et quels objets furent introduits dans les langes de lin de la momie.
Des vidéos très bien faites fournissent les informations principales sur les momies, telles que les maladies dont elles avaient souffert, le régime qu’elles suivaient, et les techniques que les embaumeurs utilisèrent pour les momifier. Mêlant à la fois anthropologie physique, égyptologie et recherche scientifique, cette exposition offre au visiteur une compréhension approfondie de ces six personnalités ainsi que la culture égyptienne dans laquelle elles évoluaient.
Outre ces six momies, l’exposition recouvre plus de 240 objets et panneaux explicatifs pour explorer plus en profondeur les funérailles, culture et société égyptiennes. Si vous venez à Montréal avant le 2 février 2020, allez voir cette exposition! Les billets d’entrée tarif normal coûtent 24 dollars canadiens, 16 CAD pour les jeunes âgés entre 21 et 30 ans et 12 CAD les mercredis soirs.
Qui étaient ces six momies?
Nestaoudjat, Dame de la maison
Son titre de "Dame de la maison" indique qu’elle était mariée, et probablement originaire de Thèbes. Elle vécut lors de la Troisième période intermédiaire de l’Égypte, entre 700-680 av. J-C. Son nom Nestaoudjat signifie "celle qui appartient à l’œil oudjat", également connu comme l’Œil d’Horus, symbole de protection et de guérison. Elle avait probablement entre 35 et 49 ans à l’âge de sa mort. Elle souffrait de lésions au niveau de la moelle épinière.
Tamout, chanteuse d’Amon
Tamout était une femme d’âge moyen qui était une chanteuse d’Amon au cours de la Troisième période intermédiaire (900 av. J-C.). Des inscriptions sur son cercueil permettent de l’identifier comme la fille de Khonsou, prêtre d’Amon. En se fondant sur son statut familial, elle aurait pris part à des rituels au temple de Karnak, le sanctuaire religieux le plus important à Thèbes (aujourd’hui connu sous le nom de temple de Louxor). Les tomodensitogrammes révèlent de nombreuses amulettes et objets de rituels placés sur son corps sous les langes. On croyait qu’ils avaient des pouvoirs magiques censés protéger les défunts et les aider à atteindre l’immortalité.
Irthorrou, Prêtre d’Akhmim
Cet homme d’une cinquantaine d’années vivait dans la ville d’Akhmim, à environ 200 km du nord de Thèbes, durant la Basse Époque. Irthorrou était un prêtre qui se consacrait au temple d’Akhmim. Il était chargé d’habiller le dieu Min, et était le gardien des secrets. Sa momie témoigne d’une vie passée au service des dieux et du pouvoir que les prêtres de son rang tenaient dans l’Égypte antique. Son corps fut momifié avec plusieurs amulettes (comme un œil oudjat derrière sa tête) dans le but de le protéger et d’assurer un passage sécurisé vers les Champs d’Ialou.
Chanteuse au temple de Thèbes
Son nom est inconnu. Néanmoins, nous savons que cette femme d’une cinquantaine d’années était une prêtresse, une chanteuse de l’intérieur du Temple d’Amon. Elle vécut à Thèbes aux alentours de 800 av. J-C et travaillait probablement au temple de Karnak. Elle souffrait de divers problèmes dentaires. Il lui manque une dent de devant.
L’enfant d’Hawara
Cet enfant sans nom est mort en 40-60 apr. J-C au cours de la période romaine à l’âge de seulement deux ans. Dans l’Égypte antique, peu d’enfants étaient momifiés, mais lors de la période romaine, on a découvert qu’il y avait plus de momies d’enfants. Les côtes et la moelle du garçon ont été endommagés, possiblement durant la momification, mais son corps avait été enveloppé avec grand soin dans de nombreuses couches de bandages. Son masque en cartonnage doré et finement décoré suggère qu’il était issu d’une famille d’élite. Une tunique d’enfant extrêmement bien conservée exposée à côté de cette momie est particulièrement impressionnante!
Jeune Homme de l’Égypte romaine
Ce jeune homme avait seulement 17-20 ans lorsqu’il est décédé, probablement à Thèbes, autour de 140-180 apr. J-C. La momification continuait lors de la période romaine, mais les techniques et styles avaient changé. Des panneaux de bois portant des photos du défunt, appelés "portraits de momie", étaient placés sur la tête de la momie. Le portrait réaliste de cet homme ressemble à une photographie datant d’il y a 2 000 ans, montrant un beau jeune homme aux cheveux sombres et bouclés et aux sourcils épais. Contrairement à cette belle image, les tomodensitogrammes ont montré qu’il était en surpoids et qu’il souffrait de caries, ce qui pourrait témoigner d’une alimentation riche en sucre et en féculents.
Momies égyptiennes: Passé retrouvé, mystères dévoilés est au musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 02 février 2020.

