La traite atlantique des esclaves (également appelée traite négrière occidentale, d'environ 1492 à 1860) consistait à réduire en esclavage les citoyens des États africains et à les transporter à travers l'océan Atlantique vers le "Nouveau Monde" des Amériques. Bien que les Portugais aient été les premiers à initier la traite des esclaves entre l'Afrique et l'Europe au XVe siècle, Christophe Colomb, naviguant pour le compte de l'Espagne, fut le premier à exporter des indigènes des Amériques vers l'Europe, et est donc généralement considéré comme ayant établi la traite atlantique des esclaves – telle que ce terme est généralement compris – en 1492.
La doctrine de la découverte, promulguée par le pape Alexandre VI en 1493, proclamait le droit de toute nation chrétienne à s'emparer des terres des non-chrétiens dans le but de sauver leurs âmes. La même année, le pape déclara que les habitants non chrétiens de ces terres pouvaient être réduits en esclavage dans le même but. L'esclavage était établi de longue date en Afrique avant l'arrivée des Européens, et les moyens nécessaires à la capture et au transport des êtres humains étaient donc déjà en place.
Le Portugal commença à exporter des esclaves d'Afrique vers l'Europe en 1440, et dès 1530, d'autres nations européennes s'y étaient mises. Avec le temps, cette pratique donna lieu au "commerce triangulaire" entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques, avec des navires qui quittaient les ports européens avec des marchandises, les échangeaient en Afrique contre des esclaves, vendaient les esclaves dans les Amériques, et retournaient à leurs ports d'attache avec des marchandises et des matières premières américaines.
L'esclavage fut initialement institutionnalisé dans les Treize Colonies qui allaient devenir les États-Unis en 1640 (dans la colonie de Jamestown en Virginie), puis profita largement de la traite atlantique des esclaves jusqu'à son abolition en 1808 (même si la pratique se poursuivit pendant plusieurs décennies après cette date). Les dates auxquelles les pays abolirent la traite atlantique des esclaves sont les suivantes:
- Danemark et Norvège – 1803
- Grande-Bretagne – 1807
- États-Unis – 1808
- Suède – 1813
- Pays-Bas – 1814
- France – 1817
- Espagne – 1817
- Portugal – 1818
- Brésil portugais – 1850
L'abolition ne mit toutefois pas fin à cette pratique, car les marchands d'esclaves continuèrent à faire passer illégalement des cargaisons humaines à travers l'océan Atlantique. Le dernier navire négrier à transporter des Africains kidnappés vers les États-Unis fut le Clotilda en 1860. Le trafic intérieur d'esclaves se poursuivit aux États-Unis, brièvement interrompu par la guerre de Sécession, jusqu'à l'abolition de l'esclavage par le treizième amendement en 1865. Des preuves suggèrent toutefois que la traite atlantique des esclaves se serait poursuivie illégalement jusqu'en 1873.
On estime qu'entre 12 et 18 millions d'Africains de diverses nationalités furent transformés en marchandises par la traite atlantique des esclaves entre le XVe et le XIXe siècle, beaucoup mourant pendant le "Passage du milieu", le voyage entre l'Afrique et les Amériques.
L'esclavage en Afrique
Comme indiqué précédemment, l'esclavage était pratiqué depuis longtemps par les nations africaines. Le chercheur Oscar Reiss commente:
L'esclavage existait en Afrique bien avant l'arrivée des Européens, et la structure permettant de rassembler et de déplacer les esclaves était donc déjà en place. Les individus étaient condamnés à l'esclavage pour adultère, vol... et dettes. Pendant les périodes de famine, les individus pouvaient se vendre eux-mêmes, ainsi qu'une partie ou la totalité de leur famille, comme esclaves. Le jeu conduisait parfois à l'esclavage et une personne pouvait se retrouver en servitude après avoir joué. Certains étaient kidnappés. Les prisonniers de guerre constituaient une source importante d'esclaves. Après l'intervention européenne, les "guerres" représentaient la principale source d'esclaves... Le nombre total de personnes emmenées hors d'Afrique a atteint 18 millions.
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L'esclavage en Afrique n'était pas fondé sur la race ou la religion. Une personne réduite en esclavage avait soit été condamnée pour un crime, s'était vendue elle-même ou avait été vendue par d'autres à des fins lucratives ou pour rembourser une dette, soit s'était livrée à une activité conduisant à l'esclavage (jeux d'argent, dégradation de sanctuaires religieux), soit avait été faite prisonnière lors de conflits, qu'il s'agisse de guerres ou de raids sur des villages. L'esclavage européen était motivé à la fois par la race et la religion, car on croyait que les Blancs étaient supérieurs aux Noirs et le christianisme à toutes les autres religions. Les régions les plus touchées par la traite atlantique des esclaves étaient:
- Baie du Bénin
- Baie du Biafra
- La Côte-de-l'Or
- Le Sénégal et la Gambie
- Afrique du Sud-Est
- Haute-Guinée (en particulier la Sierra Leone)
- Afrique centrale occidentale
- Côte du Poivre
Toutes ces régions furent déstabilisées par la traite atlantique des esclaves qui contribua à la colonisation, aux politiques impérialistes et racialisées, et causa des dommages irréparables aux populations, à leur culture, à leurs croyances et à leurs pratiques religieuses.
Les commerçants arabes musulmans transportaient des esclaves dans le cadre du commerce subsaharien depuis des siècles lorsque la traite atlantique commença au XVe siècle, mais après l'intervention européenne, le commerce des esclaves connut un essor fulgurant et les chefs de village étaient désireux de fournir des esclaves aux commerçants européens en échange de marchandises, principalement des armes à feu et d'autres armes, qui leur donnaient un avantage certain dans les guerres.
Le Nouveau Monde et l'esclavage
Christophe Colomb lança la traite atlantique des esclaves en ramenant des Amérindiens des Caraïbes en Espagne en 1492. Entre 1493 et 1496, il mit en place le système de l'encomienda dans les régions du Nouveau Monde revendiquées par l'Espagne, qui institutionnalisa l'esclavage dans les Antilles, en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Les commerçants français, néerlandais et danois qui avaient fait leur entrée en Amérique du Nord réduirent également les autochtones en esclavage, et finalement, les Britanniques se joignirent à cette pratique, asservissant les Autochtones à Jamestown dès 1610.
Les esclaves amérindiens étant jugés moins désirables que les esclaves africains, l'attention se tourna vers l'Afrique, et le premier transport à grande échelle d'esclaves africains vers les colonies portugaises du Brésil remonte à 1526. Les marchands d'esclaves européens travaillaient directement avec les chefs africains pour se procurer des esclaves, comme l'explique Reiss:
Les marchands blancs transportaient du brandy français, du rhum, des barres de fer, du lin, des bouilloires en laiton, des boutons en verre, des perles, des bagues en laiton, des bracelets, des médailles, des bracelets, de la poudre à canon, des balles de mousquet, des mousquets, des vêtements, des couteaux, du calicot rouge et de la soie. Les armes étaient les articles les plus importants, car elles pouvaient être utilisées pendant la guerre pour obtenir des esclaves auprès des tribus qui n'avaient pas encore découvert la poudre à canon. Le marchand approchait un chef africain avec des cadeaux, en échange desquels il accordait à l'Européen la permission de commercer dans son domaine. Le chef désignait des hommes de son entourage pour aider le marchand... Les prix étaient convenus à l'avance avec le chef. Le prix variait en fonction de l'âge, du sexe, de l'emplacement du comptoir commercial et du moment où le commerce avait lieu. Au milieu du XVIIIe siècle, un homme en bonne santé pouvait coûter 20 livres ou 110 gallons de rhum ou un demi-fût de brandy ou 12 à 14 barres de fer. (32)
Les gens étaient parfois kidnappés individuellement alors qu'ils chassaient, pêchaient ou travaillaient leurs terres. Des villages entiers pouvaient également être réduits en esclavage lors d'un seul raid au cours duquel les maisons étaient incendiées et les habitants capturés alors qu'ils fuyaient les flammes. Une fois réduits en esclavage, les individus étaient transportés en coffle (ou conduite, une file de personnes menottées et reliées par une chaîne) vers un marché aux esclaves sur la côte où ils étaient inspectés, répartis en groupes en fonction de leur âge, de leur sexe et de leur état de santé, puis embarqués à bord de navires pour être vendus en Amérique. Ceux qui étaient considérés comme trop vieux ou trop infirmes étaient tués afin d'éviter le coût de leur retour dans leur village; mais on ne comprend pas bien pourquoi on ne les laissait pas tout simplement rentrer chez eux par leurs propres moyens.
Un chef africain qui collaborait avec les commerçants européens pouvait parfois être emmené lui-même, comme le note Reiss:
Les esclavagistes n'hésitaient pas à "profiter d'un bonus". Un chef tribal apporta un groupe d'esclaves capturés pendant la guerre. Après avoir conclu son affaire, il fut invité à bord du navire pour dîner. Il fut drogué et se réveilla en mer, désormais membre du groupe d'esclaves. (33)
Les esclaves entendaient parfois leurs compagnons leur dire qu'ils étaient engraissés pour être mangés par les Européens, car des rumeurs circulaient selon lesquelles les Blancs étaient cannibales. Certains tentèrent (et beaucoup ont réussi) de se suicider, tandis que d'autres se battirent pour éviter d'être embarqués à bord d'un navire. L'ancien esclave et futur abolitionniste Olaudah Equiano (c. 1745-1797) décrit cela dans son ouvrage de 1789, The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa, the African, Written by Himself (Olaudah Equiano, Ma véridique histoire).
Les commerçants européens tentèrent de faire taire ces rumeurs, car elles entraînaient des pertes financières en raison des suicides ou des esclaves rebelles qui devaient être tués, mais les rumeurs persistèrent. Le récit d'Equiano de 1789 détaille les événements survenus vers 1755, mais la crainte des Africains d'être capturés par les Blancs pour servir de source de nourriture était encore très répandue au XIXe siècle.
Conditions à bord et Passage du Milieu
Une fois à bord, les esclaves étaient conduits dans la cale. Reiss commente:
Un chirurgien anglais a laissé une description des conditions à bord d'un navire négrier. Les esclaves masculins, une fois à bord, étaient attachés deux par deux avec des menottes aux poignets et des entraves rivetées aux jambes. Ils étaient envoyés dans un compartiment séparé des femmes, qui n'étaient pas menottées. Les garçons étaient gardés dans un troisième compartiment. Ils se trouvaient tous sous le pont. Les esclaves étaient couchés sur le côté. La hauteur entre les couches empêchait toute position verticale... Des plates-formes étaient construites entre les ponts pour stocker davantage d'esclaves. Dans chaque compartiment, il y avait trois ou quatre seaux coniques pour que la "cargaison" puisse se soulager. Certains étaient incapables d'atteindre le seau et se soulageaient là où ils étaient couchés. Les seaux étaient trop petits pour l'usage auquel ils étaient destinés et débordaient avant de pouvoir être vidés quotidiennement.
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Dans le chapitre II de son ouvrage de 1789, Olaudah Equiano donne un témoignage direct des conditions de son esclavage vers 1755 et de son passage à bord d'un navire négrier:
... L'odeur nauséabonde de la cale lorsque nous étions sur la côte était si insupportable qu'il était dangereux d'y rester longtemps, et certains d'entre nous avaient été autorisés à rester sur le pont pour respirer l'air frais; mais maintenant que toute la cargaison du navire était confinée ensemble, l'air était devenu absolument pestilentiel. L'exiguïté des lieux, la chaleur du climat et le nombre de personnes à bord, si nombreuses qu'elles pouvaient à peine se retourner, nous étouffaient presque.
Cela provoquait une transpiration abondante, de sorte que l'air devint rapidement irrespirable, à cause d'une multitude d'odeurs répugnantes, et provoqua une maladie parmi les esclaves, dont beaucoup moururent, victimes de l'avarice imprévoyante, si je puis dire, de leurs acheteurs. Cette situation misérable était encore aggravée par le frottement des chaînes, désormais insupportable, et par la saleté des seaux hygiéniques, dans lesquels les enfants tombaient souvent et étaient presque étouffés. Les cris des femmes et les gémissements des mourants rendaient toute cette scène d'horreur presque inconcevable.
Le voyage entre la côte africaine et les Amériques était connu sous le nom de "Passage du Milieu" (Middle Passage). Le "Premier Passage (First Passage) était la marche en coffle depuis le lieu où les personnes étaient asservies jusqu'aux comptoirs commerciaux sur la côte, et le "Passage Final" (Final Passage) était le transport des esclaves depuis le marché aux esclaves des Amériques jusqu'à la plantation de leur nouveau maître. Le Passage du Milieu pouvait durer jusqu'à six mois, selon les conditions météorologiques, les vents et d'autres facteurs, ou moins de deux mois, mais quelle qu'ait été la vitesse du navire, les esclaves étaient soumis à ces conditions pendant au moins sept semaines. Le taux de mortalité à bord était élevé et on estime qu'environ quatre millions d'Africains trouvèrent la mort pendant le Passage du Milieu entre 1526 et 1860 environ.
Les esclaves mouraient également en masse dans les "camps d'acclimatation", qui faisaient partie du Passage Final. Une fois débarqués en Amérique, avant d'être vendus et transportés vers la maison ou la plantation de leur nouveau maître, les esclaves passaient par une période d'adaptation et d'"éducation" appelée "acclimatation", au cours de laquelle ils étaient dépouillés de leur ancienne identité et de leur ancien nom et rendus "aptes" à l'esclavage. Les "camps d'acclimatation" se trouvaient souvent à la Barbade. Reiss écrit:
Au cours de cette période de deux à trois ans, les Noirs étaient initiés à l'habillement, aux exigences de l'agriculture de plantation, ainsi qu'à la crainte et au respect des Blancs. Le taux de mortalité pendant l'acclimatation pouvait atteindre près de 30 %.
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Les esclaves mouraient souvent de malnutrition pendant l'"acclimatation", car les esclavagistes les forçaient à s'adapter au type et à la quantité de nourriture qui leur serait donnée dans les plantations des Amériques – principalement du maïs, du pain et du riz ou de la purée de haricots – en petites portions. Beaucoup mouraient également de maladie, d'épuisement, des suites de coups ou d'autres punitions, ou se suicidaient.
Résistance et révolte
Les Africains kidnappés ne se rendaient pas docilement aux comptoirs commerciaux, aux navires ou aux camps, et beaucoup résistaient ou se rebellaient ouvertement. Le suicide était considéré comme une forme de résistance et aussi comme une libération, car l'âme de la personne serait alors libérée de toute forme d'esclavage terrestre. Les grèves de la faim étaient une forme populaire de résistance dans les "camps d'acclimatation", tout comme les ripostes et les tentatives d'évasion. Les évasions n'étaient jamais couronnées de succès, car les esclaves étaient confinés à la Barbade, aux Antilles britanniques ou ailleurs dans les Amériques et n'avaient aucun moyen de retourner en Afrique, même s'ils parvenaient à échapper à leurs esclavagistes.
On estime qu'il y aurait eu au moins 485 révoltes à bord des navires négriers et, très probablement, d'autres qui ne furent jamais signalées par crainte de nuire à la réputation du capitaine et de l'équipage. Les équipages des navires négriers étaient parfaitement conscients de la possibilité d'une révolte et prenaient des mesures pour l'empêcher.
L'une des raisons pour lesquelles les esclaves étaient maintenus sous le pont – à l'exception de brèves sorties sur le pont une fois par jour pour prendre l'air – était de les empêcher d'observer comment le navire était manœuvré, de sorte que, même s'ils réussissaient à se révolter, ils ne sauraient pas comment naviguer pour rentrer chez eux. Les outils et autres objets étaient soigneusement mis sous clé afin qu'ils ne puissent pas être pris et utilisés comme armes. L'équipage était également lourdement armé, les esclaves masculins étaient menottés et les navires étaient conçus de manière à ce que l'équipage puisse facilement tirer sur les esclaves qui sortaient de la cale. Les révoltes d'esclaves à bord des navires étaient systématiquement réprimées et leurs meneurs exécutés.
Malgré tout, certaines révoltes d'esclaves à bord de navires réussirent, notamment celle du Clare, un navire négrier qui avait quitté la Guinée le 2 août 1729 à destination de l'Amérique du Nord. Peu après avoir quitté la côte africaine, les esclaves s'emparèrent du navire, le capitaine et l'équipage s'échappèrent dans des canots, puis les esclaves firent demi-tour avec le Clare, le ramenèrent vers la côte et s'enfuirent.
Le Clare est le plus célèbre navire négrier ayant connu une révolte de toute l'histoire de la traite atlantique. Deux autres exemples, la révolte de la Amistad (1839) et l'affaire de la Creole (1841), bien qu'associées à la traite atlantique, se produisirent en fait après son abolition, à une époque où le commerce intérieur des esclaves dans les Amériques était encore florissant.
Les personnes détenues à bord de la Amistad avaient été illégalement enlevées en Sierra Leone, emmenées à La Havane, à Cuba, et vendues à des marchands qui les emmenaient à Puerto Principe, à Cuba, pour les revendre. L'un des esclaves, Sengbe Pieh (mieux connu sous le nom de Joseph Cinque), se libéra de ses chaînes et mena les autres à la prise du navire. Ils voulaient retourner en Sierra Leone, mais les deux propriétaires mirent secrètement le cap sur les États-Unis. Le navire fut saisi et le procès qui en résulta, États-Unis c. Amistad, fit la une de l'actualité internationale. Finalement, Pieh et les autres furent libérés et rentrèrent chez eux en 1842.
La Creole était un navire négrier national qui voyageait de Virginie à la Nouvelle-Orléans avec une "cargaison" de 135 esclaves lorsque l'un d'entre eux, Madison Washington, mena 18 autres esclaves dans ce qui fut qualifié de révolte d'esclaves la plus réussie de l'histoire des États-Unis. Washington fit naviguer le navire vers les Bahamas, territoire britannique où l'esclavage avait été aboli, libérant 128 des 135 esclaves initialement détenus à bord.
Conclusion
Ce n'est pas parce que la traite atlantique des esclaves avait été abolie en Grande-Bretagne en 1807 et aux États-Unis en 1808 que les esclavagistes avaient cessé de s'y adonner. Comme le note Reiss:
Toutes les lois [interdisant la traite atlantique des esclaves] étaient inscrites dans les textes, mais elles ne pouvaient être appliquées. La marine était petite et le littoral étendu. Les officiers de la marine américaine, souvent originaires du Sud, n'étaient pas enclins à poursuivre les esclavagistes et les tribunaux n'appliquaient pas les lois avec beaucoup de rigueur lorsque des criminels étaient appréhendés. (42)
Les navires négriers continuèrent à traverser l'océan Atlantique avec la même "cargaison" qu'auparavant et échappèrent aux contrôles en arborant les pavillons de différentes nations qu'ils pouvaient hisser sur le mât dès qu'ils apercevaient un autre navire, comme le pavillon américain s'ils étaient approchés par un navire américain. Ils disposaient également de faux papiers à présenter, s'ils étaient contrôlés par les autorités, prétendant transporter n'importe quelle marchandise autre que des esclaves. La traite atlantique des esclaves se poursuivit donc pendant des années après son abolition et, comme indiqué, le dernier navire négrier à accoster aux États-Unis fut le Clotilda en 1860.
Ce n'est qu'au XXIe siècle que les gouvernements de nombreux pays, mais pas tous, qui avaient profité de la traite transatlantique des esclaves présentèrent des excuses officielles pour le rôle qu'ils jouèrent dans l'esclavage et la mort de millions de personnes arrachées à leurs foyers en Afrique. Aujourd'hui, ces millions de personnes sont honorées chaque année le 23 août à l'occasion de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.