Frederick Douglass

Visionnaire américain
Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
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Frederick Douglass 1876 (by George Kendall Warren, Public Domain)
Frederick Douglass 1876 George Kendall Warren (Public Domain)

Frederick Douglass (vers 1818-1895) était un orateur abolitionniste, pasteur, écrivain, éditeur, réformateur et homme d'État, né esclave dans le Maryland, qui s'était enfui à New York vers l'âge de 20 ans et était devenu un orateur et un écrivain de talent. Grâce à la force de sa condamnation de l'esclavage et à ses talents de présentation, Douglass était l'un des orateurs les plus populaires du circuit des conférences; il devint un auteur à succès et, à la fin de sa vie, était l'Américain le plus photographié du XIXe siècle.

Douglass défendait les droits civiques pour tous et, à une époque où le droit de vote des femmes était un sujet controversé, il plaidait déjà en sa faveur. Cependant, sa préoccupation principale était l'abolition de l'esclavage et la prise de conscience par ses compatriotes américains des horreurs et de l'hypocrisie de cette institution. En réponse à la question "Qu'a fait Frederick Douglass?", on peut dire sans exagérer qu'il éveilla la conscience des États-Unis sur leurs graves lacunes en matière de droits de l'homme et sur la trahison de leurs propres idéaux tels qu'énoncés dans la Déclaration d'indépendance et la Constitution.

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Douglass croyait fermement aux idéaux de ces deux documents et estimait que tous les Américains, indépendamment de leur couleur de peau ou de leur sexe, devaient pouvoir bénéficier des avantages d'une société fondée sur ces idéaux. Peu après s'être échappé de l'esclavage en 1838 et jusqu'à sa mort en 1895, Douglass conserva sa vision d'États-Unis vivant selon les idéaux de leur fondation. Il continua à se battre pour l'égalité des droits pour tous et la reconnaissance de la liberté comme condition naturelle de chaque être humain, qui ne devrait jamais être refusée à autrui, en particulier par un gouvernement fondé sur les principes de liberté et de justice.

Jeunesse

Douglass vit le jour esclave, vers 1818, dans une plantation de la région de la côte est du comté de Talbot, dans le Maryland. Sa mère était Harriet Bailey, une esclave, et son père aurait été un homme blanc, très probablement le propriétaire d'Harriet. Elle nomma son fils Frederick Augustus Washington Bailey, un nom qu'il porta jusqu'à ce qu'il ne s'échappe de l'esclavage, n'abandonne ses deuxième et troisième prénoms et ne choisisse le nom de famille Douglass.

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Dans son autobiographie de 1845, Vie d'un esclave américain écrite par lui-même (Narrative of the Life of Frederick Douglass), il écrit qu'il voyait rarement sa mère, car elle vivait dans une autre plantation située à 19 km de là, ne pouvait lui rendre visite que la nuit et devait parcourir cette distance à pied dans les deux sens pour rentrer chez lui avant le lever du soleil. Il n'avait aucune idée de sa date de naissance et choisit le 14 février après son émancipation, car il semblait se souvenir que sa mère l'appelait son "petit Valentin". Son année de naissance est également incertaine; Douglass lui-même déclara qu'il n'avait jamais vraiment su quel âge il avait, mais il supposait qu'il était né vers 1818. Il fut élevé par sa grand-mère maternelle, Betsy Bailey (une esclave), et son mari, Isaac, qui était un homme libre. La mère de Douglass mourut lorsqu'il avait sept ans, et il écrirait plus tard:

Je n’avais guère joui de sa présence consolante, je n’avais guère été l’objet de ses soins tendres et vigilants ; aussi reçus-je la nouvelle de sa mort à peu près avec la même émotion que j’aurais probablement sentie en apprenant la mort d’une inconnue.

(Vie d'un esclave américain, 18, Trad. S.-K. Parkes. Pagnerre, 1848)

À l'âge de six ans, Douglass fut envoyé à la plantation Wye House, puis, vers l'âge de neuf ans, il fut confié à Thomas et Lucretia Auld, qui l'envoyèrent à Baltimore pour servir le frère de Thomas, Hugh Auld, et sa femme, Sophia. Sophia le traitait avec gentillesse, veillait à ce qu'il ait des vêtements propres et un bon lit, et, surtout, elle commença à lui apprendre à lire.

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Douglass soulignait toujours l'importance de l'éducation comme voie vers l'égalité.

Les leçons de Sophia à Douglass prirent fin lorsque Hugh Auld lui dit que lui apprendre à lire le rendrait inapte à être esclave. Douglass écrivit plus tard que cette remarque d'Auld avait été la première fois où le jeune esclave avait fait le lien entre l'alphabétisation et la liberté, et Douglass soulignerait toujours l'importance de l'éducation comme voie vers l'égalité.

Bien que Sophia ait mis fin à ses leçons, Douglass continua seul, cachant tout ce qu'il pouvait trouver à lire. Il citerait plus tard deux livres – une anthologie d'écrits classiques intitulée The Columbian Orator et la Bible – en tant que premiers tuteurs.

Vers 1833, Thomas Auld se disputa avec son frère et reprit Douglass. Estimant que le garçon avait été trop gâté par la vie à Baltimore, Thomas Auld envoya Douglass travailler pour le célèbre "briseur d'esclaves" Edward Covey. Covey battait Douglass si souvent et si violemment que les blessures d'une correction précédente n'étaient pas encore guéries qu'il était déjà à nouveau fouetté.

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À l'âge de 16 ans, Douglass riposta et écrivit plus tard cette phrase célèbre: "Vous avez vu comment un homme a été réduit à l'esclavage; vous verrez comment un esclave est devenu un homme" (Narrative, 389). Il se défendit contre Covey et ne fut plus jamais battu. En général, si un esclave levait la main sur un Blanc, il était battu en public, mais cela ne se produisit pas dans le cas de Douglass, ce qu'il attribua au fait que Covey fit de son mieux pour protéger sa réputation de "briseur d'esclaves".

Évasion de l'esclavage

En 1834, Douglass fut loué à William Freeland, un maître plus indulgent, qui accordait plus de temps libre à ses esclaves. Douglass profita de cette occasion pour apprendre à ses compagnons d'esclavage à lire et à écrire. Douglass s'attacha particulièrement à ses élèves et ils planifièrent de s'échapper, mais ils furent découverts avant de pouvoir passer à l'action et furent arrêtés. Douglass était certain qu'il serait désormais vendu quelque part plus au sud, mais Thomas Auld le récupéra en prison et le renvoya à Baltimore pour aller vivre avec Hugh.

Il fut loué comme calfeutreur à un constructeur naval, M. Gardner, mais il quitta son emploi après s'être battu. Hugh le loua alors à d'autres personnes, gardant pour lui la majeure partie de ce que Douglass gagnait. Douglass devint un calfeutreur expert. Pendant cette période (vers 1837), Douglass rencontra une femme noire libre, Anna Murray, et ils tombèrent amoureux. Anna encouragea Douglass à tenter de s'échapper, ce qu'il fit le 3 septembre 1838.

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Anna Murray Douglass
Anna Murray Douglass Unknown Photographer (Public Domain)

Il refusa de donner des détails à ce sujet dans son autobiographie de 1845 car, comme il le disait, cela ne ferait que fournir aux propriétaires d'esclaves des informations leur permettant d'empêcher d'autres esclaves de tenter la même chose:

Ils l’appellent le chemin de fer souterrain, mais ce n’est plus un secret pour personne, à cause des déclarations qu’ils ont faites ouvertement... Ils ne font rien pour instruire l’esclave, mais ils font beaucoup pour instruire le maître.

(ibid, 164)

C'est ce qui motiva l'objection ultérieure de Douglass à l'autopromotion d'Henry Box Brown – "l'homme qui s'est expédié vers la liberté" – car, en rendant publique son extraordinaire évasion en se faisant expédier par la poste de la Virginie, où il était esclave, vers la Pennsylvanie, où il trouva la liberté en 1849, il empêchait d'autres personnes de faire de même (même si les objections de Douglass étaient infondées, car Clarissa Davis s'était elle-même expédiée vers le nord en 1854, Lear Green en 1857 et William "Box" Peel Jones en 1859, entre autres).

Aidé par Murray, Douglass monta à bord d'un train à Baltimore vêtu d'un uniforme de marin et muni de papiers fournis par un ami marin à la retraite. Il voyagea en train jusqu'au Delaware, prit un bateau à vapeur pour la Pennsylvanie, puis reprit le train jusqu'à New York. 24 heures après être monté à bord du train à Baltimore, il était un homme libre à New York. Il fit savoir à Murray qu'il était sain et sauf, elle le rejoignit et ils se marièrent dans la maison de l'abolitionniste David Ruggles le 15 septembre 1838.

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Nouvelle vie et célébrité

Frederick et Anna prirent d'abord le nom de famille "Johnson", mais après avoir déménagé à New Bedford, dans le Massachusetts, ils choisirent "Douglass" sur la suggestion de leurs amis Nathan et Mary Johnson. Ils rejoignirent l'Église méthodiste épiscopale africaine de Sion, et Douglass fut ordonné prédicateur en 1839. Prêcher chaque semaine l'aida à développer ses talents d'orateur et, en 1840, Douglass prononça un discours sur l'esclavage devant une congrégation à Elmira, dans l'État de New York.

Il s'abonna au journal antiesclavagiste The Liberator, publié par l'abolitionniste William Lloyd Garrison (qui devint plus tard son ami et son soutien), fut membre du chemin de fer clandestin et, entre 1840 et 1843, devint un orateur de plus en plus recherché. En 1845, il publia son autobiographie, Vie d'un esclave américain écrite par lui-même, qui devint un best-seller et attira une attention considérable sur son auteur. Il poursuivit plus tard le récit de sa vie dans My Bondage and My Freedom (1855) et Life and Times of Frederick Douglass (1881, puis une édition révisée en 1892).

Frederick Douglass c. 1847-1852
Frederick Douglass c. 1847-1852 Samuel J. Miller (Public Domain)

Craignant que Douglass ne soit kidnappé et revendu comme esclave, ses amis l'encouragèrent à faire une tournée littéraire en Irlande. Douglass parcourut l'Irlande et la Grande-Bretagne pendant deux ans, s'exprimant devant des salles combles. En 1846, touchées par son histoire et inquiètes qu'il ne soit à nouveau réduit en esclavage, deux de ses admiratrices, l'abolitionniste Anna Richardson et sa belle-sœur Ellen, réunirent 150 livres pour acheter sa liberté à Thomas Auld. Douglass pouvait désormais rentrer chez lui en tant qu'homme libre au regard de la loi.

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À son retour en 1847, Douglass utilisa une partie de l'argent gagné lors de ses tournées pour fonder son propre journal abolitionniste, le North Star, à Rochester, dans l'État de New York. Anna et Frederick eurent cinq enfants – Rosetta, Lewis Henry, Frederick Jr., Charles Redmond et Annie (décédée à l'âge de dix ans) – qui grandirent libres et, bien sûr, soutinrent l'abolition et aidèrent avec le North Star. L'expérience directe de Douglass de l'esclavage et ses talents d'écrivain et d'orateur le distinguèrent de nombreux autres participants au circuit de conférences abolitionnistes, et il devint encore plus célèbre.

Elizabeth Cady Stanton et John Brown

En tant que défenseur des droits civiques, Douglass assista à la Convention de Seneca Falls en 1848, au cours de laquelle la militante et écrivaine Elizabeth Cady Stanton demanda une résolution sur le droit de vote des femmes. Cette demande fut rejetée, même par d'autres militantes présentes, jusqu'à ce que Douglass ne prenne la parole et ne convainque l'assemblée que les États-Unis avaient besoin de la voix des femmes dans le processus politique pour atteindre l'équilibre tant nécessaire. La Déclaration de sentiments de Stanton fut approuvée en même temps que la résolution sur le droit de vote des femmes.

Bien que Douglass ait toujours prôné la non-violence pour abolir l'esclavage, il était de plus en plus convaincu que cette approche était inefficace.

Bien que Douglass ait toujours prôné la non-violence pour abolir l'esclavage, il était de plus en plus convaincu que cette approche était inefficace, et sa conviction à cet égard contribua à sa rupture avec William Lloyd Garrison. Douglass fut particulièrement impressionné par l'Affaire de la Creole en 1841, au cours de laquelle l'esclave Madison Washington prit le contrôle du navire négrier Creole, le conduisit aux Bahamas et libéra les esclaves à bord. En 1853, il fut approché par l'abolitionniste britannique Julia Griffiths, qu'il avait rencontrée en Angleterre, qui lui demanda de contribuer à une anthologie de fiction anti-esclavagiste qu'elle préparait pour publication. En réponse, Douglass écrivit The Heroic Slave (1853), un récit fictif de l'Affaire de la Creole, et son seul ouvrage de fiction publié.

En 1850, Douglass avait été élu vice-président de l'American League of Colored Laborers, le premier syndicat noir, établissant les droits des travailleurs noirs. Tout au long des années 1850, il s'exprima et écrivit avec audace contre l'esclavage et le traitement inégal des Noirs dans la main-d'œuvre américaine. Le 5 juillet 1852, il prononça son célèbre discours "What to the Slave is the Fourth of July?" (Que représente le 4 juillet pour l'esclave?) au Corinthian Hall de Rochester, dans l'État de New York, soulignant l'hypocrisie d'une célébration de la liberté dans un pays qui défend l'esclavage et l'oppression.

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Son militantisme croissant attira l'attention de l'abolitionniste John Brown qui, en 1859, était recherché pour avoir mené les forces anti-esclavagistes contre les pro-esclavagistes dans le "Bleeding Kansas" (Kansas sanglant). Le raid de John Brown sur Harpers Ferry était en préparation depuis des décennies, mais il était désormais prêt à être mis à exécution. Brown voulait que Douglass se joigne à lui en tant que leader noir capable de rallier les esclaves de Harpers Ferry, en Virginie, à son armée de libération, d'organiser une grande insurrection d'esclaves et de mettre enfin fin à l'esclavage aux États-Unis.

Douglass rencontra Brown à deux reprises, mais refusa de participer, affirmant que le raid était une mission suicide qui n'aboutirait à rien. L'ami de Douglass, Shields Green, rejoignit Brown et, après l'échec du raid, fut exécuté peu après Brown. Douglass regretta plus tard d'avoir refusé de soutenir Brown, mais, en même temps, il ne semble pas avoir regretté de ne pas l'avoir accompagné à Harpers Ferry.

Lincoln et la guerre civile

Le raid de Brown sur Harpers Ferry a été qualifié d'"étincelle qui a déclenché la guerre civile", car il s'agissait de l'événement le plus dramatique des années précédant le conflit, qui mit en évidence la division entre les États esclavagistes et les États libres. Lorsque la guerre éclata en 1861, Douglass plaida en faveur du recrutement de soldats noirs pour combattre pour l'Union, tout comme l'abolitionniste Harriet Tubman, mais le président Lincoln s'y opposa, car on pensait que les soldats noirs manqueraient de discipline, déserteraient et pourraient simplement utiliser leurs armes sans discernement contre les Blancs.

Men of Color to Arms! 1863
Men of Color to Arms! 1863 Frederick Douglass (Public Domain)

Douglass continua toutefois à faire pression sur Lincoln à ce sujet et, après la promulgation de la Proclamation d'émancipation le 1er janvier 1863, les Noirs purent s'enrôler. Douglass encouragea ses fils à se battre pour l'Union, ce qu'ils firent, et publia en mars 1863 son célèbre pamphlet "Men of Color to Arms!" (Hommes de couleur, aux armes!), appelant les Noirs à se battre pour leur liberté. Douglass fut parmi les nombreux à célébrer l'adoption du treizième amendement en 1865, qui abolissait l'esclavage aux États-Unis, suivi des quatorzième et quinzième amendements, qui accordaient aux Noirs le droit de vote et la citoyenneté.

Reconstruction et autres honneurs

Après la guerre civile, Douglass occupa le poste de président de la Freedman's Savings Bank, une institution créée en 1865 pour aider les Noirs nouvellement affranchis à s'établir financièrement. La banque connut d'abord un certain succès, mais elle fit faillite en 1874 en raison de fraudes et d'une mauvaise gestion. Douglass tenta de sauver la banque en investissant 10 000 dollars de sa poche pour la renflouer, en vain.

En 1870, Douglass commença à publier le New National Era, un journal qui mettait l'accent sur l'égalité pour tous, alors même que l'idéologie suprémaciste blanche, soutenue et encouragée par les politiciens sudistes, trouvait son expression dans des groupes haineux tels que le Ku Klux Klan. Douglass collabora avec le président Ulysses S. Grant et le soutint dans la signature du Civil Rights Act de 1871 afin de tenter de réprimer les actions des groupes haineux.

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En 1872, Douglass fut nommé candidat à la vice-présidence des États-Unis par le Parti de l'égalité des droits, qui avait choisi Victoria Woodhull, l'une des leaders du mouvement pour le droit de vote des femmes, comme candidate à la présidence. Douglass ne reconnut jamais cette nomination et la candidature de Woodhull échoua (elle tenterait toutefois à nouveau sa chance plus tard, sans succès). En 1877, après qu'un incendie (probablement d'origine criminelle) eut détruit sa maison de Rochester, Douglass acheta une maison à Washington, D.C., Cedar Hill, où il vécut jusqu'à sa mort en 1895. Aujourd'hui, cette maison est le site historique national Frederick Douglass.

Cedar Hill
Cedar Hill Walter Smalling (Public Domain)

Toujours en 1877, Douglass retourna dans le Maryland et se réconcilia avec Thomas Auld, à qui il avait écrit une lettre ouverte des années auparavant. Cette rencontre, organisée par la fille d'Auld, Amanda, semble avoir permis à Douglass de tourner la page sur ses années d'esclavage. La même année, il fut confirmé dans ses fonctions de marshal des États-Unis pour le district de Columbia sous la présidence de Rutherford B. Hayes.

En 1882, Anna Douglass mourut et, en 1884, il épousa Helen Pitts, une femme blanche de 20 ans sa cadette. Leur mariage suscita une vive controverse, que Douglass ignora, tout comme les protestations de ses enfants. Il emmena Helen faire un grand tour d'Europe et ils visitèrent l'Égypte dans le cadre d'un programme de conférences beaucoup plus tranquille que lors de ses précédentes tournées.

En 1889, Douglass fut nommé consul général auprès de la République d'Haïti par le président Harrison, mais il démissionna en 1891 lorsqu'il devint évident que les États-Unis ne cherchaient qu'à tirer profit des ressources d'Haïti et n'avaient aucun intérêt à aider réellement la population. Il continua à se battre pour les droits d'autrui et passa le dernier jour de sa vie à une réunion du Conseil national des femmes à Washington, D.C. Il rentra chez lui et préparait une autre conférence lorsqu'il mourut d'une crise cardiaque le 20 février 1895. Des milliers de personnes assistèrent à ses funérailles avant que son corps ne soit transporté à Rochester, dans l'État de New York, où il fut inhumé au cimetière de Mount Hope.

Frederick Douglass Gravestone
Tombe de Frederick Douglass Daniel Penfield (CC BY-NC-SA)

Conclusion

Frederick Douglass est aujourd'hui reconnu comme l'une des figures les plus importantes du XIXe siècle et l'un des Américains les plus influents à une époque où le pays traversait sa plus grande crise jusqu'alors. Le chercheur David W. Blight commente:

L'orateur et l'écrivain a vécu de sorte qu'il a pu voir et interpréter l'émancipation des Noirs, œuvrer activement pour les droits des femmes bien avant qu'ils ne soient acquis, réaliser les triomphes et les tragédies des droits civiques de la Reconstruction, et être témoin et contribuer à l'expansion économique et internationale de l'Amérique pendant l'âge d'or... Au cours d'une vie consacrée à la lutte contre l'esclavage, à la littérature et à l'activisme politique, Douglass a été beaucoup de choses, et cet ensemble de paradoxes apparents rend son histoire extrêmement attrayante pour les biographes, ainsi que pour de nombreux groupes aujourd'hui.

(xiv-xv)

La maison de Douglass à Cedar Hill, ainsi que sa tombe au cimetière de Mount Hope, continuent d'être visitées chaque année par des admirateurs qui rendent hommage à ses réalisations et s'inspirent à la fois de sa vision et du courage dont il a fait preuve pour la concrétiser.

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Questions & Réponses

Qui était Frederick Douglass?

Frederick Douglass était un ancien esclave qui s'affranchit en 1838 et devint l'écrivain et orateur abolitionniste, réformateur et militant des droits civiques le plus célèbre de l'Amérique du XIXe siècle.

Comment Frederick Douglass a-t-il échappé à l'esclavage?

Frederick Douglass s'est échappé de l'esclavage avec l'aide de sa fiancée, Anna Murray, qui lui fournit de l'argent et l'aida à se déguiser en marin et à obtenir des papiers de voyage. Douglass voyagea en train, puis en bateau à vapeur, puis à nouveau en train, du Maryland à New York en moins de 24 heures, un voyage qui le mena de l'esclavage à la liberté.

Qu'est-ce qui a rendu Frederick Douglass célèbre?

Frederick Douglass est devenu célèbre après la publication en 1845 de son autobiographie, Vie d'un esclave américain de Frederick Douglass, et la tournée de conférences de deux ans en Irlande et en Grande-Bretagne qui suivit.

Comment Frederick Douglass est-il mort?

Frederick Douglass est décédé d'une crise cardiaque le 20 février 1895 à son domicile, Cedar Hill, à Washington, D.C.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2025, septembre 12). Frederick Douglass: Visionnaire américain. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24927/frederick-douglass/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Frederick Douglass: Visionnaire américain." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 12, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24927/frederick-douglass/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Frederick Douglass: Visionnaire américain." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 12 sept. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24927/frederick-douglass/.

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