James K. Polk

Le président des USA expansionniste
Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
Translations
Version Audio Imprimer PDF
Polk's Presidential Portrait (by George Peter Alexander Healy, Public Domain)
Portrait présidentiel de Polk George Peter Alexander Healy (Public Domain)

James K. Polk (1795-1849) était un avocat et homme politique américain qui fut le onzième président des États-Unis. Protégé d'Andrew Jackson (1767-1845), il fut le candidat surprise du Parti démocrate lors de l'élection présidentielle américaine de 1844, avec un programme axé sur l'expansionnisme et la "destinée manifeste". Au cours de son unique mandat, Polk régla un différend frontalier avec la Grande-Bretagne au sujet du territoire de l'Oregon et supervisa la guerre américano-mexicaine (1846-1848), qui aboutit à la cession par le Mexique de 529 000 miles carrés (1 370 103 km²) de territoire aux États-Unis. Polk, dont la santé était fragile dès le départ, était souvent surchargé de travail, ce qui contribua probablement à sa mort trois mois seulement après avoir quitté ses fonctions en 1849.

Jeunesse

James Knox Polk vit le jour le 2 novembre 1795 dans une cabane en rondins dans le comté de Mecklenburg, en Caroline du Nord. Il était l'aîné des dix enfants de Samuel Polk, un fermier et propriétaire d'esclaves d'origine écossaise et irlandaise, et de sa femme Jane Knox Polk. Alors que Jane était une presbytérienne fervente, Samuel était le fils d'un déiste qui avait été élevé dans le scepticisme envers les dogmes du christianisme. Lorsque vint le moment de baptiser leur nouveau-né, Samuel Polk ne put se résoudre à reconnaître l'existence de Dieu. Furieux, le pasteur refusa de baptiser le garçon, au grand désespoir de sa mère. Comme le dit l'historienne Amy S. Greenberg, "dans le sud des États-Unis, l'autorité du mari sur sa famille était quasi absolue; et si un homme voulait priver son fils de la grâce de Dieu, la mère ne pouvait pas faire grand-chose" (27). Jane Polk fit néanmoins de son mieux pour inculquer à son fils les enseignements presbytériens, et le jeune James fut effectivement imprégné des vertus calvinistes que sont l'individualisme, l'autodiscipline et le travail acharné.

Supprimer la pub
Publicité
Polk travaillait sans relâche, 12 à 14 heures par jour, prenant soin de se former à l'art de bien parler en public et d'interagir avec ses électeurs.

Lorsque James avait environ 11 ans, sa famille déménagea dans le comté de Maury, dans le Tennessee, où son père devint juge et l'un des hommes les plus riches du comté. À mesure que son influence grandissait, le juge Polk commença à recevoir des personnalités éminentes à sa table, notamment Andrew Jackson (1767-1845), alors étoile montante de la politique du Tennessee. James assistait à ces dîners, s'imprégnant des conversations politiques. Petit enfant fragile, il se tourna vers la politique parce que sa santé fragile l'empêchait de faire autre chose; il regardait avec envie ses jeunes frères plus robustes accomplir les tâches physiques indispensables à la survie dans cette région frontalière. Tout au long de son adolescence, il souffrit de calculs rénaux. Il essaya de se plonger dans ses études, en particulier les mathématiques et le latin, mais la douleur devint insupportable. À l'âge de 17 ans, il subit une opération chirurgicale douloureuse sans anesthésie. Les calculs furent retirés, mais l'opération le rendit probablement stérile, car il n'eut jamais d'enfants.

En janvier 1816, Polk s'inscrivit à l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill en deuxième semestre de deuxième année. Étudiant "correct, ponctuel et travailleur" (selon Britannica), il termina premier de sa promotion deux ans plus tard, puis partit pour Nashville, dans le Tennessee, afin d'étudier le droit auprès du célèbre avocat Felix Grundy. Il fut admis au barreau du Tennessee en 1820, mais sa véritable passion résidait dans le domaine de la politique plutôt que dans celui du droit. Il est certain que le jeune Polk n'avait rien d'un politicien prometteur. Selon Greenberg:

Supprimer la pub
Publicité

Polk n'était pas doué pour la politique... Mesurant 1,70 mètre et d'une maigreur douloureuse, Polk avait une excellente posture, mais il était presque toujours malade ou en convalescence. Il manquait de charisme, était incapable de raconter une blague et était un orateur sans inspiration. Alors que [Sam] Houston et [Davy] Crockett étaient chaleureux, Polk était froid. Il avait des yeux gris froids et une bouche sévère, et il portait ses cheveux sombres et indisciplinés peignés en arrière. Taciturne, voire maussade, formel dans ses paroles et calculateur dans ses pensées, il manquait du tact d'un homme politique. Polk n'était pas un homme que les gens aimaient.

(28)

Néanmoins, Polk travailla dur pour surmonter ses défauts. Il travaillait sans relâche, 12 à 14 heures par jour, prenant soin de se former méticuleusement à prononcer de bons discours et à interagir avec ses électeurs. Le choix de son épouse fut tout aussi important pour sa carrière politique. En 1822, Jackson l'encouragea à courtiser Sarah Childress (1803-1891). Issue d'une famille presbytérienne influente et propriétaire d'esclaves, tout comme la sienne, Sarah était dotée d'une intelligence remarquable et d'une soif insatiable de politique. Elle déclara d'ailleurs à Polk qu'elle ne l'épouserait que s'il remportait un siège à l'assemblée législative de l'État, ce qu'il fit. Sociable, alors que Polk était maladroit et toujours conscient de sa santé fragile, Sarah complétait parfaitement James. Après leur mariage le 1er janvier 1824, Sarah Childress Polk devint la confidente la plus proche de son mari, lui donnant de précieux conseils tout au long de sa carrière politique.

Sarah Childress Polk
Sarah Childress Polk George Dury after George Peter Alexander Healy (Public Domain)

Young Hickory

Avec l'aide de sa nouvelle épouse, Polk fit campagne avec tant d'énergie qu'il fut surnommé le "Napoléon de la tribune". Il fut élu à l'Assemblée législative du Tennessee en 1823 et, deux ans plus tard, à la Chambre des représentants des États-Unis. Polk arriva à Washington en décembre 1825 en tant que fervent partisan d'Andrew Jackson. Devenu héros national grâce à la bataille de La Nouvelle-Orléans (8 janvier 1815), Jackson s'était présenté à l'élection présidentielle de 1824, mais avait été battu par John Quincy Adams (1767-1848). De nombreux partisans de Jackson, dont Polk, accusèrent Adams d'avoir conclu un "accord corrompu" avec le nouveau secrétaire d'État, Henry Clay (1777-1852), afin d'empêcher Jackson d'accéder à la présidence. Polk passa donc les quatre années suivantes à s'opposer à l'administration Adams. Lorsque Jackson se présenta à nouveau contre Adams lors de l'élection de 1828, Polk travailla comme conseiller pour sa campagne. Cette fois-ci, Jackson remporta les élections et fut investi le 4 mars 1829.

Supprimer la pub
Publicité

Au cours des années suivantes, Polk s'imposa comme l'un des plus fidèles partisans de Jackson au Congrès; il commença même à être surnommé "Young Hickory", en référence au surnom de Jackson, "Old Hickory". Il soutint les efforts du président Jackson pour supprimer la deuxième banque des États-Unis, un épisode connu sous le nom de "guerre des banques", estimant qu'il s'agissait d'une institution corrompue qui profitait à l'élite industrielle de l'Est au détriment du reste du pays. Il continua à soutenir Jackson pendant la crise de nullification (1832-1833), lorsque la Caroline du Sud menaça de faire sécession de l'Union après s'être vu refuser le droit d'annuler les lois fédérales. Polk soutint la Force Bill, qui aurait permis à Jackson d'utiliser la force militaire pour rétablir l'autorité fédérale en Caroline du Sud; cependant, la crise fut évitée avant qu'une mesure aussi radicale ne devienne nécessaire. En décembre 1835, Polk fut élu président de la Chambre des représentants – Jackson fit appel à ses relations politiques pour s'assurer que son protégé remporte le poste. Comme l'écrit l'historien Thomas M. Leonard, Polk était alors "au sommet de sa carrière au Congrès. Il était au cœur de la démocratie jacksonienne à la Chambre des représentants et, avec l'aide de sa femme, il s'était introduit dans les cercles sociaux de Washington" (23).

James Polk as Speaker of the House of Representatives
James Polk en tant que président de la Chambre des représentants Peter S. Duval and Charles Fendrich (Public Domain)

En tant que président de la Chambre, Polk continua de défendre le programme du nouveau parti politique de Jackson, le Parti démocrate, même après le départ de Old Hickory en 1837. Il nomma des démocrates à la majorité dans les commissions et défendit l'administration démocrate du président Martin Van Buren (1782-1862), le successeur choisi par Jackson, qui fut largement tenu responsable de la panique de 1837. Polk fit également de son mieux pour faire respecter la "gag rule" (règle du baillon), qui interdisait à la Chambre des représentants de recevoir des pétitions contre l'esclavage. Il fut opposé à Adams, qui, après son unique mandat présidentiel, avait été élu au Congrès, où il était devenu un fervent défenseur de l'abolition. Les disputes entre Polk et Adams dégénéraient souvent en violentes disputes.

En 1839, Polk démissionna du Congrès pour se présenter au poste de gouverneur du Tennessee. Bien qu'il ait remporté les élections, une grande partie de son programme fut contrecarrée par la législature de l'État et il perdit sa réélection en 1841. La même année, les démocrates perdirent le contrôle de la Maison Blanche et du Congrès au profit du Parti whig, fondé quelques années plus tôt pour s'opposer à Jackson et à sa politique. Heureusement pour les démocrates, les whigs étaient un parti divisé. Après la mort du président whig William Henry Harrison (1773-1841), un mois seulement après son entrée en fonction, son successeur John Tyler (1790-1862) refusa de suivre la ligne du parti. Le puissant leader whig Henry Clay punit l'insolence de Tyler en orchestrant son expulsion du parti. Cette désunion donna aux démocrates l'espoir de revenir au pouvoir en 1844. La seule question était de savoir qui reprendrait le flambeau de Old Hickory et les ramènerait à la Maison Blanche.

Supprimer la pub
Publicité

Élection de 1844

À l'approche de l'élection présidentielle américaine de 1844, très peu de gens considéraient Polk comme un candidat sérieux. Après l'échec de sa campagne pour être réélu gouverneur, il semblait destiné à sombrer dans l'oubli politique. Mais ni Polk ni son ambitieuse épouse n'étaient prêts à laisser cela se produire. Au début de l'année 1844, Polk avait commencé à mener une campagne subtile pour obtenir l'investiture démocrate à la vice-présidence. À l'époque, Van Buren était le favori pour l'investiture démocrate, même si sa candidature était entachée par son opposition à l'annexion du Texas. Après avoir obtenu son indépendance du Mexique lors de la révolution texane (1835-1836), la République du Texas cherchait désormais à être admise au sein des États-Unis. De nombreux démocrates soutenaient l'annexion, à la fois pour étendre l'institution de l'esclavage mais aussi pour réaliser la "destinée manifeste" de la nation, qui était d'étendre son influence sur tout le continent. Van Buren et Clay, le candidat présumé du Parti whig, s'opposaient tous deux à cette annexion car ils pensaient qu'elle déclencherait une guerre inutile contre le Mexique.

Malheureusement pour Van Buren, son opposition à l'annexion lui fit perdre le soutien de Jackson. Bien que retiré de la vie publique et se mourant lentement de tuberculose, Old Hickory exerçait toujours une grande influence au sein du Parti démocrate. En mai 1844, Jackson convoqua James et Sarah Polk à The Hermitage, son domaine situé près de Nashville, et leur proposa de soutenir la candidature de Polk. Le 27 mai, la Convention nationale démocrate s'ouvrit à Baltimore; même avec le soutien de Jackson, Polk n'était pas sûr de pouvoir gagner, car il était peu connu. Le premier tour de scrutin aboutit à une impasse: bien que Van Buren ait remporté la majorité des voix, il n'obtint pas les deux tiers des suffrages nécessaires pour décrocher l'investiture, perdant le soutien d'autres candidats de premier plan tels que Lewis Cass (1782-1866) et John C. Calhoun (1782-1850). Les six tours de scrutin suivants aboutirent également à une impasse, mais Van Buren perdit peu à peu ses soutiens. Après le septième tour, les partisans de Polk proposèrent son nom comme compromis. Espérant gagner le soutien de personnalités telles que Calhoun, qui nourrissaient des ambitions présidentielles, Polk promit de ne briguer qu'un seul mandat. Après le huitième tour, le nom de Van Buren fut officiellement retiré et Polk remporta le neuvième tour. George M. Dallas (1792-1864), de Pennsylvanie, fut choisi comme vice-président.

Democrat Campaign Banner for the 1844 Election
Bannière de campagne démocrate pour les élections de 1844 Nathaniel Currier (Public Domain)

Alors que Polk se dirigeait vers l'élection générale, les whigs ne prenaient pas sa candidature au sérieux, scandant souvent "Qui est James K. Polk?" lors de leurs rassemblements. Leur propre candidat, Clay, était l'un des noms les plus connus du pays, mais ses décennies passées en politique lui avaient laissé un lourd passif. Plus récemment, sa lettre dénonçant l'annexion du Texas avait suscité une controverse, et les deux lettres qu'il avait ensuite envoyées pour clarifier sa position ne lui avaient fait perdre que davantage de soutien, car il était accusé d'hypocrisie. En revanche, le programme expansionniste de Polk, qui prévoyait l'annexion du Texas et le règlement du conflit frontalier avec le Royaume-Uni au sujet de l'Oregon, trouvait un écho favorable auprès de nombreux électeurs, à une époque où le soutien à la "destinée manifeste" atteignait son paroxysme. Polk remporta l'élection en novembre 1844 et fut investi onzième président des États-Unis le 4 mars 1845.

Supprimer la pub
Publicité

Présidence: 1845-1849

Sur les conseils de Jackson, qui n'avait plus que quelques mois à vivre, Polk forma son cabinet, choisissant notamment James Buchanan (1791-1868) comme secrétaire d'État et l'historien de la Nouvelle-Angleterre George Bancroft comme secrétaire à la Marine. Polk était un homme réputé pour son secret, qui cachait bien son jeu et ne parlait souvent de ses projets qu'à Sarah. Il révéla toutefois les quatre grands objectifs de sa présidence à Bancroft, qui les résuma ainsi:

  1. Réduire les droits de douane.
  2. Rétablir le système de trésorerie indépendante, créé par Van Buren mais aboli par les whigs.
  3. Régler le différend frontalier avec la Grande-Bretagne au sujet de l'Oregon.
  4. Acquérir la Californie et ses ports aux dépens du Mexique.

Les deux premiers objectifs furent rapidement atteints. En juillet 1846, le Congrès vota à une faible majorité la mise en place d'un tarif douanier réduit et, un mois plus tard, Polk signa l'Independent Treasury Act, qui stipulait que les fonds publics seraient désormais conservés dans le bâtiment du Trésor plutôt que dans les banques. Les acquisitions territoriales seraient beaucoup plus difficiles à réaliser. Pendant des décennies, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient revendiqué le territoire de l'Oregon, cette bande de terre le long de la côte pacifique entre la province mexicaine de Haute-Californie et la frontière sud de l'Amérique russe, au parallèle 54°40′ nord. Depuis 1818, la région était occupée conjointement par les États-Unis et le Royaume-Uni, mais à mesure que les colons américains affluaient sur le territoire, les démocrates commencèrent à réclamer l'annexion de tout l'Oregon, même si cela signifiait entrer en guerre contre la Grande-Bretagne – le slogan "Fifty-four Forty or Fight!" (54° 40' ou la guerre !) avait été très populaire lors des élections de 1844. Polk, qui préparait déjà la guerre contre le Mexique, savait qu'il ne pouvait pas mener une guerre sur deux fronts; tout en revendiquant publiquement l'intégralité de l'Oregon, il exprima discrètement sa volonté de compromis. Ainsi, en juin 1846, le traité de l'Oregon fixa la frontière entre le territoire de l'Oregon et le Canada au 49e parallèle.

President Polk and his Cabinet, 1846
Le président Polk et son cabinet, 1846 John Plumbe, Jr. (Public Domain)

Il restait alors le Mexique. En décembre 1845, le Texas avait officiellement rejoint les États-Unis en tant que 28e État. Le Mexique, qui n'avait jamais reconnu l'indépendance du Texas, considéra cela comme un acte hostile. Il ne reconnaissait pas non plus l'affirmation du Texas selon laquelle sa frontière sud se trouvait sur les rives du Rio Grande, car historiquement, la frontière du Texas mexicain se situait au niveau de la rivière Nueces, à 240 km au nord de la frontière revendiquée par le Texas. En juin 1845, Polk envoya 4 000 soldats sous le commandement du brigadier général Zachary Taylor (1784-1850) pour faire valoir la revendication des États-Unis sur la frontière du Rio Grande, ordonnant à Taylor de "s'approcher aussi près de la ligne frontalière que la prudence le dictera" (cité dans Howe, 734). Dans le même temps, il ordonna au commodore John D. Sloat, de l'escadre du Pacifique, de se préparer à s'emparer de San Francisco dès qu'il apprendrait que les hostilités avaient éclaté.

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Polk a laissé derrière lui l'héritage d'un des présidents les plus efficaces des États-Unis.

En novembre 1845, Polk envoya un diplomate à Mexico avec pour instruction d'acheter la frontière du Rio Grande, le Nouveau-Mexique et la Haute-Californie, le tout pour 20 millions de dollars; lorsque les Mexicains refusèrent cette offre ridicule, comme Polk s'y attendait, les tensions ne firent que s'intensifier. En avril 1846, un détachement de dragons américains fut attaqué par la cavalerie mexicaine alors qu'il patrouillait à la frontière du Rio Grande. Polk saisit cette occasion pour déclarer que "le sang américain avait été versé sur le sol américain" et demanda au Congrès de déclarer la guerre, ce qui fut fait le 13 mai 1846. Seuls 14 membres du Congrès votèrent contre, dont John Quincy Adams.

Les Américains remportèrent rapidement des victoires importantes; au début de l'année 1847, les forces américaines avaient pris le contrôle de la Haute-Californie et du Nouveau-Mexique, et Taylor avait repoussé une armée mexicaine supérieure en nombre lors de la bataille de Buena Vista (22-23 février 1847). Mais à mesure que le nombre de morts augmentait et que les nouvelles des atrocités commises par les troupes américaines parvenaient au pays, le soutien à la guerre diminua rapidement. Les whigs proclamèrent qu'il s'agissait d'une guerre de conquête injuste, contraire à tout ce que représentaient les États-Unis, tandis que les abolitionnistes accusèrent Polk de mener cette guerre dans le but d'étendre l'esclavage. Si Polk conserva le soutien de la plupart des démocrates partisans de la "destinée manifeste" – certains démocrates poussèrent même à l'annexion de tout le Mexique –, son parti perdit le contrôle du Congrès au profit des whigs lors des élections de mi-mandat de 1846, ce qui le convainquit qu'il devait rapidement mettre fin à la guerre. Le 14 septembre 1847, le major général Winfield Scott (1786-1866) s'empara de Mexico et, le 2 février 1848, le diplomate américain Nicholas Trist signa le traité de Guadalupe Hidalgo avec les commissaires mexicains. Ce traité accordait à Polk tout ce qu'il voulait initialement: la "cession mexicaine" donna aux États-Unis 529 000 miles carrés de territoire, dont la frontière du Rio Grande, la Haute-Californie et le Nouveau-Mexique.

Map of the US-Mexican War of 1846-1848
Carte de la guerre américano-mexicaine de 1846-1848 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Mort et héritage

Polk tint sa promesse de ne pas se présenter pour un second mandat en 1848. Il était épuisé par ses quatre années passées à la Maison Blanche; pendant tout ce temps, il n'avait pas passé plus de six semaines loin de son bureau, et le surmenage avait eu des conséquences néfastes sur sa santé physique. Après l'investiture de son successeur, Zachary Taylor, le 4 mars 1849, Polk quitta Washington et entreprit une tournée triomphale préétablie dans le sud des États-Unis. La série de banquets, de bals et de visites mondaines qui suivit ne contribua en rien à rétablir sa santé. Le 2 avril, les Polk arrivèrent à Nashville et s'installèrent dans leur nouvelle demeure, Polk Place. À ce moment-là, l'ancien président était déjà malade et son état de santé continua de se détériorer jusqu'à son décès, le 15 juin 1849, à l'âge de 53 ans. Ses derniers mots furent adressés à sa femme: "Je t'aime, Sarah, pour l'éternité, je t'aime". Sarah Polk ne se remariait jamais et porterait le deuil jusqu'à sa mort, 42 ans plus tard.

Supprimer la pub
Publicité
James and Sarah Polk, circa 1848
James et Sarah Polk, vers 1848 John Plumbe Jr. (Public Domain)

Polk a laissé derrière lui l'héritage d'un des présidents les plus efficaces des États-Unis, ayant accompli tous ses objectifs en un seul mandat. En effet, si l'on jugeait les présidents uniquement sur leur capacité à tenir leurs promesses, Polk serait peut-être le plus brillant de l'histoire des États-Unis. Cependant, sa provocation et sa poursuite d'une guerre injuste contre le Mexique ont laissé une grande tache sur son héritage, tout comme la cession mexicaine à proprement parler; le débat sur l'opportunité d'autoriser l'esclavage dans ces terres nouvellement conquises allait attiser les divisions entre le Nord et le Sud et contribuer à déclencher la guerre de Sécession (1861-1865).

Supprimer la pub
Publicité

Questions & Réponses

Quels étaient les quatre objectifs du président Polk?

Les quatre objectifs que James K. Polk s'était fixés pour sa présidence étaient les suivants: réduire les droits de douane, rétablir le Trésor indépendant, régler le différend frontalier avec la Grande-Bretagne concernant l'Oregon et s'emparer de la Californie et de ses ports au Mexique.

Pourquoi James K. Polk était-il surnommé "Young Hickory" ?

Polk était surnommé "Young Hickory" en référence à son mentor Andrew Jackson, qui était appelé "Old Hickory" ; en effet, Polk était un fervent partisan de Jackson et cherchait à faire avancer le programme jacksonien.

Comment Polk a-t-il provoqué une guerre contre le Mexique?

Le président Polk provoqua une guerre contre le Mexique en envoyant une armée à la frontière contestée du Rio Grande et en sautant sur la première flambée de violence pour présenter le Mexique comme l'agresseur et exiger une déclaration de guerre.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2025, août 29). James K. Polk: Le président des USA expansionniste. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24706/james-k-polk/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "James K. Polk: Le président des USA expansionniste." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, août 29, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24706/james-k-polk/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "James K. Polk: Le président des USA expansionniste." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 29 août 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24706/james-k-polk/.

Soutenez-nous Supprimer la pub