Albert Sidney Johnston

Le général le plus haut gradé tué pendant la guerre de Sécession
Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Albert Sidney Johnston (by James H. Hummel, Public Domain)
Albert Sidney Johnston James H. Hummel (Public Domain)

Albert Sidney Johnston (1803-1862) était le commandant des armées confédérées de l'Ouest pendant les premiers mois de la guerre de Sécession (1861-1865). Au cours de sa carrière militaire de 34 ans, Johnston servit dans les armées de trois républiques - la République du Texas, les États-Unis et les États confédérés - et, en 1861, il se vit accorder le grade de général par son ami, le président confédéré Jefferson Davis (1808-1889), qui le considérait comme le plus grand soldat du pays. Johnston fut tué à la bataille de Shiloh (6-7 avril 1862), ce qui lui valut d'être le soldat le plus haut gradé tué par l'un ou l'autre camp pendant la guerre.

Jeunesse et début de carrière

Johnston vit le jour le 2 février 1803 dans la petite ville frontalière de Washington, dans le Kentucky. Son père, le docteur John Johnston, originaire de Nouvelle-Angleterre, avait émigré dans le Kentucky en 1788, poussé par le grand désir américain d'aller vers l'Ouest. Étant l'un des seuls médecins formés sur cette frontière, le Dr Johnston établit très vite un cabinet médical important et prospère. Sa première femme mourut un an seulement après son arrivée dans le Kentucky, mais le médecin n'attendit pas longtemps avant de se remarier avec Abigail Harris, une jeune femme dont la famille avait également quitté la Nouvelle-Angleterre pour s'installer sur la frontière (il est donc quelque peu ironique que l'un des généraux les plus admirés de la Confédération descende de Yankees de Nouvelle-Angleterre, des deux côtés de sa famille). Albert Sidney, le cinquième enfant du couple, n'avait que trois ans lorsque sa mère mourut ; élevé par ses sœurs aînées et sa belle-mère, le garçon était considéré comme un enfant "sain et joyeux" qui avait hérité du "comportement franc et viril" de son père (Roland, 9).

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Johnston était un cadet modèle. En 1826, il sortit huitième de sa classe de 41 élèves.

En 1818, Johnston, alors âgé de 15 ans, s'inscrivit à l'université Transylvania à Lexington, dans le Kentucky, dans l'espoir de suivre les traces de son père en étudiant la médecine. Élève populaire et assidu, il excella dans ses études, notamment en mathématiques. Cependant, en 1822, Johnston se rendit compte que la carrière médicale n'était pas faite pour lui et décida de s'orienter vers une carrière militaire. Il fut admis à la prestigieuse Académie militaire des États-Unis à West Point, dans l'État de New York, où il impressionna rapidement ses instructeurs et ses camarades de classe par son charme et sa personnalité distinguée; "sa nature était vraiment noble", écrit l'un de ses camarades de classe, "épargné par tout ce qui était petit ou étriqué" (cité dans Roland, p. 17). Il se fit rapidement des amis, dont les futurs dirigeants confédérés Jefferson Davis et Leonidas Polk (1806-1864); il avait également de bonnes relations avec Robert E. Lee (1807-1870), deux classes en dessous de lui, bien qu'ils n'aient pas été très proches. Outre sa popularité, Johnston était un cadet modèle. En 1826, il sortit huitième de sa promotion de 41 élèves.

Breveté sous-lieutenant dans l'armée américaine, il fut d'abord stationné à Sackets Harbor, sur le lac Ontario, une affectation tranquille qui lui laissa tout le loisir d'assister aux exercices et de lire ses livres. Il fut ensuite transféré dans le Missouri où, en août 1827, il fut envoyé en expédition pour traquer un groupe d'Autochtones Winnebago soupçonnés d'avoir assassiné des colons blancs. Après avoir remonté la rivière Wisconsin, le lieutenant Johnston et les autres soldats américains rencontrèrent un conseil de chefs Winnebago, qui acceptèrent de livrer les individus responsables des meurtres afin d'éviter les représailles des États-Unis. L'un des prisonniers Winnebago, un homme nommé Red Bird, impressionna fortement Johnston par la façon dont il se comporta en tant que captif. Johnston écrit: "Je dois avouer que je considère Red Bird comme l'un des hommes les plus nobles et les plus dignes que j'aie jamais vus. Lorsqu'il s'est rendu... il a dit : "J'ai offensé. Je me sacrifie pour sauver mon pays" (cité dans Roland, 23).

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Alors qu'il était présent à un bal à St. Louis, dans le Missouri, Johnston fut présenté à Henrietta Preston, une jeune femme remarquable, "pleine d'assurance et de dignité" (Roland, 28). Ils se marièrent le 20 janvier 1829 et Johnston passa les mois suivants en permission à Louisville, dans le Kentucky, dans la famille de sa femme, où il passa le temps "agréablement et tranquillement à la campagne, à lire, à tirer à la carabine, etc.(ibid). Après la naissance de leur premier fils en janvier 1831, Johnston reprit du service. L'année suivante, la frontière nord-ouest des États-Unis fut envahie par les hommes du chef Sauk Black Hawk (vers 1767-1838), ce qui déclencha la guerre de Black Hawk (avril-août 1832). Pendant ce bref conflit, Johnston fut le chef d'état-major du général de brigade Henry Atkinson, qui le félicita pour ses "talents de premier ordre, un soldat courageux de par sa profession et son éducation, et un gentleman de haut rang et intègre" (cité dans Roland, 243).

Service au Texas

En 1834, Johnston démissionna de l'armée américaine pour s'occuper d'Henrietta, qui avait contracté la tuberculose. Elle ne se rétablit jamais et mourut deux ans plus tard. Désemparé, Johnston était toujours à Louisville et se demandait ce qu'il allait faire, lorsque Stephen F. Austin (1793-1836) arriva en ville en tant que commissaire de la nouvelle République indépendante du Texas. Le siège de Fort Alamo (du 23 février au 6 mars 1836) venait d'avoir lieu et Austin parcourait les États-Unis à la recherche de volontaires pour aider la révolution texane dans sa lutte contre le Mexique. Austin trouva beaucoup de soutien à Louisville, où il écrivit: "Dans cette partie du monde, tout est favorable au Texas. Les cœurs des gens sont avec nous" (cité dans Roland, 53). Johnston trouva cet appel à l'aventure irrésistible; il se rendit en bateau à vapeur à la Nouvelle-Orléans et, de là, partit à cheval pour le Texas. Il arriva à Nacogdoches le 15 juillet 1836. Bien qu'il soit arrivé trop tard pour participer à la révolution - le général mexicain Antonio López de Santa Anna ayant signé un traité de paix après sa capture en avril - Johnston s'enrôla néanmoins dans l'armée texane en tant que simple soldat.

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Albert Sidney Johnston, 1861
Albert Sidney Johnston, 1861 Unknown Artist (Public Domain)

Le 31 janvier 1837, Johnston fut promu général de brigade à la tête de l'armée texane. Cette promotion le mit en conflit avec d'autres officiers militaires, qui étaient au Texas depuis plus longtemps et estimaient qu'ils méritaient cette promotion. L'un de ces officiers, Felix Huston, était suffisamment en colère pour provoquer Johnston en duel. Bien que Johnston ait eu "peu de respect pour la pratique du duel", il se sentit néanmoins moralement tenu d'accepter. Ils se battirent en duel le 5 février 1837 et Johnston reçut une balle dans la hanche droite. Bien que la blessure n'ait pas été mortelle, elle était suffisamment grave pour l'immobiliser pendant des semaines et le rendre incapable de remplir ses fonctions militaires. Huston fut immédiatement pris de regrets et promit de soutenir Johnston en tant que général commandant dès qu'il serait rétabli. Le 22 décembre 1838, Johnston devint secrétaire à la Guerre de la République du Texas et, l'année suivante, il fit campagne contre les Cherokees. Johnston considérait désormais le Texas comme sa patrie et se considérerait Texan jusqu'à la fin de sa vie.

Retour au sein de l'armée américaine

En 1840, après avoir terminé son service en tant que secrétaire à la Guerre, Johnston démissionna de l'armée texane et retourna dans le Kentucky où, en 1843, il épousa la cousine germaine de sa défunte épouse, Eliza Griffin. Ensemble, ils élevèrent les deux enfants issus du premier mariage de Johnston et eurent quatre enfants. En décembre 1845, le Texas, cher à Johnston, fut admis au sein de l'Union en tant que 28e État. Le Mexique n'ayant pas reconnu l'indépendance du Texas, cet événement fut considéré comme un acte hostile et conduisit à la guerre du Mexique (1846-1848). Dès qu'il apprit le début des hostilités, Johnston parcourut environ 650 km à cheval pour se porter volontaire dans l'armée du brigadier général américain Zachary Taylor (1784-1850). Il fut élu colonel du 1st Texas Rifle Volunteers avant que Taylor ne le nomme inspecteur général de la division de volontaires du brigadier général William O. Butler. Lors de la bataille de Monterrey (21-24 septembre 1846), Butler fut blessé et Johnston prit temporairement le commandement de sa division. Le futur général de l'Union Joseph Hooker, qui servit sous les ordres de Johnston à Monterrey, se souviendrait plus tard que c'était grâce au sang-froid de Johnston que "notre division a été sauvée d'un cruel massacre... [Johnston] a laissé sur mon esprit une impression que je n'ai jamais oubliée" (cité dans Roland, 243).

US Troops at the Battle of Monterrey, September 1846
Les troupes américaines lors de la bataille de Monterrey, septembre 1846 Henry Montgomery (Public Domain)

La bataille de Monterrey, âprement disputée, se solda par une victoire américaine; peu après, Johnston démissionna de l'armée, ayant promis à Eliza qu'il ne servirait que pendant six mois. Il retourna à sa plantation texane de China Grove, où il passa les années suivantes avec Eliza et leurs enfants. Mais Johnston ne résista pas longtemps à l'attrait de la vie militaire et, en décembre 1849, il accepta une commission de major dans l'armée américaine. En 1855, il fut nommé colonel de la nouvelle 2e cavalerie américaine, où il retrouva Robert E. Lee, qui était son lieutenant-colonel. Au milieu des années 1850, des troubles se préparaient dans l'Ouest: persécutés dans l'ensemble des États-Unis, les colons mormons du territoire de l'Utah s'armèrent et se préparèrent à résister à l'autorité du gouvernement américain. L'escalade des tensions aboutit à un bain de sang lorsque la milice mormone massacra 120 colons en route pour la Californie lors du massacre de Mountain Meadows (11 septembre 1857); après cet incident, Johnston fut placé à la tête d'une armée et reçut l'ordre d'écraser la résistance mormone. Il prit le commandement en novembre 1857 et, après une campagne presque sans effusion de sang, entra à Salt Lake City en juin 1858, mettant fin à la brève guerre de l'Utah (1857-1858). Pour ce service, Johnston fut promu général de brigade breveté et, en 1860, il fut envoyé en Californie pour prendre le commandement du département du Pacifique.

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Général confédéré

Johnston était lui-même esclavagiste et considérait les abolitionnistes du Nord comme des "adorateurs fanatiques et idolâtres des nègres" (Roland, 183).

Johnston se trouvait à San Francisco lorsqu'il apprit que le Texas avait fait sécession de l'Union en janvier 1861. La question de l'esclavage - qui avait longtemps été au centre d'âpres disputes entre les États libres du Nord et les États esclavagistes du Sud - avait fini par déchirer la nation, onze États du Sud ayant finalement fait sécession pour former les États confédérés d'Amérique. Johnston n'était pas favorable à la sécession, mais, comme beaucoup d'autres Sudistes, il préférait sa loyauté envers son État d'origine à sa loyauté envers l'Union. Il croyait également au droit du Sud de maintenir l'institution de l'esclavage; Johnston était lui-même propriétaire d'esclaves, il en possédait quatre dans sa plantation de China Grove, et il considérait les abolitionnistes du Nord comme des "adorateurs fanatiques et idolâtres des nègres" qui cherchaient à "paralyser et détruire" le Sud (cité dans Roland, 183). Pour ces raisons, Johnston démissionna de l'armée américaine en avril 1861 et entama un long et difficile périple terrestre jusqu'à la capitale confédérée de Richmond, en Virginie.

Le voyage transcontinental de Johnston fut semé d'embûches, car lui et ses compagnons devaient souvent éviter des bandes de guerriers apaches et des patrouilles montées de l'Union. Mais une fois qu'ils atteignirent les frontières de la nouvelle Confédération, ils furent accueillis en héros; dans chaque ville du Sud qu'il traversa, Johnston fut salué par "des mouchoirs flottants et des chapeaux jetés" (Foote, 169). En effet, de nombreux Sudistes partageaient l'opinion du vieil ami de Johnston, le président confédéré Jefferson Davis, qui avait déclaré que Johnston était "le plus grand soldat, l'homme le plus compétent, civil ou militaire, confédéré ou fédéral"(ibid). Lorsqu'il arriva à Richmond, Johnston obtint immédiatement le grade de général - ce qui faisait de lui le deuxième plus haut gradé de l'armée confédérée - et il se vit confier le commandement du département n° 2, ce qui signifie qu'il était responsable de la défense de tout le territoire confédéré entre les Appalaches et le fleuve Mississippi.

Albert Sidney Johnston during the Utah War
Albert Sidney Johnston pendant la guerre de l'Utah Samuel C. Mills (Public Domain)

Ce n'était pas une mince affaire: au début de son commandement, Johnston disposait de moins de 20 000 hommes pour défendre le cœur du territoire confédéré. Bien qu'il ait été autorisé à demander aux gouverneurs du Tennessee, de l'Arkansas et du Mississippi de lui fournir des troupes supplémentaires, ces États tardèrent à répondre, préférant garder leurs hommes près de chez eux. Les recrues qu'ils envoyèrent étaient pour la plupart non entraînées et mal équipées, certaines d'entre elles n'ayant même pas d'armes. En fait, l'ensemble des forces de Johnston était dangereusement sous-approvisionné; le gouvernement confédéré donnait la priorité au front de l'Est et envoya la plupart des troupes, des armes et des munitions disponibles en Virginie. À la fin de l'année 1861, Johnston avait réussi à rassembler 50 000 hommes, mais il était toujours en infériorité numérique par rapport aux quelque 90 000 soldats de l'Union rassemblés dans le Kentucky. Pour prévenir toute invasion, il décida de recourir à la guerre psychologique. Il rédigea des déclarations à l'intention des journaux sudistes dans lesquelles il surestima la taille de son armée, triplant les effectifs réels. Il fit ensuite manœuvrer ses troupes de manière à donner l'impression qu'elles se préparaient à envahir le Kentucky, contrôlé par l'Union. Cette ruse réussit à déconcerter plusieurs officiers de l'Union, dont le brigadier général William Tecumseh Sherman (1820-1891), qui déclara: "Je suis convaincu par de nombreux faits qu'A. Sidney Johnston déploie des efforts herculéens pour frapper un grand coup dans le Kentucky" (cité dans Foote, 175).

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Perte de fort Henry et de fort Donelson

Johnston parvint ainsi à créer une illusion de force, qui serait bien trop vite brisée. En janvier 1862, le brigadier général Felix Zollicoffer, l'un des subordonnés de Johnston, prit l'initiative de faire passer ses forces de l'autre côté de la rivière Cumberland, dans le Kentucky. Lors de la bataille de Mill Springs (19 janvier 1862), les Confédérés furent vaincus et Zollicoffer fut tué. Peu après, l'important bastion confédéré de Fort Henry, sur la rivière Tennessee, fut capturé par deux divisions de l'Union commandées par le brigadier général Ulysses S. Grant (1822-1885), avec l'appui d'une flottille de canonnières. Après avoir appris la bataille de Fort Henry (6 février 1862), Johnston décida de se replier et de concentrer le gros de ses forces près de Nashville, dans le Tennessee. Dans le même temps, il envoya 12 000 soldats supplémentaires pour défendre le fort Donelson, une place forte vitale sur la rivière Cumberland. Si le fort Donelson tombait, l'ensemble du centre du Tennessee, y compris Nashville, serait vulnérable à une invasion de l'Union. Mais Johnston savait qu'il ne pouvait risquer de perdre plus d'hommes que nécessaire et ordonna aux commandants du fort, Gideon J. Pillow et John Floyd, d'abandonner le fort s'il ne pouvait être tenu.

Map of the United States on the Eve of Civil War, 1861
Carte des États-Unis à la veille de la guerre de Sécession, 1861 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Entre-temps, Grant avait fait avancer son armée par voie terrestre et commença à encercler le fort Donelson le 11 février. La bataille du fort Donelson (11-16 février 1862) fut longue et âprement disputée, mais elle se termina par une cuisante défaite confédérée, Pillow et Floyd n'ayant pas évacué la garnison à temps. En conséquence, 18 000 soldats confédérés, dont on avait désespérément besoin, furent faits prisonniers et, pour Grant, la route vers Nashville était désormais grande ouverte. En infériorité numérique, Johnston décida à contrecœur d'abandonner Nashville et de replier son armée sur Corinth, dans le Mississippi - ce qui lui valut d'être vilipendé par les journaux sudistes, qui l'accusèrent d'avoir abandonné le Tennessee sans se battre. Johnston passa le mois suivant à constituer ses forces, baptisées Armée du Mississippi; le 29 mars, il avait rassemblé quelque 44 000 hommes et était prêt à lancer sa contre-attaque. Deux armées de l'Union opéraient le long de la frontière entre le Tennessee et le Kentucky: celle de Grant, qui se trouvait à Pittsburg Landing, et celle du brigadier général Don Carlos Buell (1818-1898), qui marchait pour renforcer Grant. Johnston savait qu'il devait détruire la force de Grant avant que les deux armées ne puissent se rejoindre - mais même si c'était le cas, il était déterminé à se battre, déclarant: "Je les combattrais s'ils étaient un million" (cité par McPherson, 407). C'est ainsi que, le 3 avril 1862, Johnston ramena l'armée du Mississippi dans le Tennessee et se prépara à attaquer l'armée de Grant à Pittsburg Landing.

Shiloh et mort

Dans l'après-midi du 5 avril, Johnston s'adressa à ses troupes, leur promettant de les conduire à "une victoire décisive sur des mercenaires agraires, envoyés pour vous soumettre et vous dépouiller de vos libertés, de vos biens et de votre honneur [...] n'oubliez pas que vos mères, vos épouses, vos sœurs dépendent de ce résultat"(ibid.). Le lendemain, sur un coup de poker, il lança son attaque, déclenchant la sanglante bataille de Shiloh. Au début, les hommes de Grant furent pris par surprise et furent repoussés; Johnston commandait en personne le flanc droit des rebelles, faisant des allers-retours à cheval pour encourager ses troupes fatiguées. À un moment de la bataille, Johnston vit un lieutenant confédéré sortir en courant d'une tente abandonnée de l'Union, les bras chargés d'un butin volé. Johnston réprimanda sévèrement cet homme: "Rien de tout cela, monsieur. Nous ne sommes pas ici pour le pillage" (cité dans Foote, 338). Puis, constatant qu'il avait blessé l'orgueil du jeune officier, Johnston se pencha et prit une tasse en fer-blanc sur une table. "Que ce soit ma part du butin d'aujourd'hui", annonça-t-il, avant d'utiliser la tasse au lieu de son épée pour diriger ses troupes.

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Death of Albert Sidney Johnston
Décès d'Albert Sidney Johnston Henry Mosler (Public Domain)

Johnston continua de commander ses hommes au cœur de la bataille jusqu'au milieu de l'après-midi, lorsqu'une balle toucha son genou droit et sectionna son artère poplitée. Le gouverneur du Tennessee, Isham Harris, agissant en tant qu'aide de camp de Johnston, remarqua que le général s'inclinait sur sa selle et lui demanda s'il était blessé. "Oui", répond Johnston, "et je crains que ce ne soit grave". Il n'y avait pas de médecin dans les environs - Johnston avait envoyé son chirurgien personnel s'occuper des soldats blessés - et Harris et les autres officiers d'état-major mirent le général à l'abri dans un petit ravin, où ils découvrirent avec stupeur que sa botte droite était déjà remplie de sang. Les officiers d'état-major ignorant tout des garrots, ils assistèrent impuissants à l'hémorragie du général. En quelques minutes, Albert Sidney Johnston, le plus grand soldat de la Confédération, était mort à l'âge de 59 ans. Son second, le brigadier général P. G. T. Beauregard (1818-1893), prit le contrôle de l'armée, mais l'arrivée des renforts de Buell fit basculer la bataille en faveur du Nord, et Beauregard fut contraint de battre en retraite le lendemain. La mort de Johnston fut déplorée dans tout le Sud, beaucoup considérant sa perte comme un coup dévastateur pour la cause confédérée.

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Questions & Réponses

Qui était Albert Sidney Johnston?

Albert Sidney Johnston (1803-1862) était un général confédéré pendant la guerre de Sécession (1861-1865), chargé de défendre tous les territoires confédérés, des Appalaches au Mississippi. Il fut tué à la tête de ses troupes lors de la bataille de Shiloh (6 avril 1862).

Pourquoi Albert Sidney Johnston s'est-il battu pour le Sud?

Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), Albert Sidney Johnston décida de se battre pour le Sud parce que son État d'adoption, le Texas, avait fait sécession et parce qu'il était un esclavagiste qui soutenait l'institution de l'esclavage.

Dans quelles armées Albert Sidney Johnston a-t-il combattu?

Au cours de sa carrière militaire de 34 ans, Albert Sidney Johnston servit dans les armées de trois républiques: la République du Texas, les États-Unis et les États confédérés.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2025, juin 11). Albert Sidney Johnston: Le général le plus haut gradé tué pendant la guerre de Sécession. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24585/albert-sidney-johnston/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Albert Sidney Johnston: Le général le plus haut gradé tué pendant la guerre de Sécession." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, juin 11, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24585/albert-sidney-johnston/.

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Mark, Harrison W.. "Albert Sidney Johnston: Le général le plus haut gradé tué pendant la guerre de Sécession." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 11 juin 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24585/albert-sidney-johnston/.

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