Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780) fut la souveraine de la monarchie des Habsbourg, un empire étendu composé de l’Autriche, de la Hongrie, du royaume de Bohême et d’autres territoires dispersés à travers l’Italie, les Pays-Bas et l’Europe centrale. Bien que son ascension au trône fût contestée par les puissances européennes rivales au cours de la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), elle ressortit du conflit avec une position plus sûre et plus affirmée. Elle mit en place de nombreuses réformes sur le long terme au sein des territoires Habsbourg et restaura les pouvoirs militaire et économique de l’Autriche. L’une des souveraines les plus importantes du XVIIIe siècle, Marie-Thérèse d’Autriche laissa une empreinte durable sur l’Europe pendant ses 40 ans de règne.
Jeunesse
Marie-Thérèse naquit le 13 mai 1717 à Vienne, en Autriche. Née six mois après le décès de son frère aîné, elle était la plus âgée des enfants de Charles VI, saint empereur romain, et de sa femme Élisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel. Pendant une longue période, Charles VI avait dû faire face à la perspective qu’il pourrait ne jamais avoir d’héritier, une peur qui fut confirmée par le décès de son fils unique.
L’empereur s’était préparé à cette éventualité en 1713, avec la sortie de la Pragmatique Sanction, qui proclama que dorénavant les femmes sur les territoires Habsbourg pourraient hériter; désormais, l’une des filles de Charles VI pouvait lui succéder, préservant ainsi l’étendue des territoires des Habsbourg. Ce fut un décret très controversé puisqu’il bouleversa la loi salique pré-établie qui stipulait que seuls les hommes pouvaient hériter. Charles VI passa une grande partie de son règne à convaincre les autres grandes puissances d’Europe de reconnaître la Pragmatique Sanction, ce qu’ils firent à contre-cœur après que l’empereur eut accepté de faire des concessions. Ainsi, à sa naissance, Marie-Thérèse fut la précieuse héritière de la couronne des Habsbourg.
Enfant, Marie-Thérèse était une "fille mince, comme une poupée" avec des cheveux blonds et de "grands yeux mélancoliques" (Mahan, 23). Sa jeune sœur Marie-Anne et elle furent instruites de la manière dont les jeunes nobles autrichiennes devaient l’être au XVIIIe siècle. On leur apprit le dessin et la peinture, ainsi que le chant et la danse. Cependant, Marie-Thérèse ne reçut pas l’éducation adéquate en tant qu’héritière de l’Empire. Elle rencontrait des difficultés en orthographe et manquait d’éloquence dans sa façon de parler. Bien qu’elle fût autorisée à assister aux réunions du conseil de son père dès l’âge de 14 ans, jamais on ne lui inculqua l’art de la politique ni celui de la diplomatie. Alors que Charles VI avait passé la plupart de son temps à assurer la place d’héritière de sa fille, il négligea de lui apprendre comment en être une.
En effet, il fit des projets pour la marier, comme si elle n'était qu'une princesse comme toutes les autres. En 1723, des négociations se tinrent pour la fiancer à Léopold Clément, le jeune prince de Lorraine. Toutefois, lorsque le prince décéda de la variole cette même année, son jeune frère François-Étienne de Lorraine (futur François Ier, empereur du Saint-Empire romain germanique) arriva à Vienne afin de briguer la main de Marie-Thérèse à sa place. Bien que Charles VI ait envisagé d’autres candidats, son choix s’arrêta finalement sur lui. Marie-Thérèse et François-Étienne se marièrent à Vienne le 12 février 1736. Puisque les Français s’étaient d’abord opposés au mariage, François-Étienne fut forcé de renoncer à ses droits sur la maison ancestrale de Lorraine; en retour, Charles VI lui donna le Grand-duché de Toscane en 1738.
Marie-Thérèse paraissait être tombée très amoureuse de son nouvel époux. "Si elle s’endort, c’est uniquement pour rêver de lui", écrivit l’ambassadeur britannique à propos du couple. "Si elle se réveille, c’est uniquement pour parler de lui à sa dame d’honneur" (Mahan, 36). En effet, les lettres de Marie-Thérèse à François-Étienne débordaient d'une candide tendresse: "Adieu, ma petite souris, je vous embrasse de tout mon cœur... Je suis votre mariée comblée" (ibidem). Les lettres de François-Étienne à sa femme, en revanche, étaient bien plus formelles.
Peu après le mariage, Marie-Thérèse tomba enceinte pour la première fois. Elle donna naissance à son premier enfant, une fille, en 1737. Le sexe du bébé fut une grande déception pour Marie-Thérèse, qui avait tant attendu un garçon pour assurer la stabilité de la dynastie des Habsbourg. Bien que son premier enfant soit malheureusement décédé en bas âge, elle donnerait naissance à quinze autres enfants au cours des dix-neuf prochaines années, dont dix atteignirent l’âge adulte. Plus tard dans son règne, Marie-Thérèse plaisanta et dit que si elle n’avait pas été si souvent enceinte, elle aurait pu conduire en personne son armée sur le champ de bataille.
Une question de succession
En octobre 1740, Charles VI tomba malade lors d’une partie de chasse à la frontière hongroise; selon Voltaire, cela arriva après qu’il eut mangé des champignons vénéneux par erreur. L’empereur fut rapatrié à la Hofburg, le palais impérial de Vienne, où il mourut le 20 octobre. À seulement 23 ans, Marie-Thérèse d’Autriche accéda au trône des Habsbourg. Toutefois, l’Empire dont elle hérita se trouvait dans un cruel état de désespoir et de déclin. Les caisses du trésor étaient vides, proches de la banqueroute à cause de la récente guerre de Succession de Pologne. L’armée n’était plus constituée que de 100 000 hommes indisciplinés et peu entraînés, qui étaient répartis sur la vaste étendue du territoire des Habsbourg.
Ce qui posa le plus de problème, c’est que Marie-Thérèse n’avait jamais appris à gouverner et elle fut contrainte de se reposer sur les conseillers de son père, qui étaient, dans l’ensemble, incompétents et faibles. N’ayant personne d’autre vers qui se tourner, Marie-Thérèse d’Autriche compta énormément sur son époux, qu’elle désigna comme son co-souverain en novembre 1740. Elle essaya également d’accroître sa légitimité en accédant au titre impérial laissé vacant après le décès de son père. Cependant, puisqu’il était interdit à une femme d’être élue sainte impératrice romaine, elle fit campagne pour l’élection de François-Étienne.
Alors que Marie-Thérèse tentait désespérément de consolider sa position, ses ennemis l’encerclèrent tels des vautours affamés. Charles Albert, électeur de Bavière, lorgnait sur le poste impérial, tandis que le royaume d’Espagne convoitait le patrimoine des Habsbourg en Italie. Toutefois le plus dangereux de ces vautours s’avéra être Frédéric II, le jeune roi de Prusse, qui brûlait d’envie de faire ses preuves sur la scène internationale avec la conquête de la Silésie, la province la plus riche et la plus développée de l’Empire Habsbourg.
Le 16 septembre 1740, Frédéric envahit la Silésie et l’occupa en quelques semaines à peine. Marie-Thérèse d’Autriche envoya son armée pour la reprendre, mais les forces pro-Habsbourg furent battues à plates coutures lors de la bataille de Mollwitz (10 avril 1741). La victoire de Frédéric II à Mollwitz enhardit le reste des ennemis de Marie-Thérèse. Reniant la Pragmatique Sanction, et par conséquent son droit de gouverner, la France, l’Espagne et la Bavière déclarèrent la guerre, ce qui déclencha la guerre de Succession d’Autriche.
Au départ, les choses ne se passèrent pas en faveur de Marie-Thérèse d’Autriche, dont l’armée fut vivement écartée. À la fin de l’année 1741, une armée franco-bavaroise s’empara de Prague, et Charles Albert fut élu saint empereur romain, le premier non-Habsbourg à détenir ce titre depuis près de trois siècles. L’année suivante, les Prussiens battirent une autre partie de l’armée des Habsbourg lors de la bataille de Chotusitz (17 mai 1742), ce qui obligea Marie-Thérèse à céder toute la Silésie à Frédéric II.
Le jeune souverain savait qu’elle ne pouvait pas espérer se venger seule de ses ennemis. En septembre 1741, elle se présenta devant la diète hongroise. Portant la Sainte Couronne hongroise (ou Couronne de saint Étienne), elle implora ses sujets hongrois de l’aider, elle leur dit que: "l’existence même du royaume de Hongrie, notre propre vie et celle de nos enfants, ainsi que notre couronne sont en jeu. Abandonnés de tous, nous ne pouvons compter que sur la vaillance maintes fois éprouvée et la fidélité des Hongrois" (Mahan, 121). Alors que la noblesse hongroise continuait de se montrer réticente, Marie-Thérèse hissa son enfant Joseph dans les airs et, le visage couvert de larmes, confia aux Hongrois le bien-être de son héritier. Ce geste influença la diète hongroise, qui envoya ses troupes à la guerre. Marie-Thérèse d’Autriche fut également rejointe par d’autres alliés, dont la Grande-Bretagne, qui ne pouvait pas manquer une chance de donner une leçon à sa grande rivale, la France.
Le sort de la guerre oscilla pendant plusieurs années, jusqu'en janvier 1745 quand Charles Albert (qui avait commencé à régner sous le nom de Charles VII) mourut de la goutte. Cette fois, Marie-Thérèse d’Autriche s’assura que son époux remporte les élections pour le trône impérial; il fut couronné sous le nom de François Ier, saint empereur romain. En 1748, le traité d’Aix-la-Chapelle mit fin à la guerre et restaura en grande partie les frontières d’avant-guerre sauf celles de la Silésie, qui resta en possession de la Prusse. La perte de la Silésie était un faible prix à payer, puisque Marie-Thérèse d’Autriche venait d’affirmer sa souveraineté sur la monarchie des Habsbourg; elle sortit de la guerre plus forte et plus sage qu’elle ne l’était avant de s’y engager.
Politiques et réformes
Après avoir survécu de justesse à un conflit existentiel, Marie-Thérèse d’Autriche comprit l’importance de réformer et de moderniser son armée. Pour ce faire, elle fit appel au comte Friedrich Wilhelm von Haugwitz, qui l’aida à créer une armée permanente de 108 000 hommes. Il finança cette armée en imposant de nouveaux impôts à la noblesse terrienne, qui avait été exemptée de taxes par le passé. Cela permit de constituer une force militaire avec un meilleur approvisionnement et qui soit mieux formée.
Ravie du succès du comte von Haugwitz, Marie-Thérèse d’Autriche lui confia la direction d’une agence centrale administrative nouvellement créée, en 1749. Au fur et à mesure des années qui suivirent, il travailla sur la centralisation de toutes les institutions du gouvernement de la monarchie Habsbourg, qu’il plaça sous le contrôle direct de Marie-Thérèse d’Autriche et de ses conseillers (le royaume de Hongrie fut exempté de ces réformes, puisque la souveraine s’était engagée à respecter les privilèges dont il jouissait au sein de l’Empire).
Évidemment, avec la centralisation de la monarchie Habsbourg, des agents publics et des fonctionnaires administratifs compétents furent nécessaires. Dans ce but, Marie-Thérèse d’Autriche mit en place un programme de réformes de l’éducation pour l’ensemble de l’Empire. Avec la ferme conviction que le but principal d’une meilleure éducation était de fournir des bureaucrates compétents, Marie-Thérèse encouragea les universités à se concentrer sur des thèmes laïques comme le droit à la place des sujets théologiques. Le Theresianum, une académie pour les fils de nobles, fut fondé à Vienne en 1746, une école parmi toutes celles créées sous sa direction.
Alors qu’elle cherchait à centraliser l’administration de l’Empire, Marie-Thérèse d’Autriche souhaitait également centraliser son système judiciaire. Auparavant, chaque territoire Habsbourg appliquait ses propres lois. Toutefois en 1768, Marie-Thérèse publia le Constitutio Criminalis Theresiana, un code pénal commun et applicable à tous les territoires sous domination des Habsbourg. À la grande déception de plusieurs partisans du siècle des Lumières, ce code de lois était très conservateur; il criminalisait la sorcellerie et d'autres infractions religieuses, et maintenait le recours à la torture ainsi qu’à la peine capitale (la torture serait ensuite abolie en Autriche en 1776).
Malgré ses réformes et sa prise de position inhabituelle pour une souveraine, Marie-Thérèse d’Autriche était en fait conservatrice par bien des aspects. Catholique très pieuse, elle croyait que la cohésion religieuse était nécessaire à la survie d'un État. En tant que telle, elle ne fit preuve d’aucune tolérance religieuse et tenta d’éliminer les Protestants ainsi que les Juifs. Elle ne se considérait cependant pas comme soumise à l’Église catholique romaine; elle choisissait ses propres archevêques et elle limitait l’influence papale à l’intérieur de son royaume.
Guerre de Sept Ans et Pologne
Au tout début des années 1750, il apparut clair qu’une autre guerre se profilait à l’horizon, car les empires européens se dépêchaient de former de nouvelles alliances. En Prusse, Frédéric II (que son peuple appelait désormais Frédéric le Grand) s’était allié à la Grande-Bretagne, ce qui força Marie-Thérèse d’Autriche à négocier une alliance avec la France. Ce réalignement politique, connu sous le nom de révolution diplomatique, prépara le terrain pour la guerre de Sept Ans, qui commença pour de bon lorsque la Prusse envahit la Saxe en août 1756.
Cette fois-ci, Marie-Thérèse était bien mieux préparée qu’elle ne l’était la guerre précédente. Son armée était puissante et bien entraînée, et elle s’était entourée de nombreux conseillers talentueux, dont le plus renommé était son chancelier, Wenzel Anton von Kaunitz. Suivant les recommandations de von Kaunitz, elle décida de ne pas signer d’accord de paix avec la Prusse tant qu’elle n’aurait pas récupéré la Silésie. Les années qui suivirent furent marquées par des combats acharnés et sanglants, d’une ampleur sans précédent depuis des décennies. Bien que l’Autriche remporte plusieurs victoires contre les Prussiens lors de la bataille de Hochkirch (14 octobre 1758) et celle de Kunersdorf (12 août 1759), Frédéric II refusa de baisser les bras et continua de se battre. Quand la guerre prit fin en 1763, la Prusse détenait encore le contrôle de la Silésie, bien que l’Autriche ait retrouvé sa place parmi les grandes puissances.
Même si à présent elle était devenue plus puissante qu’elle ne l’avait jamais été, Marie-Thérèse d’Autriche fut rapidement confrontée à une tragédie. Le 18 août 1765, François mourut subitement dans son carrosse alors qu’il se trouvait sur le chemin du retour de l’opéra d’Innsbruck. Marie-Thérèse était désespérée et ne se remit jamais de l’émotion que lui créa le décès de son époux. Elle se retira complètement de la vie mondaine, peignit toutes ses pièces de vie en noir et ne vêtit que de vêtements de deuil pour le restant de ses jours. Chaque année, elle passait le mois d’août entier à l’écart du monde pour le pleurer. "Je ne me reconnais presque plus, se lamentait-elle après le décès de François Ier, car je suis devenue comme un animal, dépourvue de vie véritable et de raison" (Crankshaw, 267).
Son fils aîné de 24 ans, Joseph II, fut élevé au rang de co-souverain et fut également couronné saint empereur romain. Intelligent et ambitieux, Joseph se prit d’intérêt pour les idéaux des Lumières et d’admiration pour Frédéric le Grand, ce qui dans les deux cas troubla et offensa Marie-Thérèse d’Autriche. Mère et fils se querellaient fréquemment pour des questions d’État, chacun menaçant souvent l’autre d’abdiquer. Les choses s’envenimaient tellement que les deux interagissaient rarement en dehors du dîner. Après avoir survécu à un accès de variole presque mortel en 1767, Marie-Thérèse laissa Joseph s’occuper de plus en plus des affaires politiques. Elle se concentra, en revanche, sur certains sujets d’intérêt personnel, tels que la promotion de l'inoculation contre la variole après en avoir observé l’efficacité.
En 1770, Marie-Thérèse d’Autriche renforça son alliance avec la France en mariant sa fille de 14 ans Maria Antonia au jeune dauphin de France. Marie-Thérèse envoyait régulièrement des lettres à sa jeune fille pour lui expliquer comment se comporter à la cour de France et elle comptait sur elle pour lui rapporter ce qui se passait à Versailles. Quelques années plus tard, sa fille (qui avait maintenant pris la version française de son nom, Marie-Antoinette) devint reine lorsque le dauphin accéda au trône en tant que Louis XVI.
En 1772, Joseph II et le chancelier von Kaunitz conspirèrent avec la Prusse et la Russie pour morceler la Pologne en entre eux. Au départ, Marie-Thérèse d’Autriche s’opposa à cette idée; elle détestait et ne faisait pas confiance à Frédéric II, auquel elle faisait souvent référence comme "cet homme diabolique", et elle pensait surtout que la répartition était une trahison injuste envers le peuple polonais. En fin de compte, on la persuada d’accepter le premier partage de la Pologne, et le royaume de Galicie et de Lodomérie fut annexé à l’Empire des Habsbourg (ces territoires furent par la suite appelés la Pologne autrichienne). Commentant ce qu'il considérait comme les larmes de crocodile de Marie-Thérèse d’Autriche, Frédéric II déclara avec ironie: "Plus elle pleurait, plus elle prenait".
Ses dernières années
Marie-Thérèse d’Autriche passa ses dernières années sur les pelouses du palais de Schönbrunn, à Vienne. Elle n’avait jamais vraiment récupéré de son accès de variole et était souvent en mauvaise santé; elle souffrait d’essoufflement, de fatigue et d’insomnie. Toutefois, elle fut loin d’être inactive au cours de cette période. Au début des années 1770, ce fut une famine qui frappa tout l'empire qui la poussa à réexaminer le système du servage. Avec l’aide de ses conseillers, elle restreignit le recours au travail forcé et, en 1773, morcela les plus grandes propriétés du royaume de Bohême en de petites fermes gérées par les paysans, ce qui leur conféra une meilleure autonomie.
Les propriétaires du royaume de Bohême furent inévitablement consternés par cette décision. Malgré son engouement habituel pour les Lumières, Joseph II prit le parti des nobles et accusa sa mère d’essayer d’abolir le servage. Au cours des dernières années de l’impératrice, cette dernière fut plusieurs fois en désaccord avec son fils, particulièrement en ce qui concerne la tentative de Joseph, en 1778, pour étendre le contrôle des Habsbourg jusqu’à la Bavière. Après la courte guerre de Succession de Bavière, contre la Pologne, qui eut lieu sans que presque aucune goutte de sang ne soit versée, Joseph II fut forcé de battre en retraite.
Le 24 novembre 1780, Marie-Thérèse d’Autriche tomba malade. Elle reçut les derniers sacrements deux jours plus tard car sa condition se détériorait rapidement, et elle mourut, entourée de ses enfants, le 29 novembre à l’âge de 63 ans. Sa dépouille fut enterrée dans la crypte impériale de Vienne. Marie-Thérèse d’Autriche fut la dernière souveraine de descendance directe de la maison des Habsbourg; ses enfants et tous les futurs souverains Habsbourg étaient issus de la branche de la famille qu’elle créa, la maison des Habsbourg-Lorraine.
Marie-Thérèse d’Autriche fut l’une des souveraines les plus influentes de l’Europe du XVIIIe siècle et sans doute l’une des plus efficaces de tous les temps de la maison des Habsbourg. Elle avait hérité d’un empire faible et décentralisé sur le point de s’écrouler, qu’elle laissa sous la forme d’État modernisé et puissant comparable aux plus grandes nations européennes. Malgré son conservatisme personnel, ses réformes participèrent à pousser la monarchie des Habsbourg vers le "despotisme éclairé" qui prospérerait sous le règne de son fils Joseph II, et le gouvernement fut conçu pour servir les intérêts de l'État plutôt que ceux d'un souverain en particulier. Son héritage aida à façonner le destin de l’Europe alors qu’il se dirigeait vers les temps modernes.

