Gouvernement Islandais Médiéval

Irina-Maria Manea
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Logberg – Althing Meeting Place at Thingvellir, Iceland (by Adam Fagen, CC BY-NC-SA)
Logberg – Althing (Assemblée Générale) à Thingvellir, Islande Adam Fagen (CC BY-NC-SA)

Le gouvernement islandais du haut Moyen Âge, ou Islande des Vikings, a été qualifié de forme naissante de démocratie ou de parlementarisme démocratique, mais le système n'avait en fait rien à voir avec ses homologues européens, qu'ils soient médiévaux ou contemporains. L'historiographie préfère le terme d'"État libre". Comme son nom l'indique, il s'agissait d'une entité politique librement organisée, qui possédait certains éléments d'un État, mais qui n'était pas tout à fait un État. Au contraire, les colons d'Islande, les héros de la littérature épique, ont créé, à bien des égards, une société sans État. Ils disposaient d'un système judiciaire bien défini et d'un conseil de législateurs (lögrétta), mais ils n'avaient ni roi ni personne pour mettre en œuvre les décisions judiciaires. Il existait des différences entre les chefs et les roturiers, mais elles n'étaient pas aussi importantes que dans de nombreux autres pays. Les chefs avaient peu de pouvoir exécutif et, du moins aux Xe et XIe siècles, ils n'étaient pas organisés de manière hiérarchique. Les colons avaient quitté la Norvège et d'autres régions pour prendre un nouveau départ et organiser leur monde comme nulle part ailleurs en Europe.

Les chefs

Les colons (landnámnsmenn en vieux norrois) sont arrivés avec des traditions politiques du continent, et beaucoup d'entre eux appartenaient à la même classe sociale. L'Islande abandonna la couche aristocratique de la société viking continentale et généralement la hiérarchie des seigneurs de guerre, des comtes, des libres et des libres partiels. L'Islande devint une société de fermiers propriétaires de terres qui n'étaient pas très enthousiastes à l'égard des élites et de leur rôle. En fait, c'est peut-être ce qui les avait poussés à partir. Ils cherchaient à éviter la concentration du pouvoir dans certains groupes et à ce que chacun ait une part de contrôle sur les autres. Les chefs (góðar en vieux norrois) bénéficiaient d'une autorité accrue, mais ce rôle était temporaire et non territorial. Elle dépendait du nombre de leurs partisans, du soutien qu'ils apportaient en cas de conflit, de leur capacité à faire respecter la loi et de leur prestige. Alors qu'en Scandinavie, les paysans perdaient leurs droits face à l'autorité croissante des rois et d'autres chefs, les Islandais rejetaient l'idée d'un État centralisé. Pour reprendre les termes de Jesse Byock, il s'agissait d'un "exemple de modèle autolimité de formation de l'État"(Viking Age Iceland, 66), ce qui signifie qu'ils ne voulaient pas évoluer, mais revenir à des formes plus simples de coexistence.

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Les paysans pouvaient passer d'un chef à l'autre, la concentration du pouvoir était évitée et l'autorité était un concept assez flou.

Les hommes d'influence locaux peuvent être considérés comme des chefs, mais seulement à petite échelle. Certains chefs, mais aussi des fermiers (bændr en vieux norrois), avaient plus de richesse et de prestige que d'autres, ce qui les rapprochait des sociétés hiérarchisées. Les chefs pouvaient avoir des esclaves, des fermiers ou des ouvriers, mais l'esclavage disparut au XIe siècle. Les Goðar étaient généralement en concurrence non seulement pour les richesses et le statut, mais aussi pour les sympathisants (thingmenn en vieux norrois), qui étaient très importants pour affirmer leur domination. Ils arbitraient les litiges, ce qui était une activité risquée qui pouvait vous faire tuer, mais qui valait peut-être la peine d'être courue, compte tenu des avantages économiques. Ils transféraient des propriétés, accordaient des prêts aux agriculteurs et augmentaient leur prestige en offrant des cadeaux, une pratique qui consolidait les alliances. Ils organisaient des festins soigneusement planifiés, en particulier au moment des récoltes, au cours desquels ils manifestaient leur générosité et leur importance.

Il semble que les chefs aient perçu beaucoup moins de revenus que ce à quoi on pourrait s'attendre, en raison d'une économie relativement simple et de la rareté des ressources. L'une des principales sources de richesse, outre la location de terres ou de bétail, consistait à intervenir et à régler un litige. Techniquement, les paysans pouvaient aussi le faire, mais les chefs étaient plus qualifiés car ils connaissaient mieux la loi. Néanmoins, les barrières sociales pouvaient être surmontées, les paysans pouvant devenir goðar, et le rang dépendait de la loi et des conventions. Les paysans pouvaient passer d'un chef à l'autre, la concentration du pouvoir était évitée et l'autorité était un concept assez flou. Cette situation changerait au XIIIe siècle, lorsque les petits groupes gagneraient en puissance, sous l'impulsion notamment de l'Église médiévale.

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Société sans État

L'économie était simple, l'unité principale étant la ferme autosuffisante, qui dépendait du pâturage, de la chasse et de la cueillette. Il n'y avait pas de villes et les conflits étaient parfois résolus par des querelles. Les Islandais étaient-ils incapables de fonder un État? Il est plus probable qu'ils ne s'y intéressaient pas. Au Xe siècle, les Scandinaves étaient très entreprenants; ils ont conquis et colonisé des parties de l'Angleterre et établi des routes commerciales jusqu'à l'Empire byzantin. Lorsque les colons sont arrivés en Islande, nous devons supposer qu'ils avaient emporté avec eux une partie importante du code social des communautés scandinaves. En témoignent les lois sophistiquées relatives à la propriété et au droit de propriété, germes de mécontentement et de concurrence largement exploités dans la littérature médiévale, les sagas.

The Settlement of Iceland
Colonisation de l'Islande Max Naylor (Public Domain)

La société islandaise était, par ailleurs, différente de la société tribale avec ses seigneurs de guerre et ses terres, caractérisée par un pouvoir établi dans une certaine région. Les Islandais ont abandonné une partie de la culture viking, celle des prouesses militaires, des conquêtes et de la royauté, au profit du consensus. Les paysans s'accordent sur le fait qu'aucun chef ne doit jamais dominer et devenir un suzerain. Leur organisation était basée sur des relations sociales qui remplaçaient la notion d'État. Aussi rêveur que cela puisse paraître, ce système n'était pas dépourvu de graves inconvénients. Les arrangements sociaux complexes formés par les liens de parenté, les alliances ou les amitiés pouvaient limiter les conflits, mais pas éviter la violence. Les sagas relatent des cas où des querelles ont atteint le point de non-retour et se sont révélées mortelles.

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La loi et l'ordre

L'Islande était une société d'immigrants libres qui se disputaient des ressources rares. Ils avaient émigré à une époque où les droits des paysans étaient menacés par des rois qui cherchaient à étendre leur pouvoir. Il est donc compréhensible qu'ils se soient détachés de la société mère et qu'ils n'aient eu aucun intérêt à construire le même système. Au IXe siècle, l'île semblait attrayante car, dans d'autres parties de l'Europe, des souverains comme Alfred le Grand (r. de 871 à 899) en Angleterre menaient des campagnes contre les envahisseurs vikings. En Norvège, d'où venaient la plupart des colons, le roi Harald Ier à la Belle Chevelure (hárfagri, r. c. 872-933), originaire du sud-est, cherchait à contrôler l'ensemble de la région et, avec les comtes de lade du Trondelag, au nord, il soumettait les fermiers et les chefs militaires locaux, appelés hersar.

Statue of Harald Fairhair
Harald Ier à la Belle Chevelure Pixabay (Public Domain)

L'auteur islandais Snorri Sturluson écrit au XIIIe siècle que la tyrannie du roi Harald fit fuir les gens. Snorri a peut-être exagéré, mais cette histoire fait partie d'un mythe national: le rejet des arrangements hiérarchiques et l'établissement d'un parlement primitif appelé l'Althing.

Le roi Harald revendiqua la possession de toutes les terres là où il prit le pouvoir et demanda à chaque fermier, puissant ou non, de lui payer une taxe pour la terre. Il nomma un jarl dans chaque fylki [province], chargé de rendre les jugements et de percevoir les amendes et l'impôt foncier; le jarl gardait un tiers de l'impôt pour sa nourriture et ses frais de subsistance. Chaque jarl avait quatre hersar ou plus sous ses ordres, et chacun de ces derniers disposait d'un revenu de vingt marks. Chaque jarl fournissait soixante soldats à l'armée du roi et chaque hersir vingt hommes.(Heimskringla ch. 6, tr. Jesse Byock, 54).

Lorsque les gens arrivèrent en Islande, ils ne trouvèrent que quelques moines irlandais qui repartirent ensuite. Les premiers arrivés s'emparèrent de vastes étendues de terre, ce qui provoqua un conflit avec les nouveaux arrivants. Le Landnámabok, ou livre des colonies, nous apprend que le roi Harald fut prié d'intervenir et qu'il décida que personne ne devait posséder une superficie supérieure à celle sur laquelle il pouvait porter du feu en une journée. Au cours des générations suivantes, les terres furent divisées entre de nombreuses petites fermes, de sorte que personne ne pouvait prétendre à une réelle autorité. La géographie n'encourageant pas non plus le système vassalique, les liens de dépendance disparurent rapidement au profit de la propriété privée. L'absence de menaces extérieures découragea également la formation de réseaux défensifs dominés par des seigneurs. Cependant, avec l'augmentation de la population, la nécessité d'une loi commune s'imposa.

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Assemblées et tribunaux

L'assemblée commune, l'Althing, fut alors fondée. Selon l'historien Ari le Savant dans Islendigabók, ou Le Livre des Islandais, un homme nommé Úlfljótr se rendit dans les années 920 en Norvège pour adapter les lois des Norvégiens de l'ouest de l'assemblée de la Gula aux exigences islandaises, clarifier les questions juridiques et ramener un code juridique. L'histoire d'Ari n'est pas très convaincante, car elle ne ressemble pas à celle de Grágás, la loi de l'oie grise utilisée au XIIIe siècle, mais qui préservait probablement des lois plus anciennes. Quoi qu'il en soit, un rassemblement se forma et 39 hommes devinrent góðar, en fonction de leur parenté et de leur prestige local. Ce terme pourrait signifier chef-prêtre, et comme il n'y avait pas de prêtrise reconnue, ils accomplissaient probablement les sacrifices officiels. Les chefs devaient tenir les things locales, qui étaient probablement au nombre de 13 au Xe siècle.

Tous les chefs et leurs thingmen se réunissaient lors de l'assemblée d'été, l'Althing, sur la Thingvöllr (plaine) dans le sud-ouest. C'est là que se réunissait le conseil juridique (lögrétta en vieux norrois), chargé d'adopter ou de réviser les lois. La cour représentait également l'Islande dans les affaires étrangères. Tout était public, les gens étant assis sur des bancs disposés en trois cercles. Après la conversion au christianisme, une petite église fut construite sur le site, mais les gens vivaient dans des tentes ou des cabanes en gazon. Il n'y avait pas de fonctionnaires, à l'exception de l'orateur de la loi (lögsögumaðr), dont le mandat était de trois ans. Comme son nom l'indique, sa tâche principale consistait à réciter un tiers des lois par cœur et, malgré son prestige, cette fonction n'était assortie d'aucun pouvoir réel. Il existait une autre fonction prestigieuse, mais elle aussi dépourvue d'autorité. Le chef suprême (allherjargoði) était censé sanctifier l'Althing et limiter les sections de l'assemblée. Cette fonction appartenait aux héritiers de Thorsteinn, fils d'Ingólfr Arnarson, le premier colon d'Islande.

Ingolfr Arnarson Founding Reykjavik
Ingolfr Arnarson fonde Reykjavik Haukurth (Public Domain)

Dans les années 960, à la suite d'un conflit meurtrier, des réformes furent introduites. Les cas d'homicide involontaire, qui était publiquement reconnu et différent du meurtre, qui était un crime caché et honteux, étaient portés devant l'Althing au lieu d'être soumis à l'assemblée locale. Des tribunaux de quartier furent créés et l'île fut divisée en quatre quartiers. Les quartiers ouest, sud et est avaient chacun trois assemblées dirigées par trois chefs, mais le quartier nord en avait une de plus en raison de sa géographie. Le déséquilibre potentiel à l'Althing fut corrigé en ajoutant trois goði supplémentaires de chacun des autres quartiers, ce qui porta le nombre total de chefs à 48. Les nouveaux chefs n'avaient cependant pas le droit de nommer des juges. Le système juridique était ainsi plus centralisé, mais en même temps, le pays restait assez décentralisé, sur la base des relations entre le chef et le fermier.

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Une autre réforme fut l'assemblée de quartier(fjórðungathing) qui s'occupait des affaires de chaque quartier, bien que l'on sache peu de choses à son sujet et qu'elle ait pu être éclipsée par les tribunaux de l'Althing. Le panel de juges tirés au sort devait évaluer les faits et rendre un verdict. Le processus était régi par des règles de procédure et était ouvert au public. Tout le monde avait accès aux tribunaux, mais le succès dépendait de la capacité à s'attirer des soutiens. Le règlement d'un litige nécessitait des négociations entre les chefs. En 1005, un cinquième tribunal fut ajouté (fimtardómr), pour les cas où les procédures étaient dans l'impasse. La dernière réforme de ce système fut l'ajout des deux évêques à la lögrétta.

Les combats singuliers n'étaient pas très fréquents et finirent par être interdits au XIe siècle.

Ces tribunaux n'étaient pas seulement l'expression de l'ordre social accepté, mais aussi un environnement approprié pour que les chefs puissent mettre en avant leurs ambitions. Ils rencontraient les paysans pour régler les différends, négocier le pouvoir, défendre des positions, rassembler des partisans. Ces actions étaient cruciales car l'Islande n'avait pas de pouvoir exécutif pour mettre le verdict en pratique. La structure complexe des tribunaux avec toutes les procédures impliquait également d'autres moyens de régler les différends. Les parties pouvaient parvenir à un compromis, et l'une d'entre elles pouvait même proposer un sjálfdæmi, permettant à l'autre partie de fixer les termes du compromis. Le combat singulier, ou hólmgange, n'était pas très fréquent et finit par être interdit au XIe siècle. La négociation était plus attrayante.

L'offensé pouvait également choisir la vendetta, un sujet que les sagas aiment explorer. La quête de vengeance, cependant, dépendait du soutien des parents et des partisans et tournait souvent au désordre et à l'interminable, si bien que les parties devaient finalement s'adresser aux tribunaux. L'option moins formelle de l'arbitrage impliquait d'autres personnes plus neutres. L'arbitrage permettait à chacun de se retirer d'une situation dangereuse et de bénéficier d'une décision acceptable.

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Contrairement à l'Islande, la Norvège avait un système qui prenait également en compte les fonctions et les rôles des rois, des chefs militaires ou des clercs. Au Xe siècle, les Islandais ont développé les anciens droits des libres dans le monde germanique sans toutes les couches de la société nordique. Ils ont étendu l'idée ancienne des rassemblements locaux de roturiers et les ont utilisés à la place des royaumes plus centralisés et pyramidaux qui se développaient sur le continent. Cela ne veut pas dire que l'Islande des débuts n'était pas hiérarchisée, mais les chefs islandais avaient beaucoup moins d'autorité que leurs homologues scandinaves. Jusqu'à la domination des seigneurs au XIIIe siècle, il n'y avait pas de barrière formelle à la mobilité sociale. Cependant, un chef devait prouver ses capacités pour garder ses thingmen. L'amitié devait être achetée, ce qui n'était pas toujours facile compte tenu de la richesse limitée de l'île.

En Islande, les querelles avaient aussi leurs caractéristiques. Contrairement à ce qui se passait sur le continent, il s'agissait ici d'une affaire publique. Les Islandais ont conservé certaines des valeurs militaires qu'ils avaient apportées du continent ; ils pouvaient se présenter comme de féroces guerriers, mais les batailles décrites dans les sagas sont de petite envergure et limitées aux familles. Confrontés à un environnement plus paisible et à une nature rude qu'il fallait apprivoiser, les colons ont vite compris l'importance de la modération. De petits groupes ont pu être parfois motivés pour tuer certains adversaires, mais les querelles n'ont jamais atteint le niveau d'une lutte ouverte à grande échelle. Dans le grand village d'Islande, il y avait beaucoup d'honneur et de prestige à gagner en jouant le rôle de médiateur ou en contenant les comportements problématiques.

Une histoire de loi et de querelle

Dans la Saga du peuple d'Eyri (Eyrbyggja saga), Arnkel goði décide de s'emparer d'une propriété sur laquelle il n'a aucun droit, ce qui contrarie d'autres fermiers qui s'allient à un ennemi d'Arnkel. L'histoire se déroule dans la petite région de Snæfellsnes, à l'ouest de l'Islande. Bólstaðr, la ferme d'Arnkel, est trop petite pour soutenir ses ambitions. Il a des vues sur Kársstaðir, la ferme située à l'extrémité du fjord, avec ses prairies et ses saumons. Les fils de Thorbrand, qui vivent ici, sentent l'ambition territoriale d'Arnkel, qui se confirme lorsqu'il revendique des propriétés à l'ouest et leur coupe la route vers Helgafell, un peu plus au nord, où vit leur chef Snorri et où se tient l'assemblée.

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Le père d'Arnkel, Thorolf, était un Viking qui avait acquis de nombreuses terres en se battant en duel. Plus tard, il avait vendu une partie de ses terres à Ulfar et Orlyg, deux esclaves affranchis par Thorbrand. Un jour, Ulfar reproche à Thorolf d'avoir volé du foin, mais le vieux Viking complote pour le tuer en incitant ses esclaves à mettre le feu à sa maison. Effrayé, Ulfar se place sous la protection d'Arnkel et lui cède ses biens en échange. Les fils de Thorbrand ne sont pas ravis, car ils se considèrent comme les propriétaires de la ferme. La loi était vague à ce sujet : l'ancien propriétaire pouvait devenir l'héritier si l'ancien esclave ne pouvait pas se débrouiller ou s'il n'avait pas de fils. Ulfar n'avait pas d'enfant mais se porte bien.

Reconstructed Viking Village in Hofn, Iceland
Reconstitution d'un village nordique à Hofn, en Islande adriana serra (CC BY-NC-SA)

Les fils de Thorbrand ne sont pas des chefs et n'ont donc que peu de pouvoir face au vieux Viking. Au lieu de convoquer Arnkel directement à l'assemblée, les frères demandent l'aide du chef auquel ils sont fidèles, Snorri. Le père d'Arnkel se rend lui aussi auprès de Snorri, furieux de la mort de ses esclaves qui ont tenté de tuer Ulfar. Il n'a reçu aucune compensation pour eux et, pour se venger de son fils, Thorolf est prêt à négocier avec l'adversaire d'Arnkel. Snorri accepte de favoriser Thorolf dans la poursuite de son fils après qu'il lui eut transféré une propriété avec une forêt de grande valeur. Au tribunal, Snorri déclare qu'Arnkel aurait dû tuer les esclaves lorsqu'il avait été surpris en train d'incendier la maison d'Ulfar, et non après. Après arbitrage, Arnkel paie une petite somme à Snorri, ce qui rend Thorolf encore plus furieux car il a cédé ses terres pour cela. Arnkel est également en colère parce que son père a transféré illégalement sa propriété légitime.

Pour affirmer son contrôle sur la forêt, il tue un jour l'un des hommes de Snorri pris en train de prendre du bois. Entre-temps, il s'empare également de la propriété d'Orlyg, le frère d'Ulfar, cette fois-ci illégalement. Il se rapproche de la ferme de Kársstaðir. Les fils humiliés de Thorbrand n'obtiennent pas non plus l'aide de Snorri cette fois-ci, mais il s'inquiète lorsqu'on l'accuse de ne pas pouvoir conserver son autorité s'il reste immobile. Ulfar est tué par l'un des hommes de Thorolf, et Arnkel se réjouit de récupérer son bien. Il prévient les fils de Thorbrand de ne pas le défier. Snorri rappelle à ses disciples qu'en fin de compte, la propriété se trouve entre leur ferme et celle d'Arnkel et qu'elle reviendra au plus fort. Arnkel est devenu beaucoup trop fort et a fini par contrôler presque tout le fjord, mais les fils de Thorbrand ont le soutien d'un autre chef et attendent le moment idéal pour frapper quand Arnkel n'a plus que quelques esclaves pour s'occuper de son foin.

L'histoire montre les dangers auxquels s'expose un chef lorsqu'il laisse libre cours à ses ambitions. Les paysans pouvaient être trompés, mais pas ignorés. Les paysans doivent savoir comment faire valoir leurs droits. Le compromis et la violence sont des options possibles, mais avec le bon soutien et au bon moment. De telles histoires montrent qu'il est peu probable que les chefs jouissent d'un pouvoir trop important pendant trop longtemps.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Irina-Maria Manea
Dotée d'un esprit curieux et ouvert, elle est fascinée par les choses du passé. Historienne ayant un intérêt marqué pour les mythes scandinaves et l'âge des Vikings, elle est également enseignante d'histoire et formatrice en langues. Elle est Originaire de Bucarest, en Roumanie et réside actuellement à Hesse, en Allemagne.

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Style APA

Manea, I. (2025, juillet 07). Gouvernement Islandais Médiéval. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19625/gouvernement-islandais-medieval/

Style Chicago

Manea, Irina-Maria. "Gouvernement Islandais Médiéval." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, juillet 07, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19625/gouvernement-islandais-medieval/.

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Manea, Irina-Maria. "Gouvernement Islandais Médiéval." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 07 juil. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19625/gouvernement-islandais-medieval/.

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