Contes de Canterbury

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 08 mai 2019
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
Title Page of Canterbury Tales (by University of Glasgow Library, CC BY-NC-SA)
Page de garde des Contes de Canterbury
University of Glasgow Library (CC BY-NC-SA)

Les Contes de Canterbury (écrits vers 1388-1400) sont une œuvre littéraire médiévale du poète Geoffrey Chaucer (c. 1343-1400) composée de 24 contes liés à un certain nombre de genres littéraires et abordant des sujets allant du destin à la volonté de Dieu en passant par l'amour, le mariage, l'orgueil et la mort. Après l'introduction (appelée Prologue général), chaque conte est raconté par l'un des personnages (32 au total) qui se rendent en pèlerinage au sanctuaire de Thomas Becket à Canterbury.

Dans le Prologue général, les personnages conviennent de raconter deux histoires à l'aller (vers Canterbury) et deux au retour (à l'auberge Tabard de Southwark d'où ils sont partis), soit un total de 120 contes. Si tel était le plan initial de Chaucer et qu'il n'a jamais eu l'intention de s'en écarter, alors la pièce doit être considérée comme inachevée avec seulement 24 contes. Certains spécialistes affirment toutefois que Chaucer a bel et bien terminé l'œuvre, au vu du ton et du sujet du dernier conte et de la rétractation annexée au manuscrit.

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Les Contes de Canterbury étaient populaires des siècles avant leur publication, vers 1476. Il existe plus de copies de ce manuscrit que de toute autre œuvre médiévale complète, à l'exception du poème pénitentiel The Prick of Conscience, également du 14e siècle, qui n'a été copié autant de fois qu'en raison de son utilisation par l'Église. Les Contes de Canterbury sont considérés comme le chef-d'œuvre de Chaucer et comptent parmi les œuvres les plus importantes de la littérature médiévale pour de nombreuses raisons, outre leur puissance poétique et leur valeur divertissante, notamment leur description des différentes classes sociales du XIVe siècle, ainsi que des vêtements portés, des passe-temps pratiqués et du langage et des expressions utilisés. L'œuvre est si détaillée et les personnages si bien rendus que de nombreux spécialistes affirment qu'elle est basée sur un véritable pèlerinage effectué par Chaucer vers 1387. Cela semble toutefois peu probable, car Chaucer occupait à l'époque un poste à plein temps auprès du roi et tout voyage aurait été noté dans les archives judiciaires.

Vie et carrière de Chaucer

Geoffrey Chaucer était le fils d'un riche marchand de vin de Londres. Il reçut une bonne éducation dans les écoles locales et entra au service de la cour royale vers l'âge de 13 ans, en 1356. Il servit sous trois rois anglais, le roi Édouard III (r. de 1327 à 1377), Richard II (r. de 1377 à 1399) et Henri IV (également connu sous le nom d'Henri Bolingbroke, r. de 1399 à 1413) dans des postes allant de page à soldat, coursier, valet et écuyer, contrôleur de la douane du port de Londres, membre du parlement, et greffier de la cour et poète, entre autres fonctions.

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Portrait of Geoffrey Chaucer
Portrait de Geoffrey Chaucer
National Portrait Gallery (CC BY-NC-ND)

Les œuvres de Chaucer n'ont jamais été techniquement publiées de son vivant, car ce concept n'avait pas encore été inventé, mais il était bien connu et très estimé en tant que poète, car ses œuvres étaient copiées par d'autres scribes qui les partageaient ou les vendaient. Les événements de sa vie sont bien documentés dans les archives judiciaires, et on sait qu'il a fut reconnu pour ses réalisations poétiques par Édouard III (qui lui accorda un gallon de vin par jour à vie pour ce qui était très probablement une composition poétique) et récompensé financièrement par Jean de Gand, duc de Lancastre (1340-1399) pour avoir composé sa première œuvre majeure, The Book of the Duchess (c. 1370) en l'honneur de Blanche, la défunte épouse de Jean.

Lorsque Chaucer commença à composer les Contes de Canterbury, il était au sommet de son art poétique et avait beaucoup voyagé et lu. Il parlait couramment le latin, le français et l'italien, mais écrivait dans la langue vernaculaire du moyen anglais. Les personnages qui apparaissent dans les Contes de Canterbury sont tirés des expériences de la vie de Chaucer et sont probablement des amalgames de personnes qu'il a connues (bien que certains, comme Harry Bailey l'aubergiste, soient des individus historiques) et l'utilisation du moyen anglais par Chaucer pour raconter leurs histoires est particulièrement efficace car il est capable de rendre leurs différents accents et dialectes tels qu'ils auraient été parlé à l'époque.

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Personnages

Chaucer, qui apparaît comme l'un des personnages de l'histoire, décrit les autres lorsqu'il les rencontre à l'auberge Tabard de Southwark. La majorité des personnages raconteront une histoire aux autres alors qu'ils chevauchent vers Canterbury. Ce sont, dans l'ordre où ils apparaissent dans Le Prologue général:

  • Chaucer - le pèlerin qui raconte l'œuvre ; raconte les 17e et 18e contes
  • Le chevalier - un homme d'honneur, de vérité et de chevalerie ; il raconte le 1er conte.
  • L'écuyer - le fils du chevalier, un jeune homme doux et sensible à la poésie ; il raconte le 11e conte.
  • Le Yeoman - le serviteur du chevalier ; pas de conte.
  • La Prieure (Madame Eglentyne) - une religieuse qui supervise un prieuré ; raconte le 15e conte.
  • La deuxième nonne - secrétaire de la prieure ; raconte le 21e conte.
  • L'aumônier - l'un des trois prêtres qui voyagent avec la prieure ; conte le 20e conte.
  • Le moine - un amateur mondain de chasse, d'équitation et de boisson ; raconte le 18e conte.
  • Le Frère (Huberd) - un ecclésiastique corrompu qui garde les dons pour lui ; raconte le 7e conte.
  • Le Marchand - un homme sombre qui se méfie des femmes ; raconte le 10e conte.
  • Le greffier - un érudit de l'université d'Oxford ; raconte le 9e conte.
  • Le Sergent de la loi (homme de loi) - un riche avocat ; raconte le 5e conte.
  • Le Franklin (propriétaire terrien) - un glouton, compagnon de l'homme de loi ; raconte le 12e conte.
  • Les cinq artisans : mercier, charpentier, tisserand, teinturier et tisserand de tapisserie, qui voyagent tous ensemble ; décrits dans le prologue général, mais sans rôles parlants.
  • Le cuisinier (Roger) - travaille pour les commerçants ci-dessus, aime boire ; raconte le 4e conte.
  • Le marin - un capitaine de navire ; raconte le 14e conte.
  • Le docteur en médecine - un astrologue avide ; raconte le 13e conte.
  • La bourgeoise de Bath (Alisoun) - une veuve qui a survécu à cinq maris et a parcouru le monde ; 6ème conte
  • Le pasteur - un ecclésiastique dévot et honnête ; raconte le 24e (dernier) conte.
  • Le laboureur - le frère du pasteur, pieux et charitable ; ne parle pas.
  • Le meunier (Robyn) - grossier, rude, aimant boire et voler ; raconte le 2e conte.
  • L'économe - achète la nourriture pour les établissements ; raconte le 23e conte.
  • Le régisseur (Osewald) - gestionnaire d'un domaine, comptable ; raconte le 3e conte.
  • L'huissier de l'Église - qui convoque les tribunaux ecclésiastiques ; conte le 8e conte.
  • Le vendeur d'indulgences (pardons) et de fausses reliques saintes, accompagne le convocateur ; conte le 14e conte.
  • L'Hôte (Harry Bailey) - aubergiste au Tabard où les pèlerins commencent leur voyage, il propose le concours de contes et modère/résout les conflits.
  • Le Yeoman du Canon - non présenté dans le prologue général ; rencontre les pèlerins en cours de route ; raconte le 22e conte.

Bref résumé et contes les plus connus

Les Contes de Canterbury sont racontés par un personnage que les spécialistes identifient comme étant Chaucer-le-pèlerin, un personnage littéraire basé sur l'auteur mais présenté comme beaucoup plus naïf, ignorant et crédule que le véritable Chaucer n'aurait pu l'être. Ce même type de narrateur apparaît dans les œuvres antérieures de Chaucer, Le livre de la Duchesse, Le palais de renommée (vers 1378-1380) et Le parlement des oiseaux (vers 1380-1382).

Chaucer en tant que pèlerin prend les autres personnages au pied de la lettre et semble les admirer même s'ils sont manifestement de très mauvais spécimens humains. Le lecteur comprend le genre de personnes que ce pèlerin rencontre grâce à l'habileté de Chaucer-poète qui révèle les personnages par leur discours, le type d'histoire qu'ils choisissent de raconter, leur interaction avec d'autres personnages et ce qu'ils disent d'eux-mêmes, tout en mettant en évidence leurs habitudes, leurs intérêts, leurs vices et leurs vertus.

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Canterbury Tales
Contes de Canterbury
SkedO (Public Domain)

Le poème s'ouvre sur une description grandiose du printemps et de la nature qui reprend vie après l'hiver. Ce renouveau inspire les gens à se rendre en pèlerinage au sanctuaire de Thomas Becket, alias St. Thomas Beckett à Canterbury, l'un des pèlerinages les plus populaires de la Grande-Bretagne médiévale. Chaucer-pèlerin se trouve à l'auberge Tabard de Southwark, sur le point de partir seul en pèlerinage, lorsque les autres arrivent pour passer la nuit. Il leur parle à tous lors du dîner commun, et ils l'invitent à voyager avec eux. Leur hôte, Harry Bailey, leur propose de passer le temps sur la route avec un concours de contes. Chaque pèlerin racontera deux histoires sur le chemin de Canterbury et deux sur le chemin du retour ; celui qui racontera la meilleure histoire gagnera un repas gratuit.

Le lendemain matin, ils se mettent tous en route et le chevalier est choisi pour parler le premier. Les autres pèlerins sont soit choisis par Harry Bailey (appelé "l'hôte"), soit ils insistent pour parler ensuite et interrompent celui qui a été choisi. Chaucer-le-poète donne à Chaucer-le-pèlerin deux des pires contes et se moque également de lui-même dans le prologue du Conte de l'homme de loi, dans lequel le personnage se plaint que tous les contes auxquels il peut penser ont déjà été racontés, même de façon médiocre, par Chaucer.

LeConte du meunier est l'un des plus grossiers de la collection, mais il fait partie de ceux qui sont le plus souvent anthologisés en raison de la brillance de l'intrigue et de son exécution sans faille.

Parmi les contes les plus connus figurent celui du meunier, celui de l'aumônier et celui de la bourgeoise de Bath, mais beaucoup d'autres sont de qualité égale. Le conte du meunier est un fabliau, une forme de littérature française généralement paillarde, satirique et misogyne dans laquelle les épouses en particulier, et les femmes en général, sont dépeintes comme lubriques, infidèles et sournoises. Le fabliau français fait partie des genres auxquels l'écrivaine Christine de Pizan (1364-c. 1430) s'opposa dans son œuvre, et elle aurait sans doute étendu cette critique au Conte du meunier si elle en avait eu connaissance. Cette histoire est l'une des plus grossières du recueil, mais elle fait partie de celles qui sont le plus souvent reprises dans l'anthologie en raison de la brillance de l'intrigue et de son exécution sans faille.

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Le meunier raconte son histoire en réponse à celle du chevalier qui parle de romance, d'amour, de chevalerie et des voies de la fortune. L'histoire du meunier met en scène Jean le charpentier, sa jeune épouse Alisoun, l'érudit Nicholas qui loue une chambre chez eux, et le secrétaire de la paroisse Absolon. Nicholas et Alisoun sont frustrés de ne pas avoir l'occasion de consommer leur liaison puisque Jean est toujours là. Nicholas convainc donc Jean qu'une deuxième grande inondation est imminente et que la seule façon de s'y préparer est de suspendre au plafond de la maison, par des cordes, trois baignoires en bois dans lesquelles ils dormiront tous les soirs ; lorsque l'inondation surviendra, ils flotteront facilement en sécurité. John installe les baquets et, quand il est temps pour le lit, tous les trois montent dans leurs baquets respectifs, John va dormir, et Nicholas et Alisoun retournent en bas et au lit.

Pendant ce temps, Absolon se languit d'Alisoun et a obtenu qu'elle accepte de lui donner un baiser, mais quand il lève son visage à la fenêtre de la chambre, Alisoun colle son derrière en dehors et il l'embrasse. Nicholas et Alisoun rient d'Absolon qui s'enfuit pour aller chercher un tisonnier chaud pour se venger. Il revient et demande un autre baiser, et cette fois Nicholas met son derrière par la fenêtre, pète dans le visage d'Absolon, et Absolon le frappe avec le tisonnier. Nicholas hurle "de l'eau! de l'eau!" tout en courant à travers la maison, et ceci réveille Jean qui pense que le déluge est sur lui, coupe les cordes, et se fracasse sur le plancher, cassant sa baignoire et son bras. Les voisins entendent toute cette agitation et accourent pour aider mais, après avoir entendu l'histoire, ils considèrent que Jean est fou.

Le conte de l'aumônier des nonnes est une fable sur les dangers de l'orgueil et de la flatterie qui se déroule dans une basse-cour. Le fier coq Chaunteclair rêve que sa vie est menacée par le renard Daun Russel. Il raconte son rêve à sa femme, Pertelote, qui le rejette et lui dit de continuer à faire son travail comme il l'a toujours fait, sinon il perdra le respect des poules de la cour qui l'admirent tant. Un jour, Chaunteclair se promène et Daun Russel passe par là et le flatte en lui demandant de lui chanter une chanson de sa belle voix. Chaunteclair ferme les yeux, tend le cou et ouvre le bec pour chanter quand le renard l'attrape dans ses mâchoires et s'enfuit dans les bois. Toute la basse-cour le suit et Chaunteclair suggère à Daun Russel de faire une pause pour leur dire que leur espoir est perdu et qu'ils doivent repartir. Lorsque le renard suit cette suggestion et ouvre la bouche, le coq s'envole sur une branche d'arbre et s'échappe.

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Illustration of The Knight's Tale by Geoffrey Chaucer
Illustration du Conte du Chevalier par Geoffrey Chaucer
University of Glasgow Library (CC BY-NC-SA)

La bourgeoise de Bath est le personnage le plus connu des Contes de Canterbury et son prologue est plus connu et plus souvent cité que son conte. Elle a voyagé dans le monde entier, a eu cinq maris et reconnaît que Dieu a donné à toute personne une chose dans laquelle elle excelle et, pour elle, c'est le sexe. Elle parle de chacun de ses maris et de ses voyages, ignorant ou rejetant les plaintes de certains pèlerins qui veulent qu'elle poursuive son récit, et met un point d'honneur à souligner qu'elle était le chef dans chacun de ses mariages.

Son récit reprend ensuite ce thème en racontant l'histoire d'un chevalier de la cour du roi Arthur qui viole une jeune fille et est condamné à mort. La reine Guenièvre intervient et dit au chevalier qu'il sera pardonné si, dans un an, il revient lui dire, à elle et à ses dames, ce que les femmes désirent par-dessus tout. Le chevalier accepte ces conditions et part, passant l'année suivante à demander aux femmes ce qu'elles désirent le plus, mais toutes les réponses sont subjectives (argent, honneur, belles robes, liberté). Sur le chemin du retour à la cour, il rencontre une vieille femme qui lui dit qu'elle connaît la réponse à sa quête et qu'elle la lui dira s'il promet de lui accorder une faveur, ce qu'il fait. De retour à la cour, le chevalier donne la réponse à la reine et à ses dames : ce que les femmes désirent le plus, c'est la maîtrise de leurs maris. Guenièvre et sa cour acceptent et le chevalier est libéré.

Les pèlerins racontent à leur tour des histoires, discutent et s'interrompent jusqu'à ce que le pasteur raconte la dernière histoire au moment où le soleil se couche.

La vieille femme demande alors une faveur : elle et le chevalier doivent se marier sur-le-champ. Le service est accompli, et le couple se rend dans sa nouvelle demeure. Cette nuit-là, la femme demande au chevalier ce qu'il préfère : qu'elle reste vieille et laide mais qu'elle soit fidèle ou qu'elle devienne jeune et belle mais qu'il doute toujours de sa loyauté. Le chevalier répond que le choix qui lui plaît le plus à elle lui conviendra, et la femme, satisfaite d'avoir eu l'ascendant sur son mari, devient la jeune et belle épouse mais promet d'être également fidèle.

Les pèlerins racontent à leur tour des histoires, discutent et s'interrompent, certains étant tellement ivres qu'ils ne peuvent pas parler ou tombent de leur cheval, jusqu'à ce que le pasteur raconte la dernière histoire, au moment où le soleil se couche. Son discours n'est pas un conte mais une dissertation sur les sept péchés capitaux et la valeur d'un cœur pénitent. Il souligne que les êtres humains du monde entier sont tous des pèlerins, voyageant entre la naissance et la mort et se rendant dans l'au-delà. Pendant qu'il parle, le soleil se couche, et le groupe s'approche d'une ville pour y passer la nuit. L'œuvre se termine par La Rétraction, dans laquelle Chaucer se repent de toutes ses œuvres majeures, y compris les Contes de Canterbury, et espère que Dieu lui pardonnera.

Conclusion

Le conte final et la rétractation ont amené certains spécialistes à conclure que les Contes de Canterbury sont une œuvre achevée. L'universitaire Larry D. Benson, par exemple, écrit :

La Rétractation ne nous laisse aucun doute sur le fait que, aussi inachevés, non polis et incomplets que soient les Contes de Canterbury, Chaucer en a terminé avec eux. On peut se demander si une version plus achevée, plus proche de la perfection, aurait pu être plus satisfaisante. (22)

Il n'y a pas de consensus, cependant, sur la signification de La rétractation ou si elle était même destinée à être incluse dans le manuscrit des Contes de Canterbury. Il n'existe aucune version de l'œuvre de la main de Chaucer, toutes les versions existantes sont des copies et des copies de copies, dans lesquelles des erreurs de scribe modifient qui raconte un conte, les contes apparaissent dans un ordre différent, ou certains n'apparaissent pas du tout. La copie la plus complète, le Manuscrit d'Ellesmere (15e siècle), est celle qui est le plus souvent utilisée pour les éditions modernes de l'œuvre. Elle comprend La Rétraction (comme beaucoup d'autres) et la plupart des spécialistes s'accordent à dire que La Rétraction faisait partie du manuscrit original. Cependant, les spécialistes qui pensent que l'œuvre est restée inachevée à la mort de Chaucer citent le plan décrit dans le Prologue général et les personnages non parlants (comme le Plowman) qui auraient dû avoir un conte comme preuve que Chaucer n'a jamais terminé l'œuvre.

Quel que soit son état d'achèvement, les Contes de Canterbury n'ont cessé de divertir et de fasciner le public depuis qu'ils ont été écrits. Plus que toute autre œuvre de Chaucer, les Contes ont validé l'utilisation du moyen anglais dans l'écriture vernaculaire en donnant vie aux personnages et à leurs histoires. La fiction populaire du Moyen Âge était écrite en vers français avant que Chaucer n'élève la poésie du moyen anglais au même niveau de popularité.

Ses personnages sont devenus aussi réels pour les lecteurs que leur famille, leurs amis et leurs voisins, et l'œuvre a été copiée à maintes reprises bien avant sa publication, vers 1476. Bien que ses œuvres précédentes lui aient valu la célébrité et le respect de ses collègues poètes et des membres de la cour, les Contes de Canterbury allaient rendre Chaucer immortel en tant qu'auteur de l'une des plus grandes œuvres en anglais et lui conférer l'épithète honorable de Père de la littérature anglaise.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2019, mai 08). Contes de Canterbury [The Canterbury Tales]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18098/contes-de-canterbury/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Contes de Canterbury." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 08, 2019. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18098/contes-de-canterbury/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Contes de Canterbury." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 08 mai 2019. Web. 22 avril 2024.

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