La bataille de Cold Harbor (du 31 mai au 12 juin 1864) fut le dernier combat majeur de la "Campagne terrestre" (Overland Campaign), l'offensive à grande échelle menée par l'Union en Virginie au cours de la dernière année de la guerre civile américaine (1861-1865). Elle fut marquée par une défaite cuisante de l'armée de l'Union du Potomac, qui perdit environ 7 000 hommes en seulement 20 minutes lors d'un assaut le 3 juin. Cette bataille marqua également la transition entre les manœuvres rapides et les combats sanglants de la Campagne Terrestre et la guerre de tranchées statique qui caractérisera la phase finale de la guerre, lors du siège de Petersburg (juin 1864 à avril 1865).
Contexte: Même si cela prend tout l’été
À la fin du mois de mai 1864, alors que les fleurs blanches s'épanouissaient sur les cornouillers, deux armées rivales s'affrontaient dans un combat à mort en Virginie Centrale. Ces deux vieux ennemis, la tenace armée du Potomac et l’armée disparate de Virginie du Nord, étaient engagés dans une lutte incessante depuis trois semaines, depuis que les troupes de l'Union avaient traversé la rivière Rapidan le 4 mai, marquant le début de la Campagne Terrestre. Depuis lors, deux batailles générales avaient eu lieu, chacune plus infernale que la précédente. Tout d'abord, les deux armées s'affrontèrent lors de la bataille de Wilderness (5-6 mai), où les hommes tiraient aveuglément dans les arbres sombres devant eux et où les feux de forêt dévoraient les blessés vivants.
Vint ensuite la bataille de Spotsylvania Court House (du 8 au 21 mai), où des milliers d’infortunés soldats combattirent pour un bout de terrain qui fut plus tard surnommé "The Bloody Angle" (l'angle sanglant). Pendant 20 heures d'affilée, les hommes se livrèrent à un combat au corps à corps désespéré à cet endroit: ils furent transpercés à coups de baïonnette, leurs corps furent criblés de balles jusqu'à devenir des morceaux de chair informes, les blessés furent piétinés dans la boue jusqu'à être noyés. Lorsque les combats à Spotsylvania prirent fin, la campagne avait déjà coûté la vie à 50 000 hommes, entre morts, blessés et disparus. Plus de 30 000 de ces victimes appartenaient à l'armée de l'Union du Potomac, qui avait jusqu'alors perdu en moyenne 2 000 hommes par jour, soit un ratio de 2 victimes pour chaque victime confédérée. À n'importe quel autre moment de la guerre, une armée de l'Union ayant subi des pertes aussi lourdes aurait battu en retraite par la rivière la plus proche pour panser ses blessures.
Mais la guerre avait changé, et le lieutenant général Ulysses S. Grant, qui menait la campagne en tant que général en chef, n'était pas un commandant ordinaire de l'Union. Il avait l'intention de continuer à avancer vers le sud, quel qu'en soit le prix, en profitant de sa supériorité numérique pour marteler sans relâche l'armée rebelle et l'épuiser. À la fin du mois de mai, il disposait de 109 000 hommes contre 59 000 confédérés. Même s'il continuait à perdre des hommes, il pouvait se permettre de les remplacer plus facilement que l'ennemi. Il lui suffisait de maintenir la pression pour que, tôt ou tard, quelque chose finisse par céder. "J'ai l'intention de me battre sur cette ligne, même si cela prend tout l'été", avait écrit Grant à ses supérieurs à Washington, et, alors que l'armée continuait à avancer vers le sud et que le nombre de morts augmentait, ses soldats devaient avoir l'impression que l'été allait être très long (McPherson, 731).
L'adversaire de Grant, le général Robert E. Lee, savait qu'il était désavantagé. Non seulement il raclait les fonds de tiroir pour se renforcer, mais ses meilleurs officiers avaient été mis hors de combat au cours des dernières semaines: son brillant commandant de cavalerie J. E. B. Stuart avait été tué, son fidèle lieutenant James Longstreet sérieusement blessé, et l’agressif commandant du Troisième Corps A. P. Hill était gravement malade. Lee lui-même souffrait d'une grave diarrhée et était contraint de planifier ses prochains mouvements depuis l'arrière d'une ambulance. Pourtant, malgré ces inconvénients, le commandant à la barbe grise savait qu'il devait continuer à avancer, de peur que la horde yankee ne le contourne et ne s'interpose entre son armée et Richmond.
Au cours de la semaine qui suivit Spotsylvania, les deux armées marchèrent vers le sud en lignes parallèles, livrant une série d'escarmouches connues sous le nom de bataille de North Anna (23-26 mai). Mais ces batailles furent indécises, n'étant guère plus que des manœuvres visant à prendre le dessus. Alors que le mois le plus sanglant de la guerre civile touchait à sa fin, les deux armées semblaient se diriger vers le même point: Cold Harbor, un carrefour stratégique qui contrôlait la route vers Richmond. Lee savait qu'il devait s’y rendre avant Grant, car il n'était pas sûr de pouvoir déloger l'armée de l'Union, plus grande, de cette position s'il perdait la course.
31 mai: manœuvres préliminaires
Comme elles l'avaient fait à Spotsylvania, les cavaleries de l'Union et des Confédérés firent la course pour prendre le contrôle du carrefour de Cold Harbor, conscientes que celle qui arriverait la dernière devrait mener un assaut coûteux contre l’autre. Cette fois-ci, ce sont les Yankees qui arrivèrent les premiers: la cavalerie bleue commandée par le major général Philip H. Sheridan prit le contrôle du carrefour avant d’échanger des tirs avec une division ennemie de cavaliers gris dirigée par Fitzhugh Lee, neveu du général sudiste. Tout au long de la journée, les soldats de la cavalerie à pied se tirèrent dessus, avec les hommes de Fitz Lee étant progressivement contraints de céder du terrain.
Le général Lee, espérant aider son jeune neveu à conserver le contrôle du carrefour, dépêcha une division de Caroline du Nord commandée par le major général Robert Hoke. Cependant, dès l'arrivée des hommes de Hoke, les cavaliers épuisés de Fitz Lee commencèrent à se disperser, battant précipitamment en retraite par la route. Les hommes de Hoke, fatigués par leur marche et refusant de se battre seuls, se retirèrent avec eux et, à la tombée de la nuit, le carrefour de Cold Harbor demeurait aux mains de l'Union.
En dépit de cette petite victoire, Sheridan n’était pas confiant en ses capacités de tenir le carrefour, ayant appris par des prisonniers rebelles que trois autres brigades confédérées étaient en route. Mais, ayant reçu l'ordre de Grant de tenir Cold Harbor "à tout prix", Sheridan n'eût pas d'autre choix que de passer la nuit à ériger des barricades temporaires en attendant que le gros de l'armée du Potomac ne le rejoigne (cité dans Foote, 281).
1er juin: attaques et contre-attaques
Lorsque le soleil se leva en cette matinée étouffante du 1er juin, Sheridan constata que ses pires craintes s'étaient réalisées: des éléments du premier corps rebelle, sous le commandement du major général Richard Anderson, commençaient à arriver. Espérant déloger la force symbolique des cavaliers de Sheridan, Anderson attaqua à 8 heures du matin, envoyant une brigade dirigée par le colonel Lawrence Keitt, un ancien membre du Congrès ayant peu d'expérience militaire.
Alors que Keitt menait ses hommes vers les retranchements nordistes, il fut abattu. Voyant leur colonel se pencher en avant et tomber de sa selle, ses hommes perdirent leur sang-froid et s'enfuirent. Un artilleur rebelle observa cette scène honteuse, se souvenant que "certains hommes étaient tellement effrayés qu'ils ne pouvaient pas courir, mais rampaient sur le sol en essayant de s'enfouir dans la terre" (cité dans Foote, 285). Hoke, dont la division était censée venir en renfort à l'assaut de Keitt, avait clairement vu la situation et n'avait jamais bougé.
Vers midi, Sheridan reçut enfin les renforts qu'il attendait désespérément. Le VIe corps de l'Union, sous le commandement du major général Horatio Wright, arriva et commença à approfondir et à étendre la ligne de tranchées commencée par les cavaliers. Grant voulait que le VIe corps attaque immédiatement les positions rebelles, mais Wright, conscient que ses hommes étaient épuisés par leur longue marche, préféra attendre que le reste de l'armée de l'Union n'arrive. Le reste de l'étouffant après-midi fut consacré à creuser, tandis que les deux armées faisaient venir des renforts.
Finalement, à 17 heures, l'attaque souhaitée par Grant fut lancée: le corps d'armée de Wright avança et le calme de cette soirée d'été fut rompu par le fracas des fusils. L'une des brigades de Wright réussit à pénétrer les lignes rebelles, mais fut finalement repoussée par une contre-attaque rapide. Au coucher du soleil, le combat s'acheva en laissant 2 200 soldats de l'Union et 1 800 soldats confédérés morts, blessés ou disparus. Cependant, l'assaut de l'Union n'avait pas été vain, car le corps de Wright était désormais positionné plus près des lignes rebelles, prêt à lancer une nouvelle attaque au matin.
2 juin: l'œil du cyclone
Le matin du 2 juin, le major général George Gordon Meade sortit de son quartier général. Malgré l'autorité suprême de Grant en tant que général en chef, Meade était officiellement le commandant de l'armée du Potomac et était déterminé à ce que celle-ci poursuive son travail sanglant ce matin-là. Mais les ordres d'attaque donnés par Meade, hâtifs et vagues, se heurtèrent à la contestation de ses officiers de corps d'armée et de division, qui n'étaient pas très enclins à envoyer leurs hommes à la boucherie sans un plan plus cohérent.
En effet, le major général William "Baldy" Smith, commandant du XVIIIe corps de l'Union, affirma que l'ordre de Meade ne contenait pratiquement aucun plan et qu'il s'agissait "simplement d'un ordre de massacrer mes meilleures troupes" (cité dans battlefield.org). Grant, constatant à la fois la fatigue des soldats et le fait que le IIe corps n'était pas encore en position, se rangea à l'avis de Smith et ordonna à Meade de reporter l'attaque au lendemain. Meade s'y plia à contrecœur.
Une fois que Lee eut compris qu'aucune attaque n'allait avoir lieu, il ordonna à ses hommes de profiter de cette journée de repos pour commencer à creuser. Comme ils l'avaient fait à Spotsylvania, les rebelles creusèrent un impressionnant réseau de tranchées décrit par un journaliste comme "des lignes complexes, en zigzag, à l'intérieur d'autres lignes, des lignes protégeant les flancs d'autres lignes, des lignes construites pour prendre en enfilade les lignes adverses... des ouvrages à l'intérieur d'ouvrages et des ouvrages sans ouvrages" (cité dans McPherson, 735). En d'autres termes, les rebelles avaient construit une solide série de tranchées qu'il aurait été presque suicidaire d'attaquer.
Les soldats de l'Union s'en rendirent compte et désespéraient, sachant qu'ils seraient ceux qui attaqueraient ces tranchées le lendemain. Ce soir-là, les soldats yankees condamnés écrivirent leurs noms et adresses sur des bouts de papier qu'ils épinglèrent au dos de leurs manteaux, afin que leurs corps puissent être identifiés. Un soldat alla encore plus loin, écrivant dans son journal: "3 juin. Cold Harbor. J'ai été tué" (cité dans Foote, 290). Fidèle à sa prédiction, ce soldat fut tué le lendemain, et le carnet taché de sang fut retrouvé dans ses poches.
3 juin: une œuvre meurtrière et sanglante
Ce que les soldats de l'Union pouvaient clairement voir n'était pas aussi évident pour leurs généraux, qui massèrent leurs unités pour lancer une attaque puissante et concentrée contre les positions confédérées le matin du 3 juin. Il était peu après 4 h 30 lorsque les IIe, VIe et XVIIIe corps d'armée, soit 60 000 hommes au total, avancèrent péniblement dans la brume tourbillonnante et l'obscurité précédant l'aube. Alors que le soleil commençait à se lever, les soldats de l'Union s'approchèrent des lignes confédérées, et la terre trembla sous le rugissement tonitruant de l'artillerie rebelle.
Les soldats en uniforme bleu se rapprochaient de plus en plus, poussant des cris graves tandis que les canons ennemis ouvraient des brèches dans leurs rangs, laissant dans leur sillage des hommes mutilés et mourants se tordant de douleur. À ce moment-là, alors que les troupes de l'Union arrivaient à portée de tir, les tranchées s'animèrent de feu et de fumée, et le formidable craquement des salves de fusils ressemblait au déchirement d'une feuille de toile canevas. Les hommes tombaient, leurs cris d'agonie coincés dans leur gorge, leurs yeux vides fixant l’éclatant lever du soleil annonçant le début d'une journée qu'ils ne verraient jamais.
Sur le flanc gauche, le IIe corps du major général Winfield Scott Hancock perça une section des lignes rebelles, chassant les défenseurs de leurs tranchées après un combat au corps à corps bref mais sanglant. Les Confédérés ne perdirent toutefois pas de temps pour pointer leurs canons sur ces tranchées capturées. Piégés dans les retranchements, les soldats de l'Union furent aisément bombardés et dûrent rapidement battre en retrait dans la panique.
Ailleurs, l'attaque de l'Union n'était même pas allée si loin. Au centre, le VIe corps de Wright se retrouva impuissant, enlisé dans un tourbillon de tirs, d'obus et de balles, le forçant à se retirer avant même d'avoir atteint la position des confédérés. Sur la droite, les hommes du XVIIIe corps de Smith s’engouffrèrent dans deux ravins où ils furent cernés par les terribles tirs des rebelles. Les Confédérés tirèrent des doubles salves sur cette masse humaine, réduisant les soldats en une brume rouge et un tas de chair déchiquetée; ce fut, comme le décrivit un spectateur, "une œuvre mortelle et sanglante" (cité dans Trudeau, 286). Bientôt, Smith fut également contraint de battre en retraite, ses hommes trébuchant sur les restes de leurs camarades tombés au combat.
L'attaque se termina après seulement 20 minutes, mais plus de 7 000 soldats de l'Union furent tués ou blessés pendant ce court laps de temps. Les rebelles avaient perdu moins de 1 500 hommes. Les tireurs d'élite continuèrent à échanger des coups de feu tout au long de la journée, et des escarmouches mineures éclatèrent tout le long de la ligne. Dans l'ensemble, l'armée de l'Union avait fait tous ses efforts et avait échoué de manière spectaculaire.
Tout se termina si vite que de nombreux soldats confédérés n'avaient même pas réalisé qu'une attaque ennemie majeure avait été lancée, et encore moins repoussée. Pourtant, il leur suffisait de jeter un œil au-dessus de leurs tranchées pour voir le carnage qu'ils avaient infligé. "Les morts couvraient plus de cinq acres de terrain, aussi densément qu'il était possible de les étendre", se lamenterait plus tard Smith (cité dans McPherson, 735). Même Grant, qui avait désormais gagné la réputation de se moquer des pertes humaines, fut horrifié par ce massacre et écrivit plus tard: "Je regrette cet assaut plus que tout ce que j’ai jamais ordonné" (ibid.). À 13 h 30, Grant annula toute nouvelle opération et le champ redevint silencieux, à l'exception du chant des oiseaux, des coups de feu occasionnels et les gémissements constants des blessés.
4-12 juin : ramasser les morceaux
Pendant les neuf jours qui suivirent, aucun des deux camps ne lança d'offensive majeure contre l'autre. Au lieu de cela, les deux armées restèrent dans leurs tranchées respectives, parfois séparés seulement de quelques mètres l'une de l'autre. Des patrouilles s'affrontaient à la lisière du no man's land, tandis que des tireurs d'élite continuaient à tirer sur les hommes qui levaient la tête un peu trop haut hors des tranchées.
En peu de temps, les tireurs d'élite devinrent le cauchemar des soldats réguliers. "Je détestais les tireurs d'élite, tant ceux de la Confédération que ceux de l'Union", se souvient un artilleur nordiste, "et j'étais toujours heureux de les voir tués" (cité dans Foote, 297). Accroupis dans leurs tranchées, les hommes étaient infestés de poux et d’aoûtats qui s'enfouissaient dans leur chair qui n'avait pas vu un bain depuis le début de la campagne, plus d'un mois auparavant. À bien des égards, cette scène ressemblait à la guerre de tranchées statique de la Première Guerre mondiale, un demi-siècle plus tard.
Grant passa la journée du 4 juin à renforcer ses lignes. Quand cela fut fait, il se concentra sur les milliers de soldats de l’Union blessés qui gisaient encore vivants mais blessés dans le no-man's land. Il voulait les récupérer, mais sa fierté l'empêchait de demander une trêve à Lee, car cela reviendrait à admettre sa défaite. Il envoya plutôt un messager à Lee pour lui demander que chaque armée soit autorisée à envoyer des brancardiers non armés dans le no-man's land afin de récupérer leurs blessés. Mais Lee, qui n'y avait aucun blessé, refusa, insistant pour que Grant ne puisse récupérer ses blessés uniquement que sous le couvert d'un drapeau blanc, comme le voulait la coutume.
C'est ainsi que commença un bras de fer entre les deux commandants rivaux qui dura plusieurs jours, tandis que les blessés commençaient lentement à succomber à leurs blessures, à la soif et à la chaleur. Ce n'est que le 7 juin, quatre jours après l'assaut initial, que Grant ravala sa fierté et accepta une trêve de deux heures pour récupérer ses blessés. Mais il était alors déjà trop tard. Sur les milliers de Yankees qui étaient tombés blessés le 3 juin, seulement deux furent retrouvés vivants.
Au fil de la semaine, Grant chercha des moyens de sortir son armée de sa position immobile. Espérant attirer Lee hors de ses fortifications, il envoya une série d'ordres à ses subordonnés dans toute la Virginie et planifia trois manœuvres distinctes. Tout d'abord, l'armée du major général David Hunter menacerait les approvisionnements confédérés dans la vallée de Shenandoah. Ensuite, Sheridan dirigerait sa cavalerie pour détruire le chemin de fer central de Virginie. La troisième manœuvre de Grant consistait à rassembler discrètement sa propre armée et traverser la rivière James, dans l'intention de contourner une nouvelle fois Lee.
Le plan fonctionna. Le 12 juin, l'armée du Potomac traversa discrètement la rivière James, et Lee fut contraint d'agir en conséquence. Il n'eut d'autre choix que de diviser son armée pour faire face à ces menaces. Le deuxième corps confédéré, sous le commandement du lieutenant-général Jubal Early, fut envoyé dans la vallée de Shenandoah pour faire face à l'invasion de Hunter, tandis que deux divisions de cavalerie furent envoyées à la poursuite de Sheridan. Le reste de l'armée de Lee se désengagea de Cold Harbor et se déplaça pour protéger Petersburg, un nœud ferroviaire crucial au sud de Richmond, et la destination la plus probable de Grant.
Conclusion
Ainsi prit fin la bataille de Cold Harbor. 12 737 soldats de l'Union avaient été tués, blessés, capturés ou portés disparus, dont plus de la moitié lors de l'attaque de 20 minutes du 3 juin, contre seulement 4 595 pertes du côté confédéré. Ce fut l'une des batailles majeures les plus déséquilibrées de toute la guerre. Elle fut également, comme on le découvrirait plus tard, la dernière grande bataille remportée par le général Lee et son intrépide armée de Virginie du Nord.
Pendant le reste de l'année, cette armée allait s'enliser dans le siège de Petersburg, marquant une nouvelle phase de guerre de tranchées statique. Finies les manœuvres rapides et les grandes batailles sanglantes de la Campagne Terrestre; à Petersburg, chaque armée allait rester dans ses tranchées, espérant lentement saigner l'autre camp. Outre son carnage, Cold Harbor marqua donc la fin d'une phase de la guerre et le début d'une autre.

