Mémoires d'un Confédéré

La guerre de Sécession vue par Sam Watkins
Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Sam Watkins n'avait que 21 ans lorsque son État natal, le Tennessee, fit sécession de l'Union au printemps 1861. Emportés par la ferveur patriotique et la soif d'aventure qui animaient toute une génération de jeunes hommes malchanceux, Watkins et la plupart de ses amis d'enfance s'engagèrent dans l'armée confédérée, rejoignant la compagnie H du 1er régiment du Tennessee. Ils partirent en guerre, sans se douter que quatre longues années d'horreur les attendaient, au cours desquelles ils participeraient à presque toutes les grandes batailles du théâtre occidental, notamment Shiloh, Perryville, Chickamauga, Atlanta et Franklin. Sur les 120 jeunes hommes qui formaient la compagnie H au printemps 1861, plein d'espoir, seuls sept survécurent jusqu'à la fin de la guerre. L'un d'entre eux était Samuel Rush Watkins.

Sam Watkins
Sam Watkins Unknown Photographer (Public Domain)

Watkins s'engage

Watkins vit le jour en juin 1839 près de Columbia, dans le Tennessee, dans la ferme de son père. Comme des milliers d'autres jeunes hommes du Sud, il n'avait jamais quitté ce petit bout de terre et fut facilement séduit par la promesse d'aventure et de gloire offerte par le service dans l'armée confédérée. Watkins se souvenait encore très bien de l'enthousiasme qui entourait la sécession lorsqu'il rédigea ses mémoires en 1882, plus de 20 ans plus tard. Intitulées Company Aytch: Or, a Side Show to the Big Show, ces mémoires propulsèrent Watkins vers la célébrité après la guerre, offrant l'un des récits les plus détaillés de la guerre civile américaine du point de vue d'un simple soldat. L'intégralité des passages suivants est tirée de ces mémoires. Dans les premières pages, il se souvient de la ferveur guerrière qui balaya le Sud dans les jours qui suivirent la sécession. "Cher lecteur", écrit-il:

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Vous souvenez-vous de cette période mouvementée? Vous souvenez-vous de cette année où, pour la première fois de votre vie, vous avez entendu Dixie et Bonnie Blue Flag? Fort Sumter fut bombardé... La guerre fut déclarée et Lincoln appela les troupes du Tennessee et de tous les États du Sud, mais le Tennessee, fidèle à ses États frères, adopta l'ordonnance de sécession et s'enrôla sous le Stars and Bars [drapeau confédéré]. À partir de ce jour, presque tout le monde était impatient de faire la guerre, et nous avions peur qu'elle ne se termine sans que nous ayons pu y participer. Des compagnies furent formées, des régiments organisés... Partout, on pouvait voir des cocardes sudistes confectionnées par les dames et nos bien-aimées...des drapeaux confectionnés par les dames étaient présentés aux compagnies, et entendre les jeunes orateurs raconter comment ils protégeraient ce drapeau, qu'ils reviendraient avec le drapeau ou ne reviendraient pas du tout, et que s'ils tombaient, ils tomberaient le dos tourné au champ de bataille et les pieds tournés vers l'ennemi, nous donnait littéralement la chair de poule tant notre patriotisme était intense, et nous voulions partir immédiatement en marche et botter vingt Yankees.

Mais, bien sûr, il faudrait attendre un certain temps avant que Watkins n'ait l'occasion de "botter" des Yankees. La compagnie H passa les premiers mois de la guerre à marcher à travers les montagnes de l'ouest de la Virginie, grelottant dans leurs vêtements inadéquats et tirant au hasard sur les sentinelles de l'Union qui semblaient toujours les observer de trop près. Comme la plupart des autres soldats, Watkins était souvent affecté à la surveillance, chargé de monter la garde pendant la nuit et de surveiller les mouvements de l'ennemi. À un tel poste, un soldat devait souvent lutter contre le sommeil et faire face à la paranoïa suscitée par la nuit noire qui l'entourait. Watkins montait la garde par une nuit sombre et neigeuse, lorsqu'il crut apercevoir un mouvement dans l'ombre:

J'entendais le grondement de l'artillerie et des chariots fédéraux, ainsi que le bruit sourd des troupes en marche. La neige tombait à gros flocons, aussi gros que des œufs d'oie. Vers minuit, la neige cessa de tomber et le silence revint. De temps en temps, la neige tombait des buissons et faisait un bruit terrible. Alors que je scrutais l'obscurité, mes yeux tombèrent soudain sur la silhouette d'un homme. Plus je regardais, plus j'étais convaincu qu'il s'agissait d'un soldat yankee. Je pouvais voir son chapeau et son manteau, oui, voir son fusil... Que devais-je faire? Tout soutien se trouvait à plusieurs centaines de mètres derrière moi... Finalement, une sueur froide a envahi mon corps. J'ai eu la chair de poule. J'ai rassemblé tout mon courage et j'ai dit: "Halte! Qui va là?" Comme je n'obtenais aucune réponse, je me suis décidé... Je me suis approché et j'ai enfoncé ma baïonnette dans la silhouette. C'était une souche.

Young Confederate Soldier
Jeune soldat confédéré Unknown Photographer (Public Domain)

Shiloh et Corinth

Finalement, la monotonie de la vie militaire dans l'ouest de la Virginie prit fin lorsque le 1er régiment du Tennessee fut envoyé dans l'ouest; une force de l'Union commandée par Ulysses S. Grant faisait son entrée dans leur État natal, et Watkins et ses compatriotes du Tennessee étaient impatients de défendre leur terre. Ils allaient goûter pour la première fois au goût de la bataille à Shiloh, le 6 avril 1862, lorsque les Confédérés en uniformes gris se précipitèrent pour surprendre les troupes de l'Union dans leur camp. Watkins se souviendrait des images et des sons de cette bataille, qui était à l'époque la plus grande jamais livrée en Amérique du Nord:

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Les hommes gisaient dans tous les sens; les morts avaient les yeux grands ouverts, les blessés imploraient pitoyablement de l'aide, et certains agitaient leur chapeau et nous criaient d'avancer. Tout cela me semblait irréel; j'avais l'impression d'être dans une sorte de brouillard lorsque les siz siz siz des balles minié des Yankees commencèrent à siffler autour de nos oreilles... Les uns après les autres , les soldats tombaient, tués ou blessés, lorsque l'ordre de charger à la baïonnette nous a été donné. Je m'étais senti haineux toute la matinée... mais lorsque l'ordre de charger fut donné, je me suis senti heureux... J'ai crié. C'était amusant à ce moment-là. Tout le monde avait l'air heureux. Nous les acculions... encore une charge, puis leurs lignes ont vacillé et se sont brisées. Ils ont battu en retraite dans une confusion totale. Nous étions jubilants, nous étions triomphants. Les officiers ne pouvaient pas retenir les hommes pour qu'ils restent en ligne. Salve après salve, les balles pleuvaient sur la ligne en retraite. Les morts et les blessés fédéraux jonchaient le sol.

Casualties at Shiloh
Victimes à Shiloh Adolph Metzner (Public Domain)

Mais malgré la charge victorieuse menée par Watkins et les Tennesséens, les Confédérés finirent par être vaincus à Shiloh et battirent ensuite en retraite sans gloire vers la ville de Corinth, dans le Mississippi. C'est là que les Sudistes passèrent quelques semaines pénibles et incertaines, et que Watkins assista à l'exécution d'un déserteur:

Un matin... j'ai vu un détachement de soldats emmener un homme du nom de Rowland, qu'ils allaient fusiller pour désertion sur ordre d'une cour martiale... Il était transporté vers le lieu d'exécution dans un chariot, assis sur une vieille caisse à fusils qui allait lui servir de cercueil. Quand ils sont arrivés à la tombe, qui avait été creusée la veille, l'eau s'y était accumulée et un soldat était en train de la vider. Rowland prit la parole et dit: "Donnez-moi un peu de cette eau, je veux boire dans ma propre tombe, afin que les garçons en parlent quand je serai mort et se souviennent de Rowland." Ils lui ont donné l'eau et il a bu tout ce qu'il y avait dans le seau, puis, en le rendant, il leur a demandé de lui en donner encore un peu, car il avait entendu dire que l'eau était très rare en enfer et que ce serait la dernière fois qu'il en boirait. Il a ensuite été conduit au poteau d'exécution, où il s'est mis à maudire tous les rebelles avec une violence inouïe. Il était tout simplement arrogant et très insultant. J'ai pensé qu'il méritait de mourir.

Bataille de Perryville

Très vite, les Confédérés abandonnèrent Corinth et se rendirent à Tupelo, dans le Mississippi, où, se souvient Watkins, leurs principaux passe-temps consistaient à "jouer au poker, aux dés et à écraser des poux". Ils ne restèrent là que le temps de se réorganiser et se mirent bientôt en marche vers le Kentucky, où ils furent acclamés par les sympathisants confédérés locaux. "Ils avaient des montagnes de rations cuites le long de notre route, avec du vin et du cidre partout, et les cris joyeux de "Hourra pour nos garçons du Sud" nous accueillaient et nous souhaitaient la bienvenue dans chaque maison." Cet accueil chaleureux était bien nécessaire, car l'invasion du Kentucky allait bientôt culminer dans une autre grande bataille de la guerre, la bataille de Perryville.

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La bataille s'est alors ouverte pour de bon, et d'un bout à l'autre de la ligne, tout semblait recouvert d'un épais rideau de fumée et de feu. Notre régiment a traversé un ruisseau... et nous avons reçu l'ordre d'attaquer immédiatement avec vigueur... À partir de ce moment, la bataille est devenue une lutte à mort. Deux lignes de bataille nous faisaient face. Nous avons tué presque tous les soldats de la première ligne et nous avons rapidement chargé la deuxième, quand juste devant nous se trouvait leur troisième et principale ligne de bataille, d'où quatre canons Napoléon déversaient leur feu meurtrier. Nous n'avons pas reculé, mais notre ligne a été violemment repoussée par la pluie de plomb qui s'abattait sur nos visages. Huit porte-drapeaux ont été tués par un seul tir de canon... Il était désormais mortel de battre en retraite d'un côté ou de l'autre. Notre lieutenant-colonel, Patterson, a crié de charger et de prendre leurs canons, et nous nous sommes rapidement retrouvés dans un combat au corps à corps, chacun pour soi, utilisant la crosse de nos fusils et nos baïonnettes... Je n'avais jamais vu auparavant, ni depuis, un combat aussi acharné. Les canons tiraient si rapidement qu'on aurait dit que la terre elle-même était en ébullition volcanique. La tempête de fer a traversé nos rangs, mutilant et déchiquetant les hommes. L'air même semblait rempli d'une fumée et d'un feu étouffants, qui ressemblaient à l'enfer même, peuplé de démons en lutte.

Ce n'est qu'avec la tombée de la nuit que les combats cessèrent. Watkins survécut à la bataille sans trop de blessures, bien qu'il ait frôlé la mort à deux reprises lorsqu'une balle transperça son chapeau et qu'une autre traversa sa cartouchière. Il passa toute la nuit à rechercher et à transporter les blessés. Parmi les morts et les mourants se trouvaient ses amis, des jeunes garçons avec lesquels il avait grandi, des camarades qui avaient partagé avec lui les épreuves de la guerre pendant un an et demi. Au total, 350 hommes du 1er Tennessee furent tués ou blessés au cours de cette bataille. Watkins connaissait bien leurs noms:

Joe Thompson, Billy Bond, Byron Richardson, les deux frères Allen, tués côte à côte, et le colonel Patterson, qui a été tué juste à côté de moi. Il a d'abord été touché à la main et s'enroulait son mouchoir autour lorsqu'une autre balle l'a frappé et tué. J'ai vu W.J. Whittorne, un jeune garçon de quinze ans, tomber, touché au cou et à la clavicule. Il est tombé, apparemment mort, quand je l'ai vu se relever d'un bond, attraper son fusil et commencer à le charger et à tirer... Nous avons aidé à évacuer un homme du nom de Hodge, qui avait la mâchoire inférieure arrachée et la langue pendante. Nous avons évacué le capitaine Lute B. Irvine. Lute avait reçu une balle dans les poumons et vomissait du sang sans arrêt, nous suppliant de le coucher et de le laisser mourir. Mais Lute est toujours en vie. Il y avait aussi le lieutenant Woldridge, qui avait perdu ses deux yeux. Je l'ai trouvé errant dans un églantier.

Injured American Civil War Soldier
Soldat américain blessé pendant la guerre de Sécession Reed B. Bontecou (Public Domain)

Les pertes excessives subies par l'armée confédérée à Perryville l'obligèrent à mettre fin à son invasion du Kentucky et à se replier dans la vallée de Cumberland. Au cours des premiers jours de la retraite, peu de rations furent distribuées aux soldats démoralisés et affamés. Au quatrième jour de marche, Watkins vit un cavalier passer devant son régiment avec une pile de pâte frite sur le pommeau de sa selle. Il interpella le cavalier, lui demandant de lui donner "un morceau de ce pain". Lorsque le cavalier refusa, Watkins arma son fusil et s'apprêtait à le lever lorsque le cavalier intimidé lui en lança un morceau. Tout à coup, "tous les soldats de la compagnie H se sont précipités dessus, et je n'ai eu droit qu'à deux ou trois bouchées". Heureusement, la compagnie trouva une vache à la tombée de la nuit; Watkins aida à la tuer et à la dépecer, et les soldats mangèrent la viande crue. Mis à part cet épisode truculent, la retraite fut une affaire ennuyeuse. "Le long du chemin, il n'y avait rien d'autre que le ploc, ploc, ploc de nos pas", se souvient Watkins. "Aucun bruit, si ce n'est le même inévitable ploc, ploc, ploc, en montée et en descente, à travers de longues routes poussiéreuses, épuisés et affamés." Les mémoires de Watkins mettent donc parfaitement en évidence la dualité de la vie d'un soldat pendant la guerre civile: des mois de marches et d'exercices monotones entrecoupés de scènes de combat infernales. Comme il le dit lui-même, "il n'y avait pas de repos pour les fatigués. Les marches et les combats composaient notre quotidien».

Bataille de Murfreesboro

L'armée se fraya un chemin jusqu'à Chattanooga, dans le Tennessee, puis jusqu'à Murfreesboro. C'est là, à la fin du mois de décembre 1862, que l'armée de l'Union avança sur leur position. "J'étais en service de garde lorsque [le général de l'Union] Rosecrans lança son offensive", écrit Watkins.

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J'avais pour ordre de ne laisser passer personne. En fait, personne n'était censé passer à cet endroit, mais alors que je me tenais à mon poste, un cavalier s'est approché derrière moi. Je l'ai arrêté... mais il semblait si souriant que j'ai pensé qu'il me connaissait ou qu'il avait une bonne blague à me raconter. Il s'est avancé, a sorti un morceau de papier de sa poche et me l'a tendu pour que je le lise...Je l'ai lu, puis j'ai levé les yeux pour le lui rendre, quand j'ai découvert qu'il avait un pistolet armé et pointé sur mon visage, et il m'a dit: "Lâche cette arme, tu es mon prisonnier". J'ai vu qu'il était inutile de tergiverser. Je savais que si je résistais, il me tirerait dessus, et j'ai alors pensé qu'il était sur le point d'accomplir cet acte détestable. J'ai lâché mon arme.

Watkins, cependant, était déterminé à ne pas passer le reste de la guerre dans une prison du Nord. Agissant rapidement, il sauta à terre et ramassa le fusil qu'il avait laissé tomber. Le cavalier – en réalité un espion de l'Union – tira et manqua sa cible; Watkins le fit tomber de son cheval, mais après une brève lutte, l'espion se releva et s'enfuit. À peine avait-il fait cela que les tirailleurs de l'Union apparurent, tirant tout en repoussant les sentinelles rebelles. Watkins et les autres sentinelles se replièrent vers une clôture, d'où ils tirèrent sur les troupes de l'Union qui avançaient et devaient traverser un champ à découvert. "Je pense que nous en avons tué un bon nombre dans le vieux champ", déclara Watkins. La bataille de Murfreesboro – ou bataille de la Stones River – était sur le point de commencer. "Le lendemain, écrit Watkins, on constata que les Yankees avançaient."

Ils sont bientôt apparus à la vue de notre poste de garde. Nous avons continué à reculer et à tirer toute la journée, et avons été relevés par un autre régiment à la tombée de la nuit. Nous avons rejoint notre régiment. La ligne de bataille s'est formée sur la rive nord de la Stones River, du côté des Yankees. Mauvaise stratégie, ai-je pensé... On nous a ordonné d'avancer pour attaquer. Nous étions juste sur la ligne des Yankees, sur la route à péage de Wilkerson. Les Yankees abattaient nos hommes par dizaines... Nous étions à moins de vingt mètres des Yankees, et ils déversaient des salves et des obus sur nos rangs... Oakley, le porte-drapeau du quatrième régiment du Tennessee, a couru vers le centre de la ligne yankee avec son drapeau, suppliant ses hommes de le suivre. J'ai crié jusqu'à en avoir la voix rauque: "Ce sont des Yankees, ce sont des Yankees; tirez, ce sont des Yankees" (58).

A Night Scout in the Southwest
Un éclaireur de nuit and le Sud-Ouest Thomas Nast (Public Domain)

Alors que les hommes de la compagnie H s'approchaient de la ligne de l'Union, les combats s'intensifièrent:

La crête occupée par les Yankees crachait du feu et de la fumée, et les rebelles tombaient comme des feuilles d'automne dans un ouragan. La pluie de plomb les a balayé du champ de bataille. Ils ont reculé et se sont regroupés... Je n'ai pas reculé, mais j'ai continué à charger et à tirer, jusqu'à ce qu'un fragment d'obus ne me touche au bras, puis qu'une balle de minié ne le traverse, me paralysant le bras et me blessant et me rendant invalide. Pendant tout ce temps, le général Cheatham exhortait ses hommes à avancer en disant: "Allez, les gars, suivez-moi". Je n'oublierai jamais l'impression que m'a laissée le général Frank Cheatham, alors qu'il menait la charge sur la route à péage de Wilkerson. J'ai vu la victoire ou la mort écrite sur son visage... alors qu'il passait devant moi, je lui ai dit: "Eh bien, général, si vous êtes déterminé à mourir, je mourrai avec vous". À ce moment-là, nous étions au moins à une centaine de mètres devant la brigade, Cheatham continuant sans cesse à les exhorter à avancer. Il menait la charge en personne. C'est alors que j'ai vu le pouvoir d'un seul homme, né pour commander, sur une multitude d'hommes alors presque en déroute et démoralisés.

Ainsi, même blessé, Watkins chargea la crête aux côtés du reste de la division réformée du général Benjamin Franklin Cheatham. Ils

ont lancé des cris et des hurlements, et ont fondu sur ces Yankees comme une tornade de pics-bois dans une tempête de grêle, rendant la pareille à ces vauriens en uniforme bleu avec un intérêt décuplé; car lorsqu'ils sont arrivés, les armes de chaque homme étaient chargées, et ils ont marché en file indienne vers la crête enflammée, et lorsqu'ils ont tiré, il y a eu un répit soudain dans la tempête de la bataille, car les Yankees étaient presque tous morts. Je ne me souviens pas avoir jamais vu autant de morts, de chevaux et de canons capturés, tous mélangés, que dans cette scène de sang, de carnage et de bataille sur la barrière défensive de Wilkerson. Le sol était littéralement recouvert de soldats en uniforme bleu morts... À ce moment-là, notre commandement s'était reformé et avait chargé la crête enflammée. Le spectacle était formidable. Avec des cris et des acclamations, ils ont chargé la colline, abattant et transperçant à la baïonnette les artilleurs en fuite... La victoire était totale. Toute l'aile gauche de l'armée fédérale a été repoussée à cinq miles de sa position initiale.

Battle of Stones River
Bataille de la Stones River Kurz & Allison (Public Domain)

Après cette dure journée de combat, Watkins se mit en route vers l'hôpital de campagne. En chemin, il croisa un autre soldat, dont le bras gauche avait été entièrement arraché.

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Son visage était blanc comme un linge. La poitrine et la manche de son manteau avaient été déchirées, et je pouvais voir l'extrémité effilochée de la manche de sa chemise qui semblait avoir été aspirée dans la blessure. Je l'ai regardée de près et j'ai dit "Grand Dieu!", car je pouvais voir son cœur battre et la respiration de ses poumons. J'ai été rempli de stupéfaction et d'horreur à cette vue. Il marchait quand tout à coup il s'est effondré et est mort sans lutter ni gémir.

C'est ainsi que Watkins termina la première année et demie de guerre, accueillant la nouvelle année 1863 sur le champ de bataille sanglant de Murfreesboro, dans le Tennessee. Ayant survécu à des mois de privations, à des marches interminables, à d'innombrables nuits de garde, ainsi qu'aux grandes batailles de Shiloh, Perryville et Murfreesboro, il avait déjà vu une grande partie des horreurs de la guerre. Pourtant, il ne pouvait pas savoir que la guerre civile américaine n'était pas encore à mi-parcours et que d'autres marches, d'autres batailles et bien d'autres épreuves l'attendaient dans les années à venir.

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Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2025, septembre 05). Mémoires d'un Confédéré: La guerre de Sécession vue par Sam Watkins. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2783/memoires-dun-confedere/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Mémoires d'un Confédéré: La guerre de Sécession vue par Sam Watkins." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 05, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2783/memoires-dun-confedere/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Mémoires d'un Confédéré: La guerre de Sécession vue par Sam Watkins." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 05 sept. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2783/memoires-dun-confedere/.

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