Le Garçon qui vit A-ti'us

Joshua J. Mark
par , traduit par Salomée Charrière
publié le
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Le garçon qui vit A-ti'us est une légende de la nation Pawnee qui raconte l’histoire d’un jeune homme à qui fut accordée la vision du Créateur Ti-ra'wa A-ti'us (aussi connu plus simplement sous le nom de Ti-ra'wa ou d'A-ti'us) et qui, grâce à sa foi, est capable de voir ce que les autres ne peuvent pas et sauve donc son peuple de la famine.

American Bison Grazing in Montana
Bison d’Amérique qui broute dans le Montana PD-USGOV-Interior-FWS (Public Domain)

Le récit repose sur le thème, commun non seulement aux légendes pawnees mais également à celles de nombreux peuples autochtones d’Amérique du Nord, d’un jeune homme qui est récompensé par le Créateur pour sa gentillesse et sa générosité envers les autres. Même si le fait de se vanter de sa réussite était non seulement accepté, mais également attendu de la part des jeunes hommes, l’humilité était hautement appréciée, et beaucoup de contes de différentes nations mettent en garde contre les dangers d’avoir une trop grande estime de soi. De la même façon, des histoires issues de toutes les nations autochtones (dont celles des Indiens des plaines) promeuvent des valeurs telles que la modestie, la gentillesse, la générosité et la gratitude.

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Ce récit est l’un des derniers exemples, dans lesquels un pauvre garçon orphelin est adopté par une veuve qu’il remercie en prenant soin d’elle ainsi que de ses deux enfants comme s’il était un membre de la famille à part entière. Cette légende s’inscrit dans la continuité des valeurs et du comportement pawnees, mais il est écrit dans le texte que ce garçon rapporte toujours tout ce qu’il trouve à manger à la femme, et ne garde rien pour lui, afin de le répartir entre eux quatre. Son dévouement est ensuite récompensé par Ti-ra'wa A-ti'us qui lui offre la vision qui changera sa vie et permettra à son peuple de renaître.

L’histoire ne vise pas seulement à promouvoir les valeurs culturelles et la foi dans l’assemblée, mais elle sert également de mythe fondateur parce qu’elle explique comment et pourquoi la fonction de chef chez les Pawnees, autrefois occupée par des femmes (puisque le premier être humain créé était supposé avoir été une femme), était passée aux mains des hommes. Le conte met cependant principalement l’accent sur l’importance de l’intégrité et de la foi de l’individu, selon le fait que, peu importe qu’une situation puisse paraître désespérée, le Créateur est toujours présent et prêt à venir en aide.

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Ti-ra'wa A-ti'us

Le conte met l’accent sur l’importance de l’intégrité et de la foi de l’individu en un Créateur toujours présent et prêt à venir en aide.

Ti-ra'wa A-ti'us ("Notre Père qui est aux cieux") est le dieu créateur des Pawnees qui leur donna la vie et les cadeaux essentiels à leur survie tels que l’agriculture, les concepts d’habits et d’ornements, le feu, les compétences en matière de chasse ainsi que les animaux à chasser, le pouvoir de parler et d’imaginer, et l’observance adaptée pour un rituel sacré et un sacrifice. Sa femme est Atira ("Mère maïs"), une déesse terrestre (associée à la Terre nourricière), et tous les autres dieux peuvent être observés sous la forme d’étoiles dans le ciel nocturne, mais derrière eux, invisible, se trouve Ti-ra'wa A-ti'us.

Ti-ra'wa créa cette étendue céleste à présent connue sous le nom de Voie lactée, mais que les Pawnees, entre autres, connaissent sous le nom de Chemin ou de Chemin des esprits qui s’en vont, qui accompagnait les âmes chez elles après la mort. Une fois arrivée dans l’autre monde, l’âme vivra pleinement aux côtés du Créateur, mais il sera encore invisible. La vision accordée dans Le garçon qui vit A-ti'us aurait donc été exceptionnelle pour le public d'origine car la présence du dieu pouvait certainement être ressentie à n’importe quel moment, même s’il ne pouvait pas être réellement vu, tout comme le vent.

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Texte

La légende qui suit provient de Pawnee Hero Stories and Folk-Tales (1889) écrit par George Bird Grinnell. Dans le récit, le parflèche est de la peau crue et les cygnes ont une place significative non seulement en tant qu’oiseaux (souvent dépeints dans les contes pawnees comme des messagers et des serviteurs de Ti-ra'wa A-ti'us), mais également car ils symbolisent la pureté, la force, la sagesse, l’espoir et la transformation, et qu’ils sont aussi associés au Nord, la direction de la maison du Créateur, et de ce fait à son pouvoir.

Il y a plusieurs années, les Pawnees débutèrent leur chasse hivernale. Les bisons se faisaient rares, et les personnes parvenaient difficilement à se procurer de la viande. Il faisait très froid et la neige recouvrait le sol. La tribu se déplaça vers le sud et traversa la rivière Republican, mais aucune trace des bisons ne fut trouvée. Ils avaient mangé toute la viande séchée ainsi que tout le maïs qu’ils avaient emporté avec eux, et ils étaient maintenant affamés. Le peuple souffrait énormément, et les plus petits commencèrent à mourir de faim. Les membres de la tribu furent contraints de manger leurs capes, et leurs parflèches, ainsi que leurs mocassins.

Dans cette tribu se trouvait un garçon d’environ seize ans, qui restait tout seul et était très pauvre. Il n’avait pas de proches qui pouvaient prendre soin de lui et il vivait avec une femme dont le mari avait été tué par les Sioux. Elle avait deux enfants, un garçon et une fille; son cœur était bon et elle se sentait désolée pour ce pauvre garçon. En cette période de famine, ces personnes n’avaient presque rien à manger et à chaque fois que le garçon trouvait de la nourriture, il la donnait à la femme, qui la divisait entre eux tous.

La tribu continuait de se déplacer en direction du sud à la recherche des bisons, mais ils avançaient lentement parce qu’ils étaient tous très faibles. Quand bien même, ils ne trouvaient aucun bison; chaque jour les jeunes hommes qui étaient envoyés en éclaireurs escaladaient les montagnes les plus hautes, et ils ne revenaient que lorsque la nuit était tombée pour rapporter qu’ils ne pouvaient apercevoir que des prairies blanches recouvertes de neige. Pendant tout ce temps, les plus petits mourraient de faim et les hommes ainsi que les femmes s’affaiblissaient de jour en jour.

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Le pauvre garçon souffrait comme les autres, et, au bout d'un certain temps, il devint si faible qu’il ne put plus continuer d’avancer avec le reste du camp, bien que ce dernier ne se déplaçât très lentement. Un matin, il peina pour aider la femme âgée à rempaqueter le tipi, et après que cela fut fait, il retourna auprès du feu, s’assit devant, et regarda le camp s’éloigner lentement à travers la vallée, avant de gravir les falaises. Il pensa en son fort intérieur: "Pourquoi devrais-je continuer? Dans tous les cas, je ne pourrai pas tenir plus d’un jour ou deux supplémentaires. Je ferai tout aussi bien de rester ici et mourir". Il rassembla alors le reste des bâtons qui se trouvaient près du feu et les jeta sur le charbon, il passa ses mains au-dessus des flammes et les frotta l’une contre l’autre pour se réchauffer, puis il s’allongea près du feu avant de s’endormir rapidement.

Lorsqu’il revint à lui, c’était déjà le milieu de journée; en regardant dans la direction du ciel, il vit deux taches entre le soleil et lui et se demanda ce que cela pouvait bien être. À mesure qu’il les regardait, elles grossissaient de plus en plus, et il put finalement voir qu’il s’agissait d’oiseaux; et bientôt, alors qu’elles se rapprochaient encore, il vit que c’était en fait deux cygnes. Les cygnes continuèrent de voler dans sa direction et se posèrent enfin sur le sol auprès du feu, avant de se diriger là où le garçon était étendu. Il était si faible qu’il ne pouvait pas se lever, alors ils virent à lui, chacun d’un côté, et se baissèrent pour passer leurs épaules sous lui, le soulever, l’installer sur leur dos, avant de déplier leurs ailes et de s’envoler dans le ciel. Puis le garçon se rendormit.

Lorsqu’il se réveilla, il reposait allongé sur le sol devant un tipi immense. Elle était grande et haute, et des dessins de nombreux animaux étranges étaient peints dessus, avec de magnifiques couleurs. Le garçon n’avait jamais vu un si beau tipi. L’air était chaud ici, et il se sentit plus fort qu’auparavant. Il essaya de se redresser et, après une ou deux tentatives, se retrouva sur pied, marcha jusqu’à la porte du tipi et y entra. En face de l’entrée se trouvait A-ti'-us. Ce dernier était très grand et vraiment beau, son visage reflétait la gentillesse et la douceur. Il était vêtu de beaux habits et portait une cape faite en bison blanc. Derrière lui, aux poteaux du tipi, étaient accrochées de nombreuses armes étranges. De part et d’autre du tipi beaucoup de chefs, de médecins et de guerriers étaient assis. Ils portaient tous de beaux vêtements en peau de daim blanche, ornés de magnifiques plumes d’oie colorées. Leurs capes étaient toutes faites en peau de castor, elles étaient très belles.

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Quand le garçon entra dans le tipi, A-ti'-us lui dit: "Looah, pi-rau', we-tŭs sūks-pit—Bienvenue, mon fils, et assied-toi". Et il ordonna à l’un des guerriers: "Donne-lui quelque chose à manger." Le guerrier décrocha un superbe sac peint de parflèche, sortit son couteau de son étui, coupa une tranche de viande séchée approximativement aussi grande que deux doigts d’une personne ainsi qu’une tranche de gras d’environ la même taille. Le garçon, qui avait tellement faim, pensa que ce n’était pas là une quantité suffisante pour donner à quelqu’un d’affamé, mais il la prit et commença à manger. Il plaça le gras sur la viande séchée, les coupa en morceaux et mangea longtemps. Cependant, après avoir mangé longuement, les tranches de viandes conservaient la même taille; et il mangea autant qu’il le voulut, puis il reposa les tranches, toujours de la même taille.

Après que le garçon eut fini de se sustenter, A-ti'-us s’adressa à lui. Il lui dit qu’il avait vu les souffrances de son peuple et qu’il se sentait désolé pour eux; puis il expliqua au garçon ce qu’il devait faire. De ce fait, le Créateur garda le garçon un peu plus longtemps et lui offrit de beaux habits neufs ainsi que des armes, avant de demander à l’un des guerriers de le raccompagner; le guerrier le conduisit hors du tipi, là où les cygnes se trouvaient, près de l’entrée, et le garçon s’installa sur leur dos. Puis le guerrier passa sa main sur son visage et lui ferma les paupières; le garçon s’endormit. Ce dernier se réveilla un peu plus tard et se retrouva seul auprès du feu. Celui-ci s’était éteint, mais le sol était encore couvert de neige et il faisait très froid.

À présent, le garçon se sentait revigoré et il se leva avant de commencer à courir le long de la piste que le camp avait empruntée. Ce soir-là, après la tombée de la nuit, il rattrapa le camp qui s’était déplacé très lentement, puis il marcha à travers le village jusqu’à ce qu’il n’arrive au tipi où habitait la femme, et y entra. Elle fut surprise de le voir dans ses nouveaux vêtements, ayant l’air si en forme et si fort, et elle lui proposa de s’asseoir. Il y avait un petit feu à l’intérieur du tipi, et le garçon put voir que la femme coupait quelque chose en petites portions avec son couteau.

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Le garçon lui demanda: "Que fais-tu?".

Elle expliqua: "Je vais faire bouillir le dernier morceau de cape. Après avoir mangé ceci, il ne restera plus rien et nous pourrons simplement mourir .

Le garçon ne répondit rien, mais la regarda pendant un certain temps, avant de se lever et de sortir du tipi. À peine la porte s’était-elle refermée derrière lui que la femme entendit le gémissement d’un bison, puis le craquement de la neige fraîche, comme si un poids énorme venait d’y choir. Quelques instants plus tard, le garçon poussa la porte du tipi, entra, s’assit près du feu et dit à la femme: "Sors et rapporte de la viande". La femme le regarda, tout à fait étonnée, mais il ne dit rien, alors elle sortit, et là, près du tipi se trouvait, dans la neige, une bisonne bien grasse. Le cœur de la femme se remplit alors de joie. Elle dépeça la bisonne et porta un peu de viande à l’intérieur du tipi pour la faire cuire, et ils mangèrent tous et furent satisfaits. La femme était bonne, alors elle envoya son fils aux tipis de toutes ses connaissances, et de tous ses amis, pour leur dire de venir à son tipi le matin suivant pour faire un festin, "car, dit-elle, elle avait énormément de viande".

Le lendemain matin, toutes ses connaissances et ses amis vinrent, ils étaient tellement nombreux qu’ils ne purent pas tous tenir dans le tipi, alors certains restèrent à l’extérieur, et ils festoyèrent ensemble; elle cuisina la viande de bisonne pour eux et ils en mangèrent jusqu’à ce qu’il n’en reste plus et qu’ils soient rassasiés. Après avoir fini de se sustenter, ils allumèrent leur pipe et prièrent, en prononçant: "A-ti'-us, we'-tŭs kit-tah-we—Père, vous êtes le tout puissant".

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Pendant qu’ils fumaient, le pauvre garçon demanda au fils de la femme de venir le voir, lui désigna une grande colline près du camp et lui dit: "Looah, sūks-kus-sis-pah ti-rah hah-tūr—Cours vaillamment jusqu’au sommet de cette montagne et dis-moi ce que tu vois". Alors, le garçon se débarrassa de sa cape, plaqua ses cheveux en arrière et s’élança, courant aussi vite qu’il le put sur la neige pour atteindre le sommet de la colline. Lorsqu’il y arriva, il mit sa main en visière sur ses yeux, parce que le soleil brillait sur la neige et l’aveuglait; il regarda à l’est, à l’ouest, au nord, au sud, mais il ne vit rien d’autre que la neige blanche étincelante sur la prairie.

Après avoir regardé dans toutes les directions, il courut aussi vite qu’il le put jusqu’au village. Lorsqu’il arriva au tipi, il alla voir le pauvre garçon et lui rapporta: "Je ne vois rien à part de la neige". Le pauvre garçon répondit: "Tu ne regardes pas bien. Repars". Alors le garçon recommença et courut aussi vite qu’il le put pour gagner la pointe de la colline, et lorsqu’il y arriva, haletant, il regarda dans toutes les directions, longuement et avec attention, mais encore une fois, il ne put rien voir d’autre que la neige. Il fit donc demi-tour, regagna le village et dit à nouveau au pauvre garçon qu’il n’avait rien vu. Le garçon répondit: "Tu ne regardes pas bien". Puis il prit son arc en main, passa son carquois sur son dos, fixa sa cape sous son bras de façon à ne pas être gêné dans sa course, se mit en route et courut aussi vite qu’il le pût jusqu’au sommet de la colline, et une fois arrivé là-haut, il regarda au loin vers le sud et vit la plaine noire de bisons qui se débattaient, à perte de vue, dans la neige profonde.

Il se tourna en direction du village et leur signala, à l’aide de sa cape, que des bisons étaient en vue. En quelques minutes, tous les Pawnees s’étaient emparés de leurs arcs et de leurs flèches, et le rejoignaient en courant; les femmes réparèrent les travois, prirent leurs couteaux et leur emboîtèrent le pas. Le garçon patienta au sommet de la colline jusqu’à ce que les guerriers n’arrivent, puis ils descendirent vers les bisons qui couraient sur la neige. Les bisons étaient pris au piège dans la neige profonde et les Pawnees firent bonne chasse. Ils récupérèrent de la viande grasse, en quantité suffisante pour tenir jusqu’à la chasse d’été, et de quoi se faire plein de capes chaudes pour l’hiver. Ils n’eurent pas besoin de se déplacer davantage et ils restèrent à cet endroit pour faire sécher la viande obtenue jusqu’à ce qu’ils ne soient tous bien en chair et à nouveau forts.

En outre, le pauvre garçon devint un grand médecin au sein de la tribu et il fit fortune.

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Jusqu’ici, les Pawnees avaient toujours eu une femme comme cheffe, mais lorsque celle qui l’était décéda, elle désigna le pauvre garçon comme son successeur, et le peuple fit de lui le chef de la tribu.

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Questions & Réponses

De quoi parle l’histoire pawnee Le garçon qui vit A-ti'us?

Le garçon qui vit A-ti'us raconte l’histoire d’un jeune garçon Pawnee qui reçoit une vision de la part du Créateur et qui, à travers son destin, sauve son peuple de la famine.

Qui est A-ti'us?

A-ti'us, également connu sous le nom de Ti-ra'wa ou de Ti-ra'wa A-ti'us, est le dieu Créateur de la nation Pawnee. Il donna naissance à ce peuple et les compétences pour survivre, communiquer et communier avec lui.

Quelle est la signification des cygnes dans Le garçon qui vit A-ti'us?

Dans les traditions pawnees, le cygne représente un symbole d’espoir, de transformation, de pureté, de force et de sagesse, et est associé au Créateur, ainsi qu’à son pouvoir.

À quelle date la légende Le garçon qui vit A-ti'us fut-elle créée?

La date de création de la légende Le garçon qui vit A-ti'us reste inconnue puisqu’elle s’est transmise oralement pendant des siècles avant d’être couchée sur le papier au XIXe siècle. La traduction anglaise la plus ancienne de cette légende provient de l'ouvrage Pawnee Hero Stories and Folk-Tales, écrit par George Bird Grinnell en 1889.

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Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2026, mai 02). Le Garçon qui vit A-ti'us. (S. Charrière, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2496/le-garcon-qui-vit-a-tius/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Le Garçon qui vit A-ti'us." Traduit par Salomée Charrière. World History Encyclopedia, mai 02, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2496/le-garcon-qui-vit-a-tius/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Le Garçon qui vit A-ti'us." Traduit par Salomée Charrière. World History Encyclopedia, 02 mai 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2496/le-garcon-qui-vit-a-tius/.

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