Le système de nomenclature utilisé aujourd'hui pour les vases grecs a été qualifié à juste titre de "chaotique" par un éminent spécialiste. La plupart des noms ont été attribués pour la première fois au XVIIIe et au XIXe siècle par des chercheurs qui ont tenté d'associer les noms de vases qu'ils connaissaient grâce à la littérature ou aux inscriptions grecques et latines aux pièces alors mises au jour lors de fouilles. Des études plus récentes sur les inscriptions figurant sur les pots proprement-dits ont permis de mettre en lumière certains des noms corrects, et il apparaît de plus en plus clairement que très peu des noms utilisés aujourd'hui étaient utilisés dans l'Antiquité. Cependant, le système actuel est si répandu qu'il serait très difficile de le supprimer et de le remplacer par quelque chose de plus logique.
De nombreux pots remplissaient diverses fonctions, étant utilisés à la fois dans un contexte domestique et cérémoniel ou religieux. L'argile, bon marché et abondante dans de nombreuses régions de la Grèce antique, était la matière première de base de la plupart des récipients. La plupart du temps, les riches buvaient dans des coupes en or et en argent, mais pratiquement tous les foyers étaient bien pourvus en récipients en argile, tant grossiers que fins. Ceux-ci étaient utilisés pour le stockage, la cuisine et la table.
La forme de base d'un vase peut souvent fournir des indices sur sa fonction. La forme ouverte des coupes larges et peu profondes ou des grands bols à vin (cratères) suggère un accès facile pour les mains ou les ustensiles pour boire, tremper ou mélanger. Les petites formes fermées à bouche étroite, telles que les lécythes, étaient plus susceptibles de contenir quelque chose qui était scellé avec de la cire ou un bouchon, et elles pouvaient être utilisées pour le stockage. Les deux anses horizontales de la jarre à eau (hydrie) devaient être indispensables pour soulever le récipient lorsqu'il était plein et devait être transporté sur la tête, tandis que l'anse verticale unique servait à verser ou à transporter la jarre lorsqu'elle était vide.
Les scènes représentées sur la poterie peuvent également illustrer l'utilisation qui était faite des vases. Des tasses, des bols, des cruches et des refroidisseurs à vin sont représentés en cours d'utilisation lors de réunions festives, des hydries dans des scènes de fontaines; de petits aryballes, contenant l'huile parfumée que les athlètes s'enduisaient après l'exercice, apparaissent dans des scènes de gymnase. Très souvent, les mêmes vases qui étaient utilisés dans ces contextes domestiques pouvaient également être consacrés dans les sanctuaires ou déposés dans des tombes; mais il existait également des formes individuelles, telles que les lécythes, qui étaient particulièrement appréciées à des fins spéciales, en l'occurrence comme offrandes funéraires.
