La Pythie - la Prêtresse de Delphes

Brian Haughton
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
Translations
Version Audio Imprimer PDF

L'imposant site archéologique de Delphes se trouve à plus de 550 mètres d'altitude, sur le versant sud-ouest du mont Parnasse, à environ 10 km à l'intérieur des terres depuis le golfe de Corinthe, dans le centre de la Grèce. Le complexe antique de Delphes, qui remonte à au moins 2700 ans, était connu dans toute la Grèce antique et au-delà en tant que lieu où résidait le célèbre oracle d'Apollon, dieu grec de la prophétie, de la musique, de la guérison et de la lumière.

Temple of Apollo, Delphi
Temple d'Apollon, Delphes Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Un aspect de l'ancien oracle de Delphes qui a fasciné les érudits, les scientifiques et les profanes est la nature et la cause de l'état de transe atteint par la prêtresse du sanctuaire (la Pythie). Cela pouvait-il être dû aux feuilles de laurier que la prêtresse était censée mâcher? À l'eau de la fontaine de Castalie toute proche? Ou aux vapeurs s'élevant d'une caverne souterraine?

Supprimer la pub
Publicité

Il est bien connu que les feuilles de laurier ne sont pas hallucinogènes, et jusqu'à récemment, on pensait que l'état de frénésie supposé de la Pythie ne pouvait pas être provoqué par des gaz toxiques s'échappant de fissures dans le sol, car les fouilles n'avaient trouvé aucune trace de telles fissures.

Cependant, en 2001, une équipe interdisciplinaire de scientifiques, dirigée par le géologue Jelle Z. de Boer de l'université Wesleyan, à Middletown, dans le Connecticut, a découvert des traces d'éthylène, un hallucinogène potentiel, dans la géologie locale de l'ancien temple et dans les sources voisines. L'équipe a donc avancé que l'intoxication à l'éthylène était probablement la cause des transes divinatoires de la Pythie. Si ces nouvelles recherches ouvrent des perspectives fascinantes sur l'origine de l'état de transe de la Pythie, elles laissent également de nombreuses questions sans réponse.

Supprimer la pub
Publicité
Pythia of the Oracle of Delphi
La Pythie de l'Oracle de Delphes John Collier (Public Domain)

La première est que si le consultant et la prêtresse se trouvaient face à face dans l'ancienne Delphes, comme l'ont suggéré certains chercheurs, pourquoi seule la prêtresse était-elle affectée par ces gaz toxiques? Un autre point est que la quête visant à déterminer ce qui précipitait la prêtresse d'Apollon à Delphes dans un état de transe ignore le fait que cet état altéré pouvait très bien être auto-induit, peut-être pour donner une impression d'objectivité lorsqu'elle répondait aux questions.

Une autre idée associée à l'ivresse toxique supposée de la Pythie est la conception erronée selon laquelle celle-ci débitait des propos incohérents lorsqu'elle était en transe, qui devaient ensuite être interprétés et reformulés en prophéties par les prêtres. Dans son livre The Delphic Oracle, Its Responses and Operations, with a Catalogue of Responses (1981), le spécialiste américain de la culture classique Joseph Fontenrose (1903-1986) a remis en question cette idée.

Supprimer la pub
Publicité

Après avoir examiné des sources anciennes et séparé les artifices littéraires des réponses authentiques de la Pythie aux questions qui lui étaient posées, Fontenrose a constaté que ces réponses étaient formulées dans une prose claire et précise, et que la prêtresse elle-même était décrite dans ces textes comme s'exprimant de manière lucide et avec sa propre voix. En effet, comme l'a si bien fait remarquer Ruth Padel, la possession apollinienne était la norme littéraire dans la Grèce antique.

L'exemple le plus pertinent est celui de Cassandre, fille de Priam et d'Hécube de Troie, qui, comme la Pythie, est décrite comme "possédée" par Apollon, tandis qu'elle prononce ses oracles dans une sorte de frénésie. La seule différence était que les prophéties de Cassandre étaient vouées à ne jamais être crues. Peut-être alors que la seule influence sur l'état de la Pythie était l'effet du pneuma (πνεῦμα, l'"âme" ou "l'esprit vital", souvent associé dans l'Antiquité à une vapeur), non pas en tant que gaz toxique, mais en tant que sagesse divine ou souffle d'Apollon.

Supprimer la pub
Publicité

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Brian Haughton
Auteur et chercheur de livres sur les civilisations et monuments antiques, les sites sacrés et le folklore surnaturel. Archéologue qualifié avec un BA (Hons) de l'Université de Nottingham et un Master en archéologie grecque de l'Université de Birmingham.

Citer cette ressource

Style APA

Haughton, B. (2025, août 22). La Pythie - la Prêtresse de Delphes. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-205/la-pythie----la-pretresse-de-delphes/

Style Chicago

Haughton, Brian. "La Pythie - la Prêtresse de Delphes." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, août 22, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-205/la-pythie----la-pretresse-de-delphes/.

Style MLA

Haughton, Brian. "La Pythie - la Prêtresse de Delphes." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 22 août 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-205/la-pythie----la-pretresse-de-delphes/.

Soutenez-nous Supprimer la pub