La marche de Sherman vers la mer (du 15 novembre au 21 décembre 1864) fut une campagne militaire importante de la guerre de Sécession (1861-1865). Dans l'espoir de paralyser la capacité de guerre de la Confédération et de briser sa volonté de continuer à se battre, le major général de l'Union William Tecumseh Sherman mena 62 000 hommes dans une marche depuis Atlanta, en Géorgie, jusqu'à la ville côtière de Savannah. Entre les deux, il mena une campagne de "terre brûlée", détruisant les fermes, les usines, les chemins de fer et toutes autres ressources ayant une valeur militaire. Lorsque l'armée de Sherman s'empara de Savannah le 21 décembre, elle avait causé plus de 100 millions de dollars de dégâts (plus de 1,5 milliard de dollars aujourd'hui) et perturbé si profondément l'agriculture de la Géorgie qu'il fallut plusieurs générations à l'État pour s'en remettre. La "Marche vers la mer" atteignit ses deux objectifs et joua un rôle majeur dans la fin de la guerre quelques mois plus tard.
La Géorgie doit gémir
Le 2 septembre 1864, une longue file de soldats de l'Union en uniforme bleu entra dans Atlanta, en Géorgie. Des fanfares jouaient, des canons tiraient des salves d'honneur et, au-dessus de l'hôtel de ville, le drapeau américain flottait pour la première fois depuis que l'État avait fait sécession près de quatre ans auparavant. La prise d'Atlanta fut extrêmement bénéfique pour l'Union: sa chute démoralisa le Sud, exposa les faiblesses des États confédérés de l'Est et détruisit toute chance que l'Union accepte une paix qui n'inclurait pas une victoire totale. L'architecte de la chute d'Atlanta était le sévère major général de l'Union William Tecumseh Sherman, à la barbe rousse, qui cherchait désormais à tirer parti de son succès et à forcer le reste de la Géorgie à se soumettre à la puissance fédérale. Mais avant de pouvoir le faire, il devait s'occuper de l'armée confédérée du Tennessee, commandée par le lieutenant général John Bell Hood.
Bien que l'armée de Hood ait été battue à plate couture lors de la précédente campagne d'Atlanta, elle n'avait pas été totalement détruite. À la fin du mois de septembre, Hood tenta d'attirer Sherman hors d'Atlanta en marchant vers l'ouest et en menaçant les lignes de ravitaillement de l'Union vers le Tennessee. Au départ, Sherman mordit à l'hameçon et poursuivit Hood à travers l'ouest de la Géorgie jusqu'en Alabama. Cependant, Sherman n'avait pas vraiment envie de se lancer dans cette poursuite. En effet, il considérait que c'était une perte de temps de traquer l'armée décimée de Hood alors qu'il pourrait plutôt marcher vers l'est, vers le cœur non défendu de la Géorgie, détruisant tout ce qui avait une valeur militaire sur son passage. "Je pourrais ouvrir une brèche jusqu'à la mer", télégraphia-t-il à Ulysses S. Grant, général en chef de toutes les armées de l'Union. Une telle marche, affirmait-il, "diviserait la Confédération en deux" et aurait un impact psychologique énorme sur la population sudiste déjà lasse de la guerre. "Si je traverse la Géorgie en détruisant tout sur mon passage jusqu'à la mer, disait-il, ce serait « une démonstration au monde entier, étranger et national, que nous avons un pouvoir auquel [les Confédérés] ne peuvent résister... Je peux faire cette marche et faire gémir la Géorgie!" (cité dans McPherson, 808).
Au début, Grant et le président américain Abraham Lincoln étaient sceptiques quant au plan de Sherman. Si Sherman partait vers l'est, cela donnerait à Hood carte blanche pour semer le chaos dans l'arrière-garde de l'Union. "Oncle Billy", comme l'appelaient les soldats de Sherman, pensa apaiser ses supérieurs en envoyant 60 000 soldats sous le commandement du major général George H. Thomas dans le centre du Tennessee pour surveiller l'armée de Hood, lui laissant environ 62 000 hommes pour entreprendre sa marche vers Savannah. Début novembre, Grant et Lincoln donnèrent à contrecœur leur accord au plan, et Sherman fit immédiatement demi-tour et retourna à Atlanta pour préparer la marche. Il fit évacuer la population civile et se prépara à traverser la Géorgie jusqu'à la côte, détruisant les usines, les chemins de fer, les fermes et, aussi l'espérait-il, la volonté de se battre des Confédérés. "Nous ne pouvons pas changer le cœur des gens du Sud, écrivait Sherman, mais nous pouvons rendre cette guerre si terrible... [et les rendre] si écœurés par la guerre que des générations passeront avant qu'ils ne recourent à nouveau à elle" (cité dans McPherson, 809). Alors que Sherman se préparait pour sa marche, l'armée de Hood envahit le Tennessee, où elle fut mise en pièces par le général Thomas lors de la campagne de Franklin-Nashville.
Atlanta brûle et la marche commence
Les flammes consumèrent Atlanta dans la nuit du 15 novembre 1864, leurs vrilles orange léchant le ventre d'un ciel noir d'encre. La population civile avait déjà été évacuée et les soldats de l'Union avaient quitté la ville plus tôt dans la journée, même si certains hommes étaient restés sur place pour incendier tout ce qui pouvait avoir de la valeur pour l'ennemi. Cependant, certains de ces incendiaires avaient outrepassé leurs ordres qui leur imposaient de détruire uniquement des cibles militaires et avaient allumé des feux non autorisés qui se propagèrent rapidement aux quartiers commerciaux et résidentiels de la ville. En peu de temps, tout Atlanta était en flammes. Un officier de l'Union, les yeux écarquillés, a décrit la scène dans son journal: "Toutes les images et descriptions verbales de l'enfer que j'ai jamais vues ne m'ont jamais donné une idée aussi vivante de celui-ci que cette ville enveloppée de flammes ce soir" (cité dans Foote, 641). Au matin, un tiers de la ville était réduit en cendres. "Derrière nous se trouvait Atlanta, fumante et en ruines", se souviendrait Sherman dans ses mémoires. "La fumée noire s'élevait haut dans les airs et planait comme un voile funèbre sur la ville en ruines."
Assis sur son cheval au sommet de Bald Hill, Sherman se détourna de la ville en ruines et se tourna vers ses hommes, brillamment alignés en colonnes de marche. Ils étaient 62 000 au total, répartis en deux colonnes pour la marche: l'aile droite, dirigée par le major général Oliver O. Howard, était appelée l'armée du Tennessee, tandis que l'aile gauche, sous le commandement du major général Henry W. Slocum, était surnommée l'armée de Géorgie. Les troupes vêtues de bleu offraient un spectacle magnifique, et Sherman se souviendrait longtemps des "canons brillant au soleil, des chariots à toit blanc s'étirant vers le sud, et juste devant nous, le XIVe corps [de la colonne de Slocum] marchant d'un pas régulier et rapide, avec un air joyeux et un rythme entraînant" (cité dans Foote, 640). Les hommes se mirent alors à chanter l'hymne de l'Union "John Brown's Body", et Sherman sentit sa poitrine se gonfler de fierté. "Jamais auparavant ni depuis je n'ai entendu le refrain «Glory, glory, hallelujah !» chanté avec plus d'enthousiasme et dans une meilleure harmonie avec le moment et le lieu" (ibid.).
Avant de partir, Sherman avait donné à ses soldats des instructions explicites pour guider leur comportement pendant la marche. Dans son ordre spécial n° 120, il autorisait ses hommes à chercher de la nourriture et à confisquer du bétail. Il leur interdisait d'entrer dans les habitations privées, dans l'espoir de limiter au maximum les dommages non militaires. Néanmoins, si les soldats de l'Union rencontraient une résistance ou une obstruction de la part de guérilleros ou d'autres civils, Sherman autorisait ses commandants à "imposer une dévastation plus ou moins implacable, en fonction de l'ampleur de cette hostilité" (cité dans Foote, 641). Il s'assura que cette partie de l'ordre soit largement diffusée dans toute la campagne, afin que tout saboteur rebelle potentiel y réfléchisse à deux fois avant de lui barrer la route. "Si l'ennemi brûle le fourrage et le maïs sur notre route, proclama Sherman, les maisons, les granges et les égreneuses de coton doivent également être brûlées pour leur tenir compagnie" (ibid.).
Terre brûlée
Pour dissimuler ses intentions à l'ennemi, Sherman fit marcher ses deux colonnes dans des directions différentes. La colonne de Howard, protégée par la cavalerie du brigadier général Judson Kilpatrick, se dirigea vers le sud le long de la voie ferrée jusqu'à Lovejoy's Station, en direction de Macon. La colonne de Slocum marcha vers l'est, en direction d'Augusta. Sherman, lui, voyagea avec la colonne de Slocum; il était personnellement escorté par le 1er régiment de cavalerie de l'Alabama, une unité composée exclusivement d'Alabamiens restés fidèles à l'Union. Chaque soldat transportait 40 cartouches pour armes légères et une ration de biscuits et de café pour 20 jours. Toutes les autres provisions devaient être prélevées dans la campagne environnante. Les hommes profitèrent de leurs ordres de "piller généreusement le pays" et, tels un essaim de criquets à ailes bleues, dépouillèrent les fermes de Géorgie de presque tout leur bétail et leurs récoltes. "C'est probablement la plus gigantesque excursion récréative jamais planifiée", écrivit joyeusement un officier, à deux jours d'Atlanta. "Elle surpasse déjà tout ce que j'ai vu dans ma carrière militaire et promet d'être encore plus riche" (cité dans McPherson, 810).
Tous les soldats ne se livraient pas à la recherche de nourriture courtoise et disciplinée que Sherman avait ordonnée. Certains hommes, connus sous le nom de "bummers", s'éloignaient des colonnes principales de l'armée et parcouraient la campagne pour terroriser et voler intentionnellement les citoyens confédérés. Ces "bummers" rendaient des visites importunes dans les fermes et les plantations, prenant tout ce qu'ils voulaient et brûlant le reste, pillant parfois même les cabanes des esclaves. Si ces hommes agissaient au mépris de leurs ordres, Sherman lui-même n'était pas opposé à la destruction de biens privés si cela servait ses intérêts. En tombant sur la plantation de Howell Cobb, un éminent sécessionniste de Géorgie, Sherman confisqua les récoltes et fit brûler la propriété. "Cette nuit-là, d'énormes feux de joie consumèrent les barrières, réchauffant nos soldats", se souviendrait Sherman. "Les cochers et les hommes, ainsi que les esclaves, emportèrent une quantité immense de maïs et de provisions de toutes sortes" (cité dans Foote, 644). Les hommes de Sherman arrachèrent également les rails de chemin de fer, détruisirent les égreneuses de coton et libérèrent les esclaves. En effet, n'ayant nulle part où aller, des foules d'Afro-Américains nouvellement libérés se mirent à suivre les troupes de Sherman, offrant leurs services comme ouvriers.
À feu et à sang
Pendant ce temps, les Confédérés ne savaient pas comment défendre leurs foyers. Le lieutenant-général William J. Hardee, commandant des forces confédérées en Géorgie, ne savait pas si la destination finale de Sherman était Macon ou Augusta. Il n'avait pas assez d'hommes pour défendre les deux endroits – la plupart de ses soldats étaient partis avec Hood pour sa malheureuse invasion du Tennessee – et, le 19 novembre, il envoya le corps de cavalerie du major général Joseph Wheeler, ainsi que quelques miliciens locaux, pour suivre l'aile droite de l'armée de l'Union et chercher des occasions de perturber son avancée. Wheeler suivit la colonne de Howard alors qu'elle tournait vers l'est, passait Macon et se dirigeait vers la ville industrielle de Griswoldville. Considérant cette ville comme une cible militaire valable, les soldats de l'Union la réduisirent en cendres, provoquant la colère des miliciens de Wheeler lorsqu'ils les rattrapèrent le 22 novembre. Ne trouvant qu'une seule brigade d'infanterie de l'Union en arrière-garde dans la ville, la milice attaqua, mais les troupes de l'Union, bien positionnées en défense et armées de fusils à répétition, repoussèrent l'assaut dans un bain de sang.
Au cours des heures qui suivirent, les miliciens lancèrent plusieurs autres assauts, mais en vain. Finalement, les rebelles abandonnèrent et battirent en retraite vers Macon; ils avaient perdu environ 1 000 hommes (dont 600 prisonniers), contre seulement 100 pertes pour l'Union. À la tombée de la nuit, les troupes de l'Union célébrèrent leur victoire et se rendirent sur le champ de bataille pour piller les cadavres. C'est alors, en regardant les visages des morts, qu'ils découvrirent qu'ils avaient principalement combattu des vieillards et des jeunes garçons, tout ce que les Confédérés avaient pu rassembler. "Je n'avais jamais été aussi bouleversé à la vue de morts et de blessés", écrivit un soldat de l'Illinois (cité dans Foote, 646). Le lendemain, le 23 novembre, la colonne de Slocum s'empara de la capitale de l'État, Milledgeville, qui venait d'être évacuée par le gouverneur et la législature de l'État. Sherman passa la nuit dans le manoir déserté du gouverneur, tandis que plusieurs jeunes officiers se réunirent dans la State House et organisèrent une session législative fictive, au cours de laquelle ils abrogèrent en plaisantant l'ordonnance de sécession de l'État. Les soldats se mirent ensuite à piller le Capitole, jetant par les fenêtres tous les livres et documents qu'ils pouvaient trouver.
À l'approche de la mer
Le 24 novembre, plusieurs prisonniers de guerre de l'Union rattrapèrent la colonne de Slocum, après s'être récemment échappés du tristement célèbre camp de prisonniers d'Andersonville. Émaciés et les joues creuses, ils mendièrent de la nourriture et se mirent à pleurer sans retenue à la vue du drapeau américain qui flottait au-dessus du camp de l'Union. Les soldats de l'Union furent horrifiés, "écœurés et furieux" de voir comment leurs camarades avaient été traités (cité dans McPherson, 810). Ils ripostèrent en brûlant davantage de propriétés privées, telles que des granges et des récoltes, tandis que les "bummers" intensifièrent leurs attaques violentes contre les civils. Certains cavaliers de Wheeler réagirent en exécutant plusieurs prisonniers fédéraux; la situation ne s'apaisa que lorsque Sherman menaça de fusiller un nombre équivalent de prisonniers confédérés. Le 25 novembre, Wheeler commença à harceler la colonne de Slocum en déclanchant des escarmouches avec les fantassins de l'Union à Sandersville et affrontant les cavaliers bleus de Kilpatrick à Buckhead Creek trois jours plus tard. Le plus sanglant de ces affrontements eut lieu le 4 décembre à Waynesboro, où les hommes de Wheeler et de Kilpatrick s'affrontèrent dans une bataille de cavalerie spectaculaire. La cavalerie rebelle fut mise en déroute après avoir perdu 250 hommes, contre 190 pertes pour l'Union.
Au début du mois de décembre, les deux ailes de l'armée de Sherman se rejoignirent, en préparation de l'offensive finale vers Savannah. À cette date, on estimait à 25 000 le nombre d'Afro-Américains qui suivaient l'armée de l'Union, hommes, femmes et enfants confondus. Sherman n'avait aucune envie de nourrir des milliers de bouches supplémentaires et leur ordonna systématiquement de faire demi-tour; si beaucoup obtempérèrent, d'autres refusèrent et continuèrent à suivre l'armée fédérale. Le 9 décembre, alors que son armée traversait Ebenezer Creek, Sherman vit une occasion de se débarrasser de ces "bouches inutiles". Il ordonna au brigadier général Jefferson C. Davis (sans lien de parenté avec le président confédéré) de détruire le pont une fois que ses hommes auraient fini de traverser, laissant ainsi les suiveurs noirs bloqués sur la rive opposée. Une fois cela fait, les soldats de Davis pouvaient entendre les cris d'angoisse des personnes qu'ils avaient laissées derrière eux; les Afro-Américains savaient qu'ils avaient été abandonnés à la merci des cavaliers confédérés de Wheeler qui les poursuivaient de près. Dans leur panique désespérée, plusieurs Afro-Américains se jetèrent dans les eaux glacées d'Ebenezer Creek, espérant réussir à traverser à la nage. Des dizaines d'entre eux se noyèrent, et beaucoup de survivants furent rattrapés par Wheeler lorsque ses cavaliers arrivèrent, et nombre d'entre eux furent probablement contraints de retourner en esclavage.
Le 12 décembre, l'armée de Sherman s'approcha des défenses extérieures de Savannah. Hardee, qui avait finalement compris que c'était là la destination de Sherman, avait passé les semaines précédentes à renforcer les défenses de la ville côtière. À ce moment-là, il avait 10 000 hommes retranchés autour de Savannah et avait inondé les rizières environnantes afin que les seules voies d'accès à la ville soient des chaussées étroites. Plutôt que d'attaquer la ville de front, Sherman envoya 4 000 hommes sous le commandement du brigadier général William B. Hazen pour attaquer Fort McAllister, un élément crucial des défenses rebelles. En seulement 15 minutes, la division de Hazen prit d'assaut le fort et s'en empara, au prix de 134 victimes. La chute de Fort McAllister permit à Sherman d'entrer en contact avec les navires de ravitaillement de la marine américaine, qui lui apportèrent des rations, des canons de siège et tout l'équipement nécessaire pour assiéger Savannah.
La chute de Savannah
Le 17 décembre, Sherman avait presque encerclé Savannah par voie terrestre. Il savait que les défenseurs rebelles étaient fatigués et affamés, et que la chute de la ville était inévitable. Néanmoins, il jugea qu'il était juste d'offrir aux Confédérés une chance de se rendre sans effusion de sang. Il envoya un message à Hardee, lui proposant "d'accorder des conditions généreuses aux habitants et à la garnison", mais l'avertissant que s'il était contraint d'attaquer, "je me sentirai justifié de recourir aux mesures les plus sévères et je ferai peu d'efforts pour retenir mon armée" (cité dans Foote, 711). Hardee refusa respectueusement de se rendre; il avait demandé des renforts à Richmond, la capitale confédérée, et espérait toujours que l'aide arriverait. Lorsqu'il comprit qu'aucun renfort n'était en route, Hardee décida que la meilleure chose à faire était d'abandonner Savannah avant que Sherman n'ait achevé son encerclement. Le 20 décembre, Hardee conduisit ses 10 000 hommes à travers la rivière Savannah. Le lendemain, le maire s'avança à cheval pour proposer la reddition de la ville.
Le 21 décembre 1864, Sherman envoya un télégramme au président Lincoln: "Je vous offre, en guise de cadeau de Noël, la ville de Savannah, avec 150 canons lourds et de nombreuses munitions, ainsi qu'environ 25 000 balles de coton" (cité dans Foote, 712). Lincoln répondit le 26 décembre, remerciant "mille fois" pour le cadeau de Noël et félicitant Sherman pour son "grand succès". La "Marche vers la mer" était terminée. En un peu plus d'un mois de campagne, l'Union avait perdu environ 1 300 hommes et en avait tué plus de 2 300. Elle avait causé plus de 100 millions de dollars de dommages économiques (soit plus de 1,5 milliard de dollars en 2025), libéré pas moins de 25 000 esclaves et détruit 300 miles de voies ferrées. Les dommages causés à la capacité agricole et manufacturière de la Géorgie étaient considérables et, selon certaines estimations, ce n'est que dans les années 1920 que l'agriculture géorgienne s'est complètement rétablie. La "marche vers la mer" de Sherman réalisa pleinement son objectif: briser psychologiquement la Confédération et paralyser sa capacité à faire la guerre. Quelques semaines plus tard, Sherman mena son armée en Caroline, soumettant ces États à la même politique de terre brûlée que celle infligée à la Géorgie.
