Conférence de la Paix de Paris

Comment les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ont remodelé le monde
Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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The Arabian Commission in Paris (by Imperial War Museums, CC BY-NC-SA)
Délégation arabe à Paris Imperial War Museums (CC BY-NC-SA)

La Conférence de la paix de Paris, qui se tint de janvier 1919 à janvier 1920 et à laquelle participèrent les puissances alliées victorieuses, débattit et fixa les termes de l'accord de paix qui mit officiellement fin à la Première Guerre mondiale (1914-1918). Quatre empires ayant été démantelés, divers traités furent signés avec les puissances centrales vaincues, notamment le traité de Versailles avec l'Allemagne et le traité de Trianon avec la Hongrie.

Les perdants de la Première Guerre mondiale durent payer des réparations aux vainqueurs, perdirent diverses parties de leur territoire et furent contraints de réduire la taille de leurs forces armées. Le redécoupage de la carte de l'Europe donna naissance à plusieurs nouveaux pays, notamment la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. Les décisions prises lors de la Conférence de paix de Paris et le remaniement des frontières et des populations qui en résulta suscitèrent un mécontentement latent qui contribua au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale 20 ans plus tard.

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Une paix dictée

Les vainqueurs de la Première Guerre mondiale, les Alliés, étaient dirigés par quatre pays dominants: la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et les États-Unis. Les Alliés signèrent des accords d'armistice avec la Turquie le 30 octobre, l'Autriche-Hongrie le 3 novembre et l'Allemagne le 11 novembre 1918. Les combats se poursuivaient encore dans certaines régions, notamment dans le cadre de la guerre civile russe, qui se déroulait en Europe de l'Est et en Asie de l'Est, mais il était temps de convenir des conditions exactes que les perdants du conflit devraient accepter.

LA délégation allemande ne fut invitée à assister qu'aux derniers jours de la conférence.

Les Alliés se réunirent près de Paris, au château de Versailles, pour discuter des conditions de paix. Les dirigeants de nombreux pays s'y retrouvèrent, mais les débats à Paris furent dominés par le "Conseil des Quatre": le président des États-Unis Woodrow Wilson (1856-1924), le Premier ministre du Royaume-Uni Lloyd George (1863-1945), le Premier ministre français Georges Clemenceau (1841-1929) et le Premier ministre italien Vittorio Orlando (1860-1952). Parmi les autres nations représentées à Paris (32 au total), figuraient le Canada, la Chine, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Portugal et la Serbie.

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L'URSS, alors considérée comme un État révolutionnaire renégat qui avait illégalement destitué son souverain, le tsar Nicolas II, lors de la révolution bolchevique de 1917 et s'était retirée prématurément de la guerre, ne fut pas invitée à Paris. La délégation allemande ne fut invitée qu'à assister aux derniers jours de la conférence pour signer un accord déjà conclu. Les représentants des gouvernements de l'Autriche, de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Turquie, successeurs des puissances vaincues, ne furent pas invités à Paris.

Map of Europe at the End of World War One, November 1918
L'Europe à la fin de la Première guerre mondiale, novembre 1918 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

La délégation de chaque nation était composée de plusieurs centaines de personnes. 500 journalistes assistèrent également à la conférence. L'historienne M. Macmillan note dans son livre Paris 1919: "Entre janvier et juin, Paris était à la fois le gouvernement du monde, sa cour d'appel et son parlement, le centre de ses craintes et de ses espoirs" (cité dans Winter, 175).

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Points de discussion: le traitement réservé à l'Allemagne

Lors de la conférence, tout ce sur quoi les dirigeants nationaux ne parvenaient pas à s'entendre était renvoyé à des réunions auxquelles participaient les ministres des Affaires étrangères, puis à un Conseil des ambassadeurs. Cinquante-deux commissions diplomatiques distinctes débattirent des détails. L'objectif général était d'assurer une paix durable. Avec la dissolution de quatre empires (russe, allemand, ottoman et austro-hongrois), les sujets de discussion étaient nombreux.

Les pourparlers de Paris furent influencés par les quatorze points de Woodrow Wilson, même si l'esprit d'autodétermination qu'ils incarnaient ne s'appliquerait pas aux perdants de la guerre. Les dirigeants alliés s'affrontèrent sur diverses questions, notamment sur la sévérité des conditions de paix imposées à l'Allemagne. La France souhaitait des conditions plus sévères, mais la position plus modérée des États-Unis était compromise par leur propre politique intérieure, où l'isolationnisme devenait le sentiment dominant en matière de politique étrangère. Lloyd George était opposé à une attitude trop sévère envers l'Allemagne, mais l'opinion publique dans son pays lui était tout à fait contraire. De même, l'opinion publique française réclamait que l'Allemagne souffre, bien que Clemenceau ait pleinement conscience des dangers de cette politique. Les économistes, dont John Maynard Keynes, avertirent également que si les sanctions financières infligées aux vaincus étaient trop lourdes, le commerce mondial en souffrirait à l'avenir et les vainqueurs eux-mêmes seraient perdants. Le compromis aboutit au traité de Versailles.

The Treaty of Versailles, 1919
Le traité de Versailles, 1919 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Le traité de Versailles

Les conditions de paix pour l'Allemagne furent définies dans le traité de Versailles, signé par toutes les parties en juin 1919. Les termes du traité comprenaient notamment les points suivants:

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  • L'Allemagne devait accepter l'entière responsabilité de la Première Guerre mondiale (la "clause de culpabilité").
  • L'Allemagne devait payer des réparations à la France, à la Grande-Bretagne et à la Belgique (fixées en 1921 à 6 600 millions de livres sterling).
  • La France récupérait les régions d'Alsace et de Lorraine, et la Pologne recevait la Haute-Silésie.
  • La région allemande de la Sarre, riche en charbon, fut retirée du contrôle allemand.
  • La Rhénanie devait être démilitarisée.
  • Dantzig (Gdańsk) devait être contrôlée par la Société des Nations.
  • L'Allemagne perdit toutes ses colonies.
  • L'armée allemande fut limitée à 100 000 hommes et sa marine ne pouvait posséder plus de 36 navires.
  • L'Allemagne ne pouvait pas construire de chars, d'artillerie lourde, d'avions, de sous-marins ou de cuirassés.

L'Allemagne signa le traité le 28 juin sous la contrainte. À l'inverse, le Sénat américain refusa de ratifier le traité, principalement en raison des obligations que la Société des Nations (voir ci-dessous) imposerait et de la crainte que celles-ci ne portent atteinte à la souveraineté nationale. Et ce, malgré la campagne épuisante menée par Wilson pour promouvoir le traité auprès du public américain.

Woodrow Wilson, 1914
Woodrow Wilson, 1914 Harris & Ewing (Public Domain)

Société des Nations et autodétermination

La Conférence de paix de Paris, conformément au point 14 de la liste de Wilson, forma également en janvier 1920 une assemblée des nations, appelée Société des Nations. La question restait toutefois de savoir comment elle fonctionnerait. Pour Wilson, c'était le point le plus important de la conférence. Cet organisme était une idée grandiose, conçue pour favoriser les négociations pacifiques et éviter les conflits, mais dans la pratique, face aux actes d'agression d'un ou plusieurs membres, les réponses de la Société étaient souvent faibles et inefficaces. Le principal point faible était la décision du gouvernement américain de ne pas adhérer à la Société des Nations en raison de sa politique isolationniste. Néanmoins, l'héritage durable de la Société fut son succès dans la promotion des questions sociales et l'inspiration de la création, en octobre 1945, de l'Organisation des Nations unies.

Il subsistait toutefois de sérieux désaccords. La Chine et l'Italie quittèrent la Conférence de paix de Paris profondément déçues. Le Shandong (alors appelé Shantung), port situé au nord-est de la Chine, qui était sous domination allemande, fut cédé au Japon, ce qui provoqua un ressentiment durable de la part du gouvernement chinois, qui le convoitait également. La délégation japonaise, bien que satisfaite du sort de Shandong, n'était pas contente de la politique américaine dans le Pacifique et décrivait Wilson comme "un ange dans ses discours et un démon dans ses actes" (Winter, 505). Ce ressentiment allait avoir des conséquences durables, le Japon poursuivant sa propre politique étrangère isolationniste et son expansion ultérieure en Chine.

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Orlando avait l'ambition d'étendre le territoire italien, mais la plupart de ses revendications furent bloquées par Wilson. L'Italie voulait contrôler le port de Fiume (Rijeka, Croatie), mais cette idée fut rejetée à Paris, ce qui provoqua à nouveau un ressentiment durable. La délégation italienne quitta la conférence à cause de cette question. Fiume devint un tel enjeu d'honneur national que le leader fasciste Benito Mussolini s'en servit pour renforcer son emprise sur le pouvoir en 1922.

League of Nations Cartoon
Caricature de la Société des Nations Leonard Raven-Hill (Public Domain)

Un autre échec important fut l'impossibilité de parvenir à un consensus sur les États des Balkans. Cette région très fracturée comptait de nombreux groupes rivaux, et la situation était compliquée davantage encore par le fait que certains d'entre eux s'étaient déjà emparés de territoires qu'ils considéraient comme les leurs. La région qui avait été le théâtre du premier acte de la guerre, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, restait un sujet politique brûlant et aucun des dirigeants des grandes puissances ne voulait s'y brûler les doigts.

Un autre point de discussion qui n'aboutit pas à Paris fut la question de l'Arabie. La Commission arabe participa à la conférence de paix afin de promouvoir son rêve d'une Arabie unifiée mais indépendante. La commission reçut le soutien de personnalités telles que T. E. Lawrence ("Lawrence d'Arabie"), mais en fin de compte, des États comme la Grande-Bretagne et la France se montrèrent réticents à l'idée de renoncer à leur influence dans la région. Cela allait à l'encontre du point 5 de la liste de Wilson, qui stipulait qu'il fallait procéder à un ajustement impartial de toutes les revendications coloniales, les intérêts des populations soumises étant égaux aux revendications des gouvernements.

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Les peuples d'Arabie ne furent pas les seuls à être déçus par le manque de volonté de changement des puissances impériales; les groupes nationalistes d'Asie du Sud-Est, d'Inde, d'Afrique, d'Amérique latine, du Pacifique et des Caraïbes furent également ignorés. Les attitudes racistes de l'époque et le refus catégorique de ratifier l'égalité entre les peuples firent que seul un certain degré d'autodétermination (mais pas l'indépendance totale) fut accordé aux États à dominance "blanche" tels que le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud. Malgré la contribution des populations coloniales à la guerre, "la domination impériale fut en fait étendue lors de la Conférence de paix de Paris" (McDonough, 53).

Autres traités signés

Si le traité de Versailles a retenu toute l'attention dans les livres d'histoire, la Conférence de paix de Paris donna lieu à la signature de plusieurs autres traités importants, qui concernaient d'autres États du camp des vaincus de la Première Guerre mondiale. L'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et d'autres États ayant vu leur taille réduite, la carte de l'Europe centrale et orientale fut redessinée, agrandissant d'autres États et créant de nouveaux pays tels que la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. Ce redécoupage des frontières entraîna peut-être le déplacement de près de 10 millions de personnes.

The 'Big Four', Paris Peace Conference
Les Imperial War Museums (CC BY-NC-SA)

Le traité de Saint-Germain

Le traité de Saint-Germain fut signé le 10 septembre 1919 entre les Alliés et la nouvelle République d'Autriche. Cette dernière fut privée de toutes ses régions non germanophones et fut contrainte de céder plusieurs autres portions de territoire à majorité germanophone à l'Italie, à la Tchécoslovaquie, à la Roumanie et à la Yougoslavie. L'Autriche se vit interdire toute union avec l'Allemagne (Anschluss) et dut payer des réparations aux Alliés. L'armée autrichienne ne pouvait désormais compter plus de 30 000 membres.

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Le traité de Neuilly

Le traité de Neuilly fut signé le 27 novembre 1919 entre les Alliés et la Bulgarie. Cette dernière perdit des portions de territoire au profit de la Grèce (notamment la Thrace et donc son accès à la mer) et de la Roumanie. La Bulgarie fut contrainte de verser des réparations aux vainqueurs et, contrairement aux autres traités, le montant fut fixé à une somme précise, en l'occurrence 90 millions de livres sterling (mais réduite par la suite). Une limite de 20 000 membres fut imposée à son armée.

Le traité de Trianon

Le traité de Trianon fut signé le 4 juin 1920 entre les Alliés et la Hongrie. Cette dernière vit son territoire considérablement réduit au profit de la Roumanie, de la République autrichienne, de l'Italie, de la Pologne, de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie. Ce rétrécissement des frontières de la Hongrie réduisit la superficie du pays de 66 % et sa population à environ 8 millions d'habitants (alors qu'elle était auparavant d'environ 21 millions). Comme pour les autres États vaincus, des réparations devaient être versées aux vainqueurs et l'armée hongroise ne pouvait désormais compter plus de 35 000 membres.

Europe after The Treaty of Versailles
L'Europe après le traité de Versailles Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Le traité de Sèvres

Le traité de Sèvres devait être signé le 10 août 1920 entre les Alliés et la Turquie, anciennement l'Empire ottoman. Selon les termes de ce traité, qui ne fut jamais officiellement ratifié, le territoire de la Turquie avant la guerre et celui acquis pendant la guerre devaient être considérablement réduits. Les régions d'Arabie, d'Arménie, de Mésopotamie et de Syrie devaient obtenir leur indépendance. D'autres parties de l'Empire ottoman devaient être supprimées et données à l'Italie (le Dodécanèse et Rhodes) et à la Grèce (la Thrace et les îles égéennes turques). Les Dardanelles et le Bosphore devaient être administrés par la Société des Nations. Le gouvernement turc, dirigé par le futur président Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), jugea ces conditions beaucoup trop sévères et refusa de signer le traité. Après une série de négociations et de succès militaires dans la guerre gréco-turque (1919-1922), la Turquie réussit à obtenir un traitement plus avantageux dans le cadre du traité de Lausanne, qui fut signé avec les Alliés le 24 juillet 1923.

Un héritage troublé

Bien que conçus pour garantir une paix durable, les termes imposés par la Conférence de paix de Paris furent largement critiqués par les responsables politiques et l'opinion publique de nombreux pays, qui les jugeaient trop sévères et trop éloignés des réalités pratiques. Cela fut particulièrement le cas en Allemagne, où l'on parlait surtout d'une "paix dictée" et non d'une paix négociée.

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En réalité, l'Allemagne avait souhaité imposer des conditions beaucoup plus sévères à l'URSS dans le traité de Brest-Litovsk après le retrait de cet État de la Première Guerre mondiale en 1917-1918. En vertu des conditions de paix, l'Allemagne, bien que pays vaincu, était encore "géographiquement et économiquement largement intacte et avait préservé son unité politique et sa puissance potentielle en tant que grande nation" (Shirer, 58). Néanmoins, le ressentiment était vif et il existait un sentiment persistant, bien que totalement inexact, que le peuple allemand avait été "poignardé dans le dos" par ses propres chefs militaires "lâches". Le chancelier allemand et chef nazi Adolf Hitler (1889-1945) attisa cette colère qui couvait depuis longtemps au sujet de la fin de la Première Guerre mondiale dans les années 1930 afin de promouvoir le national-socialisme. Hitler rejeta officiellement le traité de Versailles en mars 1935, puis s'attacha à en renverser bon nombre de ses dispositions. Les historiens ont donc identifié le ressentiment à l'égard du traité comme l'une des causes de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

D'autres dirigeants utilisèrent également des promesses visant à renverser les décisions de la Conférence de paix de Paris pour gagner en popularité. Au final, aucune paix durable ne fut obtenue, mais cela tenait peut-être davantage à des facteurs indépendants de la volonté des délégués présents à Paris en 1919-1920, tels que le retrait des États-Unis de la scène politique mondiale et les turbulences économiques mondiales qui suivirent immédiatement la guerre, puis à nouveau à partir de 1929. La Première Guerre mondiale avait détruit le fragile équilibre des pouvoirs en Europe et ailleurs, et cet équilibre s'avéra difficile à rétablir dans les années d'après-guerre.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur, à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que partagent toutes les civilisations. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2025, novembre 20). Conférence de la Paix de Paris: Comment les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ont remodelé le monde. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25118/conference-de-la-paix-de-paris/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Conférence de la Paix de Paris: Comment les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ont remodelé le monde." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, novembre 20, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25118/conference-de-la-paix-de-paris/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Conférence de la Paix de Paris: Comment les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ont remodelé le monde." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 20 nov. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25118/conference-de-la-paix-de-paris/.

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