Révolte de La Amistad

Le procès qui a captivé le monde entier
Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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La Amistad off Long Island, New York, 1839 (by Unknown Artist, Public Domain)
La Amistad au large de Long Island, New York, 1839 Unknown Artist (Public Domain)

La révolte de La Amistad (également connue sous le nom de mutinerie de La Amistad ou de l'affaire de La Amistad) fut un conflit qui se déroula à bord de la goélette espagnole La Amistad en juillet 1839, au large des côtes cubaines, au cours duquel des Noirs libres, qui avaient été illégalement enlevés en Afrique pour être vendus comme esclaves, prirent le contrôle du navire, tuèrent des membres d'équipage et exigèrent d'être renvoyés dans leur pays d'origine, les terres Mende (aujourd'hui la Sierra Leone, en Afrique de l'Ouest). Au lieu de cela, les propriétaires du navire les dirigèrent secrètement vers les États-Unis, où le navire fut saisi et où le procès qui suivit – United States v. The Amistad (1841) – devint le plus célèbre de son époque.

Le navire (dont le nom signifie "amitié") et sa cargaison humaine furent revendiqués par l'Espagne (car il s'agissait d'un navire espagnol), par les propriétaires cubains et par le lieutenant Thomas R. Gedney du brick Washington, qui avait conduit La Amistad au port de New London, dans le Connecticut, et qui revendiquait donc les droits de récupération. Pour déterminer laquelle de ces revendications était valable, le tribunal dut d'abord établir le statut des 49 adultes et 3 enfants africains trouvés à bord – s'ils étaient esclaves ou libres – ce qui s'avéra extrêmement difficile car tous ne parlaient que leur langue maternelle.

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L'affaire retint l'attention internationale car elle portait sur la question de savoir si les esclaves avaient le droit de se révolter par les armes pour obtenir leur liberté.

L'administration du président Martin van Buren était désireuse de résoudre rapidement cette affaire et d'extrader les Africains vers Cuba, mais les abolitionnistes du Connecticut, menés par l'avocat Lewis Tappan, levèrent des fonds pour leur défense, trouvèrent un interprète et, après que l'affaire eut finalement été entendue par la Cour suprême des États-Unis, où les Africains furent défendus par nul autre que l'ancien président et avocat John Quincy Adams, ils furent libérés et purent finalement rentrer chez eux.

Cette affaire attira l'attention internationale car elle portait sur la question de l'esclavage, la définition du terme "esclave" et le droit des esclaves à se révolter par les armes pour obtenir leur liberté. Elle mit également en lumière les divergences entre les lois en vigueur concernant la traite des esclaves et la manière dont celles-ci étaient contournées par diverses parties. Les médias couvrirent abondamment l'affaire dès le début, et ces récits finirent par parvenir aux oreilles de l'esclave Madison Washington, qui s'en inspira pour prendre la tête de la mutinerie créole/rébellion créole de 1841.

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La décision rendue dans l'affaire United States v. The Amistad (1841) suscita également un large soutien en faveur du mouvement abolitionniste dans le Nord, provoqua la colère des factions esclavagistes dans le Sud et exacerba le conflit entre les deux camps dans les années qui précédèrent la guerre de Sécession.

La révolte de l'Amistad

Les personnes qui finirent par se retrouver au centre de l'affaire Amistad avaient été enlevées dans leurs différents villages de la région de l'actuelle Sierra Leone, en Afrique de l'Ouest, au cours du mois de février 1839. Elles avaient été vendues à des marchands d'esclaves portugais qui les avaient embarquées sur le navire négrier Tecora et les avaient emmenées à Cuba.

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À cette époque, l'Angleterre et les États-Unis avaient aboli la traite internationale des esclaves, tout comme l'Espagne, alliée de l'Angleterre, mais elle refusait d'interdire l'esclavage dans ses colonies et autorisait le transfert, par bateau ou par tout autre moyen, d'esclaves entre différents points. Les marchands d'esclaves pouvaient contourner les lois interdisant la traite internationale des esclaves en remplissant les cales de leurs navires d'individus kidnappés sur les côtes africaines, en naviguant vers un port comme La Havane, à Cuba, puis en déclarant que les "esclaves" à bord étaient nés à Cuba et étaient simplement transportés d'un endroit à un autre.

Havana Harbor Entrance, 1841
Entrée du port de La Havane, 1841 Bibliographisches Institut for Meyer's Universum (Public Domain)

Les hommes, les femmes et les enfants furent débarqués du Tecora et vendus sur un marché de La Havane. 53 d'entre eux furent achetés par Jose Ruiz et Pedro Montes, qui prévoyaient de les revendre à Puerto Principe, à Cuba. La Amistad, commandé par son propriétaire Ramon Ferrer, fut affrété pour le transport et quitta La Havane le 28 juin 1839 à destination de Puerto Principe, un voyage qui n'aurait dû durer que quatre jours.

La Amistad n'était pas un navire négrier, mais une goélette de transport domestique de 120 pieds (37 m) de long avec une petite cale. Comme elle ne pouvait pas accueillir les 53 Africains sous le pont, beaucoup furent gardés sur le pont et, bien qu'ils fussent tous entravés, ils pouvaient se déplacer librement et, comme on le découvrit plus tard, se familiariser avec le navire et savoir qui, parmi l'équipage, savait le diriger.

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Dans la nuit du 1er juillet 1839, l'un des hommes sous le pont, Sengbe Pieh (mieux connu sous le nom de Joseph Cinque, vers 1814-1879), trouva une lime rouillée (ou la reçut d'un codétenu), brisa son cadenas, se libéra, puis libéra les autres. Tôt le matin du 2 juillet, ils remontèrent sur le pont pour prendre le contrôle du navire, comme le décrit le chercheur Marcus Rediker:

Un groupe de quatre hommes – Cinque, Faquorna, Moru et Kimbo – ouvrit la voie en grimpant hors de la cale pour rejoindre le pont principal. Ils se déplaçaient avec la grâce et la précision de guerriers habitués aux attaques audacieuses en pleine nuit. Ils ramassèrent des chevilles d'amarrage et des douves de tonneau et se glissèrent vers le canot du navire où le cuisinier mulâtre et marin esclave Celestino dormait. Ils le battirent à mort. Alors que d'autres hommes échappaient à leurs chaînes et envahissaient le pont, ils ouvrirent une caisse contenant des couteaux à canne, des outils destinés à couper la canne à sucre, mais qui allaient désormais servir à leur émancipation. (1)

Deux Africains furent tués lors de la prise du navire, le capitaine Ferrer fut tué et deux matelots s'échappèrent dans un petit canot. Les Africains épargnèrent Ruiz, Montes et l'esclave de Ferrer, Antonio, car ils avaient remarqué que ces trois hommes étaient capables de naviguer et de les ramener chez eux. Ruiz et Montes acceptèrent de les ramener, mais ils mirent secrètement le cap vers le nord, en direction des États-Unis, où ils espéraient que le navire serait saisi par les autorités et que leur "biens" leur seraient restitués.

Arrestation, prison et revendications

La Amistad n'avait été approvisionné que pour le court trajet entre La Havane et Puerto Principe et fut donc contraint de faire escale dans des îles pour s'approvisionner en eau douce (on ne sait toutefois pas exactement où se trouvaient ces îles). Plus de six semaines plus tard, le 26 août, le navire fut repéré au large de Long Island, dans l'État de New York, par le brick Washington de l'USRC (United States Revenue-Marine), qui effectuait des missions de surveillance. Le capitaine du Washington, le lieutenant Thomas R. Gedney, s'empara de La Amistad et le remorqua jusqu'au port de New London, dans le Connecticut, où les Africains furent placés sous la garde du tribunal fédéral du district du Connecticut.

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Selon le témoignage de Ruiz et Montes, les Africains étaient des esclaves qui avaient pris le navire et assassiné l'équipage, et les 53 personnes furent donc toutes placées en détention provisoire. La version de Ruiz/Montes prit rapidement de l'ampleur et les Africains emprisonnés devinrent des célébrités médiatiques, comme le décrit Rediker:

Six jours seulement après que le navire eut été remorqué jusqu'au port, une troupe de théâtre du Bowery Theatre de New York joua une pièce sur cette histoire de mutinerie et de piraterie. Des artistes commerciaux se rendirent à la prison où étaient incarcérés les Africains de l'Amistad, dessinèrent des portraits de Cinque, le chef de la rébellion, les reproduisirent rapidement et à peu de frais, et les firent vendre par des garçons dans les rues des villes de l'est...Pendant ce temps, des milliers de personnes faisaient la queue chaque jour pour payer leur entrée et visiter les prisons de New Haven et Hartford afin d'apercevoir les rebelles de l'Amistad, qui étaient des "prisonniers politiques" avant même que cette expression n'ait été inventée. (3)

D'après le récit de Ruiz et Montes, il semblait s'agir d'un cas de meurtre, mais le lieutenant Gedney intenta une action en justice pour faire valoir ses droits de récupération, puisqu'il avait trouvé le navire, tandis que les capitaines d'autres bateaux – qui avaient vu ou approché La Amistad avant Gedney – faisaient valoir des droits similaires. Le gouvernement espagnol exigea la restitution du navire et de sa "cargaison", car La Amistad était un navire espagnol avec un équipage espagnol, sans compter Ruiz et Montes qui revendiquaient les 53 Africains qu'ils affirmaient avoir achetés légalement comme esclaves. Ces revendications transformèrent une affaire de meurtre en une affaire de droits de propriété: à qui appartenaient les 53 Africains? Si tant est qu'ils appartenaient à qui que soit.

Les abolitionnistes du Connecticut y virent une occasion d'aider les Africains et, potentiellement, d'obtenir un plus grand soutien pour leur cause. Lewis Tappan, Simeon Jocelyn et Joshua Leavitt formèrent donc le Comité Amistad afin de collecter des fonds pour la défense juridique des Mende. Roger Sherman Baldwin accepta d'être leur avocat.

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Abolitionist Lewis Tappan, founder of the Amistad Committee
L'abolitionniste Lewis Tappan, fondateur du comité Amistad Unknown Photographer (Public Domain)

Avant de pouvoir aller devant les tribunaux, Baldwin devait toutefois savoir ce qui s'était passé à bord de La Amistad et ce que les Africains avaient à dire sur leur statut d'esclaves ou d'hommes libres. Les abolitionnistes firent appel au linguiste J.W. Gibbs, également engagé dans la cause abolitionniste, qui rendit visite aux Africains en prison et, à l'aide de quelques pièces de monnaie, leur demanda de compter jusqu'à dix à voix haute. Il détermina que la plupart d'entre eux parlaient le mende, puis se rendit sur les quais de New London et New Haven, dans le Connecticut, ainsi qu'à New York, où il compta jusqu'à dix à voix haute en mende. Deux marins, James Covey et Charles Pratt, reconnurent la langue, et Gibbs trouva ainsi ses interprètes. Covey, un ancien esclave, servit d'interprète tout au long de la procédure judiciaire qui suivit.

Procès et conflit

Une fois que Baldwin put communiquer avec les Africains, Joseph Cinque devint le porte-parole du groupe et expliqua comment ils s'étaient retrouvés à bord de La Amistad. Baldwin porta alors plainte pour enlèvement, agression et séquestration contre Ruiz et Montes, qui furent arrêtés et détenus jusqu'à ce qu'ils ne paient leur caution et ne s'enfuient à Cuba. Les accusations portées contre deux hommes d'affaires blancs pour avoir recueilli des prisonniers noirs scandalisèrent les partisans de l'esclavage aux États-Unis et en Espagne.

Portrait of Sengbe Pieh (Joseph Cinque)
Portrait de Sengbe Pieh (Joseph Cinque) : responsable de la saisie d'Amistad Nathaniel Jocelyn (Public Domain)

L'homme d'État américain et défenseur de l'esclavage John C. Calhoun, ainsi que l'ambassadeur espagnol, firent pression sur l'administration Van Buren pour qu'elle traite rapidement l'affaire et renvoie les 53 Africains et le navire en Espagne, invoquant les dispositions des traités entre les États-Unis et l'Espagne et le fait que les Africains étaient clairement des esclaves coupables d'insurrection. L'administration Van Buren ne pouvait toutefois rien faire, car le pouvoir exécutif ne pouvait s'immiscer dans les affaires judiciaires.

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Van Buren craignait de perdre les voix du Sud dans sa campagne pour sa réélection si les rebelles de la Amistad étaient libérés.

Cela n'empêcha toutefois pas Martin Van Buren de tenter sa chance, et il ordonna l'envoi d'un navire dans le Connecticut pour embarquer les prisonniers et les emmener à Cuba afin qu'ils y soient jugés et punis. Van Buren craignait de perdre les voix du Sud dans sa campagne pour sa réélection si les rebelles de La Amistad étaient libérés, et il devait donc empêcher cela. Avant que ce plan ne puisse être pleinement mis en œuvre, l'affaire fut toutefois portée devant la cour fédérale du district du Connecticut. Baldwin fit valoir que personne n'avait le droit de revendiquer la propriété des 53 Mende, car ils n'avaient jamais été esclaves, mais étaient libres et avaient été kidnappés illégalement. Les documents trouvés à bord de La Amistad, qui avaient été présentés comme preuve que les 53 étaient tous nés esclaves à Cuba, furent identifiés comme des faux.

Le juge Andrew T. Judson, de la cour fédérale, statua en faveur des Africains en janvier 1840 et ordonna leur retour vers les terres Mende aux frais du gouvernement américain. Toutes les revendications sur les captifs furent rejetées, mais le lieutenant Gedney obtint un tiers de la cargaison restante à bord du La Amistad au titre des droits de récupération.

Le procureur fédéral du district du Connecticut, agissant sur ordre de Van Buren, fit appel de la décision devant la cour d'appel fédérale, qui confirma le jugement du tribunal inférieur. Le bureau du procureur fédéral fit alors appel une nouvelle fois, cette fois devant la Cour suprême des États-Unis.

Cour suprême et John Quincy Adams

Baldwin et Tappan firent appel à l'expertise juridique de l'ancien président et avocat John Quincy Adams, alors représentant du Massachusetts à la Chambre des représentants des États-Unis. Adams avait déjà été sollicité dans cette affaire, car il était un abolitionniste connu, mais il avait décliné l'offre, invoquant son âge et le temps qu'il avait passé loin des tribunaux. Cette fois-ci, cependant, il accepta de prêter main forte.

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Lorsqu'il comparut devant la Cour suprême en février 1841, Baldwin prononça le discours d'ouverture, citant les décisions des tribunaux inférieurs qui avaient déjà déterminé que les Africains étaient libres et que le gouvernement espagnol n'avait aucun droit sur eux.

Roger Sherman Baldwin, Lawyer for the Amistad Rebels
Roger Sherman Baldwin, avocat des rebelles de l'Amistad Rufus Wright (CC BY-NC-SA)

Adams s'adressa ensuite à la cour, citant des précédents juridiques et rejetant les revendications de l'Espagne et de l'administration Van Buren en invoquant des précédents juridiques et les dispositions spécifiques des traités que l'Espagne et Van Buren ne cessaient de faire valoir et qui exigeaient que les Africains soient renvoyés à Cuba en tant que prisonniers. Dans son discours, Adams reprocha directement à l'administration Van Buren d'intervenir dans une affaire judiciaire à des fins égoïstes et invoqua les principes énoncés dans la Déclaration d'indépendance pour affirmer que Joseph Cinque et les autres n'avaient fait que ce que tout individu a le droit de faire pour assurer sa vie, sa liberté et sa recherche du bonheur.

Le 9 mars 1841, l'affaire United States v. The Amistad (1841) fut jugée en faveur des Africains. Le juge Joseph Story lut la décision de la cour, qui confirmait entièrement celles des tribunaux inférieurs. Les Africains furent libérés, mais aucune disposition ne fut prise pour leur retour chez eux.

Farmington et retour

À cette époque, certains Africains étaient morts en prison et il n'en restait plus que 36. Les abolitionnistes les emmenèrent dans la ville de Farmington, dans le Connecticut, une étape bien connue du chemin de fer clandestin et considérée comme un important "dépôt" pour les esclaves fugitifs qui se dirigeaient vers le nord, où ils furent accueillis par des familles ou logés dans des casernes. Les Africains apprirent l'anglais tout en enseignant leur langue aux Américains et montrèrent également aux habitants de Farmington comment mieux cultiver le riz et récolter de meilleures cultures. Les Africains reçurent également un enseignement chrétien et, à mesure que les missionnaires apprenaient leur langue, ils découvrirent qu'ils n'appartenaient pas à une seule tribu ou à un seul village, mais qu'ils étaient membres d'au moins sept tribus différentes et provenaient de divers endroits.

Le Comité Amistad, après avoir réuni les fonds nécessaires pour payer les frais juridiques, se concentra alors sur la collecte de fonds pour renvoyer les esclaves chez eux. Cela semblait désormais très difficile, car les Africains n'appartenaient pas, comme on le pensait auparavant, à une seule tribu d'un seul endroit, et s'ils étaient simplement renvoyés dans les terres Mende sans que leur tribu ou leur village ne soit correctement identifié, ils risquaient d'être à nouveau réduits en esclavage et de se retrouver dans une plantation de sucre à Cuba.

The Freedom Schooner Amistad, 2010
La goélette de la liberté Amistad, 2010 Rhvanwinkle (CC BY)

Il fut donc décidé que le Comité Amistad financerait une mission en Sierra Leone, sous protection britannique, qui offrirait un refuge aux anciens esclaves jusqu'à ce qu'ils puissent retrouver leurs familles. Lorsque les fonds furent réunis et qu'un navire fut trouvé, il ne restait plus que 35 des 53 Africains d'origine. Ceux-ci, accompagnés de James Covey comme interprète et des missionnaires, débarquèrent en Sierra Leone au début de l'année 1842.

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Conclusion

L'histoire de la révolte de La Amistad retint l'attention du monde entier entre août 1839 et mars 1841, puis devint une source de fierté pour les abolitionnistes et un point sensible pour les partisans de l'esclavage. Avec le temps, cependant, la situation allait changer, comme le note Rediker:

La fascination ne dura pas. Après la guerre civile, le souvenir de La Amistad s'estompa, à peine maintenu en vie par deux groupes apparentés: les abolitionnistes et les écrivains et artistes afro-américains qui voulaient glorifier la victoire et se souvenir de la longue et difficile lutte contre l'esclavage. Dans la période sombre du darwinisme social et du racisme scientifique, le soulèvement de La Amistad disparut de la scène publique. Il disparut des livres d'histoire des États-Unis écrits à la fin du XIXe et au début du XXe siècle et ne connut pas de véritable renouveau avant l'explosion des nouveaux mouvements sociaux dans les années 1960 et 1970. Les mouvements des droits civiques et du Black Power, qui réclamaient une nouvelle histoire des États-Unis prenant au sérieux la longue et sanglante lutte contre l'esclavage et le racisme, jouèrent un rôle particulièrement important à cet égard.

(4)

Comme le note également Rediker, la révolte de La Amistad et le procès qui s'ensuivit ont bénéficié d'une plus grande attention après la sortie du film Amistad en 1997, réalisé par Stephen Spielberg et mettant en vedette Djimon Hounsou dans le rôle de Joseph Cinque. Le film de Spielberg a suscité un regain d'intérêt pour l'histoire de La Amistad et a inspiré la création en 2000 du Freedom Schooner Amistad, une réplique moderne de La Amistad exploitée par l'organisation éducative à but non lucratif Amistad America, Inc. Ce navire moderne sert à sensibiliser le public à l'histoire de l'esclavage aux États-Unis et à perpétuer la mémoire des 53 Africains qui revendiquèrent leur droit fondamental à la liberté.

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Questions & Réponses

Qu'était La Amistad?

La Amistad était une goélette commerciale qui servait de navire négrier en juillet 1839 lorsqu'elle fut prise d'assaut par 53 Africains qui avaient été illégalement kidnappés et emmenés à Cuba pour y être vendus. Le navire fut capturé par les États-Unis, et le procès qui s'ensuivit sur le sort des rebelles de La Amistad fit sensation dans le monde entier et eut des conséquences considérables.

Qui était le chef des rebelles de La Amistad?

Le chef des rebelles de La Amistad était Sengbe Pieh, plus connu sous le nom de Joseph Cinque, un riziculteur originaire de Sierra Leone.

Pourquoi l'histoire de La Amistad est-elle importante?

L'histoire de La Amistad est importante car elle met en lumière les croyances et les politiques raciales de l'Amérique du XIXe siècle, inspira la révolte d'esclaves la plus réussie de l'histoire des États-Unis (la mutinerie créole de 1841), exacerba les tensions aux États-Unis qui conduisirent à la guerre civile et renforça le mouvement abolitionniste aux États-Unis et à l'étranger.

Qu'est-il finalement arrivé aux 53 Africains à bord de La Amistad?

Sur les 53 Africains qui se trouvaient à bord de La Amistad en juillet 1839, seuls 35 étaient encore en vie en 1841, certains étant morts en prison et un autre s'étant noyé après avoir été libéré. Les 35 survivants, financés par des abolitionnistes américains, furent renvoyés en Afrique de l'Ouest en 1842.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction pour WHE, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2025, août 21). Révolte de La Amistad: Le procès qui a captivé le monde entier. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24879/revolte-de-la-amistad/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Révolte de La Amistad: Le procès qui a captivé le monde entier." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, août 21, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24879/revolte-de-la-amistad/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Révolte de La Amistad: Le procès qui a captivé le monde entier." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 21 août 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24879/revolte-de-la-amistad/.

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