John C. Calhoun (1782-1850) était un avocat et homme d'État américain, l'une des figures politiques clés de l'époque dite du "Vieux Sud" (Antebellum South). D'abord nationaliste, Calhoun passa le début de sa carrière à essayer de renforcer et de moderniser le gouvernement fédéral, mais dans les années 1830, il devint un fervent défenseur des droits des États et de l'esclavage, entraînant la Caroline du Sud dans la crise de nullification (1832-1833). Calhoun occupa le poste de vice-président sous deux présidents différents et passa plusieurs décennies au Congrès, où il fut reconnu comme l'un des membres du "grand triumvirat" des membres influents du Congrès américain, aux côtés de Henry Clay (1777-1852) et Daniel Webster (1782-1852). Il joua un rôle majeur dans l'union du Sud américain derrière l'institution de l'esclavage – qu'il qualifiait d'"institution particulière" – dans les décennies qui précédèrent la guerre de Sécession (1861-1865).
Jeunesse
John Caldwell Calhoun vit le jour dans le comté d'Abbeville, en Caroline du Sud, le 18 mars 1782. Il était le quatrième des cinq enfants de Patrick Calhoun, un immigrant écossais-irlandais, et de sa deuxième épouse, Martha Caldwell. Il fut nommé en hommage à son oncle maternel, le major John Caldwell, qui avait été assassiné par les Tories (Américains fidèles à la Grande-Bretagne) quelques mois plus tôt. Il n'y avait pas d'écoles dans la région rurale de Caroline du Sud où Calhoun grandit, ce qui le laissa isolé et pratiquement analphabète pendant la majeure partie de son enfance. Puis, en 1795, Calhoun, alors âgé de 13 ans, fut envoyé dans une académie en Géorgie dirigée par son beau-frère, Moses Waddel. Bien que l'académie ait fermé ses portes peu de temps après, Calhoun eut accès à la vaste bibliothèque de Waddel et passa une grande partie de son temps à lire. Après la mort de son père, Calhoun retourna chez lui pour aider à gérer la ferme familiale. Il labourait souvent les champs lui-même, travaillant aux côtés des esclaves de la famille, et passait son temps libre à lire, chasser et pêcher. À l'automne 1802, Calhoun se rendit à New Haven, dans le Connecticut, pour étudier au Yale College, grâce au soutien financier de ses frères aînés. C'était un étudiant assidu qui se faisait facilement des amis et, en septembre 1804, il obtint son diplôme avec mention.
L'année suivante, il commença à étudier le droit à Litchfield, dans le Connecticut, et fut admis au barreau de Caroline du Sud en 1807. Il retourna dans son comté natal d'Abbeville, où il ouvrit un cabinet d'avocat lucratif et travailla dans les tribunaux de comté. Contrairement à d'autres avocats de la frontière comme son futur collègue Henry Clay, Calhoun n'aimait pas travaillé dans les tribunaux; solennel et discipliné, Calhoun "ne jurait, ne fumait, ne buvait et ne plaisantait que très rarement, voire jamais" (Peterson, 24). Il était respecté dans sa communauté et fut élu à l'assemblée législative de l'État en 1808. Au cours de son bref mandat, il commença à courtiser de loin sa cousine germaine, Floride Bonneau Calhoun (1792-1866). Après avoir rencontré Floride pour la première fois lors de son séjour en Nouvelle-Angleterre, Calhoun commença à lui envoyer régulièrement des lettres et à communiquer par l'intermédiaire de sa mère, qui était soucieuse de trouver le meilleur parti pour sa fille. Ils se marièrent près de Charleston en janvier 1811 et eurent finalement dix enfants. La même année, il fut élu à la Chambre des représentants des États-Unis et quitta la Caroline du Sud pour la capitale nationale, Washington, D.C., afin de prendre son siège au douzième Congrès qui s'avèrerait décisif.
War hawk et nationaliste
Lorsque le douzième Congrès se réunit en novembre 1811, les États-Unis se rapprochaient peu à peu de la guerre contre le Royaume-Uni. Depuis des années, la Grande-Bretagne imposait des restrictions au commerce américain, que la Royal Navy faisait respecter en saisissant des navires américains et en enrôlant de force des milliers de marins américains. Pour de nombreux Américains, cette atteinte à la souveraineté nationale des États-Unis ne pouvait rester sans réponse. C'était l'opinion d'un petit groupe de nouveaux membres du Congrès, peu nombreux mais très virulents, qui réclamaient la guerre contre la Grande-Bretagne. Connue sous le nom de War hawks (faucons de guerre), cette clique affirma sa domination sur le douzième Congrès en élisant son chef, Henry Clay, du Kentucky, à la présidence de la Chambre. Clay nomma à son tour Calhoun, alors âgé de 29 ans, à la commission des relations étrangères de la Chambre, dont il devint rapidement le président par intérim. À ce titre, Calhoun devint l'un des War Hawks les plus virulents, œuvrant avec ardeur à la promotion du programme belliqueux de Clay. Dans un rapport publié le 1er juin 1812, Calhoun exhorta les "fils libres de l'Amérique" à se battre pour préserver la "liberté que nos pères nous ont donnée", dénonçant "l'ambition folle" et la "tyrannie sans limites" des Britanniques. Peu après la publication du rapport de Calhoun, le Congrès vota la déclaration de guerre, déclenchant ainsi la guerre de 1812 (1812-1815).
Pendant le conflit, Calhoun travailla sans relâche pour lever des troupes et collecter des fonds pour l'effort de guerre, repoussant constamment les attaques des membres du Congrès opposés à la guerre, comme Daniel Webster. Calhoun était tellement engagé dans l'effort de guerre qu'un de ses collègues le surnomma "le jeune Hercule qui portait la guerre sur ses épaules" (cité dans Peterson, 18). Ces efforts furent récompensés: les hostilités prirent fin en 1815 après que le général Andrew Jackson (1767-1845) et son armée hétéroclite eurent vaincu une force britannique supérieure lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans (8 janvier). Certes, la guerre était déjà terminée à ce moment-là – le traité de Gand, signé le 24 décembre 1814, avait rétabli les frontières d'avant-guerre –, mais la victoire de Jackson à La Nouvelle-Orléans donna aux Américains un nouveau sentiment de confiance nationale, contribuant à inaugurer une décennie de stabilité politique et de nationalisme connue sous le nom d'"ère des bons sentiments". Calhoun, pris dans cette ferveur d'après-guerre, devint rapidement l'une des voix nationalistes les plus fortes au Congrès. En 1816, il soutint l'allocation de fonds fédéraux pour des projets d'amélioration interne tels que les routes et les canaux, défendit les tarifs douaniers protecteurs et joua un rôle déterminant dans l'adoption du projet de loi qui établit une banque nationale, la Second Bank of the United States.
Comme le fit remarquer un observateur, Calhoun était "l'orateur le plus élégant de la Chambre... ses gestes sont faciles et gracieux, ses manières énergiques et son langage élégant" (cité dans Jewett, 143). En 1817, le président James Monroe (en fonction de 1817 à 1825) choisit Calhoun comme secrétaire à la Guerre. Calhoun utilisa cette fonction pour renforcer l'armée et moderniser la marine. En 1818, il dénonça l'invasion controversée de la Floride espagnole par le général Jackson. Calhoun affirma que ni lui ni Monroe n'avaient ordonné l'invasion et exhorta le président à désavouer la conduite de Jackson et même à le traduire en cour martiale afin d'éviter un conflit avec l'Espagne; la situation fut résolue l'année suivante, lorsque l'Espagne céda la Floride aux États-Unis. En 1820, Calhoun soutint le compromis du Missouri, qui apaisa temporairement la crise régionale sur la question de l'esclavage. Le compromis interdisait l'esclavage au nord du parallèle 36°30′, consolidant ainsi la distinction entre les "États libres" du Nord et les "États esclavagistes" du Sud.
Vice-président
Plus que n'importe lequel de ses contemporains, Calhoun voulait désespérément devenir président, une ambition qui lui échapperait continuellement. Sa première candidature à la présidence eut lieu à 1824, lorsqu'il se joignit à la course très disputée entre John Quincy Adams, Henry Clay, Andrew Jackson et William H. Crawford. Après avoir échoué à obtenir le soutien de l'assemblée législative de Caroline du Sud, Calhoun se rendit compte qu'il ne disposait pas du soutien nécessaire. Il retira sa candidature et se présenta à la place au poste de vice-président. Calhoun remporta facilement l'élection, avec 182 voix électorales, mais la course à la présidence était trop serrée pour être tranchée et fut finalement soumise à la décision de la Chambre des représentants. Adams fut finalement déclaré vainqueur, et lui et Calhoun prirent leurs fonctions le 4 mars 1825. Cependant, lorsque Adams nomma Clay au poste de secrétaire d'État, Calhoun se sentit trahi. Traditionnellement, le département d'État était considéré comme un tremplin vers la présidence, ce qui amena Calhoun à soupçonner Adams de reconnaître implicitement Clay comme successeur.
Outre cette offense personnelle, l'évolution du climat politique dans l'État natal de Calhoun, la Caroline du Sud, contribua à l'isoler de l'administration. En 1825, le prix du coton en Caroline du Sud chuta de 32 cents la livre à seulement 13 cents la livre. Frustrés, les producteurs de coton reprochèrent à Adams sa politique de droits de douane élevés, accusant ces droits de favoriser les fabricants de Nouvelle-Angleterre au détriment des planteurs du Sud. De plus, bon nombre de ces mêmes habitants de Caroline du Sud étaient mécontents des restrictions imposées à l'esclavage par le compromis du Missouri, estimant que le Congrès ne devait pas être autorisé à s'immiscer dans cette institution. Calhoun, qui avait auparavant soutenu les droits de douane et le compromis du Missouri, se retrouva dans une position délicate. Il choisit finalement de satisfaire sa base politique, prenant ses distances à la fois avec l'administration Adams et ses convictions nationalistes antérieures. En 1826, il écrivit des essais anonymes attaquant Adams et, en juin, il offrit son soutien à Jackson pour une nouvelle candidature à la présidence. Comme le dit l'historien Daniel Walker Howe, "Calhoun pouvait encore espérer devenir l'héritier de Jackson, à défaut de celui d'Adams" (251).
Jackson accepta le soutien de Calhoun et, lors de l'élection de 1828, ils battirent Adams et son nouveau colistier, Richard Rush. Le 4 mars 1829, Jackson fut investi et Calhoun devint le deuxième homme à occuper le poste de vice-président sous deux présidents différents (George Clinton ayant été le premier). Mais il ne fallut pas longtemps à Calhoun pour se mettre également à dos ce président. En 1829, sa femme, Floride Calhoun, refusa de fréquenter Peggy Eaton, la femme du secrétaire à la Guerre, en raison de la réputation d'adultère de Mme Eaton. Rapidement, les femmes des autres secrétaires du cabinet suivirent l'exemple de Floride, et les Eaton se retrouvèrent isolés à Washington. Jackson prit le parti des Eaton et ordonna aux membres de son cabinet de contrôler leurs femmes. Mais lorsque les femmes de Washington continuèrent à snober Peggy Eaton, Jackson entra dans une rage folle, ayant l'impression d'avoir perdu le contrôle de son cabinet. Ce scandale, appelé l'affaire Petticoat, fut réglé par Martin Van Buren (1782-1862), qui organisa la démission en bloc de l'ensemble du cabinet afin que Jackson puisse prendre un nouveau départ.
Van Buren cherchait à succéder à Jackson à la présidence, mais pour atteindre cet objectif, il devait écarter Calhoun. En 1831, il décida de monter Jackson contre le vice-président, le convainquant que les Calhoun avaient délibérément provoqué l'affaire Petticoat afin de nuire à l'administration Jackson. Pour étayer cette affirmation, Van Buren produisit des lettres datant de l'époque où Calhoun était secrétaire à la Guerre, dans lesquelles il condamnait la conduite de Jackson en Floride. C'était là toute la preuve dont Jackson avait besoin pour convaincre que son vice-président était contre lui. "J'ai en ce moment même [vu ce qui] prouve que Calhoun est un scélérat" (cité dans Howe, 341). À partir de ce moment, Calhoun perdit toute influence au sein de l'administration. Dans le but de se venger de Van Buren, Calhoun fit pencher la balance en votant contre sa nomination au poste de ministre en Grande-Bretagne. Cette manœuvre se retourna toutefois contre lui, car elle ne fit que confirmer l'idée que Calhoun s'opposait au programme de Jackson.
Nullification
Se retrouvant isolé, Calhoun se concentra à nouveau sur la Caroline du Sud, qui connaissait toujours des difficultés financières. Les prix du coton continuaient de baisser, et de nombreux planteurs attribuaient leurs malheurs au tarif douanier de 1828, qu'ils qualifiaient de "tarif des abominations". Calhoun ressentit la pression de son État natal pour qu'il entre en action, certains radicaux allant même jusqu'à réclamer la sécession si le tarif douanier n'était pas abrogé. À la fin de l'année 1828, Calhoun rédigea un traité anonyme intitulé South Carolina Exposition and Protest (Exposition et protestation de la Caroline du Sud), dans lequel il exposait un plan visant à forcer la baisse du tarif douanier. Selon Calhoun, chaque État était une entité politique souveraine, liée à l'Union uniquement par un accord mutuel. Si le gouvernement fédéral adoptait une loi injuste, comme le "Tarif des abominations", chaque État avait le droit de déclarer cette loi "nulle et non avenue" sur son propre territoire. Cette théorie politique, appelée "nullification", était une tentative de Calhoun d'affirmer les droits des États sans recourir à la sécession, bien qu'il ait envisagé la sécession comme dernier recours. En 1831, après sa brouille avec Jackson, Calhoun rendit ses opinions publiques dans un discours rédigé depuis sa plantation de Fort Hill. Dans ce discours, il réfute le fait que le pouvoir judiciaire fédéral soit le seul arbitre de la Constitution et soutient que les droits des États doivent servir de contrepoids au pouvoir autrement "illimité et despotique" du gouvernement fédéral (cité dans Howe, 399).
Le "discours de Fort Hill" de Calhoun provoqua un tollé dans tout le pays. Si elle était prouvée, la théorie de la nullification pourrait être un outil majeur pour faire progresser les droits des États, en particulier en ce qui concernait la protection de l'esclavage. Si la Caroline du Sud parvenait à annuler le tarif douanier, alors n'importe quel État du Sud pourrait annuler une loi fédérale qui restreignait leur "institution particulière". Le 24 novembre 1832, la Caroline du Sud tint une "convention de nullification" au cours de laquelle elle proclama que les tarifs douaniers de 1828 et 1832 étaient inconstitutionnels et qu'il ne serait pas légal "d'imposer le paiement des droits imposés par lesdites lois dans les limites de cet État" (cité dans Howe, 404). En décembre, Calhoun démissionna de la vice-présidence pour occuper un siège au Sénat américain, afin de pouvoir lutter pour la nullification au Congrès. Le président Jackson, cependant, n'était pas disposé à voir son autorité mise à l'épreuve. À sa demande, le Congrès adopta le 2 mars 1833 la Force Bill qui autorisait Jackson à recourir à la force militaire pour faire respecter l'autorité fédérale en Caroline du Sud. En fin de compte, aucune coercition de ce type ne fut nécessaire; Clay et Calhoun acceptèrent le compromis tarifaire de 1833, qui prévoyait une baisse progressive des taux tarifaires jusqu'à leur retour au niveau de 1816.
Champion du Sud
Après la crise de nullification, Calhoun continua à s'opposer à Jackson depuis le Sénat. En 1834, il dénonça la tentative de Jackson de détruire la deuxième banque des États-Unis en retirant les fonds fédéraux et en les déposant dans des banques "favorites" loyales, estimant qu'il s'agissait d'un abus de pouvoir exécutif. Le 28 mars 1834, il se joignit aux sénateurs du nouveau parti Whig pour voter la censure du président. Jackson considérait manifestement toujours son ancien vice-président comme une épine dans le pied; lorsqu'à la fin de sa présidence en 1837, on lui demanda s'il avait des regrets, Jackson répondit: "Je regrette de ne pas avoir pu abattre Henry Clay ou pendre John C. Calhoun" (cité dans senate.gov). Calhoun refusa d'assister à l'investiture de Van Buren en 1837, bien qu'il se soit constamment aligné sur les politiques du Parti démocrate de Van Buren.
À ce stade, Calhoun avait achevé sa transformation de nationaliste en défenseur des droits des États, avec un accent particulier sur la protection de l'esclavage. Le 6 février 1837, Calhoun prononça un discours devant le Sénat dans lequel il réfuta la conception jeffersonienne traditionnelle selon laquelle l'esclavage était une institution malheureuse qui devait un jour être rectifiée; au contraire, il affirma que l'esclavage était un "bien positif" non seulement pour les maîtres, mais aussi pour les esclaves eux-mêmes. "Je soutiens que dans l'état actuel de la civilisation, où deux races d'origine différente, se distinguant par la couleur et d'autres différences physiques et intellectuelles, sont réunies... c'est un bien plutôt qu'un mal" (cité dans Howe, 480). L'abolition de l'esclavage conduirait non seulement à des conflits raciaux, mais aussi à des conflits de classe, car elle ouvrirait la porte à un capitalisme industriel non réglementé. "Il existe et il a toujours existé, à un stade avancé de richesse et de civilisation, un conflit entre le travail et le capital", affirmait-il, arguant que l'esclavage "nous exempte des troubles et des dangers résultant de ce conflit" (ibid.).
Ces idées firent rapidement de Calhoun un leader du mouvement pro-esclavagiste au Congrès. Ses efforts pour unir le Sud américain derrière la préservation de leur "institution particulière" contribuèrent à exacerber les tensions régionales dans les années qui précédèrent la guerre civile. En 1844, le président John Tyler (en fonction de 1841 à 1845) choisit Calhoun comme prochain secrétaire d'État, dans l'espoir que celui-ci l'aiderait à mener à bien les négociations pour l'annexion du Texas. Cependant, l'association de Calhoun avec la question de l'esclavage s'avéra problématique; la question de l'annexion du Texas devint soudainement celle de l'ajout d'un autre "État esclavagiste" à l'Union. Néanmoins, le Congrès approuva à une faible majorité une résolution proposant l'annexion du Texas, que Tyler signa peu avant de quitter ses fonctions en mars 1845. L'adhésion du Texas à l'Union accrut les tensions avec le Mexique, conduisant à la guerre américano-mexicaine (1846-1848), à laquelle Calhoun s'opposa, craignant que le conflit ne dégrade la suprématie blanche aux États-Unis en ajoutant des citoyens non blancs au pays.
Dernières années et mort
En février 1848, le traité de Guadalupe Hidalgo mit fin à la guerre américano-mexicaine, obligeant le Mexique à céder 529 000 miles carrés (1 370 103 km²) de territoire aux États-Unis. Cela raviva la crise régionale car le Congrès dut débattre de la question de savoir si l'esclavage devait être autorisé à s'étendre à ces nouveaux territoires. Calhoun, bien sûr, s'opposa à toute restriction à l'expansion de l'esclavage. Souffrant de tuberculose et trop faible pour s'exprimer lui-même, Calhoun rédigea un discours que son ami James Mason, de Virginie, lut au Sénat le 4 mars 1850. Dans ce discours, Calhoun s'opposait à l'admission de la Californie en tant qu'"État libre", affirmant qu'un tel acte ruinerait "l'équilibre entre les deux sections" (cité dans McPherson, 72). Il affirmait que "l'agression" du Nord détruisait les institutions sudistes et que, à moins d'un renversement de la situation, les États du Sud ne pourraient "rester dans l'Union tout en préservant leur honneur et leur sécurité" (ibid.).
Il s'opposa au compromis de 1850, proposé par Clay et Stephen A. Douglas (1813-1861), mais il ne vécut pas assez longtemps pour voir son adoption. Le 31 mars 1850, Calhoun mourut dans sa pension de famille à Washington, à l'âge de 68 ans. Comme s'il anticipait le bain de sang de la guerre civile, ses derniers mots furent: "Le Sud! Le pauvre Sud!" Calhoun laissa derrière lui un héritage énigmatique. D'abord nationaliste rêvant d'améliorer l'Union, il devint un fervent défenseur des droits des États et de l'esclavage dans le Sud. Il contribua autant que n'importe quel autre individu à déclencher la guerre civile. Peu après la guerre, le poète Walt Whitman (1819-1892) affirma avoir entendu un soldat de l'Union dire:
J'ai vu le monument de Calhoun... C'est le Sud désolé et en ruines; presque toute une génération de jeunes hommes âgés de 17 à 50 ans détruite ou mutilée; toutes les vieilles familles épuisées, les riches appauvris, les plantations couvertes de mauvaises herbes... tout cela est le véritable monument de Calhoun.
(Whitman, 54)
