Le Congo belge fut une colonie de la Belgique de 1908 à 1960. Auparavant, la région était l’État indépendant du Congo (créé en 1885), qui constituait en réalité une entreprise privée du roi Léopold II. Souvent désigné sous le nom de Congo belge même avant 1908, Léopold ne se rendit jamais dans sa colonie, mais laissa des horreurs indescriptibles s’y dérouler afin de tirer le maximum de profits des plantations et des mines. Le XXe siècle vit l'abolition de certaines des pratiques les plus inhumaines, mais la région resta l'une des plus divisées et exploitées d'Afrique. En 1960, la colonie obtint son indépendance et fut rebaptisée République démocratique du Congo (mais connue sous le nom de Zaïre entre 1965 et 1997).
Le bassin du Congo
Le bassin du fleuve Congo est situé en Afrique centrale. La région est composée de forêts tropicales humides où les précipitations sont parmi les plus élevées d’Afrique. Des orages peuvent se produire plus de 80 jours par an. La partie sud du Congo est en grande partie une savane où poussent de l’herbe et des arbres de faible hauteur. Le sol n'est pas particulièrement propice à la culture et nécessite une gestion minutieuse. Au moment de la colonisation européenne, la population de la région était composée de plus de 200 tribus parlant 300 langues différentes. Ces peuples vivaient soit dans des entités politiques de petite taille, soit dans des États plus vastes et centralisés, comme les royaumes Luba et Lunda. La partie orientale du Congo est réputée pour la présence de gorilles de montagne, aujourd'hui une espèce menacée.
L'État indépendant du Congo de Léopold
La Conférence de Berlin de 1884-1885 réunit les dirigeants européens afin de statuer sur les questions coloniales en Afrique. L'un des différends à régler concernait la rivalité entre le Portugal et la Belgique pour le contrôle du bassin du fleuve Congo. Aucun dirigeant africain ne fut invité à cette conférence, bien que, comme c’était le cas au Congo, de nombreuses régions aient depuis longtemps développé des royaumes sophistiqués. La revendication du Portugal reposait sur des contacts commerciaux historiques assez vagues dans la région, qui remontaient à la fin du XVe siècle. Des esclaves du Congo ofurent envoyés en grand nombre vers les colonies portugaises et espagnoles d’Amérique du Sud.
Léopold II, roi des Belges (r. de 1865 à 1909), contrairement aux Portugais, pouvait déjà faire valoir des traités signés avec les chefs tribaux locaux, et il promit de poursuivre des objectifs scientifiques et humanitaires au Congo. Léopold remporta le différend. C'est ainsi que l'État indépendant du Congo, qui portait très mal son nom, fut créé en 1885. Couvrant la majeure partie du bassin du Congo, cet État n'était guère plus qu'un immense parc privé qui permettait au roi belge de se livrer à ses caprices coloniaux et de se remplir les poches. La seule chose qui était désormais "libre" au Congo, c'était que, comme convenu à Berlin, les autres États européens devaient bénéficier d'un accès illimité pour le commerce et la navigation.
L'empire privé de Léopold constituait un cas singulier de monarque constitutionnel agissant en totale indépendance vis-à-vis de son propre gouvernement, qui ne souhaitait pas s'impliquer dans un quelconque empire africain. Léopold, cependant, était déterminé à s'accaparer une part de ce qu'il décrivait comme "ce magnifique gâteau africain" (Oliver, 164). En bref, la Belgique et l’État indépendant du Congo n’avaient aucun lien entre eux, si ce n’est qu’ils partageaient le même monarque. Le gouvernement belge avait peut-être fui l’impérialisme, mais les financiers belges, eux, ne s’en sont certainement pas détournés. Réunissant un consortium d’investisseurs, Léopold promit des rendements colossaux grâce à des cultures commerciales telles que le caoutchouc et l’huile de palme, ainsi qu’à des matières premières de luxe comme l’ivoire. Le peuple congolais était sur le point de découvrir l’horreur d’un capitalisme sans entraves, échappant à toute surveillance gouvernementale ou à toute décence morale.
Léopold choisit comme administrateur au Congo nul autre que Henry Stanley (1841-1904), un journaliste surtout connu pour avoir "retrouvé" son collègue explorateur et missionnaire David Livingstone (1813-1873), que l’on croyait perdu au cœur de l’Afrique. Stanley avait exploré le bassin du Congo tout au long des années 1870. Au service de Léopold depuis 1878, Stanley avait déjà mis en place des comptoirs commerciaux le long du fleuve Congo et établi des liens commerciaux et des traités avec les chefs locaux jusqu’au milieu des années 1880. C’est le travail de Stanley qui avait été présenté à la Conférence de Berlin.
À partir de 1885, avec l'aval des autres puissances européennes, Léopold chercha à exercer un contrôle militaire plus concret sur la région en formant une armée africaine dirigée par des officiers européens, la Force publique. Ce nom était une nouvelle fois tragiquement inapproprié, car cette armée n'avait aucun intérêt pour le bien-être de la population congolaise. Le seul but de la Force publique était de semer la terreur parmi la population et de s’assurer que les travailleurs fournissaient un effort physique jusqu’à leurs limites, voire au-delà. Au départ, cette politique ne porta pas ses fruits, et l’État indépendant du Congo ne rapportait toujours aucun profit à Léopold et à ses investisseurs cinq ans plus tard. En effet, l'entreprise enregistrait des pertes si importantes que le gouvernement belge fut contraint d'accorder un prêt à Léopold en 1890, puis un second en 1895. Ce fut le premier lien tangible établi entre les deux États. Un deuxième lien fut le détachement d'officiers de l'armée belge, dont les salaires continuaient d'être pris en charge par le gouvernement belge, pour servir au sein de la Force Publique.
L'État indépendant du Congo commença à dégager des bénéfices grâce à John Dunlop, qui inventa le pneu en caoutchouc en 1888. Le monde devint accro au caoutchouc, et le Congo était l'un des principaux producteurs dès 1895. Léopold s'assura que le caoutchouc devienne un monopole d'État, et en 1901, le Congo produisait 10 % du caoutchouc mondial. Un nouvel élan fut donné après la prise de contrôle des mines de cuivre de la région du Katanga en 1891. En 1894, une longue et violente bataille avec les commerçants swahilis et arabes prit fin, et le rêve de Léopold de contrôler le bassin du Congo devint enfin réalité. L'État indépendant du Congo était 80 fois plus grand que la Belgique. Comme presque tous les administrateurs coloniaux et les officiers de la Force publique étaient belges, il n'est pas surprenant que l'État indépendant du Congo fût communément appelé Congo belge, même s'il n'existait plus aucun lien politique entre les deux États, à l'exception de Léopold.
Un régime brutal
Géré entièrement comme une entreprise privée à but lucratif, les travailleurs congolais des plantations et des mines vivaient un véritable enfer. Des comptoirs commerciaux (appelés "factoreries") furent établis partout pour collecter des matières premières telles que l’ivoire et le caoutchouc, qui pouvaient ensuite être expédiées et vendues ailleurs. Le travail forcé, les coups, les flagellations, les mutilations et la prise d’otages pour augmenter les quotas de production étaient monnaie courante dans le Congo de Léopold. Les gestionnaires blancs des plantations pouvaient battre et tuer leurs travailleurs en toute impunité. Le régime était si brutal qu’il finit par ne plus trouver suffisamment de main-d’œuvre, la population préférant fuir les zones urbaines vers les régions les plus reculées du pays. Toute résistance à la domination coloniale était brutalement réprimée. Des villages entiers furent massacrés, et tant de récoltes furent détruites que les famines n’étaient pas rares. Des maladies comme la variole et la maladie du sommeil frappèrent la population sous-alimentée lors de vagues épidémiques mortelles.
Le peuple congolais ne tirait que peu voire pas de bénéfices matériels du commerce qui se déroulait dans l’État indépendant du Congo, un commerce qui avait détruit ses réseaux commerciaux traditionnels. La Belgique, en revanche, en tira profit: d’abord grâce à Léopold, qui utilisa les profits du Congo pour construire de nouveaux châteaux, musées, parcs et des structures telles que l’Arcade du Cinquantenaire à Bruxelles, puis par le biais d’une fondation spécialement créée où l’État belge percevait les bénéfices provenant d’un dixième des territoires de l’État indépendant du Congo.
Le roi, bien qu’il n’ait jamais mis les pieds au Congo, connaissait certainement les méthodes utilisées dans son État privé puisqu’il "ne déléguait jamais le pouvoir, il l’exerçait personnellement. Toutes les grandes décisions étaient les siennes. Lorsque ses conseillers n’étaient pas d’accord avec lui, ils devaient démissionner. Dans le travail quotidien, dans son bureau à Bruxelles, il s’occupait même des détails" (Fage, 317). Les historiens débattent de la sincérité des affirmations de Léopold selon lesquelles il aurait tenté d’empêcher les pires atrocités commises au Congo. La correspondance privée du roi, qui prouve de manière irréfutable qu’il savait ce qui se passait, contient toutefois des exemples de remords et une détermination à ne pas nuire à sa propre réputation ni celle de la Belgique au sein de la communauté internationale.
L'historien L. James exprime une opinion plus tranchée sur la complicité de Léopold dans les atrocités, notant que le roi était "esclave de l'avarice, totalement dépourvu de conscience et d'une indifférence cruelle face à la souffrance humaine causée par ses entreprises au Congo" (James, 72). Ce point de vue aurait été approuvé par un autre scélérat international, l’empereur Guillaume II, qui, un jour, décrivit Léopold comme "Satan et Mammon en une seule personne" (ibid.). Une position plus indulgente consiste à dire que Léopold se serait laissé convaincre que les rapports faisant état d’abus étaient exagérés. En fin de compte, la fin justifiait les moyens tant pour le roi que pour le gouvernement belge. Le peuple belge, quant à lui, ignorait tout des horreurs auxquelles les Congolais étaient soumis.
Finalement, le secret fut dévoilé quant à ce qui se passait réellement au Congo, bien que des indices et des rumeurs circulaient dans les lieux publics depuis un certain temps. L’un de ces indicateurs de la brutalité coloniale fut la nouvelle de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (1899), dont le personnage principal travaille pour les autorités belges. Cet homme, Kurtz, devient fou à cause de la vie de pionnier qu'il mène, murmurant sur son lit de mort: "L’horreur! L'horreur!" D'autres révélations, plus concrètes, vinrent de voyageurs étrangers et de missionnaires respectés qui avaient séjourné au Congo et vu de leurs propres yeux les atrocités. Les abus furent également confirmés et documentés par une commission spéciale de 1905 composée d'un enquêteur belge, d'un enquêteur suisse et d'un enquêteur italien. En 1908, l'indignation internationale face aux atrocités commises dans ce que les Européens appelaient "l'Afrique profonde et obscure" était si grande que le gouvernement belge fut contraint de prendre le contrôle de l'État indépendant du Congo. On estime qu'au moins un million d'Africains moururent au Congo à cause du régime cauchemardesque de Léopold; certains historiens avancent le chiffre de 10 millions.
L'État belge prend le relais
L'État indépendant du Congo fut rebaptisé Congo belge et devint une colonie administrée par le gouvernement belge. La capitale resta Léopoldville (future Kinshasa). Les investissements des banques belges augmentèrent, l'État bénéficiant désormais du soutien officiel du gouvernement, en particulier dans les régions à fort potentiel minier comme le Katanga, le Kasaï et l'Ituri. Cependant, les autorités belges devaient désormais gérer un pays divisé de toutes parts entre tribus rivales, Blancs et non-Blancs, commerçants et ouvriers, la minorité éduquée et ceux privés de telles opportunités, et, au milieu de tout ça, ceux qui collaboraient et ceux d’origine mixte. Afin de réduire au minimum les rébellions contre le pouvoir colonial, toute forme d’association politique était strictement interdite. Les non-Blancs n’avaient aucun droit politique.
De l'uranium fut découvert en 1915, et le Katanga vint compléter ses rendements de cuivre en exportant du cobalt et des diamants. Pendant la Première Guerre mondiale (1914-18), 15 000 soldats congolais de la Force publique combattirent aux côtés des Alliés, et 250 000 Congolais furent enrôlés de force comme porteurs lors de la campagne d'Afrique de l'Est contre l'Afrique orientale allemande. Après la défaite de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, le Congo belge reçut une partie de l'ancienne colonie allemande: le Ruanda-Urundi.
Après la guerre, des investisseurs européens et américains virent le potentiel de profit que représentait l'impressionnante liste de ressources minérales naturelles du Congo. Les plantations de café, de coton et de cacao furent développées pour compléter le commerce du caoutchouc et de l'huile de palme. Dans les années 1920, le Congo belge était le premier producteur mondial de cobalt, de radium et de diamants industriels. On comptait alors 60 000 travailleurs africains dans les mines du Congo.
Exploitation des populations et des ressources
Le boom des exportations du Congo avait un prix, et ce sont, comme d'habitude, les Africains qui ont dû en payer la facture sous la forme de travail forcé sur des projets tels que la construction de routes et de chemins de fer, de mauvaises conditions alimentaires, d'épidémies, de l'interdiction des syndicats industriels et de troubles sociaux. La population locale ne voyait littéralement aucun avenir pour elle-même, et la baisse rapide du taux de natalité fut constatée avec inquiétude par les missionnaires, les administrateurs coloniaux et les industriels, craignant que leur main-d'œuvre ne disparaisse.
Une réponse partielle consista en des réformes limitées, qui tentaient d’offrir aux Africains quelque chose en échange de l’occupation européenne. Des investissements furent réalisés dans des villages d’hébergement pour les travailleurs afin de les rendre plus adaptés aux familles. Les établissements d’enseignement primaire furent subventionnés, bien que ces écoles, gérées par des missions catholiques romaines, fussent loin d’être neutres. Les autorités coloniales se flattaient d’apporter ce qu’elles décrivaient comme une "civilisation totale" au Congo. Contrairement au soutien apporté aux institutions chrétiennes, "seules quelques mosquées ont été autorisées à être construites et les écoles musulmanes étaient totalement interdites dans la colonie" (Boahen, 220). En général, les missionnaires chrétiens "avaient une attitude négative envers la religion et la culture africaines et étaient déterminés dès le départ à les éradiquer" (ibid.).
Toute forme d’organisation politique remettant en cause la domination coloniale continuait d’être réprimée par la Force publique, qui était désormais un mélange menaçant d’armée d’occupation et de force de police locale. Simon Kimbangu, un leader congolais notable, affirmait avoir été touché par Dieu et ses partisans, les Kimbanguistes, appelaient sans relâche à des actes de désobéissance civile et au départ des Européens du Congo. Kimbangu fut arrêté en 1921 et passa les 30 années suivantes en prison. Il existait de nombreux autres groupes opposés à la domination coloniale, fondés sur des liens religieux ou politiques, mais il y avait aussi des groupes qui souhaitaient simplement de meilleures conditions de travail pour ceux qui s'éreintaient dans les plantations et les mines. Le travail forcé de l’époque de Léopold avait largement pris fin (bien qu’il n’ait pas été entièrement éradiqué, le travail étant devenu une forme d’impôt pour de nombreuses communautés). Les salaires restaient bas et étaient rarement ajustés pour suivre l’inflation. Les conditions de travail, en particulier dans les mines, les chemins de fer et la construction routière, continuaient d’être épouvantables.
Si beaucoup se rebellèrent ou fuirent le régime dès qu’ils le purent, il est également vrai que certains chefs africains collaborèrent avec les autorités belges dans l’espoir de renforcer leur propre position aux dépens de rivaux de longue date. "Sans alliés africains et sans mercenaires, il n’aurait pas été possible pour les Européens d’imposer leur domination à un coût aussi minime en main-d’œuvre" (Boahen, 88). Une autre stratégie couronnée de succès mise en œuvre par les dirigeants consistait à réduire progressivement le nombre de chefs tribaux et à démanteler leur base de pouvoir en créant de nouvelles zones d’administration et en déplaçant les populations vers de nouveaux lieux. Il en résulta que le nombre de petits royaumes et de chefferies au Congo belge "passa de 6 095 en 1917 à 1 212 en 1938" (Boahen, 147).
Au début de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), le Congo belge comptait une population de 10,4 millions d’habitants, dont seulement 25 000 étaient des Blancs. Lorsque la Belgique fut occupée par l’Allemagne au début de la guerre, le gouvernement belge en exil à Londres continua d’administrer le Congo belge. La guerre nécessitant d’énormes quantités de matières premières, le gouvernement britannique acheta la totalité de la production de cuivre de la colonie pendant toute la durée du conflit, soit environ 800 000 tonnes. Le projet Manhattan des États-Unis, visant à produire la première bombe atomique au monde, utilisa de l’uranium provenant du Congo belge. Le tungstène et l’étain constituaient d’autres exportations précieuses à cette époque. La Force publique, quant à elle, fournit 40 000 hommes à l'effort de guerre allié, servant en Afrique de l'Est, au Nigeria et au Moyen-Orient.
Indépendance
Dans le monde de l'après-guerre, de nombreuses nations africaines commencèrent à réclamer avec plus de détermination et de violence leur libération de la domination européenne. Au Congo, des grèves et des émeutes avaient déjà éclaté pendant la Seconde Guerre mondiale, alimentées par une forte hausse des prix. Le nombre croissant de Congolais instruits issus de la classe moyenne (appelés "évolués") n’avait aucun moyen de participer à la vie politique, car "une caractéristique distinctive de la domination belge dans le Congo d’après-guerre était l’absence de toute volonté politique ferme d’associer la bourgeoisie africaine en plein essor au gouvernement" (Oliver, 206).
Après d’importants épisodes de troubles civils au cours de la décennie suivante, qui culminèrent avec les émeutes de 1959, le Congo belge obtint finalement son indépendance le 30 juin 1960 et fut rebaptisé République du Congo, puis République démocratique du Congo (RDC). Au départ, il se nomma également Congo-Léopoldville afin de souligner la différence avec l’ancien Congo français à l’ouest, qui s’appelait Congo-Brazzaville. L'État, comme de nombreuses anciennes colonies en Afrique, connut son lot de difficultés, notamment parce que la colonie "fut abandonnée par les Belges sans aucune préparation administrative" (McEvedy, 127). Seuls 200 Congolais possédaient un diplôme universitaire en 1960, une statistique frappante qui témoigne de la négligence et des préjugés flagrants de la domination belge. Le gouvernement belge omit également d’impliquer les administrateurs coloniaux et les colons dans son plan de transfert élaboré à la hâte.
Dans un épisode singulier de colonialisme retrospectif, une mutinerie de l’armée congolaise et l’arrestation du Premier ministre élu Patrice Lumumba nécessitèrent une intervention militaire belge pour rétablir l’ordre en juillet 1960, une intervention menée principalement pour protéger les citoyens belges. L'ONU s'impliqua, tout comme les adversaires de la guerre froide qu'étaient les États-Unis et l'URSS, ainsi que des mercenaires venus d'autres régions d'Afrique. Au milieu de ces luttes politiques, les régions du Katanga et du Sud-Kasaï proclamèrent leur indépendance, et une nouvelle vague de combats éclata. Lumumba fut exécuté en 1961.
Le Congo fut plus ou moins réunifié en 1962, mais d’autres difficultés l’attendaient. Le peuple belge, à qui le gouvernement et la monarchie avaient longtemps présenté le Congo comme une colonie idyllique gérée avec une efficacité remarquable et une grande bienveillance envers la population locale, put finalement constater, alors que les événements se déroulaient sous les yeux de la presse internationale, à quel point tout cela n’avait été qu’une chaotique débâcle.
Une fois de plus, les noms prirent de l'importance, et la République démocratique du Congo fut appelée Zaïre entre 1965 et 1997, alors que Mobutu Sese Seko était président et que la démocratie avait été abandonnée. Le nom de RDC fut rétabli après 1997, mais cet État en proie à des troubles fut en proie à des guerres avec le Rwanda voisin, les militants rwandais et leurs divers alliés jusqu'à ce que la paix ne soit enfin rétablie en 2025.