Glorieuse Révolution

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 09 septembre 2022
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
William of Orange Landing in England (by John  Wyck, Public Domain)
Guillaume d'Orange débarque en Angleterre
John Wyck (Public Domain)

La Glorieuse Révolution de novembre 1688 vit le protestant Guillaume d'Orange (1650-1702) envahir l'Angleterre et s'emparer du trône du catholique Jacques II d'Angleterre (r. de 1685 à 1688). Il n'y eut aucune bataille, et Guillaume fut invité par le Parlement à devenir roi et à régner conjointement avec sa femme, la reine Marie II d'Angleterre (r. de 1689 à 1694), fille de Jacques II.

Les politiques pro-catholiques et le régime autoritaire de Jacques II avaient scellé son destin, et il vécut ensuite en exil en France. Entre-temps, Guillaume et Marie gouvernèrent en réduisant les pouvoirs de la monarchie et en augmentant ceux du Parlement, dans le cadre d'un nouveau système de gouvernement connu sous le nom de monarchie constitutionnelle, système que l'on retrouve encore aujourd'hui au Royaume-Uni.

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Les principales causes de la Glorieuse Révolution peuvent être résumées comme suit :

  • Le roi Jacques II était un catholique dans un État protestant.
  • Le roi avait un parti pris pour les catholiques dans ses nominations clés.
  • Le roi avait outrepassé son autorité en matière judiciaire.
  • Le roi avait révoqué le Parlement sans jamais le rappeller.
  • La déclaration d'Indulgence était considérée comme une protection des droits des catholiques.
  • Un héritier mâle catholique était né, supplantant ses sœurs aînées protestantes.
  • Un groupe d'éminents nobles protestants invita le protestant Guillaume d'Orange à devenir roi.
  • Guillaume d'Orange craignait que la France et l'Angleterre catholiques ne s'allient contre lui, c'est pourquoi il voulait devenir roi.

Protestantisme et autoritarisme

Pour comprendre les événements de 1688 et leur signification, il est nécessaire de remonter en arrière de plusieurs monarques dans la chronologie de l'histoire britannique. Les trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande furent unifiés lorsque Jacques Ier d'Angleterre (r. de 1603 à 1625) succéda à Élisabeth Ire d'Angleterre (r. de 1558 à 1603). Jacques était le premier des monarques Stuart, et son fils Charles Ier d'Angleterre (r. de 1625 à 1649) lui succéda. Jusque là, tout allait bien, et la situation était plutôt paisible. Puis Charles gâcha tout avec son régime autoritaire et son rejet du Parlement. Les guerres civiles anglaises (1642-51) sapparurent et, finalement, le soutien à l'idée nouvelle d'une république et non d'une simple monarchie limitée commença à croître. Charles, impénitent et intransigeant, fut exécuté le 30 janvier 1649. Il s'avéra que la république du "commonwealth" dirigée par Oliver Cromwell (1599-1658) était tout aussi impopulaire que Charles l'avait été. Le fils du roi défunt, Charles, fit un retour triomphal en Angleterre et monta sur le trône avec la Restauration de 1660. La monarchie était de retour. Malheureusement, elle n'avait tiré aucune leçon des événements désastreux des décennies précédentes. Charles II d'Angleterre (r. de 1660 à 1685) mourut en 1685, mais il n'avait pas d'enfants. En conséquence, le frère cadet du roi devint le roi Jacques II d'Angleterre. La lignée des Stuart se poursuivit comme d'habitude, mais les apparences étaient trompeuses. Outre le fait que le Parlement avait gagné en importance au cours des 50 années précédentes, le vieux problème qui tourmentait les îles britanniques depuis le règne d'Henri VIII d'Angleterre (r. de 1509 à 1547) revint en force : Le protestantisme contre le catholicisme.

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James II of England
Jacques II d'Angleterre
Peter Lely School (Public Domain)

Charles II avait été protestant ; le problème était que son successeur lui était catholique. Jacques II s'était converti au catholicisme en 1668, et beaucoup craignaient qu'il ne souhaitât faire de l'Angleterre un État catholique. Les historiens continuent de débattre des intentions exactes du roi. Jacques connaissait parfaitement l'importance de la question, le Parlement l'avait même écarté de la succession pour sa foi en 1679 (la crise de l'exclusion), mais son frère l'avait fait réintégrer. Cette réintégration s'accompagnait de la promesse que Jacques élèverait ses deux enfants survivants, Marie (née en 1662) et Anne (née en 1665), en bons protestants.

Le ressentiment à l'égard de Jacques II était tel que Monmouth parvint à réunir jusqu'à 4 000 hommes pour son armée rebelle.

Tout le monde préférant l'option pacifique et moins pénible du statu quo, Jacques, 51 ans, fut autorisé à monter sur le trône en 1680. Le roi supprima même la partie communion de son couronnement. Ses partisans furent réconfortés, les neutres ne savaient plus qui soutenir, et ses ennemis espéraient que son règne serait court et que sa fille protestante Marie pourrait alors veiller à ce que les acquis de la Réforme anglaise restent intacts.

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La rébellion

Jacques connut sa part d'ennuis avec deux rébellions au début de son règne. La première eut lieu en Écosse en mai 1685, lorsque le comte presbytérien d'Argyll, chef des Campbells, mena un soulèvement contre le roi en Écosse. Argyll fut capturé alors qu'il marchait vers Glasgow, et la rébellion tourna court. Il est très probable que ce soulèvement ait été conçu comme une action parallèle à une autre, plus grave, dans le sud de l'Angleterre, la rébellion de Monmouth de juin-juillet 1665.

The Morning of Sedgemoor
Le matin de Sedgemoor
Edgar Bundy (Public Domain)

James Scott, duc de Monmouth (né en 1649), était le fils illégitime de Charles II. Il avait déjà été impliqué dans un projet d'accession au trône, le complot de Rye House de 1663, lorsqu'un groupe de parlementaires vétérans de la guerre civile avait tenté d'assassiner Charles II et son frère après une réunion de courses à Newmarket. Le complot avait été mal planifié et échoua. Monmouth fut exilé aux Pays-Bas pour sa participation. Monmouth était de retour et avec lui 80 autres exilés mécontents. Cet équipage hétéroclite débarqua à Lyme Regis en juin et commença à recruter des hommes pour une rébellion armée. Le ressentiment à l'égard de Jacques II était suffisant pour que Monmouth parvienne à rassembler jusqu'à 4 000 hommes pour son armée, mais il s'agissait d'une armée amateur et mal équipée. L'armée royaliste défit facilement les rebelles à Sedgemoor dans le Somerset le 6 juillet. Monmouth fut capturé et exécuté, malgré ses supplications envers son oncle. Jacques fut impitoyable dans sa chasse à toute personne ayant le moindre lien avec la rébellion de Monmouth. Quelques centaines d'entre eux furent pendus, 850 furent déportés pour des travaux forcés dans les Caraïbes et d'innombrables autres furent fouettés. Les audiences des accusés sont connues sous le nom d'"Assises sanglantes". Bien qu'il ne soit pas inhabituel de punir durement les rebelles, cette vengeance sanglante n'aida en rien la popularité du roi.

Indulgences et nominations

Les rébellions d'Argyll et de Monmouth avaient été relativement mineures, mais elles auraient dû être des signes avant-coureurs de ce qui pourrait se produire. Au lieu de cela, la politique du roi s'orienta encore plus vers le catholicisme. Jacques nomma sans relâche des catholiques à des postes clés du gouvernement, des tribunaux, de la marine, de l'armée et même des universités. Jacques ignora également certaines lois, en élargit d'autres, et leva des condamnations lorsqu'elles s'appliquaient à des individus catholiques qu'il favorisait, ce qui est connu sous le nom de pouvoirs de dispense et de suspension. Le Parlement protesta contre ces politiques, et le roi répondit en renvoyant la Chambre en novembre 1685 ; elle ne serait pas rappelée avant qu'un nouveau monarque ne soit sur le trône.

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Une autre décision controversée fut la déclaration d'Indulgence d'avril 1687 (également appelée déclaration de la liberté de conscience). Cette déclaration améliorait en fait la tolérance religieuse pour toutes les confessions, mais de nombreux protestants n'y virent qu'un moyen d'améliorer le statut des catholiques. Le roi n'inspira guère confiance aux non-catholiques lorsqu'il déclara en 1687 : "nous ne pouvons que souhaiter de tout cœur, comme il sera facile de le croire, que tous les habitants de nos dominions soient membres de l'Église catholique" (Miller, 332). Pour aggraver la situation, Jacques réédita l'Indulgence en 1688 et insista pour qu'elle soit lue dans toutes les églises. L'archevêque de Canterbury et six autres évêques protestèrent, mais le roi se contenta de les enfermer dans la Tour de Londres. Ils furent ensuite été jugés, mais cela se retourna contre lui lorsqu'ils furent acquittés, ce qui donna lieu à une grande fête publique.

James Francis Edward Stuart
Jacques François Édouard Stuart
Unknown Artist (Public Domain)

Un prince catholique

Outre le fait que les protestants devaient accepter un roi catholique, ils devaient également supporter une reine catholique, puis un héritier catholique au trône. Jacques avait épousé sa seconde femme, Marie de Modène (d. 1718), en 1673 ; il y eut même de folles rumeurs selon lesquelles la reine était en fait la fille d'un pape. C'est alors qu'il y eut peut-ëtre le coup de grâce pour les protestants les plus militants. Le roi, après avoir enduré la tragédie de la mort en couches ou dans la petite enfance de nombre de ses enfants, finit par avoir un fils. Jacques François Edouard vit le jour le 10 juin 1688. Cela signifiait que ni Marie ni Anne ne deviendraient le prochain monarque, et comme les deux parents étaient catholiques, il semblait certain que le prince Jacques serait élevé dans cette foi. Cet événement arrangeait tellement le roi que beaucoup soupçonnèrent que l'enfant n'était pas le sien mais avait été amené dans le seul but de perpétuer le catholicisme en Angleterre. Le fait que le parrain du prince Jacques soit le pape Innocent XI était une autre provocation inutile. Les protestants qui avaient appelé à la retenue jusqu'à ce que le roi âgé meure et que la protestante Marie ne prenne le pouvoir n'avaient plus aucun argument. Les nobles protestants rebelles savaient qu'ils devaient agir maintenant ou jamais.

"Je viens pour vous faire goot. Je suis là pour toutes vos bêtises." Prince William

Un prince protestant

La question brûlante n'était pas nécessairement de savoir comment déposer le roi mais qui le remplacerait. Les nobles rebelles se tournèrent vers l'étranger. Le 30 juin, un groupe de sept personnes, dont les ducs de Devonshire et de Shrewsbury et l'évêque de Londres, se réunit et contacta le prince protestant Guillaume d'Orange par l'intermédiaire de l'ambassadeur néerlandais en Angleterre, l'invitant à devenir roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Outre sa religion, Guillaume avait plusieurs arguments en sa faveur. Il était le petit-fils de Charles Ier d'Angleterre et avait épousé la fille de Jacques II, Marie, en 1677. Guillaume fut sans doute ravi de cette offre, car il avait déjà eu l'intention d'envahir le pays. Ayant constitué une importante marine, le prince déclara qu'il attendait simplement un "vent protestant" favorable. Sa motivation première étit d'éviter que l'Angleterre ne devienne catholique et ne s'associe ensuite aux Français pour attaquer les Pays-Bas.

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La première tentative de Guillaume pour atteindre l'Angleterre par la mer fut sabotée par une tempête, mais il persista et débarqua avec une armée de 15 à 21 000 hommes dans le Devon le 5 novembre 1688. Cette armée était une force de combat expérimentée, composée de Hollandais, d'Anglais, d'Écossais, de Danois, de Huguenots et même d'un contingent du Suriname. Le prince prit également une presse à imprimer afin de pouvoir diffuser plus facilement la propagande pro-protestante. Lors de son débarquement à Brixham, Guillaume rassura les Anglais qu'il rencontra : "I come to do you goot. I am here for all your goots." (Cavendish, 338) ("Je viens en ami. Je suis là pour le bien de tous" dans un anglais fortement empreint de neerlandais).

William III of England
Guillaume III d'Angleterre
Willem Wissing (Public Domain)

William marcha lentement vers l'est en direction de Londres par un temps défavorable. Pendant ce temps, Jacques se retrouva isolé, déserté par ses anciens partisans comme John Churchill et même sa propre fille Anne. La reine quitta l'Angleterre et trouva refuge en France en décembre. Jacques subit des désertions plus importantes parmi les hauts gradés de son armée, et des soulèvements immédiats en faveur de Guillaume se produisirent dans le Cheshire, le Yorkshire et le Nottinghamshire. Puis, après avoir été frappé par une série bizarre de saignements de nez, le roi décida d'abandonner le champ de bataille et de suivre sa femme. Il est possible que le roi ait souffert d'une dépression nerveuse à ce moment-là, car il était convaincu qu'il était destiné à subir le même sort terrible que son père. La reine Marie réussit à traverser la Manche, mais pas le roi, malgré son déguisement en femme. Il fut repéré par des pêcheurs et fut fait prisonnier dans le Kent. William se trouvait alors à Londres et décida que la meilleure chose à faire avec son rival et beau-père était de lui permettre de partir pour la France comme il l'avait souhaité. Guillaume avait réussi l'exploit remarquable de diriger la première invasion réussie de l'Angleterre depuis son homonyme Guillaume le Conquérant (r. de 1066 à 1087) en 1066.

Une monarchie constitutionnelle

La ligne officielle est que Jacques abdiqua, et le Parlement enregistra la destitution du monarque comme ayant eu lieu le 23 décembre 1688, le jour où Jacques quitta les côtes anglaises. Guillaume devint Guillaume III d'Angleterre (également Guillaume II d'Écosse, r. de 1689 à 1702) par un décret du Parlement le 13 février 1689. Ce changement de régime est connu sous le nom de "Glorieuse Révolution", car il se déroula de manière totalement pacifique (ou presque, car il y eut quelques épisodes d'attaques de maisons et de chapelles catholiques pendant la marche de Guillaume vers Londres). Il n'y avait certainement pas eu de batailles ou de soulèvements à l'échelle du pays en faveur de l'un ou l'autre camp. Les historiens whigs (pro-protestants) considéraient également que la révolution était "glorieuse" parce qu'elle avait préservé les institutions de pouvoir existantes, ce qui était vrai, mais les relations entre ces institutions étaient modifiées, un changement qui ne fit que s'accentuer avec le temps.

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Le prix d'or de Guillaume comportait certaines limites. La première était que Guillaume devait gouverner conjointement avec son épouse, désormais Marie II d'Angleterre, même si, dans la pratique, il était seul à détenir le pouvoir souverain. Les "tories" de la Chambre des Lords (la chambre haute du Parlement) voulaient que Marie règne seule, car cela préservait la tradition de la succession, mais Guillaume n'accepterait rien de moins qu'un véritable rôle de roi. La deuxième limitation fut imposée par le Parlement, qui conçut une nouvelle forme de gouvernement, une monarchie constitutionnelle. Au cours des années suivantes, toute une série de lois adoptées par le Parlement limitèrent les pouvoirs de la monarchie. L'époque des monarques autoritaires qui pouvaient révoquer le Parlement sur un coup de tête était bel et bien révolue. Désormais, les deux institutions gouvernaient à l'unisson, un arrangement établi par la Déclaration des droits du 16 décembre 1689.

Coin of William III & Mary II of England
Monnaie de Guillaume III et Marie II d'Angleterre
Daderot (Public Domain)

Le Parlement avait l'autorité suprême dans les domaines clés de l'adoption des lois et de la perception des impôts. Il s'impliqua également beaucoup plus dans la comptabilité de la manière dont l'argent était dépensé pour l'État, en particulier pour l'armée et la marine. La monarchie était désormais soutenue non pas par les impôts qu'elle pouvait lever ou les terres qu'elle pouvait vendre, mais par l'argent de la liste civile émise par le Parlement, à partir de la loi sur la liste civile de 1697. William n'apprécia sans doute pas ce contrôle sur les cordons de sa bourse, mais cela signifiait qu'il ne pouvait pas, comme tant de ses prédécesseurs l'avaient fait, écarter le Parlement pendant de longues périodes et ne le rappeler que lorsqu'il était à court d'argent. Et le roi avait besoin de beaucoup d'argent, car il était déterminé à utiliser sa nouvelle position pour affronter enfin les Français sur le champ de bataille et mettre fin à leur domination de l'Europe ; c'est ainsi que commença la guerre de neuf ans (1688-1697).

La liste des limitations imposées à Guillaume en Grande-Bretagne se poursuivit. Aucun monarque ne pouvait désormais entretenir sa propre armée permanente, seul le Parlement pouvait déclarer la guerre, et tout nouveau monarque devait jurer lors de son couronnement de maintenir l'Église protestante. Aucun catholique ou individu marié à un catholique ne pouvait plus jamais devenir roi ou reine. Pour s'assurer que le Parlement n'abuse pas non plus du pouvoir qui lui était conféré, des élections libres devaient avoir lieu tous les trois ans et la liberté d'expression devait être garantie dans ses deux chambres. Enfin, l'acte de tolérance de mai 1689, bien qu'il ne soit pas allé aussi loin que le calviniste William l'avait espéré, protégeait les droits des dissidents protestants (alias non-conformistes) qui représentaient environ 7 % de la population. Après une période de persécution sous les Stuarts, ils pouvaient désormais pratiquer librement leur culte et créer leurs propres écoles. La loi sur la tolérance ne s'appliquait pas aux catholiques ni aux juifs.

Irlande et Écosse

Jacques II n'était pas mort mais en exil. Encouragé par Louis XIV de France (r. de 1643 à 1715), il finit par tenter de récupérer son trône. Débarquant en Irlande en mars 1689, Jacques remporta quelques succès, mais un siège de 105 jours de la ville protestante de Londonderry (Derry) échoua. Puis l'arrivée du roi en personne avec une importante armée anglo-hollandaise, supérieure à celle de Jacques tant en armes qu'en entraînement militaire, apporta la victoire finale à la bataille de Boyne le 1er juillet 1690. L'Irlande était à 75% catholique, et bien qu'une guérilla se soit poursuivie, le pays se retrouva à nouveau avec un roi protestant.

Battle of the Boyne
Bataille de la Boyne
Jan van Huchtenburg (Public Domain)

En Écosse, le soutien jacobite (pour Jacques II, du latin Jacobus) avait été particulièrement fort dans les Highlands, mais dans les villes, le soutien au protestant Guillaume était plus important. Lorsque le prince d'Orange avait débarqué en Angleterre, il y avait eu peu après des émeutes de sympathisants à Édimbourg où les catholiques et leurs biens avaient été attaqués. Une convention se réunit pour décider qui soutenir, et la décision fut prise le 11 avril 1689 en faveur de Guillaume. En même temps, la revendication de droit y établit la monarchie dans des conditions similaires à celles déclarées dans le Bill of Rights anglais. Marie et Guillaume gouvernèrent conjointement en Écosse lorsqu'ils acceptèrent la couronne dans ce pays le 11 mai 1689. Un soulèvement jacobite, dirigé par le vicomte Dundee, défit une armée pro-William à Killiecrankie en juillet 1689. Puis il y eut un retournement de situation en août à Dunkeld où "Bonnie" Dundee fut tué. Entre-temps, le gouvernement de l'Écosse fut établi sous le contrôle de l'Église presbytérienne.

En 1692, les divisions en Écosse s'accentuèrent lorsque les partisans de Jacques, le clan MacDonald, vit ses chefs massacrés à Glencoe par les Campbells. Jacques II mourut en exil en France en 1701, mais son fils Jacques (le Vieux Prétendant) et son petit-fils Charles (le Jeune Prétendant) entretinrent la flamme de la rébellion dans les Highlands. Cependant, deux soulèvements jacobites, en 1715 et 1745, échouèrent, et il n'y eut plus de retour possible pour la Maison royale des Stuart.

Les trois royaumes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande étaient désormais plus étroitement liés que jamais, du moins en termes de politique et de gouvernance. Guillaume, Marie et le Parlement avaient créé une nouvelle forme de monarchie et de gouvernement qui offrait une stabilité politique, religieuse et économique jamais atteinte auparavant. La Glorieuse Révolution finit donc par "transformer la Grande-Bretagne d'un pays divisé, instable, rebelle et marginal en l'État qui allait devenir le plus puissant de la planète" (Starkey, 399).

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Questions & Réponses

Pourquoi Jacques II fut-il déposé lors de la Glorieuse Révolution ?

Jacques II fut déposé car il était trop pro-catholique et trop autoritaire. Les nobles protestants et le Parlement voulaient préserver les acquis de la Réforme anglaise et invitèrent donc le protestant Guillaume d'Orange à devenir Guillaume III d'Angleterre.

Pourquoi Guillaume d'Orange fut-il choisi pour remplacer Jacques II d'Angleterre ?

Guillaume d'Orange fut choisi pour remplacer Jacques II parce qu'il était protestant (Jacques était catholique) et qu'il était le mari de la fille de Jacques, Marie.

Qu'a fait la Glorieuse Révolution ?

La Glorieuse Révolution de 1688 vit le prince protestant Guillaume d'Orange prendre pacifiquement le trône du catholique Jacques II d'Angleterre. Il s'ensuivit une monarchie constitutionnelle où le Parlement était beaucoup plus puissant.

Pourquoi l'a-t-on appelée la Glorieuse Révolution ?

Le changement de roi de Jacques II à Guillaume III d'Angleterre a été qualifié de révolution "glorieuse" parce qu'il s'agissait d'un changement pacifique de la monarchie (du moins en Angleterre) et qu'il préservait les traditions de gouvernement.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2022, septembre 09). Glorieuse Révolution [Glorious Revolution]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21023/glorieuse-revolution/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Glorieuse Révolution." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le septembre 09, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21023/glorieuse-revolution/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Glorieuse Révolution." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 09 sept. 2022. Web. 04 févr. 2023.

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