Bouddhisme

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Jerome Couturier
publié le 25 septembre 2020
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Texte original en Anglais : Buddhism

Maya Giving Birth to the Buddha (by Cristian Violatti, Copyright, fair use)
Maya donnant naissance au Bouddha
Cristian Violatti (Copyright, fair use)

Le Bouddhisme est une religion non-théiste (pas de croyance en un dieu créateur), également considérée comme une philosophie et une discipline morale, originaire de l'Inde aux 6ème - 5ème siècles AEC. Il fut fondé par le sage Siddhartha Gautama, le Bouddha (vers 563-483 AEC) qui, selon la légende, avait été un prince hindou avant d'abandonner sa position et sa richesse pour devenir un ascète spirituel et enfin, un être éclairé qui enseigna aux autres les moyens par lesquels ils pourraient échapper au samsara, le cycle de la souffrance, de la renaissance, et de la mort.

Le Bouddha développa ce système de croyance à une époque où l'Inde était plongée dans une grande réforme religieuse et philosophique. Le bouddhisme n'était, au départ, que l'une des nombreuses écoles de pensée qui se développèrent en réponse à ce qui était perçu comme l'échec de l'hindouisme orthodoxe pour répondre aux besoins du peuple. Elle resta une école relativement mineure jusqu'au règne d'Ashoka (268-232 AEC), Empereur des Maurya (322-185 AEC), qui embrassa et répandit la croyance, non seulement partout en Inde, mais aussi à travers l'Asie du Sud, de l'Est et Centrale.

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La vision centrale du bouddhisme peut être résumée en quatre versets de l'un de ses textes essentiels, le Dhammapada:

Notre vie est façonnée par notre esprit, nous devenons ce que nous pensons. La souffrance suit une mauvaise pensée comme les roues d'une charrette suivent les bœufs qui la tirent.

Notre vie est façonnée par notre esprit, nous devenons ce que nous pensons. La joie suit une pensée pure comme une ombre qui ne part jamais. (I.1-2)

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Du désir vient la douleur, du désir vient la peur; celui qui est libre de désir ne connaît ni douleur, ni peur.

L'attachement aux objets du désir apporte la douleur, il apporte la peur; celui qui est libre de désir ne connaît ni douleur, ni peur. (XVI.212-213)

Le Bouddha finit par comprendre que le désir et l'attachement causaient la souffrance et que les humains souffraient parce qu'ils ignoraient la vraie nature de l'existence. Les gens insistaient sur les états permanents de la vie et résistaient au changement; ils s’accrochaient à ce qu'ils connaissaient et pleuraient ce qu'ils perdaient. Dans sa quête du moyen de vivre sans souffrance, le Bouddha reconnut que la vie est changement constant, que rien n'est permanent, mais que l'on peut trouver la paix intérieure grâce à une discipline spirituelle qui reconnaît de la beauté dans le caractère éphémère de la vie, et qui évite de se laisser prendre au piège de l'attachement aux objets, aux personnes et aux situations impermanents. Son enseignement se concentre sur les Quatre Nobles Vérités, la Roue de Vie, et le Sentier Octuple pour former le fondement de la pensée bouddhiste, et ceux-ci restent au cœur des différentes écoles de Bouddhisme qui demeurent de nos jours.

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Contexte Historique

L'Hindouisme (Sanatana Dharma, «Ordre éternel») était la foi dominante en Inde aux 6ème - 5ème siècles AEC, lorsqu'une vague de réforme religieuse et philosophique balaya le pays. Le chercheur John M. Koller décrit comment «une transformation sociale majeure de la vie agraire vers le commerce urbain et la production était en cours, conduisant à une remise en question des anciennes valeurs, idées, et institutions» (46). L'Hindouisme était basé sur l'acceptation des écritures, les Vedas ("connaissances"), considérés comme des émanations éternelles de l'univers qui avaient été "entendues" par les sages, à un certain moment dans le passé, mais qui n'avaient pas été créées par des êtres humains.

Les Vedas ont été «reçus» et récités par les prêtres hindous en sanskrit, une langue que les gens ne comprenaient pas, et divers penseurs philosophes de l'époque commencèrent à remettre en question cette pratique et la validité de la structure de la croyance. On dit que de nombreuses écoles de philosophie différentes se développèrent à cette époque (dont la plupart n'ont pas survécu), qui acceptaient ou rejetaient l'autorité des Vedas. Celles qui acceptaient le point de vue orthodoxe hindou et les pratiques qui en résultaient étaient connues sous le nom d'astika («il existe»), et celles qui le rejetaient, sous le nom de nastika («il n'existe pas»). Trois des écoles de pensée nastika qui survécurent à cette période furent le Charvaka, le Jaïnisme et le Bouddhisme.

LE BOUDDHA RECONNUT QUE LES CHEMINS DU CHARVAKA ET DU JAÏNISME REPRÉSENTAIENT DES EXTRÊMES & TROUVA CE QU'IL APPELA UNE «VOIE MEDIANE».

L'Hindouisme soutenait que l'univers était gouverné par un être suprême, Brahman, qui était l'Univers lui-même et que c'était cet être qui avait transmis les Vedas à l'humanité. Le but de la vie de chacun était de vivre conformément à l'ordre divin tel qu'il avait été établi et d'accomplir son dharma (devoir) avec le karma (action) approprié afin de trouver finalement la libération du cycle de la renaissance et de la mort (samsara), après quoi l'âme individuelle atteindrait l'union avec l’âme suprême (atman) et vivrait la libération et la paix complètes.

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Le Charvaka rejeta cette croyance et proposa le matérialisme à la place. Son fondateur, Brhaspati (c. 600 AEC) disait qu'il était ridicule pour les gens d'accepter la parole des prêtres hindous selon laquelle une langue incompréhensible était la parole de Dieu. Il établit une école basée sur la perception directe pour vérifier la vérité, et sur la recherche du plaisir comme but le plus élevé de la vie. Mahavira (ou Vardhamana, vers 599-727 ACE) prêchait le Jaïnisme, basé sur la croyance que la discipline individuelle et le strict respect d'un code moral menaient à une vie meilleure et à la libération du samsara à la mort. Le Bouddha considérait que ces deux voies représentaient des extrêmes et trouva ce qu'il a appelé une «Voie Médiane» entre elles.

Siddhartha Gautama

Selon la tradition bouddhiste, Siddhartha Gautama (Shakyamuni, 'Sage des Shakya') est né à Lumbini (Népal actuel), et a grandi comme fils de roi. Après qu'un voyant ait prédit qu'il deviendrait soit un grand roi, soit un chef spirituel s'il devait être témoin de la souffrance ou de la mort, son père le protégea de toutes les dures réalités de l'existence. Il se maria, eut un fils, et se prépara à succéder à son père en tant que roi. Un jour, cependant, son cocher le conduisit hors du palais où il avait passé ses 29 premières années et il rencontra ce que l'on appelle les Quatre Signes:

  • Un homme âgé
  • Un homme malade
  • Un homme mort
  • Un ascète

Concernant les trois premiers, il demanda à son cocher: «Suis-je aussi soumis à cela?», et le cocher lui assura que tout le monde vieillissait, que tout le monde tombait malade à un moment ou à un autre, et que tout le monde mourait. Siddhartha fut bouleversé quand il comprit que tous ceux qu'il aimait, toutes ses belles choses, seraient perdus, et que lui-même le serait un jour aussi.

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Siddhartha Gautama, the Historical Buddha
Siddhartha Gautama, le Bouddha Historique
Cristian Violatti (CC BY-NC-SA)

Lorsqu'il vit l'ascète, un homme au crâne rasé en robe jaune, souriant au bord de la route, il demanda pourquoi il n'était pas comme les autres hommes. L'ascète expliqua qu'il menait une vie paisible de réflexion, de compassion et de non-attachement. Peu de temps après cette rencontre, Siddhartha quitta sa richesse, sa position et sa famille, pour suivre l'exemple de l'ascète.

Il chercha d'abord un maître réputé auprès duquel il apprit les techniques de méditation, mais celles-ci ne le libéraient pas des soucis ou de la souffrance. Un second maître lui apprit comment supprimer ses désirs et suspendre sa conscience, mais ce n'était pas non plus une solution car ce n'était pas un état permanent de son esprit. Il essaya de vivre comme les autres ascètes, pratiquant ce qui était probablement la discipline Jaïn, mais même cela n’était pas sufisant pour lui. Enfin, il décida de refuser les besoins du corps en se laissant mourir de faim, ne mangeant qu'un grain de riz par jour, jusqu'à ce qu'il soit si émacié qu'il en devint méconnaissable.

Selon une version de la légende, arrivé à ce stade, il tomba dans une rivière et reçut une révélation de la "Voie Médiane". Dans une autre version de l'histoire, une laitière nommée Sujata le rencontre dans les bois près de son village et lui offre du lait de riz, qu'il accepte, et il termine ainsi sa période d'ascèse stricte en percevant l'idée d'une "Voie Médiane". Il marche et s'assoit sous un arbre Bodhi (un Ficus), sur un lit d'herbe, dans le village voisin de Bodh Gaya, faisant le serment qu'il parviendra à comprendre comment vivre au mieux dans le monde, ou alors il mourra.

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LE BOUDDHA COMPRIT, DANS UN ÉCLAIR D'ILLUMINATION, QUE LES HUMAINS SOUFFRAIENT PARCE QU'ILS INSISTAIENT SUR LA PERMANENCE DANS UN MONDE EN CONSTANT CHANGEMENT.

Il comprit, dans un éclair d'illumination, que les humains souffraient parce qu'ils insistaient sur la permanence dans un monde en constant changement. Les gens maintenaient une identité qu'ils appelaient leur «moi» et qui ne devait pas changer, ils conservaient des vêtements et des objets qu'ils considéraient comme «leurs», et ils maintenaient avec les autres des relations qu'ils croyaient voir durer éternellement, mais rien de tout cela n'était vrai. La nature de la vie, tout de la vie, était changement, et le moyen d'échapper à la souffrance était de le reconnaître et d'agir en conséquence. À ce moment, il est devint le Bouddha («L'Eveillé», ou «L'Illuminé») et il fut libéré de l'ignorance et de l'illusion.

Ayant atteint l'illumination complète, reconnaissant la nature interdépendante et transitoire de toutes choses, il reconnu qu'il pouvait maintenant vivre comme il lui plaisait, sans souffrir, et faire tout ce qu'il voulait. Il hésita à enseigner ce qu'il avait appris aux autres parce qu'il pensait qu'ils le rejetteraient tout simplement, mais il fut finalement convaincu qu'il devait essayer et prêcha ainsi son premier sermon au Parc aux Daims à Sarnath (Inde actuelle), au cours duquel il décrivit pour la première fois les Quatre Nobles Vérités et le Sentier Octuple qui mène chacun de l'illusion et la souffrance, à l'illumination et à la joie.

Il faut noter que cette histoire du voyage du Bouddha de l'illusion à la conscience a été adaptée plus tard, après l'établissement du système de croyance. Aussi, elle reflète ou non, la réalité du début de la vie et de l'éveil du Bouddha. Les chercheurs Robert E. Buswell Jr. et Donald S. Lopez Jr. notent que les premiers bouddhistes étaient "motivés en partie par la nécessité de démontrer que ce que le Bouddha enseignait n'était pas l'innovation d'un individu, mais plutôt la redécouverte d'une vérité intemporelle", ceci afin de donner au système de croyance la même affirmation d’origine ancienne et divine que pour l'Hindouisme et du Jaïnisme (149). Buswell et Lopez poursuivent:

Ainsi, dans leurs biographies, tous les les bouddhas du passé et du futur sont représentés comme faisant beaucoup de choses semblables. Ils sont tous assis les jambes croisées quand ils sont dans dans le ventre de leur mère; ils sont tous nés dans le «pays du milieu» du continent; immédiatement après leur naissance, ils font tous sept pas vers le nord; ils renoncent tous au monde après avoir vu les Quatre Signes, et après la naissance d'un fils; ils atteignent tous l'illumination assis sur un lit d'herbe. (149)

Quoi qu'il en soit, la légende du voyage et de l'éveil spirituel de Siddhartha devint bien connue dans la tradition orale. Elle fut évoquée ou incluse dans des œuvres écrites à partir d'environ 100 ans après sa mort jusqu'au IIIème siècle EC, époque à laquelle elle apparaît en entier dans le Lalitavistara Sutra. L'histoire a été répétée depuis et, faute d'alternative, elle est acceptée comme véritable par la majorité des bouddhistes.

Enseignements & Croyances

Comme indiqué, ce qui poussa Siddhartha dans sa quête, c’était le fait de réaliser qu'il perdrait tout ce qu'il aimait, et que cela lui causerait de la souffrance. De cette prise de conscience, il compris que la vie était douleur. Chacun a souffert à la naissance (comme notre mère) et a souffert ensuite tout au long de sa vie, en désirant ce qu'il n'avait pas, en craignant la perte de ce qu'il avait, en pleurant la perte de ce qu'il avait eu, et finalement en mourant et perdant tout; et tout cela seulement pour être réincarné et répéter le processus.

Gandhara Relief of Buddha Eating with Monks
Gandhara Relief de Bouddha mangeant avec des moines
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Pour que la vie soit autre chose que souffrance, on devait trouver le moyen pour la vivre sans le désir de posséder et de la maintenir fixée; on devait abandonner les choses de la vie tout en étant capable de les apprécier pour la valeur qu'elles avaient. Après avoir atteint l'illumination, il formula sa croyance sur la nature de la vie dans ses Quatre Nobles Vérités:

  • La vie est souffrance
  • La cause de la souffrance est le désir
  • La fin de la souffrance vient avec la fin du désir
  • Il existe un chemin qui vous mène hors du désir et la souffrance

Les quatre vérités sont appelées «nobles», ceci à partir d’arya (désignant des personnes), signifiant la même chose, mais aussi «digne de respect», «digne d'être écouté». Le chemin auquel fait allusion la quatrième vérité est le Sentier Octuple qui sert de guide pour vivre sa vie sans le genre d'attachement qui garantit la souffrance:

  • La Vision juste
  • L'Intention juste
  • La Parole juste
  • L’Action juste
  • Les Moyens d’Existence justes
  • L’Effort juste
  • L’Attention juste
  • La Concentration juste

Comme le souligne Koller, les trois premiers points sont liés à la Sagesse, les deux suivants à la Conduite, et les trois derniers à la Discipline mentale. Il continue:

Le Noble Sentier Octuple ne doit pas être considéré comme un ensemble de huit étapes séquentielles, avec la perfection à une étape requise avant de passer à la suivante. Au contraire, ces huit composantes du chemin devraient être considérées comme des normes directrices d'une vie juste qui devraient être suivies plus ou moins simultanément, car le but du chemin est de parvenir à une vie complètement intégrée au niveau le plus élevé... La sagesse est de voir les choses comme elles sont vraiment, comme des processus interdépendants et en constante évolution... La conduite morale consiste à purifier ses motivations, sa parole et son action, arrêtant ainsi l'afflux de désirs supplémentaires... La discipline mentale agit pour atteindre la vision et pour éliminer les mauvaises dispositions et habitudes construites sur la base de l'ignorance et du désir passés. (58)

En reconnaissant les Quatre Nobles Vérités et en suivant les préceptes de du Sentier Octuple on est libéré de la Roue de Vie (Bhavachakra), qui est une illustration symbolique de l'existence. Dans le moyeu de la roue se trouvent l'ignorance, le désir et l'aversion qui la conduisent. Entre le moyeu et le bord de la roue se trouvent six états d'existence: humain, animal, fantômes, démons, divinités, et êtres de l'enfer. Le long du bord de la roue sont représentées les conditions qui causent la souffrance: naissance, corps-esprit, conscience, contact, sensation, soif, attachement, volition, etc.

En reconnaissant que ces conditions causent la souffrance, on peut les éviter en se disciplinant à travers le Sentier Octuple, de sorte que l'on ne soit plus conduit par l'ignorance, le désir et l'aversion, et que l’on soit libéré de la roue du samsara qui nous lie à la renaissance, à la souffrance, et à la mort. En adhérant à cette discipline, on pourrait vivre notre vie mais ne pas être contrôlé et souffrir par notre attachement aux choses, et quand on mourrait, on ne renaîtrait pas, mais on atteindrait la libération de l'état spirituel du nirvana. Telle est donc la «Voie Médiane» que le Bouddha trouva entre l'attachement servile aux biens matériels et aux relations personnelles, et l'extrême ascétisme pratiqué par les Jaïns de son temps.

Dharma Wheel
Roue du Dharma
saamiblog (CC BY)

Il nomma ses enseignements le Dharma ce qui, dans ce cas, signifie «loi cosmique», différant de l'Hindouisme qui définit le même terme comme «devoir». On pourrait, cependant, interpréter le Dharma de Bouddha comme un «devoir», en ce qu'il croyait que chacun avait le devoir vis à vis de lui-même d'assumer la responsabilité de sa vie, que chaque individu était finalement responsable de combien il voulait souffrir - ou pas, et que chacun finalement, pouvait avoir le contrôle de sa vie. Il écarta la croyance en un dieu créateur comme étant sans rapport avec la vie des êtres humains. Ce dieu serait de plus contributeur à la souffrance, en ce sens qu'on ne peut pas connaître la volonté de Dieu, et croire en lui ne peut que conduire à la frustration, à la déception et à la douleur. Aucun dieu n'est requis pour suivre le Sentier Octuple; tout ce dont on a besoin, c'est de s'engager à assumer l'entière responsabilité de ses propres actes et de leurs conséquences.

Écoles et Pratiques

Bouddha continua à prêcher son Dharma pendant le reste des 80 ans de sa vie, mourant finalement à Kushinagar (Uttar Pradesh, Inde). Il dit à ses disciples qu'après sa mort, ils ne devraient pas avoir de chef, et qu'il ne voulait en aucun cas être vénéré. Il demanda que sa dépouille soit inhumée dans un stupa et placée à un carrefour. Cela ne s'est cependant pas produit car ses disciples avaient leurs propres idées, et ainsi ses restes furent déposés dans huit (ou dix) stupas dans différentes régions correspondant à des événements importants de sa vie. Ils choisirent également un chef car ils souhaitaient continuer son travail, et ainsi, comme le font les hommes, ils tinrent des conseils et des débats et instaurèrent des règles et des règlements.

Au Premier Concile, vers 400 AEC, les enseignements et la discipline monastique furent décidés et codifiés. Au Second Concile en 383 AEC, un différend sur les proscriptions dans la discipline monastique conduit au premier schisme entre l'école Sthaviravada ("Enseignement des Anciens"), qui plaidait pour le respect des dites interdictions, et l'école Mahasanghika ("Grande Congrégation"), qui représentait la majorité et rejetait les interdictions. Ce schisme devait finalement aboutir à l'établissement de trois écoles de pensée différentes:

  • le Bouddhisme Theravada (La Doctrine des Anciens)
  • le Bouddhisme Mahayana (Le Grand Véhicule)
  • le Bouddhisme Vajrayana (La Voie du Diamant)

Le Bouddhisme Theravada (appelé Hinayana, "Petit Véhicule", par les bouddhistes Mahayana, mais ce terme est considéré comme péjoratif par les Theravada) prétend pratiquer la croyance telle qu'elle fut enseignée à l'origine par Bouddha. Les adeptes suivent les enseignements en langue pali et se concentrent sur l’objectif de devenir arhat ("saint"). Cette école se caractérise par l'attention portée sur l'illumination individuelle.

Le Bouddhisme Mahayana (qui comprend le bouddhisme Zen) suit les enseignements en sanskrit, et les adeptes s'efforcent de devenir Bodhisattva ("être d'illumination"), quelqu'un qui comme Bouddha, a atteint la pleine conscience, mais renonce à la paix du nirvana afin d'aider les autres à quitter leur ignorance. Le Bouddhisme Mahayana est la forme la plus populaire pratiquée aujourd'hui, elle prétend également suivre fidèlement les enseignements du Bouddha.

The Spread of Buddhism
La propagation du bouddhisme
Be Zen (CC BY-NC-SA)

Le Bouddhisme Vajrayana (également connu sous le nom de Bouddhisme Tibétain) se passe du concept d'avoir à s'engager dans la discipline bouddhiste et à changer de style de vie pour commencer une marche sur le Sentier Octuple. Cette école défend la croyance illustrée par la phrase Tat Tvam Asi ("tu es cela") que l'on est déjà un Bodhisattva, on doit seulement le réaliser, en prendre conscience. Il n'est donc pas nécessaire d'abandonner les attachements malsains au début de sa marche, mais plutôt de continuer sur le chemin, et ces attachements deviendront de moins en moins attirants. Comme pour les autres écoles, le Vajrayana prétend également qu'il est le plus fidèle à la vision originale du Bouddha.

Les trois écoles adhèrent aux Quatre Nobles Vérités et au Sentier Octuple, comme le font les nombreuses autres écoles mineures, et aucune n'est objectivement considérée comme plus légitime que les autres bien que, évidemment, les adeptes de chacune ne seraient pas d'accord sur ce point.

Conclusion

Le Bouddhisme est demeuré une école de pensée philosophique mineure en Inde jusqu'au règne d'Ashoka qui, après la guerre de Kalinga (vers 260 AEC), renonca à la violence et a embrassa le Bouddhisme. Ashoka répandit dans toute l'Inde le Dharma (sanskrit), ou Dhamma (pali), du Bouddha, ce qui signifie "miséricorde, charité, vérité, et pureté" (Keay, 95). Il fit exhumer et ré-inhumer les restes du Bouddha dans 84 000 stupas à travers le pays, avec des édits encourageant la vision bouddhiste. Il envoya également des missionnaires dans d'autres pays, dont Sri Lanka, la Chine, la Thaïlande, la Grèce, pour diffuser le message de Bouddha.

Le bouddhisme est devenu plus populaire au Sri Lanka et en Chine qu'il ne l'avait jamais été en Inde, et il s'est répandu plus loin encore, à partir des temples établis dans ces pays. L'art bouddhiste, incluant des représentations anthropomorphiques de Bouddha lui-même, a commencé à apparaître dans les deux pays entre le 2ème et le 1er siècle AEC. Les premiers artistes, à l'époque d'Ashoka, s'étaient abstenus de représenter Bouddha et ne suggéraient sa présence qu'à travers des symboles, mais de plus en plus, les sites bouddhiques incluèrent des statues et des images de lui, une pratique initiée par une secte de l'école Mahasanghika.

Avec le temps, ces statues sont devenues des objets de vénération. Les bouddhistes ne «vénèrent» pas le Bouddha, d'une certain façon il le font, du fait que la statue représentant le Bouddha devient non seulement un point focal pour se concentrer sur son propre chemin, mais aussi une manière d'exprimer sa gratitude envers le Bouddha. De plus, celui qui devient un Bouddha (et, selon le bouddhisme Mahayana, tout le monde le peut) devient une sorte de «dieu» en ce qu'il a transcendé la condition humaine et mérite donc une reconnaissance particulière pour cet accomplissement. De nos jours, on compte plus de 500 millions de bouddhistes pratiquants dans le monde, chacun suivant sa propre compréhension du SentierOctuple, et continuant à diffuser le message que chacun doit seulement souffrir dans la vie autant qu’il veut, et en même temps, qu’il existe une voie qui mène à la paix.

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Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2020, septembre 25). Bouddhisme [Buddhism]. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11144/bouddhisme/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Bouddhisme." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. modifié le septembre 25, 2020. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11144/bouddhisme/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Bouddhisme." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 25 sept. 2020. Web. 24 oct. 2021.