Sargon d'Akkad

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Jerome Couturier
publié le 02 septembre 2009
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Texte original en Anglais : Sargon of Akkad

Akkadian Ruler (by Sumerophile, Public Domain)
Souverain Akkadien
Sumerophile (Public Domain)

Sargon d'Akkad (règne 2334-2279 av. JC) était le roi de l'Empire Akkadien de Mésopotamie, premier empire multinational de l'histoire, qui unifia les royaumes disparates de la région sous une autorité centrale. Il est également célèbre aujourd'hui en tant que père de la grande prêtresse et poétesse Enheduanna (2285-2250 av. JC), premier auteur connu par son nom dans l'histoire.

Sargon (également connu comme Sargon le Grand, Shar-Gani-Sharri et Sarru-Kin, signifiant 'Vrai Roi' ou 'Roi Légitime') naquit fils illégitime d'une femme d'origine inconnue, qui pourrait avoir été une prêtresse du temple de la déesse Inanna (dont le clergé était androgyne), et, selon la Légende de Sargon (tablette d'argile en cunéiforme censée relater sa biographie), il ne connut jamais son père. Sa mère ne pouvant révéler sa grossesse ni garder l'enfant, elle le laissa partir à la dérive dans un panier sur l'Euphrate, où il fut retrouvé plus tard par un homme nommé Akki, jardinier d'Ur-Zababa, roi de la ville sumérienne de Kish. Après ces débuts très modestes, Sargon s'éleva pour conquérir toute la Mésopotamie.

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L'Empire Akkadien fut la première entité politique à faire un usage intensif et efficace de la bureaucratie et de l'administration à grande échelle, et qui établit le modèle des futurs souverains et royaumes. Son histoire était connue depuis longtemps dans toute la Mésopotamie où, avec le temps, il fut considéré comme le plus grand homme qui ait jamais vécu, célébré avec son petit-fils Naram-Sin dans des récits glorieux jusqu'à l'Empire Perse.

L'historien Paul Kriwaczek résume l'impact de Sargon sur les générations suivantes en Mésopotamie, écrivant que "pendant au moins 1 500 ans après sa mort, Sargon le Grand, fondateur de l'Empire Akkadien, fut considéré comme une figure demi-sacrée, le saint patron de tous les empires suivants du royaume mésopotamien" (111). Malgré cela, on ne sait pas d'où il venait, ni même son véritable nom.

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Jeunesse et Montée au Pouvoir

`Sargon' n'était pas son nom de naissance mais le nom de trône qu'il s'était choisi. Il s'agit d'un nom sémite, et non sumérien, et il est donc généralement admis qu'il était Sémite. On ne sait rien de certain sur la naissance ou les jeunes années de Sargon. En fait, bien que son nom fût l'un des plus célèbres de l'Antiquité, il resta inconnu du monde moderne jusqu'en 1870, date à laquelle l'archéologue Sir Henry Rawlinson publia la Légende de Sargon qu'il avait trouvée dans la bibliothèque d'Assurbanipal lors de fouilles à Ninive en 1867. La Légende de Sargon dit :

Ma mère était d'origine inconnue, et je n'ai pas connu mon père,

Le frère de mon père aimait les collines,

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Ma maison était sur les hauts plateaux, là où poussent les herbes.

Ma mère me conçut en secret, elle me donna naissance cachée.

Elle me mit dans un panier de joncs,

Elle scella le couvercle avec du goudron.

Elle me lança sur le fleuve, mais il ne me recouvrit pas,

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L'eau me porta jusqu'à Akki, le puiseur d'eau.

Il me souleva en plongeant sa jarre dans le fleuve,

Il me prit comme son fils, il m'éleva,

Il fit de moi son jardinier. (Bauer, 95)

BIEN QUE SON NOM FÛT PARMI LES PLUS CÉLÈBRES DE L'ANTIQUITÉ, SARGON RESTA INCONNU DU MONDE MODERNE JUSQU'EN 1870.

Akki adopta le garçon et l'éleva comme son propre fils. Sargon prit de l'importance à la cour et devint l'échanson du roi. L'historienne Susan Wise Bauer note que "les anciens échansons n'étaient pas de simples majordomes. Les inscriptions sumériennes ne décrivent pas les fonctions de l'échanson, mais en Assyrie, peu de temps après, l'échanson était le second après le roi" (97).

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En sa qualité d'échanson, Sargon avait la confiance du roi, mais celle-ci fut mise à l'épreuve lorsqu'un roi voisin, Lugal-zagesi d'Umma, se lança dans une campagne militaire de conquête de la région. La Mésopotamie antique (comme la Grèce antique) était parsemée de nombreuses petites cités-états qui se disputaient toutes pour des territoires fertiles et de l'eau.

Lugal-zagesi d'Umma fit marcher son armée dans la région de Sumer et conquit les cités-états une à une, les réunissant toutes sous son autorité. Il devait être le premier roi sumérien à réaliser cela sur une large étendue, et le dernier roi sumérien avant la montée d'Akkad. Il semblait avoir accepté auparavant de laisser Kish tranquille mais, après avoir conquis Uruk, il décida de passer à Kish. Bauer écrit comment: "Ur-Zababa, apprenant que l'armée du conquérant s'approchait de sa ville, prit tellement peur qu'il 'aspergea ses jambes' " (97). Il était devenu méfiant de Sargon et, bien que rien ne semble indiquer que l'échanson lui en ait donné la raison, il décida de l'envoyer ostensiblement à Lugal-zagesi avec une offre de paix.

On ne sait pas si Ur-Zababa inclut réellement dans le message des termes et des conditions; ce que l'on sait, c'est que le message demandait à Lugal-zagesi de tuer Sargon dès sa réception. Pour quelque raison, Lugal-zagesi refusa d'obtempérer et invita Sargon à le rejoindre. Ensemble, ils marchèrent sur Kish et prirent la ville facilement. Ur-Zababa s'échappa et se cacha.

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Ce qui se passa ensuite n'est pas clair en raison des nombreuses légendes qui grandirent autour de la vie et du règne de Sargon au fil des siècles. Il est possible qu'il ait eu une liaison avec la femme de Lugal-zagesi à ce moment-là, ou qu'il ait été envoyé en mission qu'il tourna en un premier engagement de sa propre conquête de la région. Quoi qu'il se soit passé entre lui et Lugal-zagesi, ils furent aussi rapidement antagonistes qu'ils avaient été alliés.

Sargon marcha sur Uruk et prit la ville. Lugal-zagesi fit marcher son armée depuis Kish pour affronter Sargon en bataille, et il fut vaincu. Sargon l'enchaîna alors, lui passa une corde autour du cou et l'emmena dans la ville de Nippur, consacrée au dieu Enlil en qui Lugal-zagesi s'était confié, et le força à défiler dans l'humiliation par la porte d'Enlil. Sargon choisit la déesse Ishtar (Inanna) comme protectrice divine et, après avoir écarté Ur-Zababa et Lugal-zagesi, se proclama roi de Kish et soumit rapidement la région de Sumer.

Map of the Akkadian Empire
Carte de l'Empire Akkadien
Nareklm (GNU FDL)

Campagnes Militaires et Construction de l'Empire

Lorsque Sargon renversa Lugal-zagesi et prit le pouvoir, il obtint un royaume déjà uni qu'il put utiliser à son avantage dans les campagnes militaires pour établir le premier empire sur toute la Mésopotamie. Il fut peut-être aidé en cela par sa propre légende qui établissait ses origines modestes. Comme à des époques postérieures et dans d'autres cultures jusqu'à aujourd'hui, les distinctions de classe dans les cités sumériennes avaient mené à un ressentiment croissant de la classe inférieure vis à vis de l'élite. Les citoyens les plus riches pouvaient s'approprier autant de terres qu'ils le souhaitaient et les classes inférieures se sentaient régulièrement privées de leurs droits.

Le récit des humbles débuts de Sargon en tant que jardinier dut séduire les nombreux Sumériens de la classe ouvrière qui purent voir en lui un libérateur et un réformateur. Cependant, les cités-états et leur élite dirigeante eurent du mal à accepter Sargon avec grâce et soumission immédiatement après son accession au pouvoir; elles se rebellèrent contre leur nouveau souverain et le forcèrent à prouver sa légitimité en tant que roi par la puissance militaire.

Après avoir conquis Sumer, il construisit une nouvelle ville ou rénova une ancienne, Akkad (ou Agade), sur les rives de l'Euphrate. Il s'agit là d'une rupture totale avec les précédents, dans la mesure où, avant, le roi d'une ville existante en conquérait une autre pour la gloire de sa ville natale et pour les ressources qui devenaient disponibles. Sargon, quant à lui, ne conquérait pas pour une ville, mais juste pour lui-même et, une fois qu'il eut le contrôle de la région, il construisit sa propre ville pour profiter des bénéfices de la conquête. Non content de ce qu'il avait accompli jusqu'alors, il repartit en campagne. Bauer écrit :

Avec la plaine mésopotamienne sous son contrôle, Sargon entreprit de construire un empire qui s'étendait au-delà de la Mésopotamie. Il mena ses soldats de campagne en campagne : 'Sargon, le roi de Kish', lit-on sur l'une de ses tablettes, 'triompha dans trente-quatre batailles'. Il traversa le Tigre et s'empara des terres des Élamites. Il se dirigea vers le nord jusqu'à la ville de Mari, dont il s'empara, puis s'enfonça encore davantage dans les terres d'une autre tribu sémitique, plus sauvage et plus nomade que ses propres Akkadiens, les Amorrites, qui s'étendaient sur le territoire situé à l'ouest de la mer Caspienne. Remontant le Tigre, il atteignit et conquit la petite ville septentrionale d'Assur... Il se rendit ensuite encore plus au nord et affirma sa domination sur la tout aussi petite ville de Ninive... Sargon a peut-être même envahi l'Asie mineure. (101)

Il prit peut-être aussi Chypre, et il prétend avoir marché jusqu'à la Mer Méditerranée et envoyé des navires jusqu'en Inde pour faire du commerce. Il parcourut la Mésopotamie à la conquête de cités-états les unes après les autres, et étendit son empire jusqu'au Liban et aux montagnes du Taurus en Turquie, et il alla encore plus loin. Il institua des pratiques militaires consistant à combiner différents types de forces de combat dans des formations plus souples (pour permettre une plus grande mobilité et adaptabilité sur le terrain) qui devinrent la norme jusqu'à l'époque d'Alexandre le Grand. Il balaya le pays avec son armée jusqu'à avoir formé le premier empire du monde. Kriwaczek écrit :

Il y avait déjà eu des héros mésopotamiens auparavant, bien sûr. Les rois fameux de la première époque d'Uruk, comme Gilgamesh et son père Lugalbanda, étaient les protagonistes d'une série de contes fantastiques et de récits d'actes extravagants qui devinrent des piliers du canon littéraire sumérien et furent copiés et recopiés dans les écoles d'écriture et les scriptoria des palais pendant des siècles, parfois des millénaires. Mais ils appartiennent à l'âge de la mythologie plutôt qu'à celui de la légende héroïque; ils racontaient des relations intimes avec les dieux, des combats contre des monstres effrayants, la recherche de l'immortalité et des aventures extraordinaires dans l'autre monde. Avec l'arrivée de Sargon, de ses fils et de ses petits-fils, les récits ne devinrent pas nécessairement plus crédibles, mais au moins centrés sur l'ici et maintenant de la vie terrestre. (113)

Inscription of the Birth of King Sargon of Akkad
Inscription sur la Naissance du Roi Sargon d'Akkad
Osama Shukir Muhammed Amin (CC BY-NC-SA)

L'Empire Akkadien

Former un empire est une chose, mais le faire fonctionner en est une autre. Mais Sargon se montra aussi capable dans l'administration que dans la conquête militaire. Afin de maintenir sa présence dans tout son empire, Sargon plaça stratégiquement ses meilleurs hommes de confiance aux postes de pouvoir dans les différentes villes. Les "Citoyens d'Akkad", comme les appelle un texte babylonien ultérieur, étaient les gouverneurs et les administrateurs de plus de 65 villes.

L'une de ses inscriptions dit : "De la mer du haut à la mer du bas, les fils d'Akkad tinrent les chefferies de ses villes". Et Bauer note comment "dans ce royaume, les Sumériens se retrouvèrent rapidement à vivre comme des étrangers dans leurs propres villes... Lorsque Sargon s'emparait d'une ville, celle-ci devenait une forteresse akkadienne, dotée de fonctionnaires akkadiens et de troupes akkadiennes en garnison (99). En plaçant des fonctionnaires de confiance, Sargon mit les différentes régions sous un contrôle plus serré.

Sargon plaça aussi habilement sa fille, Enheduanna, comme Grande Prêtresse d'Inanna à Ur, et à travers elle, il semble avoir pu manipuler à distance les affaires religieuses, politiques et culturelles. Enheduanna est reconnue aujourd'hui comme le premier écrivain dont on connaisse le nom et, d'après ce que l'on sait de sa vie, elle semble avoir été une administratrice de compétence et de pouvoir, en plus de ses talents littéraires.

La stabilité apportée par cet empire donna lieu à la construction de routes, à l'amélioration de l'irrigation, à l'extension de la sphère d'influence commerciale, ainsi qu'au développement des arts et des sciences. L'Empire Akkadien créa le premier système postal où des tablettes d'argile inscrites en cunéiforme akkadien étaient emballées dans des enveloppes d'argile marquées du nom et de l'adresse du destinataire, et du sceau de l'expéditeur. Ces lettres ne pouvaient être ouvertes que par la personne à qui elles étaient destinées, car il n'y avait pas de moyen d'ouvrir l'enveloppe d'argile autre qu'en la brisant, ce qui garantissait le caractère privé de la correspondance.

Sargon normalisa aussi les poids et mesures utilisés dans les échanges et le commerce quotidien, mit en place un système d'imposition équitable pour toutes les classes sociales et s'engagea dans de nombreux projets de construction tels que la restauration de Babylone (qu'il fonda, selon certaines sources, bien que cette affirmation ait été contestée à plusieurs reprises). Il créa aussi, entraîna et équipa une armée à plein temps - du moins dans la ville d'Akkad - où, comme le dit une inscription, 5 400 soldats "mangeaient quotidiennement du pain" avec le roi. Bien qu'il ne semble pas s'agir du type d'armée professionnelle créée plus tard par le roi assyrien Teglath-Phalasar III (car il semble qu'elle ne fonctionnait pas toute l'année et qu'elle n'était pas maintenue en état de mobilisation permanent), il s'agissait d'un grand progrès par rapport aux armées du passé constituées de conscrits non volontaires.

Malgré ces améliorations de la vie des citoyens de Mésopotamie, le peuple se rebellait toujours contre la domination akkadienne. Tout au long de sa vie, Sargon devait être confronté à des soulèvements, les cités-états affirmant leur autonomie et se soulevant contre l'empire. Cependant, avec le temps, les difficultés rencontrées sous le règne de Sargon furent oubliées et l'on ne se souvint que de ses exploits héroïques et de 'l'Âge d'0r' des Akkadiens. Pendant les 3 000 ans qui suivirent, les Babyloniens raconteraient les histoires des rois qui s'opposèrent à Sargon d'Akkad et ses glorieuses victoires, citant les propres mots de Sargon dans sa prétendue autobiographie :

Quand j'avais 55 ans, tous les pays se révoltèrent contre moi, ils m'assiégèrent à Agade, mais le vieux lion avait encore des dents et des griffes, je suis parti au combat et je les ai vaincus: je les ai renversés et j'ai détruit leur vaste armée. Maintenant, tout roi qui veut se dire mon égal, où que j'aie été, qu'il y aille !

Selon la Liste Royale Sumérienne, Sargon régna pendant 56 ans et mourut âgé et de cause naturelle. S'il avait semblé plus grand que nature à son peuple pendant son règne, il acquit un statut presque divin dans la mort. Kriwaczek écrit :

Jusqu'à présent, la civilisation se basait sur la croyance que l'humanité avait été créée par des dieux pour leurs propres besoins. Les villes, dépositaires de la civilisation, étaient des fondations divines, ayant commencé, on le devine, comme des centres de pèlerinage sacrés. Chaque ville était la création et la demeure d'un dieu particulier. C'est comme si la 'vraie vie' était celle vécue par les dieux dans le royaume divin, tandis que ce qui se passait ici-bas n'était qu'un spectacle secondaire insignifiant. L'ère de Sargon et de Naram-Sin changea tout cela, déplaça le centre d'intérêt vers le monde humain. Elle introduisit une nouvelle conception du sens de l'univers : une conception qui fait des personnes plutôt que des dieux les principaux sujets de l'histoire mésopotamienne. L'humanité était désormais aux commandes. Les hommes - et les femmes - devinrent les maîtres de leur propre destin. Bien sûr, les gens étaient toujours pieux, offraient des sacrifices aux temples, offraient des libations, accomplissaient les rites, invoquaient les noms des dieux à chaque occasion. Mais la piété de l'époque avait désormais une toute autre tonalité. (119)

Birth of Sargon of Akkad
Naissance de Sargon d'Akkad
Jastrow (Public Domain)

Légende et Héritage

Les légendes qui grandirent autour de Sargon et de sa dynastie étaient encore écrites, copiées et jouées dans les derniers jours de l'Empire Assyrien (612 av. JC), et la célèbre tête en cuivre de Sargon (trouvée en 1931 à Ninive, ce qui montre clairement son importance pour les Assyriens) est l'une des œuvres les plus immédiatement reconnaissables de l'art mésopotamien. L'histoire du bébé déposé dans un panier sur la rivière, qui est recueilli par la noblesse et qui grandit pour devenir un grand chef de son peuple, fut utilisée avec beaucoup d'effet par le scribe hébreu qui l'emprunta pour écrire le Livre biblique de l'Exode et l'histoire du héros Moïse.

L'histoire de Sargon est le conte du héros qui s'élève partant d'obscurs débuts pour sauver son peuple. Il n'est pas certain que ceux qui vécurent sous son règne l'aient considéré comme ce genre de sauveur, compte tenu du nombre de rébellions qu'il dut mater, mais pour ceux qui vinrent après lui, ceux qui vécurent sous l'occupation des Gutis (décrits par l'érudit Samuel Noah Kramer comme démoralisants, destructeurs et comme "une horde impitoyable et barbare"), lui et sa dynastie représentaient l'âge glorieux des rois-héros, désormais révolu.

On pense que l'histoire de Sargon incita les Sumériens à se soulever et à se débarrasser de la domination oppressive des Gutis vers 2046 av. JC. Sous les rois sumériens Utu-hegal et Ur-Nammu, les Gutis furent chassés de Sumer, ce qui permit l'épanouissement de ce que l'on appelle la Renaissance Sumérienne (2047-1750 av. JC). Les grands rois sumériens de la période Ur III, Ur-Nammu (règne 2047-2030 av. JC) et Shulgi d'Ur (règne 2029-1982 av. JC) modelèrent tous deux leur image publique sur celle de Sargon et Naram-Sin.

Après la mort de Sargon, l'empire passa à son fils Rimush, qui dut endurer ce que son père avait enduré et réprimer des rébellions qui contestaient sa légitimité. Rimush régna pendant neuf ans et, à sa mort, la royauté passa à l'autre fils de Sargon, Manishtusu, qui régna pendant les quinze années suivantes. Bien que les deux fils aient bien gouverné, l'apogée de l'Empire Akkadien fut atteint sous le petit-fils de Sargon, Naram-Sin. Pendant son règne, l'empire se développa et a prospéra au-delà des frontières que Sargon avait lui-même atteintes. Après sa mort, son fils Shar-Kali-Sharri devint souverain et, à cette époque, l'empire commença à se désagréger, les cités-états se séparant pour former leurs propres royaumes indépendants.

Shar-Kali-Sharri mena une guerre presque continuelle contre les Elamites, les Amorrites et les envahisseurs Gutis tout en essayant de maintenir l'empire, mais celui-ci finit par s'effondrer. L'invasion guti fut le plus souvent attribuée à l'effondrement de l'Empire Akkadien et à l'âge sombre de la Mésopotamie qui s'ensuivit. C'était certainement le point de vue des auteurs mésopotamiens postérieurs qui décrivirent les Gutis comme des destructeurs de la civilisation.

Des études récentes suggèrent cependant que c'est très probablement un changement climatique qui provoqua une famine et, peut-être, une perturbation du commerce, affaiblissant l'empire au point que le type d'invasions et de rébellions qui étaient facilement affrontées et réprimées dans le passé ne pouvaient plus être gérées aussi efficacement. Il est fait allusion à une famine dans un ouvrage ultérieur connu sous le nom de La Malédiction d'Akkad (vers 2047-1750 av. JC) qui raconte la destruction d'Akkad par la volonté des dieux. Qu'il s'agisse de famine, d'invasion, de la colère des dieux ou des trois, la ville d'Akkad tomba, les grands rois disparurent, et l'empire entra dans les légendes qui devaient être racontées, répétées, écrites et copiées jusqu'à ce que les histoires de ce qui fut jadis soient tout ce qui reste de l'Empire Akkadien de Sargon le Grand.

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Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2009, septembre 02). Sargon d'Akkad [Sargon of Akkad]. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-625/sargon-dakkad/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Sargon d'Akkad." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. modifié le septembre 02, 2009. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-625/sargon-dakkad/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Sargon d'Akkad." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 02 sept. 2009. Web. 27 oct. 2021.