Bien que la poésie de Phillis Wheatley ait trouvé un lectorat dès sa publication, elle ne fut pas bien accueillie par tout le monde. Certains, dont notamment Thomas Jefferson ( 1743-1826), qualifièrent son travail de simple "imitation" car, selon la pensée dominante de l’époque, les Noirs étaient incapables de la "pensée éclairée" indispensable à la poésie.
Il était impossible qu’une société esclavagiste puisse reconnaître que les Noirs étaient égaux en tous points aux Blancs tout en maintenant leur asservissement. De nombreux arguments pseudo-scientifiques et religieux en faveur de l’esclavage furent largement diffusés pour "prouver" que les Noirs étaient naturellement inférieurs aux Blancs et que, par conséquent, l’esclavage avait été ordonné par Dieu pour que les Noirs "simplets" puissent être "pris en charge" correctement par les Blancs, leurs maîtres "bienveillants".
Phillis Wheatley (vers 1753-1784) défia cette croyance, d’abord en 1770 avec son poème populaire sur le révérend George Whitefield, puis avec la publication de ses Poems on Various Subjects, Religious and Moral (Poèmes sur divers sujets, religieux et moraux) en 1773. L’universitaire Oscar Reiss commente:
Le livre a fait l’objet de critiques en Angleterre et toutes étaient positives. Les critiques ont été impressionnés par ses connaissances mythologiques et littéraires ainsi que par sa piété. Certains ont écrit qu’il était nécessaire d’acquérir de nouveaux regards sur les capacités mentales des Noirs. Le livre n’était pas considéré comme une œuvre de génie. Cependant, ils étaient impressionnés que Phyllis n’ait été initiée à la langue anglaise que 16 mois auparavant. En Angleterre, il était commun de croire que les "personnes nées près du soleil" étaient plus médiocres que celles élevées dans des climats plus froids. L'œuvre de Wheatley a incité de nombreux Anglais à porter un autre regard sur les Africains.
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Néanmoins, cela n’eut pas le même effet sur Thomas Jefferson (futur troisième président des États-Unis, de 1801 à 1809) qui, en tant que colon britannique de la Virginie esclavagiste, rejeta la poésie de Wheatley en avançant qu’il ne s’agissait rien de plus que ce que l’on peut attendre d’un enfant imitant les mots et le comportement d’un adulte. Jefferson ne consacre pas beaucoup d’espace à Wheatley dans ses Notes on the State of Virginia (Notes sur l’État de Virginie, 1785), mais son rejet de son œuvre, ainsi que ses commentaires sur les différences raciales en général, ont encouragé les esclavagistes lui succédant à maintenir et à défendre l’infériorité des Noirs aux États-Unis.
L’ascension de Wheatley vers la célébrité
Phillis Wheatley (vers 1753-1784), une Afro-Américaine esclave à Boston, se fit connaître pour la première fois en septembre 1770 grâce à son poème On the Death of the Reverend Mr. George Whitefield (À la mort du révérend M. George Whitefield), publié sous forme de plaquette à Boston, puis réimprimé au moins neuf fois à Boston, Londres, Newport (Rhode Island), New York et Philadelphie. Le poème célébrait la vie et les enseignements du célèbre évangéliste George Whitefield ( 1714-1770), une figure populaire, quoique controversée.
Ce poème est généralement considéré comme étant sa première publication, car un poème antérieur, On the Affray in King Street, on the Evening of 5 March (À propos de l’échauffourée survenue à King Street, dans la soirée du 5 mars), publié en mars 1770 et traitant du massacre de Boston du 5 mars 1770, n’était pas signé. Wheatley, encouragée par la publication de son œuvre, continua à écrire et publia Poems on Various Subjects (Poèmes sur divers sujets) à Londres en 1773.
Le livre comprend une lettre de son maître, John Wheatley, attestant de sa qualité d’autrice, ainsi que des témoignages d’éminents Bostoniens blancs qui l’avaient traduite en justice en 1772 pour l’interroger sur le fait qu’elle avait bien écrit les poèmes publiés sous son nom. Wheatley a défendu avec succès sa paternité et la décision du tribunal influença les témoignages.
Comme le note Reiss, le livre a été bien accueilli par la communauté littéraire britannique et, lorsqu’il a été publié dans les colonies d’Amérique du Nord, il a connu le même succès. Pourtant, même avec sa préface qui contient des témoignages de gentlemen blancs distingués, Poems on Various Subjects n’a pas réussi à convaincre tout le monde qu’une femme noire pouvait écrire de la poésie, et encore moins de la poésie d’une telle profondeur et d’une telle qualité lyrique.
La critique de Jefferson
La critique de Thomas Jefferson à l’égard de Wheatley est bien connue. Elle apparaît fréquemment dans la plupart des articles la concernant et se lit en partie comme suit:
La religion a certes produit une Philis Wheatley, mais elle n’a pas pu produire un poète. Les compositions publiées en son nom sont en dessous de la dignité de la critique.
(Notes on the State of Virginia, Query XIV, cité dans Waldstreicher, 307)
Jefferson fait ici référence à l’approbation critique de la piété de Wheatley telle qu’elle apparaît dans son œuvre. La dévotion religieuse, suggère-t-il, peut inspirer une forme d’expression à un écrivain noir, mais celle-ci ne peut être considérée comme de la "poésie" puisque, selon lui et beaucoup d’autres, les Noirs sont incapables de produire de telles œuvres. L’universitaire David Waldstreicher commente:
Wheatley n’occupe que quelques lignes au centre de la longue défense de Jefferson contre les Américains sur leur point le plus faible, en tant qu’esclavagistes. Mais dans un sens, tout tourne autour d’elle, un sujet rendu nécessaire par sa célébrité. Elle devient une preuve préjudiciable essentielle. Si elle n’est pas poétesse, si elle n’est qu’un perroquet pieux, si elle est risible, alors il en va de même pour toute représentation de la Virginie ou des États-Unis comme une étrange province tropicale indigne d’un engagement ou d’un soutien international en raison de son esclavage barbare ou de son hypocrisie. La rapidité du rejet est rhétorique, délibérément exagérée et essentielle à l’argumentation douteuse. Pour Jefferson, ses poèmes deviennent uniquement religieux afin de souligner leur manque de vertus classiques ou modernes. Leur rapport au génie est celui de ceux qui peuplent les simulacres d’épopées aux vrais sujets héroïques.
(307)
Notes on the State of Virginia fut écrit en 1781 et 1783 mais, comme le note Waldstreicher, ne fut publié sous sa forme définitive qu’en 1785, un an après la mort de Wheatley, alors qu’elle ne pouvait plus se défendre. À l’époque, l'ouvrage a influencé de manière significative l'opinion des Européens sur les États-Unis. Mais, plus important encore, il a fourni aux écrivains racisés ultérieurs un paradigme d'argumentation en faveur de l'esclavage et de la supériorité raciale des Blancs.
Des échos, et parfois des paraphrases directes, des lignes de Jefferson sur la suprématie des Blancs apparaissent dans le texte de T. R. Dew : A Review of the Debate in the Virginia Legislature of 1831 and 1832 (Une critique du débat dans la législature de Virginie de 1831 et 1832). Ce texte a été écrit par Thomas Roderick Dew (1802-1846), alors professeur d’histoire et de droit politique au collège de William et Mary à Williamsburg, Virginie, en réponse à l’examen par la législature de l’émancipation des esclaves de l’État à la suite de la révolte de Nat Turner d’août 1831. Le travail de Dew mit fin à tout débat sur l’émancipation des esclaves en Virginie et l’esclavage se poursuivit jusqu’à son abolition par le treizième amendement en 1865.
Wheatley n’apparaît pas dans le texte de Dew, mais l’argumentation de Jefferson façonne l’ensemble de celui-ci. Jefferson était en réalité opposé à l’esclavage et considérait qu’il s’agissait d’une pratique inutile. Cependant, cette opposition était d’ordre économique et non moral. L’auteur de la Déclaration d’indépendance n’a jamais voulu dire que "tous les hommes sont créés égaux", mais seulement ceux qui lui ressemblaient et partageaient le même statut social. La poésie de Wheatley remettait en question les convictions fondamentales de Jefferson sur la race, largement répandues à l’époque, et constituait donc une menace qu’il fallait neutraliser.
Aujourd’hui, les Notes on the State of Virginia de Jefferson sont régulièrement rejetées par les universitaires, qui les considèrent comme un argumentaire promotionnel raciste adressé aux nations européennes dans le but de gagner leur respect. À l’inverse, l’œuvre de Phillis Wheatley est très appréciée et est reconnue comme faisant partie des plus grands poètes de l’histoire des États-Unis.
Poèmes
Les œuvres suivantes sont extraites de Poems on Various Subjects, Religious and Moral (Poèmes sur divers sujets, religieux et moraux, 1773) tel que publié dans Phillis Wheatley, Complete Writings (Phillis Wheatley, Œuvres complètes), dont l’introduction est écrite par son éditeur Vincent Carretta (2001), sauf le poème Reply to the Constitution (Réponse à la Constitution) qui provient de The Odyssey of Phillis Wheatley: A Poet’s Journey Through American Slavery and Independence (L’Odyssée de Phillis Wheatley: Le voyage d’une poétesse à travers l’esclavage et l’indépendance américaine, 2024) par David Waldstreicher.
Les trois premiers (On the Death of the Reverend Mr. George Whitefield, On Being Brought from Africa to America, et To S.M a Young African Painter, On Seeing His Works) sont connus et souvent inclus dans des anthologies. Il est généralement admis que To S.M. fut écrit pour l’artiste Scipio Moorhead (actif en 1773-1775) qui créa la célèbre couverture de Poems on Various Subjects.
Reply to the Constitution (Réponse à la Constitution) fait partie des œuvres "attribuées de manière incertaine" à Wheatley car, bien que clairement écrites dans son style et avec son même penchant pour les allusions littéraires, elles ont été publiées sans être signées.
Reply to the Constitution ne fait pas référence à la Constitution des États-Unis, mais à un poème, The Constitution (La Constitution), publié par un auteur anonyme dans l’Independent Chronicle de Boston en 1778. The Constitution, rédigée en réponse aux suggestions visant à ce que la Constitution du Massachusetts interdise l’esclavage, plaide en faveur de son maintien ainsi que de celui des barrières de classe et de race. La réponse de Wheatley, également publiée anonymement la même année, remet en question ces affirmations et constitue l’une de ses condamnations les plus directes de l’institution de l’esclavage.
On the Death of the Reverend Mr. George Whitefield (À la mort du révérend M. George Whitefield)
Ave, saint heureux, sur ton trône immortel,
Possédant gloire, vie et félicité inconnues;
Nous n’entendons plus la musique de ta langue,
Tes auditeurs habituels cessent d’affluer.
Tes sermons s’écoulaient d’emphases inégalées,
Et toutes les poitrines brillaient de dévotion;
Tu as, par des efforts d’éloquence raffinée,
Enflammé le cœur et captivé l’esprit.
Malheureux, nous déplorons le soleil couchant,
Si glorieux jadis, mais ah ! Il ne brille plus.
Admirez le prophète dans son envol majestueux!
Il quitte la terre pour les hauteurs infinies du Ciel,
Et des mondes inconnus le dérobent à notre vue.
Voilà Whitefield qui s’envole à vive allure,
Et vogue vers Zion à travers les mers du jour.
Tes prières, grand saint, et tes cris incessants
Ont transpercés la poitrine de tes cieux originels.
Tu as vu la lune, et toutes les étoiles de lumière,
Comme il a lutté avec son Dieu toute la nuit,
Il a prié pour que la grâce puisse se loger dans tous les cœurs,
Il désir voir l’Amérique exceller;
Il enjoignit à sa jeunesse que toutes les grâces divines
Devaient resplendir de tout leur éclat dans leur conduite,
Ce Sauveur, dont l’âme a d’abord reçu,
Le plus beau cadeau que même un Dieu puisse offrir,
Fit don à la foule nombreuse,
Pendue à ses lèvres, écoutant avec plaisir.
"Prenez-le, malheureux, pour votre seul bien,
"Prenez-le, pécheurs affamés, comme nourriture;
"Assoiffés, venez à son torrent donneur de vie,
"Prédicateurs, faites-en le sujet de votre joie ;
"Prenez-le mes chers Américains, a-t-il dit,
"Déposez vos plaintes sur sa poitrine bienveillante:
"Prenez-le, vous les Africains, il vous désire,
"Le titre de "Sauveur impartial" lui revient de droit:
"Lavés dans la fontaine du sang rédempteur,
"Vous serez des fils, des rois et des prêtres pour Dieu"
Grande comtesse, nous, Américains, vénérons
Ton nom, et partageons ton sincère chagrin;
La Nouvelle-Angleterre est profondément émue, les Orphelins sont en deuil,
Celui qui était plus qu’un père ne reviendra plus.
Mais, bien qu’arrêté par la main de la mort,
Whitefield n’emploie plus son souffle laborieux,
Mais contemplons-le dans les cieux éternels,
Que chaque cœur s’élève vers cette vision éclatante;
Tandis que la tombe protège son caractère sacré,
Jusqu’à ce que la vie divine ne redonne vie à sa poussière.
(trad. G. Tignac)
On Being Brought from Africa to America (Amenée de l’Afrique à l’Amérique)
C’est la grâce qui m’a amenée de ma terre païenne,
Qui a appris à mon âme aveugle à comprendre
Qu’il y a un Dieu, et qu’il y a un Sauveur également:
Un temps je ne cherchais ni connaissais la rédemption.
Les uns regardent notre race d’ébène d’un œil méprisant,
"Leur couleur est la teinture du diable."
Rappelez-vous, Chrétiens, que les Nègres, noirs comme Caïn,
Peuvent être purifiés et s’unir au cortège des anges.
(trad. F. de Lucia, pour la revue La Page Blanche)
To S.M. a Young African Painter, On Seeing His Works (À S.M. un jeune peintre africain, après avoir découvert ses œuvres)
Pour révéler la profonde intention d’un cœur en peine,
Et penser à peindre des personnages vivants,
Lorsque, pour la première fois, ton crayon a donné ces beautés,
Et les êtres vivants ont appris à vivre grâce à toi,
Comment ces perspectives ont-elles réjoui mon âme,
D’une nouvelle création s’offrant à mes yeux?
Ah, merveilleuse jeunesse ! Poursuis chaque voie noble,
Sur les gloires immortelles, fixe ton regard ardent:
Que la flamme du peintre et du poète continue
À aider ton crayon, et tes vers à conspirer!
Et que les charmes de chaque thème séraphique
Conduisent tes pas vers la gloire immortelle!
Haut dans les merveilles enchantées des cieux
Exalte ton âme, et lève tes yeux pleins d’espoir.
Trois fois heureux, quand il s’agit de contempler
Cette ville splendide, couronnée d’un jour sans fin,
Dont les douze portes aux charnières rayonnantes sonnent:
Le Salem céleste fleurit d’un printemps éternel.
Calmes et sereins, tes instants s’écoulent,
Et que la muse inspire chaque chanson à venir!
Toujours béni par les douceurs de la contemplation,
Que la paix enveloppe ton âme de ses douces ailes!
Mais quand ces ombres du temps se dissipent,
Et quand les ténèbres disparaissent dans un jour éternel,
Sur quels ailerons séraphiques nous envolerons-nous,
Et contemplerons les paysages des royaumes d’en haut?
Là, ta langue s’épanouira dans le transport céleste:
Il n’y a plus à révéler sur les tendres soupirs de Damon,
Ni de l’éclat grandissant des yeux d’Aurore,
Car les thèmes les plus nobles exigent un effort plus noble,
Et un langage plus pur dans la plaine éthérée.
Cesse, douce muse! L’obscurité solennelle de la nuit
Cache désormais la belle création de mes yeux.
(trad. G. Tignac)
Reply to the Constitution (Réponse à la Constitution)
Le plus sage des Hommes a dit,
De répondre à un imbécile; -
De peur que l’orgueil n’oppresse par son poids,
La sagesse de sa propre conception; -
Mais encore une fois, "Refusons de répondre,
Et ignorons ce scandale de petite vertu;
De peur que ses agissements ne paraissent,
(Vues par la vertu) d’une peine sincère."
Devons-nous rendre la pareille
À ton amertume, et répondre au mépris par le mépris? –
Ta rancœur impétueuse s’emporte,
Ta rancœur est plus aveugle que l’amour;
Ce préjugé guette la complaisance,
Sans faute dans son prix bien-aimé; -
Mais, qui, d’une fureur illimitée grandit,
Se déchaîne autour de lui, sur ses amis et ses ennemis.
Dis-nous pourquoi cette insulte et ce déshonneur -
Sont si librement jetés sur la race africaine;
Ou devrions-nous le dire, ô merveilleux auteur! Admettre,
Que cette insulte provienne de toi?
La nature nous a donné une teinte différente,
Est-ce la couleur qui fait de l’homme un esclave?
Est-ce un motif de mépris pour l’homme de raison?
Est-ce pour toi le moyen d’élever ta vertu?
Quelle barrière peut séparer cette race,
Si ce ne sont ton ignorance et ton orgueil?
La seule distinction que la nature ait faite,
Apparaît seule dans le bien, comme dans le mal.
Pour contenir leur rage déchaînée,
Une fois de plus, parcours la page sacrée.
L’esclave est celui que la passion domine;
Le vil esclave ? Celui qui obéit à la voix de l’envie; -
Plus noire encore, sa teinte mentale,
Celui qui dit adieu au chemin des belles vertus;
Mais dis-moi, puisque cela sonne ingrat,
Pour quoi as-tu traversé les mers profondes?
La sagesse absolue devrait maintenir,
Cette barrière véritable, l’abîme rugissant.
Chaque Africain serait bien heureux de rester,
Et cultiver sa plaine natale;
Il contemplerait le paysage rural autour de lui,
Si beau dans sa verdure éternelle.
La poitrine de chaque Africain généreux brûle,
Et méprise ton jugement pernicieux;
Quand dans un élan d’insulte, tu oses,
Faire scandale à la justice de Columbia, -
Ton langage mesquin et insolent devait-il,
Accuser ainsi d’injustice la généreuse Cour?
Dis-moi, pourquoi la jalousie devrait-elle s’enflammer,
Et jaillir de tes yeux indignés;
Lorsque la bonté brise de leurs chaînes,
Comment leur liberté te fait-elle souffrir?
Quand la liberté, telle une déesse, arbore
Sa bannière, devant le regard des nations joyeuses?
Et la foule se presse ardemment autour de ses pieds;
Le cœur rempli de gratitude -
La Reine ne dédaigne pas non plus d’entendre,
Le procès que ses fils ébènes profèrent;
Mais gracieuse, avec un sourire divin -
Elle consent et libère la lignée blessée.
Nous sourions avec mépris à ta mauvaise nature,
Qui s’exprime dans une satire médiocre et vulgaire.
Puisque tu crains de finir dans l’oubli,
Tu auras cette pierre monumentale.
"Un temps, ce grand Barde a déployé,
Son rayon éphémère de ver luisant;
Puis il plongea dans un sommeil sans fin,
Dans les profondeurs ébènes du néant."
(trad. G. Tignac)
