William Henry Harrison

Président américain pour un mois
Harrison W. Mark
de , traduit par Hervé Tisserand
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William Henry Harrison (by Albert Gallatin Hoit, Public Domain)
William Henry Harrison, 1813 Albert Gallatin Hoit (Public Domain)

William Henry Harrison (1773-1841) était un homme d’État et un général militaire américain qui fut le neuvième président des États-Unis. Membre de l'éminente famille Harrison de Virginie, il s'était forgé une réputation de héros de guerre après avoir vaincu la Confédération de Tecumseh à la bataille de Tippecanoe (7 novembre 1811) – d'où son surnom de "Old Tippecanoe". Lors de l’élection présidentielle américaine de 1840, le parti whig le désigna comme candidat, et il battit le président sortant Martin Van Buren (1782-1862) aux élections générales. Cependant, trois semaines seulement après son investiture, Harrison tomba malade et mourut, devenant ainsi le premier président américain à mourir en fonction, ainsi que le président ayant eu le mandat le plus court de l'histoire des États-Unis. Son petit-fils, Benjamin Harrison (1833-1901), fut le 23ᵉ président.

Jeunesse

William Henry Harrison vit le jour le 9 février 1773 à Berkeley Plantation, la plantation de tabac de la famille Harrison sur la rivière James en Virginie qui était exploitée par des esclaves afro-américains. Il était le septième et le plus jeune enfant de Benjamin Harrison V (1726-1791) et d’Elizabeth Bassett Harrison. Son père était un planteur éminent et un ardent partisan de la cause des Patriotes pendant la Révolution américaine (1765-1789); en effet, Harrison père fut délégué au Second Congrès continental, signa la Déclaration d’indépendance et fut élu gouverneur de Virginie dans les dernières années de la guerre d’indépendance américaine. William Henry Harrison se présenta plus tard comme un "enfant de la révolution", ayant grandi avec la naissance des États-Unis qui se déroula pratiquement sous ses yeux (Harrison fut, en fait, le dernier président américain à être né sujet britannique avant la Révolution).

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Pour son rôle dans la guerre amérindienne du Nord-Ouest, Harrison fut promu capitaine et reçut le commandement du fort Washington en 1796.

Il suivit des cours particuliers à la maison jusqu’à l’âge de 14 ans, date à laquelle il fut envoyé au Hampden-Sydney College, dans le comté de Prince Edward, en Virginie, où il reçut une formation classique. Il y étudia pendant trois ans, développant un intérêt pour l’histoire, en particulier l'at de la guerre dans la Rome antique. En 1790, il se rendit à Philadelphie, en Pennsylvanie, pour étudier la médecine sous la direction du Dr Benjamin Rush (1746-1813), un éminent médecin américain qui, comme le père de Harrison, avait signé la Déclaration d'indépendance. William Henry Harrison était encore à Philadelphie le 24 avril 1791 lorsque son père mourut; La plantation Berkeley fut reprise par son frère aîné, Benjamin Harrison VI, qui coupa brusquement les fonds pour la scolarité de William. Se retrouvant soudainement sans perspectives, il appela à l’aide un ami de la famille, le gouverneur de Virginie Henry Lee III (1756-1818). Lee réussit à obtenir pour Harrison une nomination en tant qu’enseigne dans la première infanterie de l’armée américaine nouvellement formée. Alors âgé de 18 ans, Harrison fut envoyé au fort Washington, un avant-poste près de Cincinnati (dans l’actuel Ohio).

En 1792, Harrison fut promu au grade de lieutenant et devint aide de camp du général "Mad" Anthony Wayne (1745-1796), commandant du fort et héros de la Révolution. Wayne était à la tête des forces militaires américaines engagées dans la guerre amérindienne du Nord-Ouest (1785-1795), une lutte pour le contrôle de l’expansion du Territoire du Nord-Ouest entre les États-Unis et une coalition informelle de nations autochtones connue aujourd’hui sous le nom de Confédération du Nord-Ouest. Le 20 août 1794, les soldats de Wayne vainquirent de manière décisive les forces amérindiennes à la bataille de Fallen Timbers. Bien qu’elle n’ait duré qu’une heure, la bataille décida de l'issue de la guerre en faveur des États-Unis. Harrison se distingua au combat et fut plus tard félicité par Wayne, qui déclara que "le lieutenant Harrison... a rendu le service le plus essentiel en communiquant mes ordres dans toutes les directions... sa conduite et sa bravoure ont poussé les troupes à se battre pour la victoire" (cité dans Freehling). Peu de temps après, les Indiens du Nord-Ouest furent contraints de signer le traité de Greenville (1795), qui les chassa de l’Ohio et ouvrit le Territoire du Nord-Ouest (aujourd’hui l’Ohio, l’Indiana, l’Illinois, le Michigan, le Wisconsin et certaines parties du Minnesota) à la colonisation américaine. Pour son rôle dans la guerre amérindienne du Nord-Ouest, Harrison fut promu capitaine et se vit confier le commandement du fort Washington en 1796.

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Gouverneur territorial

Pendant son séjour au fort Washington, Harrison rencontra Anna Symmes (1775-1864), âgée de 20 ans, une nouvelle venue sur la frontière dont le père venait d’être nommé juge dans la région. Bien qu’Anna soit rapidement tombée amoureuse de ce fringant jeune officier, son père désapprouvait, estimant qu’il pourrait lui trouver un parti plus riche. Le couple attendit que le juge Symmes soit appelé dans une autre partie du territoire avant de s’enfuir le 25 novembre 1795. À son retour, le juge était furieux et il exigea de savoir comment Harrison, sans le sou, comptait subvenir aux besoins de sa fille. En réponse, Harrison posa sa main sur le pommeau de son sabre et répliqua: "Monsieur, mon épée est mon moyen de subsistance" (cité dans Freehling). Le mariage dura jusqu'à la fin de la vie de Harrison et dix enfants (dont John Scott Harrison, père du futur président américain Benjamin Harrison) naquirent de cette union.

William Henry Harrison, 1813
William Henry Harrison en 1813 Rembrandt Peale (Public Domain)

Le mariage dans la famille Symmes rehaussa le statut social de Harrison et lui apporta d'importantes relations politiques. En juillet 1798, le président John Adams (en poste de 1797 à 1801) le nomma secrétaire des Territoires du Nord-Ouest. Malgré le prestige associé à ce poste, Harrison trouvait ce travail fastidieux et ennuyeux et il cherchait un poste plus excitant dans la capitale nationale; en mars 1799, il fut choisi comme délégué du Territoire du Nord-Ouest au Congrès. En tant que délégué territorial, il n’était pas autorisé à voter les projets de loi, mais il pouvait siéger aux commissions du Congrès; à ce titre, Harrison devint président de la commission des terres publiques et il s’efforça de faciliter l’achat de parcelles de terre dans les Territoires du Nord-Ouest à moindre coût. Il joua également un rôle clé dans la division des Territoires du Nord-Ouest en sections plus petites et plus faciles à gérer. La partie orientale continua de s’appeler le Territoire du Nord-Ouest, tandis que la section occidentale, comprenant l’Indiana, l’Illinois, le Wisconsin, l’ouest du Michigan et une partie de l’est du Minnesota, fut rebaptisée Territoire de l’Indiana. Le 13 mai 1800, le président Adams nomma Harrison premier gouverneur du territoire de l’Indiana.

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Harrison arriva à Vincennes, la capitale territoriale, le 10 janvier 1801 pour prendre ses fonctions de gouverneur – il fut constamment reconduit à ce poste qu'il occupa pendant les douze années suivantes. En février 1803, il fut chargé par le président Thomas Jefferson (en fonction de 1801 à 1809) de se concentrer sur l’obtention de terres des Amérindiens pour l'installation de colons blancs. Grâce à une combinaison de coercition, de corruption et de tromperie, Harrison réussit à acquérir 64 millions d’acres de terres auprès des nations amérindiennes au cours d’une période de six ans – les traités qu’il leur a fit signer étaient incroyablement déséquilibrés en faveur du gouvernement américain. En 1809, il négocia le traité de Fort Wayne, dans lequel il acquit 2,5 millions d’acres des tribus Delaware, Shawnee, Potawatomi, Miami, Kickapoo et Eel River. Entre-temps, Harrison fut également nommé brièvement gouverneur d’une grande partie des terres de l’achat de la Louisiane, ce qui lui conféra temporairement la plus grande juridiction jamais présidée par un gouverneur territorial américain. Comme pour célébrer son pouvoir, Harrison fit construisire un grand manoir de style plantation près de Vincennes qu’il baptisa Grouseland, d’après les oiseaux qu’il chassait sur la propriété.

Guerre contre Tecumseh

Le vol à grande échelle des terres amérindiennes par Harrison ne resta pas sans réponse. En août 1810, 400 guerriers autochtones recouverts de peinture de guerre apparurent devant Vincennes. Ils étaient dirigés par Tecumseh (1768-1813), un chef charismatique de la tribu des Shawnees qui s'était employé à former une confédération des tribus du nord-ouest afin de résister à l'envahissement des États-Unis. Tecumseh avait de bonnes raisons de détester Harrison et les colons blancs de son espèce: son frère aîné bien-aimé, Cheeseekau, avait été tué au combat contre les soldats américains, tandis que Tecumseh lui-même avait combattu à Fallen Timbers et avait été témoin du déplacement douloureux de son peuple qui s'en était suivi. Les espions de Harrison lui avaient rapporté des informations inquiétantes sur la confédération grandissante de Tecumseh, mais le président James Madison (en fonction de 1809 à 1817) avait tardé à lui fournir les ressources militaires qu'il avait demandées. Le gouverneur Harrison n'avait d'autre choix que de recevoir Tecumseh et les autres chefs autochtones dans sa résidence de Grouseland et d'écouter leurs doléances. Tecumseh affirmait que le traité de Fort Wayne était illégal: aucune nation amérindienne n'avait le droit de céder des terres aux États-Unis sans le consentement des autres nations de la confédération. Lorsque Harrison refusa de reconnaître cette revendication, Tecumseh perdit son sang-froid, ce qui conduisit les hommes des deux camps à dégainer leurs armes. Bien que la situation se soit apaisée, Tecumseh quitta Harrison en lui lançant un avertissement sévère: si le traité de Fort Wayne n'était pas dénoncé, il chercherait à conclure une alliance avec les Britanniques.

Il ne s'agissait pas d'une menace en l'air; des agents britanniques étaient actifs sur la frontière depuis la Révolution. Inquiet à l'idée d'une confédération amérindienne soutenue par les Britanniques, Harrison décida d'intimider Tecumseh pour le contraindre à se soumettre en faisant étalage de sa puissance militaire. Le 6 novembre 1811, il conduisit une armée de 1 000 hommes à Prophetstown, le quartier général de la Confédération de Tecumseh, situé près du confluent des rivières Tippecanoe et Wabash. Après avoir arrangé une rencontre avec Tenskwatawa, le frère de Tecumseh, connu sous le nom de "Prophète", Harrison ordonna à ses hommes de dresser le camp pour la nuit. Tôt le matin du 7 novembre, Tenskwatawa mena plus de 500 guerriers dans un assaut contre le campement de Harrison. Bien que pris par surprise, les soldats américains réussirent à repousser l'attaque, subissant toutefois des pertes importantes. Après la bataille, Tenskwatawa et ses partisans abandonnèrent Prophetstown, qui fut ensuite réduite en cendres par les troupes de Harrison. La bataille de Tippecanoe fut loin d'être la victoire glorieuse que Harrison revendiqua plus tard, mais elle détruisit de manière décisive le pouvoir de la Confédération de Tecumseh, qui ne s'en remit jamais complètement. Le président Madison s'assura de faire la propagande de cette victoire, faisant de Harrison un héros national et il lui donna son surnom de "Tippecanoe".

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Battle of Tippecanoe
Bataille de Tippecanoe Kurtz & Allison (Public Domain)

Peu de temps après, la guerre de 1812 (1812-1815) éclata entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Au début du conflit, les Britanniques prirent le contrôle de Détroit ainsi que de tout le territoire du Michigan, aidés par une force autochtone dirigée par Tecumseh. Promu général de division, Harrison fut placé à la tête de l'armée américaine du Nord-Ouest et il reçut l'ordre de reprendre Détroit. La campagne commença mal; gêné par le mauvais temps et un terrain boueux, Harrison ne parvint pas à atteindre Detroit avant l'arrivée de l'hiver. Pour aggraver les choses, les éléments avancés de son armée, commandés par le général de brigade James Winchester, furent complètement anéantis lors de la bataille de la rivière Raisin (18-23 janvier 1813). La perte d’une si grande partie de son armée força Harrison à se mettre sur la défensive. Il se replia sur la rivière Maumee où il construisit le fort Meigs, qui fut aussitôt assiégé par les forces britanniques et amérindiennes commandées par Sir Henry Procter et Tecumseh. Le chef shawnee railla Harrison: "Vous parliez comme un homme courageux lorsque nous nous sommes rencontrés, lui écrivit-il, mais maintenant vous vous cachez derrière des rondins et de la terre comme une marmotte" (Berton, 483).

Harrison réussit à résister au siège de Fort Meigs (du 28 avril au 9 mai 1813) après que l'ennemi eut épuisé ses réserves, mais il se trouva dans l'impossibilité de passer à l'offensive. La situation allait changer après la bataille du lac Érié (10 septembre 1813), lors de laquelle la puissance navale britannique sur ce lac fut détruite. Désormais ravitaillé par des navires américains sur le lac Érié, Harrison put reprendre sa campagne et reprendre Détroit, tandis que Procter et Tecumseh se retiraient à contrecœur au Canada. Harrison poursuivit et livra la bataille de la Tamise (5 octobre 1813), au cours de laquelle les Britanniques furent vaincus et Tecumseh tué. La perte du grand chef marqua la fin de sa confédération intertribale, ainsi que de tout espoir que les Indiens du Nord-Ouest puissent résister à l’envahissement de leurs terres par les Américains. En 1814, Harrison démissionna de l’armée après un désaccord avec le secrétaire à la Guerre. Lorsque les hostilités prirent fin en 1815, il s'installa dans une ferme à North Bend, dans l'Ohio, avec sa femme et ses enfants.

Carrière politique d’après-guerre

En 1816, Harrison fut élu à la Chambre des représentants des États-Unis. Pendant son séjour au Congrès, il apporta son soutien aux banques nationales, aux tarifs douaniers protecteurs et à l’extension de l’esclavage. En 1818, il vota en faveur d'une censure partielle du général Andrew Jackson (1767-1845) pour son invasion imprudente de la Floride espagnole. En 1819, Harrison fut élu au Sénat de l’État de l’Ohio, puis, en 1825, au Sénat des États-Unis. Constamment endetté, Harrison était toujours à la recherche d'emplois mieux rémunérés au sein du gouvernement fédéral, ce qui amena le président John Quincy Adams (en fonction de 1825 à 1829) à l'appeler "le plus grand mendiant et le plus ennuyeux de tous les candidats à un poste" (Encyclopedia Virginia). Malgré ses réticences, le président Adams nomma Harrison premier ministre plénipotentiaire des États-Unis auprès de la nouvelle république latino-américaine de Grande Colombie. Arrivé à Bogotá en décembre 1828, Harrison ne tarda pas à offenser ses nouveaux hôtes en critiquant publiquement Simón Bolívar (1783-1830). Lorsqu’Andrew Jackson prit ses fonctions de président en mars 1829, Harrison fut rappelé.

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Portrait of William Henry Harrison
Portrait de William Henry Harrison John Sartain (Public Domain)

Harrison retourna dans sa ferme de North Bend et passa les huit années suivantes dans une retraite tranquille. Puis, en 1835, le parti whig nouvellement formé eut besoin d'un candidat présidentiel fort pour défier le candidat démocrate Martin Van Buren, vice-président de Jackson et successeur désigné par ce dernier. De nombreux whigs se tournèrent vers Harrison en raison de sa notoriété et de son statut de héros de guerre. Harrison fut l'un des quatre candidats whigs à se présenter à l'élection présidentielle américaine de 1836. Bien qu'il ait finalement perdu l'élection générale face à Van Buren, Harrison fit une belle performance, remportant plus de voix que les autres candidats whigs. Sa défaite en 1836 s'avéra être une bénédiction déguisée: peu après l'investiture de Van Buren, le pays fut frappé par une crise économique appelée la panique de 1837. Les démocrates furent largement tenus pour responsables de la crise, le président étant qualifié de manière péjorative de "Martin Van Ruin". Le décor semblait planté pour une victoire whig en 1840.

Candidature à la présidence

Le 4 décembre 1839, Harrison remporta l'investiture lors de la convention nationale du parti whig à Harrisburg, en Pennsylvanie; sa notoriété et son absence d'antécédents politiques l'aidèrent à battre son rival, Henry Clay (1777-1852), pour l'investiture. Pour plaire aux démocrates du Sud, la convention nomma l'ancien sénateur de Virginie John Tyler (1790-1862) comme colistier de Harrison. Empruntant les techniques des prédicateurs revivalistes, les whigs allèrent de ville en ville pour susciter le soutien du public avec des défilés aux flambeaux. Ils prononçaient des discours sous de grandes tentes, au cours desquels l'orateur faisait appel aux émotions de la foule, lui rappelant les difficultés économiques causées par l'administration alors aux affaires. Chaque discours était ensuite suivi d'une chanson politique telle que "Van, Van, Van Is a Used-up Man" ou le plus célèbre "Tippecanoe and Tyler Too!".

Le discours d'investiture de William Henry Harrison reste le plus long de l'histoire des États-Unis.

Les démocrates tentèrent de riposter en déclarant que Harrison était trop âgé pour être le président. "Donnez-lui un tonneau de cidre fort, écrivait un journal démocrate, et accordez-lui une pension de deux mille dollars par an, et je vous garantis qu'il passera le reste de ses jours dans sa cabane en rondins" (cité dans Howe, p. 574). Cette stratégie se retourna toutefois contre eux, car la campagne de Harrison saisit l'occasion pour présenter son candidat comme un pionnier ordinaire. Dès lors, aucun rassemblement de Harrison n'était complet sans barils de cidre brut et miniatures de cabanes en rondins. Lorsque l’élection eut finalement lieu, Harrison remporta 234 votes contre seulement 60 pour Van Buren. Les Whigs profitèrent de sa popularité pour obtenir la majorité à la Chambre et au Sénat, la seule fois dans leur courte histoire où ils contrôlèrent à la fois les pouvoirs exécutif et législatif.

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Présidence et mort

Le 9 février 1841, jour de son 68ᵉ anniversaire, Harrison arriva à Washington, D.C., devenant ainsi le premier président élu à s'y rendre en train. Il s'arrêta à la Maison Blanche pour dîner avec le président sortant Van Buren et passa les semaines suivantes à rédiger son discours d'investiture, qu'il répéta avec assiduité lors de ses promenades quotidiennes à cheval. Le jour de l'investiture, le 4 mars, il prit la tête d'un grand défilé composé de chars et de fanfares militaires jusqu'au Capitole, où il prononça son discours. Avec ses 8 445 mots, celui-ci reste le plus long discours d'investiture de l'histoire des États-Unis. Il parla pendant près de deux heures et, malgré le froid, ne porta pas de manteau, espérant ainsi faire taire les rumeurs selon lesquelles il était trop vieux et trop fragile. À peine avait-il prêté serment que Harrison fut assailli par des candidats aux postes et des politiciens whigs qui voulaient lui imposer le programme de leur parti. Une fois, alors que Henry Clay devenait un peu trop insistant lors d’une réunion, Harrison s’écria: "Vous oubliez, M. Clay, que je suis le président!" (cité dans Howe, p. 589).

Death of William Henry Harrison
Mort de William Henry Harrison N. Currier (Public Domain)

Harrison estimait qu'il était de son devoir de rencontrer tous ceux qui le sollicitaient, si bien qu'il fut rapidement débordé. Le surmenage eut raison de lui: le 24 mars, il tomba malade, atteint d'un rhume, et deux jours plus tard, une équipe de médecins fut appelée pour le soigner d'une pneumonie. L'état de santé de Harrison ne cessa de s'aggraver jusqu'à sa mort, le 4 avril 1841, exactement un mois après son investiture. Il fut le premier président américain à mourir en fonction, ce qui entraîna une crise constitutionnelle. La Constitution n'était pas claire sur la question de savoir si le vice-président devenait officiellement président à la mort de son prédécesseur ou s'il assumait simplement les "pouvoirs et devoirs" de cette fonction. Le cabinet de Harrison insista sur le fait que Tyler n'était que le "président par intérim", ce que Tyler contesta, estimant qu'il avait droit à la fonction elle-même. La question fut tranchée par le président de la Cour suprême Roger B. Taney, qui décida que Tyler prendrait ses fonctions après avoir prêté le serment présidentiel, ce qu'il fit le 6 avril 1841. La dépouille de Harrison, quant à elle, fut exposée en chapelle ardente au Capitole avant d'être finalement inhumée à North Bend, dans l'Ohio.

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Questions & Réponses

Qui était William Henry Harrison?

William Henry Harrison fut le neuvième président des États-Unis. Il est connu pour avoir remporté la bataille de Tippecanoe en 1811 et pour avoir été le premier président américain à mourir en fonction, un mois seulement après son investiture.

Pourquoi William Henry Harrison remporta-t-il les élections?

William Henry Harrison remporta l'élection présidentielle parce qu'il était un héros de guerre sans antécédent politique, qu'il pouvait imputer la crise économique en cours à son adversaire et que son parti avait utilisé des techniques popularisées par les prédicateurs revivalistes pour mobiliser les électeurs.

Que se passa-t-il pendant la présidence de William Henry Harrison?

La présidence de William Henry Harrison ne dura qu'un mois: il eut le temps de former son cabinet et de rencontrer une multitude de candidats à des postes avant de tomber malade et de mourir, ce qui entraîna une brève crise constitutionnelle quant à sa succession.

Traducteur

Hervé Tisserand
Né à Lyon mais résidant au Japon depuis plus de 20 ans, je suis passionné d'histoire depuis mon enfance et je pense que connaître le passé est très important pour une meilleure compréhension interculturelle.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2025, août 11). William Henry Harrison: Président américain pour un mois. (H. Tisserand, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23805/william-henry-harrison/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "William Henry Harrison: Président américain pour un mois." Traduit par Hervé Tisserand. World History Encyclopedia, août 11, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23805/william-henry-harrison/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "William Henry Harrison: Président américain pour un mois." Traduit par Hervé Tisserand. World History Encyclopedia, 11 août 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23805/william-henry-harrison/.

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