Albrecht Dürer

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Cécile Loiseau
publié le 14 octobre 2020
Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol, ukrainien
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Albrecht Dürer Self-portrait (by Albrecht Durer, Public Domain)
Autoportrait, Albrecht Dürer
Albrecht Durer (Public Domain)

Artiste allemand de l’époque de la Renaissance, Albrecht Dürer (1471-1528) est considéré comme l’un des plus grands peintres et graveurs de l’histoire. Né à Nuremberg, Dürer était déjà connu en son temps, pour ses peintures à l’huile, ses retables, ses dessins, ses gravures ainsi que pour ses nombreux traités théoriques de l’art, aussi bien dans sa ville qu’en dehors. Avec un œil singulièrement à l’affut du moindre détail, il s'avérait un incroyable dessinateur. Son style mêlait les modes italiennes et d’Europe du Nord et emmena l’art de la Renaissance toujours plus loin sur le chemin du réalisme.

Ses débuts

Contrairement à beaucoup d’autres artistes de la Renaissance, dont on ne connaît la vie que très sommairement grâce à des sources indirectes et par des biographies ultérieures, la vie de Albrecht Dürer est plus facile à reconstituer grâce aux journaux et carnets dans lesquels il avait l’habitude de noter de nombreux détails. Cette habitude, voire cette préoccupation qu'il avait de presque toujours signer et dater son œuvre porte à croire qu’il avait bien conscience de sa renommée et qu'il était certain que celle-ci lui survivrait. Ses correspondances fournissent également une excellente source d’information historique, tout comme ses œuvres, dont 2000 dessins parvenus jusqu’à nous.

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Dürer naquit à Nuremberg le 21 mai 1471 et y passa la majeure partie de sa carrière, malgré ses nombreux voyages. Son père, Albrecht Dürer l’Ancien, était un orfèvre émigré de Hongrie. En 1490, Dürer en fit un portrait célèbre. Un croquis au fusain de 1514, conservé à la Pinacothèque de Berlin, nous montre sa mère, Barbara Holper, une femme originaire de Nuremberg. Le jeune Dürer apprit le dessin à l’atelier de son père. Sa formation à la gravure de pièces en or lui servit tout au long de sa brillante carrière.

Dürer étudia les influences de l’art classique sur l’art italien de l’époque et s’attela à trouver les justes proportions dans l’art.

De 1486 à 1489, Dürer étudia comme apprenti peintre et graveur auprès de Michael Wolgemut (env. 1434-1519) qui tenait un grand atelier à Nuremberg. Dürer déménagea ensuite à Bâle en 1492, où il resta pendant deux ans. Il y fit des gravures sur bois destinées à des livres imprimés. Une des œuvres célèbres qu’illustra le jeune artiste fut en 1494 La Nef des fous du poète satirique Sébastien Brant (env. 1457-1521). L’artiste visita probablement les Pays-Bas et Strasbourg à cette période. En 1494, il retourna dans sa ville natale et épousa Agnès Fey (1475-1539), la fille d’un marchand. Il ouvrit son propre atelier dans lequel il travailla avec un certain nombre d’assistants et où il forma des apprentis. À partir de là, le maître produisit quantité de tableaux, de retables et de gravures et ne se retrouva jamais sans travail jusqu’à la fin de sa vie.

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Fisherman's House on a Lake by Albrecht Dürer
Maison de pêcheur près d'un lac, Albrecht Dürer
The British Museum (CC BY-NC-SA)

Voyage en Italie

Dürer visita l’Italie pour la première fois en 1495. Il séjourna à Venise. Toujours intéressé par ce qui l’entourait, l’artiste réalisa plusieurs aquarelles représentant les Alpes lors de son voyage vers le sud de l’Europe. Il étudia les influences de l’art classique sur l’art italien de l’époque et s’attela à trouver les justes proportions dans la représentation du corps humain et le rendu de la perspective dans ses peintures ou ses gravures. Comme d’autres artistes de la Renaissance tel Piero della Francesca (env. 1420-1492) et Léonard de Vinci (1452-1519), Dürer était convaincu que les sculpteurs de l’Antiquité avaient découvert le calcul de la divine proportion, ou calcul du nombre d'or, nécessaire à la reproduction juste de l’anatomie humaine dans l’art. Les mathématiques et la géométrie pouvaient également être appliquées à l’art pour s’assurer d’obtenir une perspective réaliste dans les tableaux ou les gravures. Dürer passa le reste de sa vie à chercher ces possibilités, étudiant l’art italien en personne ou dans les livres, griffonnant abondamment des notes dans ses journaux et expérimentant les nombres dans ses croquis et ses œuvres finies.

Le maître-graveur

De retour à Nuremberg, Dürer continua à faire des gravures, et en particulier en 1498 la série de 15 gravures d’inspiration gothique connue sous le nom de L’Apocalypse. En 1504, il peignit sa célèbre Adoration des Rois mages, conservée à la Galerie des Offices à Florence. La même année, il réalisa l'une de ses gravures les plus célèbres - et les plus copiées -, la fameuse Adam et Ève. Les historiens de l’art P. Nuttall et R. Williams en donnent la description suivante :

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La gravure Adam et Ève donne à voir le potentiel et la virtuosité de ce moyen d'expression. Dürer donne à son sujet ton et texture en ayant recours à des hachures et des pointillés extrêmement fins et nuancés. Il suggère la profondeur de l’espace et les textures de la chair, de l’écorce, de la fourrure avec un brio égalant - en noir et blanc - les effets en peinture, en accommodant les exigences du naturalisme et de la conception graphique. La signature de l’artiste en haut à gauche de la tablette, à la manière des célèbres monogrammes avec lesquels il signait habituellement ses gravures, ainsi que le faisaient les graveurs avant lui, prouve la paternité de l'œuvre dans une forme d’autopromotion.

(Campbell, 222).

Adam & Eve Engraving by Dürer
Adam & Ève, Dürer
Metropolitan Museum of Art (Copyright)

La gravure ci-dessus fut réalisée à partir d’une plaque de métal gravée. Même si cela donnait aux artistes une plus grande précision dans leur travail, Dürer choisit de faire aussi des gravures sur bois, car il était possible de les reproduire en plus grand nombre. Les plaques de métal avaient en effet tendance à s'user plus rapidement. Il n’était possible d’en faire que 50 gravures avant qu’elles ne s’abiment. Dürer réussit à vendre ses gravures avec grand succès en faisant appel à un agent et grâce à l’aide de son parrain, Anton Koberger (1440-1513), propriétaire du plus grand magasin de gravures en Allemagne. Dürer employa aussi sa propre mère et sa propre sœur à la vente de ses gravures. Malgré la très forte demande en gravures, l’artiste ne négligea pas pour autant la peinture et, où qu’il aille, il continua à faire des études pour aquarelles en observant la flore et la faune. Ainsi, il représentait les touffes d’herbes, les lièvres, les insectes et les changements de luminosité de façon très ressemblante et tout à fait charmante.

Retour en Italie

Dürer se rendit de nouveau en Italie en 1505 et rencontra pendant les deux années de voyage qui s’ensuivirent des artistes tel Giovanni Bellini (env. 1430-1516). Les deux artistes s’admiraient l’un l’autre. Bellini s’inspirait de l’obsession du détail de Dürer pendant que Dürer disait de l’Italien qu’il était «très âgé, mais toujours le meilleur en peinture» (Hale, 47). Dürer était connu pour collectionner les croquis et les gravures d’autres artistes qu'il copiait pour s’en inspirer et créer des œuvres entièrement nouvelles. On retrouve ainsi dans la gravure Bacchanale au Silène qu’il a réalisée en 1494 l’influence du Combat des dieux marins, une gravure de l’artiste de Padoue Andrea Mantegna (1431-1506). Cela faisait longtemps que Dürer admirait Mantegna puisqu’il possédait déjà des gravures de ce dernier bien avant qu'il ne fasse ses voyages en Italie. Dürer admirait aussi le travail de Raphaël (1483-1520) et échangea des œuvres avec le maître italien en 1515.

Triumphal Arch of Maximilian by Dürer
Arc de Triomphe de Maximilien, Dürer
National Gallery of Art (Public Domain)

Les empereurs du Saint-Empire romain germanique

À nouveau de retour à Nuremberg, l’artiste acheta une maison impressionnante à quatre étages en 1507. Celle-ci abrite de nos jours le musée qui lui est dédié. Dürer commença alors la réalisation de deux panneaux peints connus sous le nom de Adam et Ève. Ces deux panneaux inspirés de sa précédente gravure sont aujourd’hui exposés au musée du Prado à Madrid. En 1512, la réputation de Dürer était bien établie. Maximilien I, empereur du Saint Empire romain germanique (1508-1519), lui commanda plusieurs œuvres incluant deux portraits. Produisant toujours des gravures sur bois, Dürer réalisa la collection connue sous le nom de Meisterstiche ou gravures de maîtres en 1514. Cette collection inclut la fameuse Melencolia I considérée comme une de ses plus belles gravures sur cuivre. Nommé artiste en chef de la cour de Maximilien, Dürer illustra le livre de prière personnel de l’empereur et créa des gravures remarquables, tel l’Arc de triomphe de Maximilien.

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Dürer resta artiste de la cour sous les deux empereurs du Saint Empire romain germanique suivants.

Dürer travailla, avec une équipe de collègues graveurs, à la composition de l’Arc de triomphe pour l’empereur vers 1515. De la même manière que pour les anciens empereurs romains, l’arc de triomphe restait un symbole fort de pouvoir et de succès. Dürer supervisa la conception de l’énorme gravure faite de 192 blocs gravés. L'œuvre achevée mesurait 7 m2 et fut reproduite 700 fois vers 1518. Les copies furent envoyées dans les différentes cours d’Europe et aux conseils des grandes villes. Rappelant curieusement l’architecture hindoue, l’arche est richement détaillée. Elle comporte les armoiries de l’empereur, son arbre généalogique, des portraits de membres de sa famille et plusieurs épisodes de son règne, montrant ainsi avec force son droit à gouverner.

Quand Charles Quint devint le nouvel empereur du Saint Empire romain germanique en 1520, Dürer servit à sa cour aux Pays-Bas, mais revint un an plus tard à Nuremberg. En 1521, il se remit à nouveau à voyager, cette fois-ci pour visiter Gand, Bruges, Anvers et Cologne. Au-delà d’acheter des pigments rares comme le lapis-lazuli - qui provenait à l’époque d’Afghanistan exclusivement - et de se procurer 22 pinceaux de qualité, il visita de nombreuses églises et admira le travail minutieux des artistes flamands aussi connus que Jan van Eyck (mort en 1441). Tout au long de son voyage, il dessina abondamment dans un carnet à croquis qui existe toujours. Ne manquant jamais l’occasion de faire sa promotion, Dürer distribua également des gravures de son travail pendant ce voyage, en particulier son Saint Jérôme dans son étude de 1514.

The Large Piece of Turf by Dürer
Grande Touffe d'herbes, Dürer
Google Cultural Institute (Public Domain)

Littérature

À partir de 1518, Dürer commença à se passionner pour les écrits du réformateur protestant Martin Luther (1483-1546) qu'il avait rencontré en personne à Augsburg. Les panneaux des Quatre apôtres, réalisés en 1526 pour le conseil de Nuremberg, montrent l'influence de cette rencontre sur l’artiste. Avec ces tableaux, on peut considérer que l’artiste a atteint le sommet de son art dans ce moyen d'expression, parmi un catalogue impressionnant de chefs-d'œuvre. À chacun des personnages de Jean, Pierre, Paul et Marc sont associées des citations tirées de la traduction de la Bible par Luther. Le tableau se trouve aujourd'hui à l’Ancienne Pinacothèque de Munich.

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Vers la fin de sa vie, Dürer s’attela à mettre par écrit ses idées au sujet de certains des aspects techniques de l’art. Il écrivit Instruction sur la manière de mesurer en 1525, un traité de géométrie sur l’art et l’architecture, et Traité des proportions. Lettres et écrits théoriques, en 1528 et en quatre livres, dans lesquels il traite de la proportion et de la pertinence des mathématiques dans l’art. Ces travaux contiennent de nombreuses notes pratiques et utiles pour dessiner des figures en trois dimensions ainsi que différents exemples de lettrage. Ces traités fournissent aussi des explications sur la façon de créer des outils de mesure permettant d’obtenir la perspective correcte d’un sujet donné.

Adoration of the Magi by Albrecht Dürer
Adoration des Rois mages, Albrecht Dürer
Google Cultural Institute (Public Domain)

Les conseils que Dürer a minutieusement rédigés n’étaient cependant accessibles qu’à un public limité, comme il l'indiqua lui-même :

L'art de peindre est difficile à acquérir. Car, en vérité, l'art est enfermé dans la nature ; celui qui peut l'en extraire, celui-là est un maître. Dès lors, celui qui ne se sent pas de don particulier ne doit pas l’entreprendre ; car il n'appartient qu'à Dieu de soumettre à la mesure la beauté absolue. L'art de la peinture ne peut être bien compris que par ceux qui eux-mêmes sont de bons peintres.

(Nash, 288)

Portraits

En 1526, Dürer réalisa des estampes avec les portraits de plusieurs personnages célèbres, comme Érasme (env. 1469-1536), Philippe Melanchthon (1497-1560) et Willibald Pirckheimer (1470-1530), tous trois humanistes. Il peignit aussi de nombreux portraits de membres de la noblesse italienne lors de sa visite en 1527 et fit des portraits d’importantes personnalités allemandes par la suite. Cependant, aucun portrait n'est plus fameux que ceux que l’artiste fit de lui-même. En effet, Dürer se représenta plus souvent que n’importe quel autre artiste de la Renaissance ; son premier essai connu est un dessin sur parchemin daté de 1493.

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Le plus connu de ses autoportraits est le tableau daté de 1500, une peinture à l’huile sur bois conservée aujourd’hui à l’Ancienne Pinacothèque de Munich. Âgé de 28 ans, l’artiste porte un manteau dont le col est bordé de fourrure et arbore de longs cheveux bouclés. Le portrait est tellement réaliste que l'on a l’impression troublante que l’artiste nous regarde fixement et nous met au défi d’affirmer qu’il n’est pas l’un des plus grands artistes de l’histoire. Son chien lui-même dut être très impressionné, puisqu'il a été dit qu'il lécha le tableau, tant son maître excellait à reproduire la réalité en peinture à l’huile. Dürer dut lui-même être particulièrement satisfait de son œuvre puisqu’il la signa deux fois. Son monogramme et la date 1500 sont visibles sur le côté gauche. Sur le côté droit, on peut lire : « Moi, Albrecht Dürer de Nuremberg, me représentais moi-même ainsi avec des couleurs durables à l’âge de vingt-huit ans. » Ces éléments sont placés en évidence au niveau des yeux de l’artiste, de part et d’autre de son visage.

La frontalité, les cheveux longs, la barbe et le geste de la main rappellent les représentations du Christ. On peut aussi y entrevoir la pensée de Dürer, et au sens plus large celle du monde de la Renaissance, à savoir qu'il n’était plus un simple artisan, mais le créateur de choses magnifiques et qu’il avait besoin tout aussi bien d’aptitudes manuelles que d’effort intellectuel pour produire. Pour sûr, le coûteux manteau à fourrure signale le désir de l’artiste à être respecté, une chose plus prompte à se réaliser dans l’Italie de la Renaissance que dans l’Allemagne de Dürer, comme l’atteste cet extrait d’une lettre qu’il a écrite alors qu'il était en Italie : « Combien je vais regretter le soleil ! Ici, je suis un gentilhomme, chez moi un parasite. » (Ruhmer)

Héritage

Dürer mourut le 6 avril 1528 à Nuremberg, où il fut enterré. De son vivant, il avait déjà atteint la renommée et était célébrée à la fois en Allemagne et en Italie, comme l’un des grands artistes de la Renaissance. De belles estampes de ses grandes œuvres furent envoyées à l’étranger, le faisant connaître davantage encore. Des missionnaires jésuites se servirent de ses gravures dans leur entreprise d’évangélisation et c’est ainsi que ses œuvres se retrouvèrent exportées dans des lieux aussi lointains que l’empire moghol en Inde. Sa réputation ne fit que grandir après sa mort. Dürer était fréquemment mentionné dans la célèbre histoire des artistes de la Renaissance, dans Les vies des meilleurs architectes, peintres et sculpteurs italiens écrit en 1550 et révisé en 1568 par Giorgio Vasari (1511-1574). Selon Vasari, l'œuvre de Dürer influença des artistes italiens comme le graveur Marcantonio Raimondi (1480-1534) et le peintre Jacopo da Pontormo (1494-1557) parmi bien d’autres. La réputation de Dürer perdura et les amoureux de l’art se mirent à collectionner ses œuvres, à commencer par Rodolphe II, empereur du Saint Empire romain germanique qui régna de 1576 à 1612, imité par tant d'autres depuis.

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Traducteur

Cécile Loiseau
Guide-interprète puis guide-conférencière depuis plus de 20 ans, Cécile est à présent aussi traductrice. Ces deux activités ont plus en commun qu'on pourrait le penser, comme la curiosité, le goût pour les langues et la communication.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2020, octobre 14). Albrecht Dürer [Albrecht Dürer]. (C. Loiseau, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19213/albrecht-durer/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Albrecht Dürer." Traduit par Cécile Loiseau. World History Encyclopedia. modifié le octobre 14, 2020. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19213/albrecht-durer/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Albrecht Dürer." Traduit par Cécile Loiseau. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 14 oct. 2020. Web. 19 juil. 2024.

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