Le Byodo-in est un complexe de temples bouddhistes situé à Uji, au sud de Kyoto, fondé en 1052 par Fujiwara no Yorimichi, important fonctionnaire de la cour et régent. Le grand hall Phoenix est l'un des plus beaux exemples d'architecture de la période Heian (794-1185) et est souvent considéré comme le plus beau bâtiment du Japon. Le Byodo-in est classé trésor national du Japon et est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Fondation et objectif
Le temple fut fondé en 1052 par Fujiwara no Yorimichi (992-1074), chef du puissant clan Fujiwara qui dominait le gouvernement japonais pendant la période Heian. Yorimichi fit en fait construire le temple sur l'un des domaines de son célèbre père, Fujiwara no Michinaga (966-1028), qui s'était converti au bouddhisme à la fin de sa vie et y avait fait construire une somptueuse villa en 998. Cette date est importante dans le bouddhisme, car on croyait que cette année marquait la fin d'une époque et le début d'une nouvelle période où la décadence de la classe dirigeante allait nuire à l'attrait du bouddhisme et provoquer un sentiment de pessimisme parmi la population. Plus que jamais, un temple bouddhiste impressionnant était nécessaire.
Le complexe du temple
Le site est situé au sud de la ville de Kyoto, alors connue sous le nom de Heiankyo et capitale du Japon, dans un quartier prisé des aristocrates désireux d'échapper à l'agitation de la ville. À l'origine, le Byodo-in était dédié au bodhisattva bouddhiste Amida (alias Amitabha), qui accueillait tous les visiteurs au paradis, quelle que soit leur branche du bouddhisme. D'où le nom Byodo, qui signifie "égal". Aujourd'hui, le site est un temple commun aux écoles Jodo et Tendai. Le complexe comptait autrefois une trentaine de bâtiments, mais ceux-ci furent détruits par un incendie. Seuls le pavillon du phénix, un clocher dont la cloche est classée trésor national, et le pavillon du Kannon-do, avec sa statue en bois de Kannon à onze visages, ont survécu à la période Heian. Les jardins du complexe sont classés site historique et site pittoresque du Japon.
Le pavillon du Phénix
Le pavillon du Phénix (Hoo-do), commandé en 1053, s'appelait à l'origine pavillon Amida, mais il acquit son nouveau nom en raison de la ressemblance entre les toits courbes en tuiles du bâtiment et les ailes d'un oiseau. Une sculpture en bronze doré représentant un phénix se trouve à chaque extrémité du toit central; les deux sont des trésors nationaux. Le grand bâtiment central, qui ne comporte qu'un seul étage, même s'il semble de l'extérieur qu'il y en a deux, abrite une immense statue en bois doré d'Amida Nyorai (Amitabha Tathagata). La statue mesure 2,4 mètres de haut et représente le bodhisattva assis, entouré de sculptures représentant 52 de ses disciples, des bodhisattvas en train de prier, de danser et de jouer des instruments de musique, ainsi que des anges dorés fixés aux murs blancs de la pièce. Les sculptures furent réalisées par Jocho, un célèbre sculpteur de la période Heian, et l'Amida est un autre trésor national du Japon.
Les panneaux décoratifs des portes et les peintures murales, au nombre de 14 au total et également classés trésors nationaux, représentent différentes scènes de la descente d'Amida sur terre et de l'accueil des âmes des morts au paradis. Amida est accompagné d'un important cortège de saints et de figures gardiennes, et l'art présente le mélange typique de figures de style chinois et de paysages japonais. Enfin, le plafond de la salle est dominé par un grand miroir central en bronze qui ressemble à une fleur à huit pétales et 86 autres miroirs en bronze plus petits.
À partir du bâtiment central, deux ailes (Yokuro) forment des passerelles couvertes et surélevées qui s'étendent symétriquement le long du bord d'un étang de lotus. Il existe une troisième aile, plus courte, le Biro, qui part de l'arrière de la salle centrale. Le pavillon du Phénix mesure 47 mètres de long et 13,5 mètres de haut. Le bâtiment est orienté vers l'est, traditionnellement la direction du paradis de la Terre pure d'Amida.
L'effet global et intentionnel de toute cette magnificence architecturale et artistique était de reproduire, dans une certaine mesure, les splendeurs imaginées du paradis. L'harmonie de la conception architecturale, le reflet dans l'étang de lotus, les statues dorées et la lumière des bougies reflétée dans les miroirs du plafond ont tous été créés pour produire un certain effet esthétique. Comme le note un livre de la période Heian, "si vous doutez de l'existence du Gokuraku [paradis], priez au temple d'Uji" (Zoku Honcho Orai Den). Le pavillon du Phénix est devenu un modèle pour de nombreux temples Amida et jardins de la Terre pure qui ont suivi à travers le Japon, et il reste aujourd'hui l'un des bâtiments les plus reconnaissables et les plus estimés du pays, apparaissant notamment sur les pièces de 10 yens japonaises.
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