Paros

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Gorgon (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Gorgone Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Paros est une île du groupe des Cyclades au centre de la mer Egée. C'est la troisième île des Cyclades en superficie et sa position stratégique, sur d'importantes routes entre la péninsule grecque et la côte de L'Asie Mineure, en ont fait un centre d'importance depuis l'Âge du bronze jusqu'à l'époque romaine. Cette île était également célèbre pour la qualité de son marbre qui devint un matériau très prisé par les sculpteurs et architectes de l'antiquité.

Paros à l'Âge du bronze

Habitée depuis c. 3200 av. J.-C. (ou même plus tôt encore), la période du Cycladique Ancien I y a connu l'implantation de nombreux villages tels que Drios, Avyssos, Galana, Gremna, Kampos et Plastiras. Le niveau culturel relativement élevé à l'Âge du bronze ancien est attesté par la riche découverte de poteries décorées et de sculptures cycladiques qui représentaient d'élégantes figures en marbre de style minimaliste.

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Dans la capitale Parikiá (Paroikia) située sur la côte ouest de l'île les premiers signes de colonisation datent du 2e millénaire av. J.-C. et la région fut continuellement habitée durant les époques minoennes et mycéniennes et colonisée par des colons venus d'Attique c. 1000 av. J.-C. et occupée jusqu'en 700 av. J.-C. environ. Sur la côte nord, à Naoussa, se trouvait une colonie mycénienne qui prospéra au XIIIe siècle av. J.-C. mais fut anéantie aux alentours de 1200 av. J.-C. Néanmoins, le site fut occupé de nouveau au Xe siècle av. J.-C. et jouit d'une période de prospérité du IXe jusqu'au milieu du VIIe siècle av. J.-C. Koukounaries sur la côte est était également un important centre mycénien entre le XIIIe et le XIIe siècle av. J.-C. et continua ainsi jusqu'au milieu du VIIe siècle av. J.-C. Ce fut là, à Koukounaries, que le plus ancien temple de l'île fut construit, le temple d'Athéna, qui datait de c. 700 av. J.-C. et qui survécut jusqu'à la période classique.

L'importance de la mer dans la culture et le commerce de l'île est démontrée par d'anciennes pièces de monnaies représentant des dauphins.

Commerce & prospérité

De 700 à 500 av. J.-C. Paros devint un centre de commerce prospère grâce aux liens maritimes, en effet, les Pariens auraient inventé un nouveau type de navire, un bateau léger appelé paron. La production agricole des plaines fertiles de l'île ainsi que des objets issus de l'artisanat étaient échangés entre les îles des Cyclades. L'importance de la mer dans la culture et le commerce de l'île est démontrée par d'anciennes pièces de monnaies représentant des dauphins et la richesse de l'île amena la naissance d'une colonie sur Thasos dans le nord de la mer Egée en c. 680 av. J.-C. qui a son tour produisit encore plus de richesses après l'ouverture de mines d'or à cet endroit. Paros participa également au développement de la ville marchande de Parion (Parium) dans le Hellepont et de notables contributions culturelles dans le monde grec en general incluaient les œuvres du poète Archiloque au VIIe siècle av. J.-C. (qui eut même un temple en son honneur dans les périodes archaïques et classiques, l'Archilocheion) ainsi que la création du style de poterie 'Mélien'. En 385 av. J.-C. Paros, avec l'aide de Syracuse, fonda également la colonie de Pharos (Hvar aujourd'hui) sur la côte dalmate. Au IVe siècle av. J.-C. l'île pouvait sans doute vanter une population de près de 12 000 personnes.

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Paros devint aussi célèbre pour son marbre -le lychnites- qui dès la période archaïque fut exporté dans tout le monde grec et même au-delà. Réputé pour sa translucidité, il était d'une blancheur pure et devint vite le préféré des architectes et des sculpteurs. Par exemple, les chefs-d'œuvre suivants, le Hermès de Praxitèle à Olympie du IVe siècle av. J.-C. et la Niké de Samothrace du IIe siècle av. J.-C., ont été sculptés dans du marbre de Paros. L'école de sculpture de l'île jouissait d'une grande renommée et forma de célèbres sculpteurs tels que Agoracritos au Ve siècle av. J.-C. et Scopas au IVe siècle av. J.-C., qui respectivement contribuèrent à la construction du temple d'Athéna à Tegée et celui d'Artémise à Éphèse. Les sculpteurs pariens continuèrent encore d'être très recherchés dans une bonne partie de la période romaine de laquelle proviennent des sarcophages en marbre. Le musée archéologique de Parikiá possède également deux superbes exemples du talent des sculpteurs pariens: la Gorgone ailée géante du VIe siècle av. J.-C. et une statue de Niké datant du Ve siècle av. J.-C.

Cycladic Figurine c. 2400 BCE
Figurine cycladique vers 2400 avant notre ère Mary Harrsch (Photographed at the Getty Villa, Malibu) (CC BY-NC-SA)

Conflits régionaux

Paros n'a pas toujours vécu en paix malgré ou peut-être même, à cause de la prospérité de l'île. Les conflits avec la sempiternelle rivale Naxos, île voisine des Cyclades, se terminaient souvent en défaites et en 489 av. J.-C. le général athénien Miltiade assiégea l'île pendant 26 jours avec une flotte de 70 navires, quoique sans grand succès et se retrouvant même blessé. Le prétexte pour cette attaque fut le fait que Paros avait été pro-perse lors des guerres persiennes et fut accusée d'avoir fourni des navires aux Perses avant la bataille de Marathon. En 478 av. J.-C., Paros fut cependant obligée de se joindre à la confédération athénienne et l'île devint même l'un de ses plus importants bailleurs de fonds. En 403 av. J.-C. avec la fin de la guerre du Péloponnèse Paros tomba aux mains de Sparte jusqu'à ce que les Athéniens ne se réimplantent dans les Cyclades et Paros dut alors se joindre à la deuxième confédération athénienne ou Ligue de Délos en 374 av. J.-C. Suite à L'invasion de la Grèce par la Macédoine, la ligue fut dissoute et Paros fut proclamée polis ou cité-État libre et autonome. En 145 av. J.-C. l'île tomba sous contrôle romain et continua de s'épanouir. A partir du VIIe siècle de notre ère, l'île, ainsi que ses voisines cycladiques, devint un repaire de pirates et sa longue période de propérité prit fin.

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Sites archéologiques de Paros

Le sanctuaire d'Apollon et d'Artémis – le Delion– à Parikiá fut créé à la fin du IXe siècle av. J.-C. et continua d'être utilisé jusqu'au Ve siècle av. J.-C. Il existait un second sanctuaire dédié à Apollon au sud de Parikiá, le sanctuaire d'Asclépios qui fut fondé au IVe siècle av. J.-C. et sur la colline de Kastro il y avait un sanctuaire dédié à Athéna, protectrice de Parikiá qui comprenait un temple construit en c. 525 av. J.-C. Mesurant 32,86 m par 16,6 m, avec une façade de six colonnes ioniques, seule la partie Est a survécu. Des morceaux du temple ont été réutilisés dans la forteresse vénitienne médiévale qui phagocyta aussi des parties du portique qui avait été réparé et étendu au IIe siècle de notre ère. Les vestiges de maçonnerie tels que les linteaux et les tambours de colonnes sont clairement visibles dans les murs de la forteresse actuelle. De même, un temple à Hestia, un autre à Dionysos et Perséphone et un théâtre, tous confirmés par les archives, ont disparu depuis, leurs inestimables pierres taillées ayant été réutilisées dans des constructions successives ou leur site ayant été recouvert en totalité.

D'autres découvertes archéologiques importantes comprennent des parties de l'ancienne fortification de Parikiá datant du VIe siècle av. J.-C. qui entourait la ville créant un périmètre de 2,5km. Il y avait aussi divers bâtiments publics romains, des villas hellénistiques, un atelier de poterie hellénistique et un cimetière tout juste hors de Parikiá qui avait été utilisé du VIIIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle de notre ère. Enfin, la ville de Parikiá est toujours dominée par la superbe église de Panayia Ekatondapyliani ou Katapoliani, construite au VIe siècle par Justinien, qui vante 100 entrées et fut construite sur le site même du gymnase romain.

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Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction pour WHE, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est directeur de publication pour WHE et est titulaire d'une maîtrise en philosophie politique (Université de York). Il est chercheur, écrivain, historien et éditeur. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées communes à toutes les civilisations.

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Style APA

Cartwright, M. (2020, avril 01). Paros. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10961/paros/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Paros." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, avril 01, 2020. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10961/paros/.

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Cartwright, Mark. "Paros." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 01 avril 2020, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10961/paros/.

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