Henry Morgan

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 25 octobre 2021
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Sir Henry Morgan (by Unknown Artist, Public Domain)
Henry Morgan
Unknown Artist (Public Domain)

Henry Morgan (c. 1635-1688) était un corsaire gallois qui opéra dans les Caraïbes contre l'Empire espagnol, puis devint lieutenant-gouverneur de la Jamaïque. Morgan était un chef militaire charismatique et compétent qui mena des attaques dévastatrices contre des colonies comme Portobelo, Maracaibo et Panama dans les territoires espagnols des Amériques.

Morgan fut une épine dans le pied de l'Empire espagnol pendant près de deux décennies, et il était totalement impitoyable envers les armées et les civils espagnols. En tant que gouverneur adjoint de la Jamaïque, il améliora les fortifications de l'île et contribua à faire de Port Royal l'un des ports les plus actifs et les plus riches du Nouveau Monde. Il termina sa carrière comme respectable propriétaire de plantation, mais mourut de mauvaise santé, sa constitution n'étant en rien aidée par son style de vie de bon vivant.

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Les boucaniers et les territoires espagnols des Amériques

Les boucaniers des Caraïbes étaient à l'origine des chasseurs, mais dans les années 1660, leur nombre avait augmenté et étaient devenus un groupe hétéroclite d'anciens soldats, de marins et d'esclaves en fuite. Les autorités coloniales britanniques, néerlandaises et françaises souhaitaient utiliser les boucaniers comme moyen de défense supplémentaire contre les Espagnols qui dominaient la région grâce à leur contrôle du continent - la Tierra Firme - et à leur nombre bien plus important de navires de guerre. Sans être une force de combat professionnelle, les boucaniers étaient néanmoins habiles avec leurs mousquets et capables de capturer des navires espagnols en mer et de lancer des assauts amphibies sur les fortifications et les ports espagnols.

DES COMMISSIONS OFFICIELLES, CONNUES SOUS LE NOM DE LETTRES DE MARQUE, ÉTAIENT DÉLIVRÉES et LES FLIBUSTIERS ÉTAIENT DONC À vrai dire, DES CORSAIRES.

Ce dont les flibustiers et les autorités coloniales avaient le plus besoin dans leur guerre intermittente contre l'Espagne, c'était d'hommes de talent charismatiques pour mener des assauts d'envergure contre les navires au trésor et les colonies espagnoles dans les Amériques. Comme la Couronne espagnole insistait toujours pour qu'aucun autre commerçant européen ne soit le bienvenu dans son empire, ses rivaux coloniaux - quelle que soit leur position publique - soutenaient fortement quiconque attaquait et affaiblissait les Espagnols par tous les moyens possibles. L'un des grands chefs boucaniers, peut-être le plus grand, était le capitaine Henry Morgan.

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Enfance

Henry Morgan naquit vers 1635 au Pays de Galles (peut-être à Llanrumney ou Penkarne, car deux des plantations de Morgan en Jamaïque portent le nom de ces villes), mais on connaît peu de détails sur ses premières années, si ce n'est que son éducation formelle fut brève. L'historien P. Wood donne la description suivante de Morgan:

Ce n'était pas un homme imposant, mais il était mince et fort, avec le teint bistre que peuvent avoir certains Gallois, un nez proéminent, des lèvres sensuelles et des yeux sombres et arrogants. En ce qui concerne sa personnalité, il était difficile de le juger. Sa langue était à la fois douce et incisive. (128)

The Spanish Main and Caribbean Pirate Havens  c. 1670
Les ports pirates de la mer des Caraïbes vers 1670
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Morgan arriva en Jamaïque avec ou peu après les forces anglaises envoyées par Oliver Cromwell (1599-1658) en 1655 pour prendre l'île comme possession britannique. Le principal port de l'île, Port Royal, devint le plus célèbre des paradis des flibustiers et une épine perpétuelle dans le pied de l'Empire espagnol. Sans présence navale officielle, les gouverneurs successifs encouragèrent activement les flibustiers de toutes nationalités à opérer depuis Port Royal et à attaquer l'Empire espagnol. Des commissions officielles, connues sous le nom de lettres de marque (ou lettres de représailles), étaient émises, de sorte que les boucaniers étaient en fait des corsaires, et non des pirates qui attaquaient n'importe qui. Dans la pratique, cependant, les commissions étaient généralement réservées aux attaques contre les navires espagnols et non contre les ports. De nombreux boucaniers choisirent d'ignorer cette distinction puisque le butin pris sur les navires devait être partagé avec les autorités alors que celui pris dans les ports leur appartenait entièrement. Un autre point trouble à ajouter à une affaire déjà nébuleuse est qu'il y avait des guerres officielles intermittentes entre l'Angleterre et l'Espagne, et pendant celles-ci, toute cible, quelle qu'elle fût, pouvait être considérée comme légitime.

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HENRY MORGAN DEVINT LE COMMANDANT DE LA MILICE DE PORT ROYAL ET LE CHEF DE FACTO OU "AMIRAL" DES BOUCANIERS DES CARAÏBES.

À partir de 1658, Morgan opéra en tant que corsaire sous le commandement de Sir Christopher Myngs (également orthographié Mings, 1620-1666) et attaqua avec grand succès les possessions coloniales espagnoles à Cuba et au Mexique. Morgan apprit beaucoup de Myngs, comme la valeur des attaques surprises sur les fortifications depuis un endroit inattendu. En 1662, Morgan dut impressioner ce beau monde puisqu'il fut nommé officier de milice et capitaine d'un navire de prise. Morgan s'embarqua pour un voyage de 22 mois et mena des attaques corsaires en Amérique centrale, frappant Villahermosa en 1664 et Tabasco et Granada en 1665. Ces succès conduiront à des campagnes encore plus importantes pour le flibustier gallois, car il devint le commandant de la milice de Port Royal et le chef de facto ou "Amiral" des flibustiers des Caraïbes.

L'attaque de Portobelo

En 1668, Morgan fut chargé de diriger une force multinationale de flibustiers dans une attaque contre le port au trésor espagnol de Portobelo, sur la côte de l'actuel Panama. L'un des trois grands ports au trésor de l'Espagne, Portobelo était un dépôt pour les énormes quantités d'argent recueillies dans les mines d'Amérique du Sud. L'Espagne et l'Angleterre avaient convenu en 1667 de ne pas attaquer leurs possessions respectives, mais le prix était tout simplement trop tentant pour y résister. En outre, le gouverneur de la Jamaïque de l'époque, Thomas Modyford (1620-1679), avait entendu des rumeurs selon lesquelles les Espagnols se préparaient à attaquer l'île. Une attaque préventive était une stratégie judicieuse, même si Morgan était censé se limiter à la capture de navires au trésor, au port ou en mer. Modyford souhaitait particulièrement que Morgan capture des Espagnols et découvre toute information utile qu'ils possédaient. Tels étaient peut-être ses ordres officiels, mais le flibustier gallois nourrissait des ambitions bien plus grandes que cela.

Henry Morgan's Attack on Puerto Principe
Attaque de Henry Morgan sur Puerto de Principe
Unknown Artist (Public Domain)

Tout d'abord, Morgan rassembla sa force multinationale sur l'île de Providence, aussi connue comme Isla de Providencia, au large des côtes d'Amérique centrale, une île qu'il avait prise aux Espagnols en 1665. Il commandait environ 700 hommes répartis sur 12 navires. Morgan commença par éviter la Havane bien fortifiée et attaqua plutôt Puerto de Principe, un centre de commerce de peaux plus loin sur la côte de Cuba. Cependant, le butin obtenu fut décevant et les boucaniers français de Morgan quittèrent l'expédition à ce moment-là.

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Les forces de Morgan furent renforcées par l'arrivée d'un autre navire de flibustiers anglais et il tourna son attention vers Portobelo qui était bien protégé par trois forteresses distinctes garnies de près de 60 canons au total. Morgan savait cependant que, comme d'autres colonies espagnoles qui n'avaient pas encore affronté la fureur des flibustiers, ces défenses manquaient cruellement d'effectifs et ne disposaient que de canons périmés et de munitions limitées dont certaines étaient devenues si rouillées par la négligence qu'elles étaient désormais inutilisables. En juillet 1668, Morgan attaqua et prit Portobelo. Il utilisa 23 canots pour débarquer 500 hommes à quelques kilomètres de la ville et marcha pour surprendre les Espagnols qui s'attendaient à une attaque par la mer. Les prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes, des prêtres et des religieuses, furent utilisés comme boucliers humains pour porter des échelles jusqu'aux murs de fortification afin que les boucaniers puissent entrer.

Après la victoire, les prisonniers furent torturés afin qu'ils révèlent l'emplacement de leurs objets de valeur, une pratique courante dans le monde brutal des flibustiers. Une dame, Doña Augustín de Rojas, fut dépouillée de ses vêtements, mise debout dans un baril de poudre à canon et menacée d'une mèche allumée si elle ne révélait pas où étaient cachés ses bijoux. La ville fut ensuite rançonnée auprès des Espagnols; la population locale versa même 100 000 pesos d'argent dans la cagnotte. Avec le gouverneur de Panama qui ajouta de l'argent après qu'une force de secours ait été vaincue, Morgan réussit à acquérir un butin total et une rançon d'une valeur de 250 000 pesos. C'était là une fortune incroyable et la principale raison pour laquelle les autorités jamaïcaines lui pardonnèrent d'avoir outrepassé ses lettres de marque. En mars 1669, le butin prit à Portobelo fut déclaré prix légal par le tribunal de l'Amirauté. Plus rien n'empêchait désormais Morgan d'attaquer toute cible de son choix.

Fortifications at Portobelo-San Lorenzo, Reconstructed
Fortifications de Portobelo-San Lorenzo, reconstruites
Budget Direct Travel Insurance (Copyright)

L'attaque de Maracaibo

Après une période de repos et de débauche à Port Royal, le capitaine Morgan rassembla une nouvelle force de flibustiers en octobre 1668. Il reçut du gouverneur Modyford une frégate navale, l'Oxford, équipée de 26 ou 34 canons selon les sources. Malheureusement, lors d'une fête organisée à bord de l'Oxford en janvier 1669 pour célébrer l'appareillage du lendemain, les flibustiers ivres firent feu avec leurs pistolets et mirent le feu aux réserves de poudre à canon du navire. L'explosion qui s'ensuivit détruisit le navire et tua près de 200 hommes; Morgan fut l'un des dix survivants. Cette terrible perte signifiait que la cible initiale du port au trésor de Carthagène n'était plus réaliste. Un autre port, moins bien défendu, devrait faire l'affaire.

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Morgan appareilla pour attaquer le fort de Santiago à Cuba, où il utilisa à nouveau des prisonniers comme boucliers humains. En avril 1669, Morgan attaqua ensuite Maracaibo, sur ce qui est aujourd'hui la côte du Venezuela. Il s'empara d'abord de la petite forteresse qui gardait le canal donnant accès au lac de Maracaibo. Le bastion avait été construit par les Espagnols après que le boucanier français François L'Olonais (c. 1630-1668) eut attaqué Maracaibo deux ans auparavant. Le fort ne freina pas les hommes de Morgan, qui trouvèrent l'endroit vide mais avec une mèche allumée se dirigeant vers un énorme dépôt de poudre à canon. La mèche fut éteinte juste à temps, et les maraudeurs continuèrent leur route vers Maracaibo sans être inquiétés. La ville avait déjà été abandonnée et fut facilement prise et pillée.

Les choses auraient alors pu très mal tourner pour les boucaniers lorsque trois navires de guerre espagnols les piégèrent dans la lagune de Maracaibo. Morgan prit alors l'une de ses meilleures décisions tactiques et décida de "maquilller" un navire marchand capturé et de l'envoyer dans la flotte espagnole, où il pourrait être explosé. Le navire fut doté de sabords avec des rondins peints pour ressembler à des canons, et il y avait même sur le pont un certain nombre de personnages en bois peints et habillés pour faire croire que le navire transportait un équipage normal. Dans la cale, des barils de poudre à canon avec des mèches rapides et une grande quantité de soufre et de feuilles de palmier goudronnées avaient été préparés. En attendant que la nuit tombe, seulement 12 hommes firent naviguer la bombe flottante vers les Espagnols, et lorsqu'ils atteignirent les navires ennemis, ils partirent sans être vus à bord d'un petit bateau. Le navire amiral de la flotte espagnole, le Magdalen de 48 canons, fut incendié par l'explosion du navire, et les boucaniers passèrent à l'attaque, capturant l'un des autres navires espagnols, le Marquesa de 24 canons, tandis que le troisième navire espagnol s'échoua dans la confusion générale. Il restait encore la forteresse du canal à négocier, alors de nouveau aux mains des Espagnols. Morgan imagina une autre ruse: il envoya à plusieurs reprises des bateaux remplis d'hommes vers la côte et les fit revenir avec les mêmes hommes cachés à l'abri des regards. Les Espagnols furent trompés en pensant que les flibustiers préparaient un assaut terrestre et déplacèrent donc leurs canons pour couvrir ce côté de la forteresse. Les boucaniers de Morgan naviguèrent alors de nuit vers la haute mer et la sécurité, emportant avec eux un butin de 250 000 pesos d'argent.

Sir Henry Morgan Cigarette Card
Henry Morgan sur une carte de paquet de cigarettes
Metropolitan Museum of Art (Copyright)

L'attaque de Panama

Morgan retourna triomphant à Port Royal, fit l'inventaire et lança un appel pour que d'autres flibustiers de toutes nationalités le rejoignent à un point de rassemblement au Cap Tiburon, à Hispaniola. Entre-temps, Morgan reprit l'île de Providence aux Espagnols en 1670, bien que l'Angleterre et l'Espagne eussent tout juste conclus une paix par le traité de Madrid (la nouvelle de cette paix mettra un an à atteindre les Caraïbes). Les Espagnols poursuivirent également leurs attaques à petite échelle contre les colonies britanniques et autorisèrent désormais les navires espagnols à se saisir de navires Britanniques en mer comme prix s'ils le pouvaient.

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À la fin de l'année 1670, les flibustiers de Morgan, qui comptaient désormais jusqu'à 2 000 hommes répartis sur 33 navires, étaient prêts à foncer vers leur objectif: Panama. Morgan commandait la flotte à bord de sa frégate de 22 canons, Satisfaction, un nom approprié compte tenu du résultat final du raid sur une ville qui n'avait jamais échappé au contrôle espagnol. Après avoir pris avec difficulté la forteresse de San Lorenzo qui gardait la rivière Chagres, les boucaniers se dirigèrent vers Panama à la fin du mois de décembre, les derniers milles ayant été parcourus par voie terrestre en se frayant un chemin dans la jungle à l'aide de machettes. Panama fut facilement capturée en janvier 1671, car elle ne possédait aucune fortification défensive et les deux tiers de la garnison avaient déjà déserté par crainte de la terrible réputation des boucaniers. La milice espagnole avait bien essayé de perturber les rangs des boucaniers en lâchant du bétail pour qu'il se déchaîne sur le champ de bataille, mais en vain. L'attaque de Morgan sur le faible flanc droit des Espagnols et les tirs de volée coordonnés et disciplinés des flibustiers l'emportèrent.

Panama fut réduite en cendres, bien que cela ait été probablement intentionnel de la part des Espagnols et involontaire de la part des flibustiers, car l'incendie endommagea à la fois les marchandises et la perspective d'obtenir une rançon intéressante des autorités espagnoles. Les habitants reconstruisirent leur port un peu plus loin sur la côte par la suite, un site qui est devenu par la suite la ville de Panama. Cette région de Tierra Firme était depuis longtemps en déclin, et les flibustiers, en l'absence des expéditions annuelles de trésors, n'obtinrent pas grand chose en retour de leurs efforts puisque les Espagnols avaient vidé la ville de ses objets de valeur et les avaient envoyés ailleurs par bateau. Lorsque le butin qu'ils trouvèrent fut partagé entre les nombreux participants, le butin était bien maigre pour les hommes de troupe. Morgan fut accusé de tromper ses hommes sur leur butin, et beaucoup furent pratiquement laissés à mourir de faim.

Henry Morgan at Panama
Henry Morgan au Panama
Unknown Artist (Public Domain)

En réponse aux raids de Morgan, les Espagnols exigèrent une action du gouvernement britannique. En conséquence, Morgan fut arrêté et envoyé à Londres en avril 1672, mais de nombreuses personnes en position de pouvoir, même si leur voix publique était différente, considéraient en privé Morgan comme un véritable patriote dont les actions pouvaient forcer l'Espagne à ouvrir son empire aux commerçants britanniques. Le navire qui ramena Morgan en Angleterre portait bien son nom, le Welcome (Bienvenue). Morgan ne fut jamais emprisonné - contrairement au gouverneur Modyford qui passa deux ans à la Tour de Londres - et lorsque le tintamarre diplomatique se tut en janvier 1674, Morgan fut anobli par Charles II d'Angleterre (r. 1660-1685) et fut renvoyé aux Caraïbes où il prit ses nouvelles fonctions de lieutenant-gouverneur de la Jamaïque.

Lieutenant-gouverneur de Port Royal

À son apogée, Port Royal regorgeait de gens, de biens et de richesses, à tel point qu'un auteur contemporain a dit qu'elle avait plus d'argent que Londres. En 1680, la prospérité de ce havre est attestée par la présence de plus de 100 tavernes. Il y avait aussi tellement de maisons de jeu et de bordels qu'un ecclésiastique en visite décrivit Port Royal comme " la Sodome du Nouveau Monde " (Breverton, 260), en référence à la ville biblique tristement célèbre pour sa débauche. En tant que gouverneur adjoint jusqu'en 1682, Morgan ne fit peut-être pas beaucoup d'efforts pour assainir Port Royal, mais il améliora les fortifications défensives et défendit les propriétaires de plantations contre les taxes proposées par le gouvernement britannique à Londres.

Morgan possédait plusieurs grandes plantations de sucre en Jamaïque, un symbole de respectabilité qu'il avait acquis en 1665 après son mariage avec sa cousine Mary Elizabeth, la fille de son oncle Sir Edward Morgan. Henry Morgan n'eut pas d'enfants, ou du moins pas d'enfants légitimes.

L'ancien flibustier se retourna contre les hommes qui avaient contribué à faire son nom et à sa fortune et entreprit d'éradiquer les flibustiers et les pirates des Caraïbes occidentales. Quoi qu'il en soit, les autorités coloniales se rendirent compte que le fait d'encourager des pirates sans foi ni loi n'était guère propice à l'établissement de colonies prospères, et que les Espagnols étaient devenus un ennemi beaucoup plus redoutable après avoir sérieusement investi dans des forteresses, des armes et des hommes. De nombreux boucaniers poursuivirent la piraterie en attaquant tout navire marchand facile qu'ils rencontraient, et c'est ainsi que commença ce que l'on appelle l'âge d'or de la piraterie (1690-1730), mais l'Empire espagnol, désormais bien défendu, n'était plus la cible principale des égorgeurs sans foi ni loi.

Mort et héritage

Le 25 août 1688, Morgan mourut de mauvaise santé à 53 ans, son corps s'étant finalement rebellé contre son habitude de trop boire et trop manger. Il fut enterré avec tous les honneurs militaires. Malheureusement, Morgan ne reposa pas longtemps en paix puisqu'un tremblement de terre frappa Port Royal en juin 1692, et une partie de la ville glissa sous la mer pour toujours, y compris la dernière demeure de Morgan, maintenant à cinq brasses de profondeur.

La légende du capitaine Morgan commença de son vivant grâce à ses exploits relatés dans la presse londonienne et à des ouvrages influents comme The Buccaneers of America du Hollandais Alexandre Olivier Exquemelin, publié en anglais en 1684. L'ouvrage d'Exquemelin offre un aperçu inestimable de cette période, même s'il se plaît à relater les aspects les plus macabres de la flibuste. Exquemelin semble avoir tout particulièrement pris en grippe Morgan. Il est peut-être significatif que l'auteur ait été nul autre que l'un des flibustiers déçus par le butin pris à Panama. Morgan s'opposa à son portrait de pirate impitoyable et sans principes et poursuivit les deux éditeurs d'Exquemelin pour diffamation, parvenant à un accord à l'amiable et à des révisions appropriées de l'édition originale. Les exploits du capitaine Morgan en tant que flibustier charismatique et couronné de succès cimentèrent fermement sa place dans l'histoire de l'Amérique coloniale, une position qui est aujourd'hui encore renforcée par le fait qu'un rhum épicé mondialement populaire porte son nom.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2021, octobre 25). Henry Morgan [Henry Morgan]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20139/henry-morgan/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Henry Morgan." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le octobre 25, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20139/henry-morgan/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Henry Morgan." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 25 oct. 2021. Web. 29 juin 2022.

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