Mencius

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Jerome Couturier
publié le 08 juillet 2020
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Texte original en Anglais : Mencius

Portrait of Mencius (by Portraits of the Sage, Public Domain)
Portrait de Mencius
Portraits of the Sage (Public Domain)

Mencius (Meng Zi, 'Maître Meng', 372-289 av. JC) était un philosophe confucéen de la Période des Royaumes Combattants en Chine (vers 481-221 av. JC). Il est considéré comme le plus grand après Confucius pour son interprétation, sa formulation et sa diffusion des concepts confucéens. Il est le quatrième des cinq grands sages du Confucianisme, après Confucius lui-même :

  • Confucius (551-479 av. JC)
  • Zengzi (505-435 av. JC)
  • Zisi (vers 481-402 av. JC), petit-fils de Confucius
  • Mencius (372-289 av. JC)
  • Xun Zi (vers 310 - 235 av. JC)

Tous les quatre, à la suite de Confucius, ont contribué de manière significative à la philosophie confucéenne, mais Mencius est considéré comme le plus grand pour son habileté à interpréter les concepts, sa formulation de la philosophie, et son zèle à la diffuser. Dans le même temps, Xun Zi, à travers son œuvre, le Xunzi, est considéré presque à égalité avec Mencius comme le philosophe qui compléta la vision confucéenne en tempérant son idéalisme par le réalisme.

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Mencius développa le concept confucéen de bonté humaine fondamentale en tant que principe central, soutenant que les gens se comporteront bien s'ils sont encouragés à développer des pensées et des habitudes vertueuses. Il créa sa propre école et, après avoir enseigné, il voyagea dans les états antagonistes de l'époque, conseillant aux dirigeants d'abandonner leurs guerres et de s'unir pour aider le peuple. Selon l'historien Will Durant, Mencius tenta de transmettre un message central à ces rois :

Le bon souverain devrait faire la guerre, non pas contre d'autres pays, mais contre l'ennemi commun - la pauvreté - car c'est de la pauvreté et de l'ignorance que naissent le crime et le désordre. (684)

Comme pour les travaux d'un certain nombre d'autres philosophes de cette période (tels que Mozi, 479-391 av. JC), les efforts de Mencius furent vains et, déçu, il abandonna la vie publique pour vivre dans une relative réclusion avec ses étudiants jusqu'à sa mort. Sa formulation et sa codification de la pensée confucéenne définiront la philosophie qui sera finalement adoptée comme système de croyance national sous la Dynastie Han (202 av. JC - 220 ap. JC) et qui, depuis, imprègne la culture chinoise.

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Jeunesse et Œuvre

LA MÈRE DE MENCIUS EST LÉGENDAIRE POUR SON DÉVOUEMENT ENVERS SON FILS ET RESTE UN MODÈLE DE MATERNITÉ EN CHINE AUJOURD'HUI.

Son nom est en fait Meng Zi, mais il est surtout connu sous le nom de Mencius, version latinisée utilisée par les missionnaires chrétiens écrivant sur la philosophie chinoise, qui changèrent également Kong Fuzi en 'Confucius'. Mencius naquit dans une famille pauvre, son père décéda quand il était jeune, et sa mère, Zhang, éleva son fils seule. La mère de Mencius est légendaire pour son dévouement envers son fils et reste un modèle de maternité en Chine aujourd'hui.

Le dicton chinois populaire traduit par "La mère de Mencius, trois déménagements", fait référence au fait qu'elle déménagea trois fois pour trouver le meilleur endroit pour élever son enfant. Au départ, ils vivaient près d'un cimetière, mais elle remarqua que son fils commençait à imiter le comportement des agents des pompes funèbres et des pleureuses professionnelles. Elle trouva cela inacceptable et déménagea donc en ville où le garçon commença à imiter les activités des marchands voisins et les bruits de l'abattoir local. Elle trouva cela aussi indigne pour son fils et déménagea donc à nouveau dans une petite maison près d'une école. Là, son fils commença à imiter le comportement, la parole et la discipline des enseignants et il devint ainsi un lettré.

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Une autre histoire illustrant les vertus de sa mère raconte qu'elle s'aperçut qu'il négligeait ses études. Elle coupa alors en deux le tissu qu'elle avait tissé avec soin. Mencius fut choqué par ce geste, mais sa mère lui dit que ce n'était rien de plus que ce qu'il faisait lui-même en ne terminant pas son travail scolaire et le rendant ainsi sans valeur. Mencius apprit la leçon et retourna à ses études.

Il devint fonctionnaire et enseignant à l'Académie Jixia dans l'état de Qi et servit avec distinction jusqu'à la mort de sa mère. À ce moment-là, il prit un congé et inhuma sa mère avec tel luxe et cérémonie que ses étudiants, et beaucoup d'autres, furent scandalisés. Mencius se contenta de citer Confucius et expliqua que la dévotion que l'on doit à sa mère doit s'exprimer comme il se doit à tout moment, et sans aucun doute aussi dans ses funérailles et les rites de deuil.

École de Mencius & Pensée Politique

Après une période de deuil qui dura les trois années traditionnelles, il créa sa propre école de philosophie où il enseigna les préceptes confucéens basés sur ce qui devait être connu comme les Quatre Livres et les Cinq Classiques (ne comprenant pas son œuvre personnelle, bien sûr, qui fut composée par ses élèves) :

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  • Le Livre des Rites (ou Livre de la Grande Étude)
  • La Doctrine du Juste Milieu
  • Les Analectes de Confucius
  • Les Œuvres de Mencius
  • Le Classique des Changements, le Yi Jing (ou Yi King)
  • Le Classique des Odes
  • Le Classique des Rites
  • Le Classique des Documents
  • Les Annales des Printemps et des Automnes

Mencius affirmait que Confucius avait écrit, ou du moins révisé, tous ces ouvrages (à l'exception de son propre travail), ce qui leur conférait grand sérieux et autorité. L'affirmation de Mencius ne fut pas remise en cause jusqu'au 20ème siècle. Actuellement, les Cinq Classiques sont attribués à des auteurs de la Dynastie Zhou (1046-256 av. JC) et les Quatre Livres, à des élèves de Confucius et Mencius.

Commentaries of the Analects of Confucius
Commentaires des Analectes de Confucius
AlexHe34 (CC BY)

L'école de Mencius se concentrait sur l'élévation morale de ses étudiants, ce qui incluait une formation approfondie en politique et sur ce qui faisait un dirigeant efficace. Le philosophe Forrest E. Baird commente :

La base de la philosophie politique de Mencius était l'accent mis sur l'état fonctionnant comme une institution morale. Le souverain doit être un chef moral, un honnête homme, un sage-roi, comme l'étaient les grands dirigeants du passé... Le souverain doit gagner le soutien du peuple en gouvernant avec bienveillance, car son droit de gouverner ne découle pas seulement du Mandat du Ciel, mais aussi du consentement des gouvernés. Si le souverain ne parvient pas à gouverner le peuple avec bienveillance, il perd le Mandat du Ciel et son droit d'être appelé "roi". (293)

Le Mandat du Ciel était un concept développé au cours de la Dynastie Zhou, selon lequel un roi gouvernait par consentement divin. Les dieux et le monarque concluaient un contrat selon lequel le souverain devait prendre soin du peuple, en plaçant ses intérêts au-dessus des siens propres, et sa dynastie continuerait à régner tant qu'elle en serait digne. Lorsqu'il devenait évident qu'une dynastie n'honorait plus sa part du contrat, on pensait qu'elle avait perdu le mandat, et elle était remplacée. Mencius reprit simplement ce concept et le développa davantage.

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Comme il vivait à une époque de chaos et de guerre continuels, il se tourna, comme Platon en Grèce, vers l'espoir de faire bénéficier les dirigeants des différents états des lumières de la philosophie. Il pensait que si un souverain était un homme de vertu, et qu'il donnait l'exemple, le peuple aspirerait à ce même style de vie vertueuse et, en outre, jouirait davantage de la vie en étant gouverné avec justice.

Philosophie et Vision

La philosophie de Mencius se forma par l'époque de la Période des Royaumes Combattants dans laquelle il vivait. Cette période avait auparavant donné naissance aux 'Cent Écoles de Pensée', qui correspondent à une époque où des lettrés et des enseignants, autrefois employés par le gouvernement ou rattachés à des écoles, se retrouvèrent sans emploi en raison du climat politique, et créèrent leurs propres écoles, dont l'une fut fondée par Confucius.

CONFUCIUS SE CONSACRA À RATIONALISER LA PENSÉE CONFUCÉENNE ET À LA RENDRE PLUS ACCESSIBLE AUX GENS.

La Période des Royaumes combattants était une ère chaotique et violente au cours de laquelle sept états s'affrontaient pour la suprématie et le contrôle du gouvernement. La Dynastie Zhou, qui ne régnait encore que de nom, était trop faible pour faire quoi que ce soit contre ces guerres, car les différents états étaient tous plus puissants que le gouvernement. Les écoles philosophiques sont nées, en grande partie, en réponse à l'impuissance des Zhou; si le gouvernement ne pouvait rien faire pour arrêter la violence, les philosophes devaient le faire.

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Selon le Confucianisme, les gens sont essentiellement bons, ils penchent naturellement vers le bien plutôt que le mal, mais ont besoin d'un centre moral fort et de l'éducation pour maintenir leur équilibre, contrôler leur intérêt personnel et vivre en harmonie avec les autres. Confucius lui-même disait n'avoir jamais rien écrit de nouveau et n'avoir développé aucune philosophie inédite, mais s'être seulement inspiré des Cinq Classiques de la dynastie Zhou. Toutefois, lorsque le Confucianisme a touché Mencius, l'école qui se développa au nom du maître fut considérée comme sa création. Mencius se consacra à rationaliser la pensée confucéenne et à la rendre plus accessible aux gens.

Confucius soutenait qu'il existait Cinq Constantes et Quatre Vertus auxquelles il fallait adhérer pour bien vivre et devenir un être humain supérieur :

  • Ren - la bienveillance
  • Yi - la droiture
  • Li - le rituel
  • Zhi - la connaissance
  • Xin - l'intégrité
  • Xiao - la piété filiale
  • Zhong - la loyauté
  • Jie - la retenue
  • Yi - la droiture, à nouveau

Mencius reconnaissait la valeur de ces neuf vertus, mais il en soulignait quatre comme essentielles :

  • Ren - bienveillance/humanité
  • Yi - droiture/bonté
  • Zhi - connaissance/sagesse
  • Li - bienséance/suivi des rites

Ce sont les fameux Quatre Germes de Mencius, ainsi appelés parce qu'il pensait qu'ils étaient inhérents à chaque individu et qu'ils n'avaient besoin que d'être nourris correctement pour se développer et fleurir.

Mencius soutenait l'idéal confucéen selon lequel les gens sont fondamentalement bons et fournit l'argument confucéen le plus connu à l'appui de cette affirmation. Il avait noté que la première inclination des gens, lorsqu'ils trouvaient quelqu'un en difficulté, était de l'aider et il illustra cela avec l'exemple d'une personne trouvant un garçon tombé dans un puits. Le premier réflexe de cette personne sera de sauver le garçon - même si elle ne le connaît pas ou ne connaît pas ses parents, et même si cette tentative présente un risque important. Et, si elle ne peut pas le sauver elle-même, elle essaiera de trouver quelqu'un qui le pourra.

Mencius
Mencius
Xiao Niao (CC BY-NC-ND)

Par cet exemple, il met en évidence l'inclination humaine à faire le bien, ce qu'il interprète comme signifiant que la bonté est une qualité humaine fondamentale. L'inclination vers la bonté peut toutefois être émoussée par un mauvais traitement de la part des autres et par le manque d'opportunités de la développer par l'éducation; cela produit de mauvaises personnes qui font de mauvaises choses. À l'inverse, l'éducation des gens à la valeur du bien et à agir selon les bonnes impulsions produit des citoyens contents et serviables.

Cette conviction l'amena à prendre des initiatives pour convertir les monarques des différents états aux idéaux confucéens. Si un souverain souhaitait vraiment gouverner avec sagesse et solidement, l'éducation du peuple devait être une priorité. Les rois, affirmait Mencius, devaient mettre de côté leurs petites différences et travailler pour le bien du peuple en instituant des programmes éducatifs qui rendraient le peuple bon. Telle était la philosophie et la vision de Mencius, mais elle n'était qu'une parmi d'autres, et d'autres y compris Confucius lui-même, avaient essayé d'encourager les états en guerre vers la paix sans succès.

Contestation avec d'Autres Écoles

À côté de Confucius, le plus célèbre défenseur de la paix était probablement Mozi, fondateur de l'école philosophique du Moïsme, qui prêchait l'amour universel et la vertu personnelle. Le Confucianisme mettait l'accent sur la piété filiale et la hiérarchie sociale: on honorait et respectait ses supérieurs sociaux, à commencer par ses parents et ses aînés, on observait correctement les rituels qui y sont associés, on développait un bon caractère et l'on se comportait bien. Mozi soutenait que les classes sociales devaient être abolies et que tout le monde devait aimer tout le monde de la même manière.

Il avança également le concept de 'conséquentialisme', selon lequel ses actions définissent le caractère d'un souverain. Il l'a appliqué en se rendant dans chacun des états séparés, souvent au péril de sa vie, pour les convaincre de mettre fin aux guerres. En tant qu'artisan et charpentier qualifié, Mozi était très demandé pour les engins de siège et les fortifications mais, dans le but de neutraliser tout avantage de quelque état, il leur fournissait à tous exactement les mêmes ouvrages. Cependant, il vit que ses efforts étaient vains et il finit par abandonner.

Mencius admirait Mozi pour ses engagements et ses tactiques, mais il le critiquait vivement pour son insistance sur l'amour universel. En tant que confucéen, Mencius croyait en l'importance de la hiérarchie sociale et de la piété filiale comme fondements de l'ordre et de la stabilité, non seulement de l'état, mais aussi au niveau personnel. Il critiqua et condamna également le conséquentialisme, mais on ne sait pas trop pourquoi, car Mencius défendait sa propre version de ce même concept. Ce dernier pensait qu'une bonne vie était définie par le bon comportement de chacun et que cette bonne conduite devait inspirer ensuite la même chose aux autres; c'est presque exactement ce que Mozi disait.

Mo Ti
Mozi
Iflwlou (Public Domain)

Mencius avait également des mots durs pour la philosophie hédoniste de Yang Zhu (440-360 av. JC) qui considérait que la poursuite du plaisir était la seule réponse appropriée à la vie et que toute philosophie ou croyance religieuse était simplement une perte de temps pour chacun. Mencius soutenait que l'école de pensée de Yang (le Yangisme) constituait une dangereuse menace pour la moralité personnelle et pour la société, et il la condamnait comme subversive.

Comme les philosophes Lao Tseu (ou Laozi, vers 500 av. JC) et Deng Xi (vers 500 av. JC), Mencius croyait que "les hommes sont bons par nature et que le problème social ne provient pas de la nature des hommes mais de l'immoralité des gouvernements" (Durant, 684). Cependant, contrairement à ces philosophes qui pensaient que moins de lois était meilleur qu'une adhésion stricte au rituel, Mencius était un défenseur du gouvernement, de la loi, de la hiérarchie sociale et des autres préceptes de Confucius. Il pensait que le meilleur gouvernement serait celui qui serait administré par les idéaux des philosophes confucéens mis en politique.

Voyages, Retraite et Mort

À cette fin, Mencius se mit en route avec quelques-uns de ses élèves pour tenter de convaincre les différents rois de la valeur de la pensée et de la pratique confucéennes. Voyageant d'un état à l'autre pendant près de 40 ans, Mencius tenta d'enseigner ses préceptes par l'exemple et par des conférences. Il fit appel à la compréhension généralement acceptée de la philosophie confucéenne, bien sûr connue à cette époque, ainsi qu'aux précédents historiques de la paix, considérée comme bien plus bénéfique pour un état que la guerre. Malheureusement, aucun des souverains ne vit l'intérêt d'être le premier à déposer les armes et à pratiquer la bienveillance prônée par Mencius. Durant écrit :

Comme les hommes invités à une fête de mariage ancien, les différents princes avaient de nombreuses excuses pour ne pas se corriger. "J'ai un défaut, j'aime la bravoure", dit l'un. "J'ai un défaut, j'aime la richesse", dit un autre. (683)

Chaque monarque avait une excuse pour dire pourquoi il ne pouvait pas adopter le Confucianisme, et pourquoi il ne mettrait pas fin aux guerres. Pourtant, comme Mozi, Mencius persévéra jusqu'à ce qu'il reconnaisse qu'il ne pouvait pas changer le cœur des hommes contre leur volonté. Il se consacra alors exclusivement à l'éducation des étudiants de son école privée. À sa mort, ils élevèrent un grand monument sur sa tombe pour exprimer leur dévotion à l'homme qui avait été comme un père pour eux.

Conclusion

Les contributions majeures de Mencius à la pensée confucéenne sont le développement de la bonté inhérente aux êtres humains, le concept des Quatre Germes, l'adhésion à la 'règle d'or' confucéenne ("ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à un autre"), et l'établissement d'un gouvernement moral et bienveillant qui encouragerait ses citoyens à rechercher la vertu plutôt que le vice.

Ses tentatives pour convaincre les rois et les princes de la Période des Royaumes Combattants d'adopter sa philosophie échouèrent car ses préceptes furent rejetés comme trop idéalistes. Mencius préconisait une répartition égale des terres entre les citoyens, des impôts équitables, une pension et des soins pour les personnes âgées, ainsi que des programmes éducatifs visant à améliorer le caractère moral du peuple. Aucun des rois qui faisaient la guerre pour le contrôle total du pays ne fut intéressé par l'une de ces politiques.

La vision de Mencius fut tempérée plus tard par le dernier des cinq grands sages, Xun Zi. Ce dernier compléta le développement de la pensée confucéenne en présentant une vision opposée à l'idéalisme de Mencius. Xun Zi soutient que les êtres humains ne sont pas bons par nature et qu'il faut leur enseigner la bonté, comme en témoignent les nombreuses philosophies différentes qui se sont développées à cette fin. Selon lui, si les êtres humains étaient naturellement bons, ils n'auraient pas besoin d'être instruits sur la bonté.

La Période des Royaumes Combattants se termina par la victoire de l'état de Qin grâce à une politique brutale de guerre totale. La Dynastie Qin (221-206 av. JC) fut ensuite fondée, qui adopta la philosophie du Légisme, selon laquelle les êtres humains étaient intrinsèquement égocentriques et égoïstes et devaient être contrôlés par des lois et des règles strictes. Entre 213 et 210 av. JC, la Dynastie Qin brûla les livres d'autres écoles philosophiques, dont, bien sûr, le Confucianisme.

Lorsque la dynastie Qin tomba, remplacée par la Dynastie Han, le Confucianisme et les autres écoles furent relancés. Les vues de Xun Zi, considérées comme plus réalistes que celles de Mencius, se combinèrent aux siennes pour tempérer la vision globale du Confucianisme qui sera adoptée par les Han comme philosophie d'état sous Wudi (règne 141-87 av. JC). Depuis lors, plus ou moins, le Confucianisme, tel qu'il fut perçu à travers le prisme de l'œuvre de Mencius principalement, a infusé la culture chinoise. Il en est de même de la philosophie telle qu'elle est comprise de nos jours, qui est autant l'œuvre de Mencius que celle de son fondateur.

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Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2020, juillet 08). Mencius [Mencius]. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10639/mencius/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Mencius." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. modifié le juillet 08, 2020. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10639/mencius/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Mencius." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 08 juil. 2020. Web. 03 déc. 2021.

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