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title: Récit de Doubleday de la Bataille de Fort Sumter: Il a pointé, et non tiré, le premier canon
author: Joshua J. Mark
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2951/recit-de-doubleday-de-la-bataille-de-fort-sumter/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2026-07-28
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# Récit de Doubleday de la Bataille de Fort Sumter: Il a pointé, et non tiré, le premier canon

_Rédigé par [Joshua J. Mark](https://www.worldhistory.org/user/JPryst/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Abner Doubleday [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)(1819-1893), officier de l'armée américaine pendant la [guerre de Sécession](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21889/guerre-de-secession/), est aujourd'hui célèbre pour deux événements – dont aucun ne s'est en réalité produit:

- avoir tiré le premier coup de feu depuis Fort Sumter le 12 avril 1861
- avoir inventé le baseball à Cooperstown, dans l’État de New York, en 1839

Doubleday n’a jamais prétendu avoir tiré le premier coup de feu lors de la bataille de Fort Sumter; il affirmait avoir pointé le premier canon. Le soldat qui tira ce premier coup de feu était en fait James Gibbons. D’une manière ou d’une autre, le fait que Doubleday ait pointé son canon en premier s’est transformé en "a tiré le premier coup de feu" – une affirmation qui continue d’être reprise dans la presse écrite et sur Internet.

[ ![General Abner Doubleday](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21950.jpeg?v=1785187932-1784705337) Général Abner Doubleday Unknown Photographer (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21950/general-abner-doubleday/ "General Abner Doubleday")Doubleday n’a jamais prétendu non plus avoir inventé le baseball. Il était loin de Cooperstown, dans l’État de New York, en 1839; il était cadet à l’Académie militaire de West Point de 1838 à 1842. C’est la Commission Mills, créée en 1905 pour déterminer l’origine du baseball et prouver qu’il s’agissait d’une invention américaine, qui l’a désigné comme l’inventeur du jeu en 1907.

Ils ont désigné Doubleday comme "père du baseball" en s'appuyant sur une lettre d'un certain Abner Graves, qui affirmait avoir joué à ce jeu avec Doubleday à Cooperstown alors qu'il n'avait que cinq ans, en 1839 – et parce que Doubleday, en tant que héros de l'Union pendant la Guerre de Sécession, incarnait l'"esprit américain". Le baseball est issu de jeux plus anciens, mais les "règles Knickerbocker" – qui correspondent pour l’essentiel à ce que l’on appellerait aujourd’hui le "baseball" – ont été codifiées par Alexander Cartwright en 1845.

Abner Doubleday est toutefois à juste titre célèbre pour avoir pointé le premier canon qui tira depuis Fort Sumter, ainsi que pour sa conduite lors du premier jour de la bataille de Gettysburg, le 1er juillet 1863. Il est également très respecté pour ses mémoires – *Reminiscences of Forts Sumter and Moultrie in 1860-`61* – dont il s’est en partie inspiré pour rédiger l’article connu par la suite sous le titre "J’ai pointé le premier canon".

Dans le récit qui suit, Doubleday évoque le transfert de Fort Moultrie à Fort Sumter, le 26 décembre 1860, ainsi que la bataille de Fort Sumter des 12 et 13 avril 1861. Sa conduite pendant ce transfert, entre celui-ci et la bataille de Fort Sumter, ainsi qu’après celle-ci, suffit amplement à faire perdurer son nom dans les mémoires, sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter quelque embellissement fictif que ce soit.

[ ![Fort Moultrie, South Carolina, 1861](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21951.jpeg?v=1784226789-1784706660) Fort Moultrie, Caroline du sud, 1861 Unknown Photographer (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21951/fort-moultrie-south-carolina-1861/ "Fort Moultrie, South Carolina, 1861")### Texte

En 1876, Doubleday publia son ouvrage intitulé *Reminiscences of Forts Sumter and Moultrie in 1860-61* et, quelques années plus tard, on lui demanda de rédiger un essai pour *le Century Magazine*. Il remania certaines parties de son ouvrage précédent pour en faire l’article *From Moultrie to Sumter*, publié vers 1885 dans *le Century Magazine*. Cet article fut inclus dans une anthologie de récits sur la guerre de Sécession, l’ouvrage en quatre volumes *intitulé Battles and Leaders of the Civil War*, édité par Ned Bradford et publié par R. U. Johnson et C. C. Buel en 1887-1888. À cette époque, le titre de l’article de Doubleday fut modifié pour devenir *I aimed the first gun (J'ai pointé le premier canon)*. L’ensemble en quatre volumes fut par la suite publié par E. P. Dutton en un seul volume.

Ce qui suit est tiré de ce volume, pages 3 à 9. Les points de suspension indiquent le texte qui a été omis pour des raisons d’espace. Le récit de Doubleday offre un point de vue intéressant sur ce qu’était la vie d’un soldat de l’Union dans le port de Charleston, en Caroline du Sud, alors sous contrôle confédéré, entre décembre 1860 et avril 1861.

> En tant que capitaine supérieur du 1er régiment d’artillerie des États-Unis, j’étais en poste à Fort Moultrie, dans le port de Charleston, deux ou trois ans avant le déclenchement de la guerre de 1861. Il y avait deux autres forts dans le port. Parmi ceux-ci, Fort Sumter était inoccupé, car inachevé, tandis que Castle Pinckney était sous les ordres d’un seul sergent d’artillerie.
> La garnison de Fort Moultrie se composait de deux compagnies réduites à 65 hommes, auxquels s’ajoutait la fanfare, ce qui portait l’effectif total du poste à 73 personnes. Fort Moultrie n’avait aucune force de frappe; il s’agissait simplement d’une batterie côtière. Personne n’avait jamais imaginé qu’il serait attaqué par les nôtres; et, s’il devait être assailli par des étrangers, on supposait qu’une armée de soldats-citoyens serait là pour le défendre.
> Il était très bas, ses murs ayant à peu près la hauteur d’une pièce ordinaire. Il ne s’agissait en fait guère plus que de l’ancien fort de l’époque de la Révolution, dont le père du major Robert Anderson avait été l’un des défenseurs. Le sable avait été charrié par la mer contre les murs, si bien que des vaches pouvaient littéralement escalader les remparts.
> En 1860, nous demandâmes que le fort soit remis en état, mais le quartier-maître général, qui devint par la suite le célèbre Joseph E. Johnston, déclara que cette affaire ne relevait pas de son département. Nous redoutions alors des troubles, car les signes de l’époque indiquaient que le Sud dérivait vers la sécession, bien que les habitants du Nord ne puissent être amenés à le croire et considéraient nos déclarations à cet effet comme des absurdités…
> Le 15 novembre 1860, \[notre ancien commandant fut relevé de ses fonctions et remplacé par\] le major Robert Anderson, du Kentucky, qui était un officier de carrière… Anderson était un partisan de l’Union et, au tout début, il était tout à fait disposé à punir la Caroline du Sud au cas où celle-ci tenterait de prendre des mesures révolutionnaires. Son opinion quant à la répression changea lorsqu’il constata que tous les États du Sud avaient rejoint la Caroline du Sud, car il considérait la conquête du Sud comme une cause perdue.
> Peu après son arrivée, Anderson souhaita que le sable soit retiré des remparts de Moultrie et insista pour que cela soit fait au plus vite. Soudain, le secrétaire à la Guerre sembla se rallier à ce point de vue. Il prétendit qu’il y avait un risque de guerre avec l’Angleterre, en référence au Mexique, ce qui était absurde; et sous ce prétexte, il fut saisi d’un zèle soudain pour mettre le port de Charleston en état – pour se tourner contre les forces confédérées.
> Malgré tous nos efforts, le fort Moultrie n'était guère d'une grande utilité, car il était pratiquement impossible à défendre; mais le major Anderson s’efforça de le renforcer. Il fit installer de lourdes portes pour empêcher les sécessionnistes de Charleston d’y pénétrer et fit creuser une petite trappe par laquelle les visiteurs devaient ramper pour entrer ou sortir.
> Nous ne pouvions obtenir aucunes munitions supplémentaires, mais le colonel Gardner avait réussi à se procurer un approvisionnement de vivres pour six mois en provenance du Nord avant que les troubles n’éclatent. Le secrétaire à la Guerre refusait de nous envoyer le moindre homme en renfort, sous prétexte que cela irriterait la population.
> Il était pratiquement impossible d’empêcher les sécessionnistes de nous attaquer, mais leurs chefs les retenaient, sachant que nos ouvriers travaillaient dans leur intérêt, aux dépens des États-Unis. Lorsque le capitaine Truman Seymour fut envoyé avec un détachement à l’arsenal des États-Unis à Charleston pour récupérer des amorces à friction et un peu de munitions, une foule s’interposa et repoussa ses hommes.
> Il devint évident, comme je l’avais dit à Anderson, que nous ne pouvions pas défendre le fort, car les maisons qui nous entouraient sur l’île de Sullivan surplombaient Moultrie et pouvaient être occupées par nos ennemis.
> Enfin, la rumeur courut que deux mille fusiliers avaient été mobilisés pour nous abattre depuis les toits de ces maisons. Je proposai de prendre l’ennemi de vitesse et d’incendier les habitations, mais Anderson refusa de prendre une mesure aussi radicale à un moment où le Nord ne croyait pas qu’il y aurait la guerre.
> Il était évident que la seule chose à faire était de nous glisser par la mer jusqu’à Fort Sumter, mais Anderson répondit qu’il avait été affecté à Fort Moultrie et qu’il devait y rester. Nous nous trouvions alors dans une situation très particulière.
> On croyait généralement que nous ne serions pas soutenus, même par le Nord, car les démocrates s’étaient farouchement opposés à l’élection de Lincoln; qu’au premier signe de guerre, vingt mille hommes sympathisants du Sud se soulèveraient à New York. De plus, celui que nous, soldats, considérions toujours comme un père – le secrétaire à la Guerre – semblait ourdir des manœuvres pour nous éliminer.
> Nous pensions qu’en cas de soulèvement à Charleston, peu d’entre nous survivraient; mais cela ne nous préoccupait guère, car ce risque faisait simplement partie de notre métier, et nous avions l’intention de livrer le meilleur combat possible. Après avoir discuté de la question, les officiers estimèrent qu’ils pourraient maîtriser toute manifestation à Charleston en lançant des obus sur la ville depuis le château de Pinckney. Mais, avec seulement soixante-quatre soldats et une fanfare, nous ne pouvions détacher aucune force dans cette direction.
> Finalement, le capitaine Foster, qui avait mal évalué la situation dans son ensemble et qui avait reçu l’ordre de mettre Moultrie et Sumter en parfait état de préparation, fit venir plusieurs centaines d’ouvriers de Baltimore. Malheureusement, ceux-ci étaient presque tous favorables aux habitants de Charleston, beaucoup portant même des insignes sécessionnistes.
> Des groupes de sécessionnistes patrouillaient désormais près de nous, de jour comme de nuit. Nous étions tellement épuisés par notre service de garde – consistant à les surveiller – qu’à une occasion, ma femme et celle du capitaine Seymour nous relayèrent, la seule chose nécessaire étant que quelqu’un donne l’alerte au cas où il y aurait une tentative d’intrusion.
> Foster pensait pouvoir trouver, parmi ses quelques centaines d’ouvriers, quelques partisans de l’Union pour s’entraîner au maniement des canons en tant que garnison au château de Pinckney, mais ceux-ci se rebellèrent dès qu’ils comprirent qu’on attendait d’eux qu’ils agissent en tant qu’artilleurs et déclarèrent qu’ils n’étaient pas là pour se battre. On raconte que, lorsque l’ennemi s’empara du château, certains de ces ouvriers furent tirés de sous des lits et d’autres cachettes encore.
> La veille de Noël, je demandai au major Anderson du fil de fer barbelé pour ériger un barrage devant ma partie du fort, de sorte que quiconque chargerait trébucherait sur les barbelés et pourrait être abattu à notre guise… Lorsque je demandai ce fil à Anderson, il me répondit que j’en aurais un mile, avec un sourire étrange qui me laissa perplexe l’espace d’un instant.
> Il fit alors venir Hall, l’intendant du poste, lui fit promettre de garder le secret, et lui ordonna de prendre trois goélettes et quelques péniches qui avaient été affrétées dans le but d’emmener les femmes et les enfants, ainsi que six mois de provisions, à Fort Johnson, en face de Charleston. Il reçut pour instruction, lorsque les patrouilles sécessionnistes demanderaient ce que cela signifiait, de leur répondre que nous envoyions les familles des officiers et des hommes vers le Nord parce qu’elles nous gênaient.
> L’excuse était plausible, et personne ne s’en mêla. Nous étions surveillés de si près que nous ne pouvions faire le moindre mouvement sans qu’on nous demande la raison de celui-ci.
> Le jour de notre départ, le lendemain de Noël, Anderson quitta sa propre table d’officiers et vint s’installer chez moi en tant qu’invité. Le soir de ce jour-là, je me rendis auprès du major pour l’avertir que le thé était prêt. En me rendant au parapet à cette fin, je trouvai tous les officiers rassemblés là et remarquai quelque chose d’étrange dans leur comportement.
> Le mystère fut levé quand Anderson s’approcha de moi et me dit: "Capitaine, dans vingt minutes, vous quitterez ce fort avec votre compagnie pour rejoindre Fort Sumter." L’ordre était surprenant et inattendu, et je pensai aux hostilités immédiates que ce déplacement allait déclencher.
> Je me précipitai vers les quartiers de ma compagnie et informai mes hommes afin qu’ils puissent enfiler leurs sacs à dos et se tenir prêts. Cela me prit environ dix minutes. Puis je me rendis chez moi, dis à ma femme qu’il y aurait peut-être des combats et qu’elle devait quitter le fort dès que possible pour se réfugier derrière les dunes. Je sortis ses malles par la poterne, et elle les suivit.
> Puis je me mis en route avec ma compagnie pour rejoindre le capitaine Seymour et ses hommes. Nous devions parcourir un quart de mile à travers la petite ville de Moultrieville pour atteindre le point d’embarquement. C’était vers le coucher du soleil, l’heure de la sieste, et heureusement, la milice de Charleston faisait sa sieste de l’après-midi.
> Nous ne vîmes personne et atteignîmes bientôt une rangée de digues basses sous lesquelles se cachaient les bateaux confiés aux trois ingénieurs… Ces bateaux avaient servi à faire la navette pendant les travaux de construction, manœuvrés par de simples ouvriers qui les avaient désormais libérés pour notre usage…
> Une fois mes trente hommes embarqués, je me dirigeai tout droit vers Fort Sumter. Le crépuscule tombait. La traversée fut lente, car mes hommes n’étaient pas des rameurs expérimentés. Je vis bientôt les lumières de la vedette de la Garde de la Sécession se diriger vers nous. J’ordonnai aux hommes d’enlever leurs vestes et de recouvrir leurs mousquets, et j’ouvris ma propre veste pour dissimuler mes boutons. Je voulais donner l’impression qu’il s’agissait d’un officier à la tête d’une équipe d’ouvriers. Le bateau de garde arrêta ses rames et nous inspecta dans l’obscurité grandissante, mais conclut que tout était en ordre et poursuivit sa route. Notre groupe fut le premier à atteindre Fort Sumter.
> Nous gravîmes les marches du quai sous le regard d’un groupe d’ouvriers sécessionnistes surexcités, dont certains étaient armés de pistolets. Un ou deux partisans de l’Union parmi eux applaudirent, mais d’autres lancèrent avec colère: "Que font ces soldats ici? Qu’est-ce que cela signifie?"
> Ordonnant à mes hommes d’enfoncer leurs baïonnettes, nous repoussâmes les ouvriers vers le centre du fort. Je pris possession de la salle de garde, qui dominait l’entrée principale, et y postai des sentinelles. Vingt minutes plus tard, Seymour arriva avec le reste des hommes. Entre-temps, Anderson avait traversé à bord d’un des bateaux du génie.
> Dès que toutes les troupes furent à l’intérieur, nous tirâmes un coup de canon pour signaler notre arrivée au quartier-maître, qui avait jeté l’ancre à Fort Johnson avec les goélettes qui transportaient les femmes et les enfants. Il remonta immédiatement le quai et fit débarquer ses passagers et ses provisions. Ensuite, les ouvriers favorables à la sécession furent embarqués à bord des goélettes pour être ramenés à terre…
> Le lendemain matin, Charleston était en ébullition. Des messagers furent envoyés pour sonner à toutes les portes et transmettre la nouvelle à chaque famille. Le gouverneur envoya deux ou trois de ses aides de camp pour exiger que nous retournions à Moultrie. Anderson répondit, en ma présence, qu’il était un homme du Sud, mais qu’il avait été chargé de la défense du port de Charleston et qu’il avait l’intention de le défendre…
> Du 26 décembre au 12 avril, nous nous affairâmes à nous préparer à l’attaque attendue, et nos ennemis faisaient de même tout autour de nous. Anderson ne semblait pas vouloir de renforts et redoutait la guerre civile. Il endura toutes sortes d’actes hostiles de la part des sécessionnistes, dans l’espoir que le Congrès parvienne à un compromis qui sauverait à la fois l’esclavage et l’Union…
> {L’attaque du fort Sumter commença le 12 avril 1861 à 4 h 30 du matin\]
> Je pointai le premier canon de notre côté en réponse à l’attaque contre Fort Sumter… Lorsque le jour fut bien levé, nous prîmes notre petit-déjeuner tranquillement avant de rejoindre nos canons; notre repas se composait de porc et d’eau.
> La première nuit après le bombardement, nous nous attendions à ce que les navires de guerre au large profitent de l’obscurité pour envoyer une flotte de bateaux avec des renforts d’hommes et des provisions; comme il était tout à fait probable que l’ennemi improvise également une flotte de petites embarcations pour faire face à celles de \[notre\] marine, il devenait intéressant, au cas où des groupes viendraient à nous de cette manière, de déterminer si nous accueillions des amis ou des ennemis. Cependant, la nuit s’écoula tranquillement, sans aucune manifestation.
> Comme les tirs dirigés contre nous provenaient de toutes les directions, un obus tiré depuis l’île de Sullivan frappa près de la serrure de la poudrière et déforma la porte en cuivre, de sorte que tout accès aux quelques cartouches que nous y avions stockées fut coupé. Juste avant cela, les officiers s’étaient employés, sous une pluie d’obus, à découper avec acharnement les boiseries qui se trouvaient dangereusement près de la poudrière.
> Après la reddition, on nous autorisa à saluer notre drapeau par une salve de cent coups de canon avant de quitter les lieux, mais cela s’avéra très dangereux et difficile à réaliser; en effet, en raison de l’incendie récent, il y avait des flammes et des étincelles tout autour des canons, et il n’était pas aisé de trouver un endroit sûr où entreposer les cartouches.
> Il se trouve que des étincelles s’étaient introduites dans l’un des canons après qu’il eut été nettoyé à l’éponge. Bien sûr, lorsque le canonnier tenta d’enfoncer la cartouche, celle-ci explosa prématurément, tuant sur le coup le soldat Daniel Hough et mettant le feu à une pile de cartouches située en dessous, qui explosa à son tour, blessant gravement cinq hommes. Cinquante coups de canon furent tirés lors de la salve d’honneur.
> Sous les bannières flottant au vent et au son des tambours qui jouaient "Yankee Doodle", nous marchâmes jusqu’au navire de transport qui devait nous emmener vers le paquebot Baltic, dont le tirant d’eau était trop important pour franchir la barre et qui était ancré au large. Nous étions bientôt en route pour New York.
> Dès le premier coup de feu tiré contre Sumter, tout le Nord s’unit. Des foules descendirent dans les rues de New York et obligèrent tous les journaux et toutes les habitations dont l'allégeance était mise en doute à arborer le drapeau américain. Lorsque nous arrivâmes dans cette ville, nous reçûmes un accueil royal. Les rues fourmillaient de bannières. Nos hommes et nos officiers furent saisis et forcés de monter sur les épaules d’une foule en délire. Lorsque nous achetions quoi que ce soit, les commerçants refusaient généralement toute rémunération.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Bradford, N. *Battles and Leaders of the Civil War.* E. P. Dutton, 1989.](https://www.worldhistory.org/books/B08Y73RDC2/)
- [Chadwick, B. *The Cannons Roar: Fort Sumter and the Start of the Civil War, an Oral History.* Pegasus Books, 2023.](https://www.worldhistory.org/books/1639363394/)
- [Doubleday, A. *Reminiscences of Forts Sumter and Moultrie.* Diversion Books, 2015.](https://www.worldhistory.org/books/B00S5OVQN8/)
- [Streissguth, T. *The Civil War: The North.* Greenhaven Press, 2001.](https://www.worldhistory.org/books/0064405885/)
- [Taylor, A. *American Civil Wars: A Continental History, 1850-1873.* W. W. Norton & Company, 2024.](https://www.worldhistory.org/books/B084162828/)
- [Thorn, J. *Baseball in the Garden of Eden: The Secret History of the Game.* Simon & Schuster, 2012.](https://www.worldhistory.org/books/0743294041/)

## Auteur

Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l’histoire, la philosophie, la littérature et l’écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.
- [Linkedin Profile](https://www.linkedin.com/pub/joshua-j-mark/38/614/339)

## Questions & Réponses

### Qui était Abner Doubleday?
Abner Doubleday était un officier de l'armée de l'Union pendant la guerre de Sécession; il est resté dans les mémoires comme le soldat qui a tiré le premier coup de canon sur Fort Sumter le 12 avril 1861 et s'est illustré lors de la première journée de la bataille de Gettysburg, le 1er juillet 1863. 

### Qui a tiré le premier coup de feu depuis Fort Sumter le 12 avril 1861?
James Gibbons, une recrue irlandaise de l'armée de l'Union, a tiré le premier coup de feu depuis le fort Sumter le 12 avril 1861. Abner Doubleday a pointé ce canon, mais n'a pas tiré. 

### Est-ce qu'Abner Doubleday a vraiment inventé le baseball?
Non. Abner Doubleday n'a rien à voir avec l'invention du baseball. C'est la Commission Mills qui, en 1907 — un comité créé pour déterminer l'origine du baseball et prouver qu'il s'agissait d'une invention américaine —, a déclaré qu'il en était l'inventeur ; elle a choisi Doubleday en se basant sur une lettre et parce qu'il était un héros de la Guerre de Sécession.

### Comment Abner Doubleday est-il mort?
Abner Doubleday est décédé d'une maladie cardiaque le 26 janvier 1893. 


## Liens externes

- [American Battlefield Trust/Abner Doubleday: The Man, The Baseball Myth, The Legend by Colleen Cheslak-Poulton](https://www.battlefields.org/learn/articles/abner-doubleday?ms=googlegrant{{amp}}gad_source=1{{amp}}gad_campaignid=1400697512{{amp}}gbraid=0AAAAAD6pCMhydmImmeWTgJAccx4yjIaVm{{amp}}gclid=Cj0KCQjwguLSBhDLARIsAH-yPrGwOtYFYiW9k7EhV9agrND0WoSdNw7U6OQBATnBXGeNv8NdeEoXNgQaAizKEALw_wcB)
- [US National Park Service/Abner Doubleday](https://www.nps.gov/people/abner-doubleday.htm)
- [US National Park Service/Official Report of Major General Abner Doubleday on Gettsyburg](https://www.nps.gov/gett/learn/historyculture/official-report-of-major-general-abner-doubleday.htm)
- [Division of Military and Naval Affairs, NY/ Ballston Spa Native Abner Doubleday Fired First U.S. Army Shot in the Civil War: April 12 1861](https://dmna.ny.gov/civilwar/civilwardetails.php?art=1301697959)

## Citer cette ressource

### APA
Mark, J. J. (2026, July 28). Récit de Doubleday de la Bataille de Fort Sumter: Il a pointé, et non tiré, le premier canon. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2951/recit-de-doubleday-de-la-bataille-de-fort-sumter/>
### Chicago
Mark, Joshua J.. "Récit de Doubleday de la Bataille de Fort Sumter: Il a pointé, et non tiré, le premier canon." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, July 28, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2951/recit-de-doubleday-de-la-bataille-de-fort-sumter/>.
### MLA
Mark, Joshua J.. "Récit de Doubleday de la Bataille de Fort Sumter: Il a pointé, et non tiré, le premier canon." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 28 Jul 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2951/recit-de-doubleday-de-la-bataille-de-fort-sumter/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 28 July 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

