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title: Appel aux citoyens de couleur du monde de David Walker
author: Joshua J. Mark
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2659/appel-aux-citoyens-de-couleur-du-monde-de-david-wa/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2026-06-30
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# Appel aux citoyens de couleur du monde de David Walker

_Rédigé par [Joshua J. Mark](https://www.worldhistory.org/user/JPryst/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

David Walker [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)(né vers 1796-1830) était un écrivain afro-américain abolitionniste, surtout connu pour son ouvrage de 1829 intitulé *An Appeal to the Coloured Citizens of the World* (Appel aux citoyens de couleur du monde, également connu sous le titre *The Appeal* ou *Walker's Appeal*), dans lequel il prônait la formation d'un front uni pour l'abolition de l'esclavage et dénonçait l'hypocrisie des Américains blancs qui détenaient des esclaves dans le "pays de la liberté".

[ ![Title Page of Appeal to the Colored Citizens of the World](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/20135.jpeg?v=1759606685-1741082499) Couverture de Appeal to the Colored Citizens of the World David Walker (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/20135/title-page-of-appeal-to-the-colored-citizens-of-th/ "Title Page of Appeal to the Colored Citizens of the World")L*'Appel aux citoyens de couleur du monde* est considéré comme l’ouvrage antiesclavagiste le plus radical écrit par un Afro-Américain pendant la période de l’esclavage aux États-Unis. Son plaidoyer en faveur de la violence, qu’il jugeait justifiée pour renverser "l’institution particulière" de l’esclavage, comme on l’appelait parfois, conduisit l’abolitionniste William Lloyd Garrison (1805-1879) à le rejeter, bien que l’œuvre de Walker ait peut-être inspiré Garrison à lancer la publication de son journal abolitionniste *The Liberator* en 1831.

On a également longtemps supposé que l’ouvrage de Walker avait conduit, directement ou indirectement, à la rébellion de Nat Turner de 1831 dans le comté de Southampton, en Virginie. Même s’il n’existe aucune preuve que Turner, un esclave instruit, ait jamais lu Walker, il n’en aurait d’ailleurs pas eu besoin, car le contenu de *The Appeal* était largement diffusé dans tout le Sud par des marins (et d’autres) venus du Nord qui faisaient passer clandestinement la brochure dans les États esclavagistes, où elle était lue en toute discrétion à un public sympathisant et faisait l’objet de discussions. *The Appeal* suscita une telle inquiétude parmi les propriétaires d’esclaves que des lois anti-alphabétisation plus strictes furent adoptées, parmi d’autres mesures restreignant les rassemblements sociaux des esclaves ainsi que les déplacements ou les rassemblements des Noirs libres.

L’abolitionniste et ancien esclave [Frederick Douglass](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24927/frederick-douglass/) (vers 1818-1895) admirait profondément *The Appeal* et s’en inspira par la suite dans ses discours; et, bien que Garrison se soit publiquement distancié des propositions les plus radicales de Walker, cet ouvrage influença également certains aspects de *The Liberator* tout au long de sa parution. L’ouvrage de Walker influença et fut cité par Malcolm X (1925-1965) et le Dr [Martin Luther](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19256/martin-luther/) King, Jr. (1929-1968), parmi de nombreux autres leaders des droits civiques des années 1950-1960 jusqu’à nos jours. *The Appeal* est reconnu comme l’un des documents les plus importants jamais écrits sur l’esclavage aux États-Unis et continue d’avoir un poids considérable dans les débats sur les droits de l’homme aux États-Unis et ailleurs.

### Vie et famille

David Walker était le fils d’une mère libre et d’un père esclave à Wilmington, en Caroline du Nord, soit en 1796 (date sur laquelle s’accordent la plupart des spécialistes), soit en 1785. Conformément à la loi, sa mère étant libre, il l’était également. On ne dispose d’aucune information sur ses premières années, mais, jeune homme, il quitta le foyer familial pour s’installer à Charleston, en Caroline du Sud, où il rejoignit l’Église méthodiste épiscopale africaine (AME), la première confession religieuse noire des États-Unis, qui prônait l’activisme contre l’esclavage. C’est là qu’il aurait assisté aux conférences de [Denmark Vesey](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24133/denmark-vesey/) (vers 1767-1822), l’organisateur d’une révolte d’esclaves à Charleston en 1822, qui fut trahi avant même qu'elle ait pu être mise en œuvre.

Vesey fut pendu, avec cinq autres personnes, le 2 juillet 1822 – bien qu’il n’y eût aucune preuve, seulement des ouï-dire, permettant de les condamner pour avoir organisé une révolte d’esclaves – et Walker, alors âgé d’une vingtaine d’années, était peut-être présent et quitta Charleston par la suite, ou bien il était déjà parti auparavant. Il vivait à Philadelphie au début des années 1820 et résidait à Boston dès 1825. Il épousa une certaine Eliza Butler en 1826, et le couple eut une fille, Lydia Ann. Walker ouvrit un magasin de vêtements d’occasion près des quais de Boston, donna des conférences contre l’esclavage et vint en aide aux esclaves en fuite et aux pauvres de la ville.

[ ![Freedom's Journal Front Page 1827](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/20134.png?v=1741035622-1741082692) Première page du Freedom's Journal 1827 The Afro-American Press (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/20134/freedoms-journal-front-page-1827/ "Freedom's Journal Front Page 1827")En 1827, il écrivait pour *le Freedom’s Journal*, un journal détenu par des Afro-Américains, et avait peut-être commencé à rédiger *The Appeal*, qui fut publié à ses frais en 1829. Sachant que l’ouvrage serait confisqué et détruit s’il était envoyé par les voies officielles vers le Sud, Walker fit appel à des marins sympathisants, tant noirs que blancs, pour acheminer *The Appeal* vers les ports du Sud. Il utilisa également sa boutique de vêtements à cette fin en cousant *The Appeal* dans la doublure de vestes destinées à être transportées vers le Sud à l’insu de leurs propriétaires.

Son plan de diffusion fut manifestement un grand succès puisque des États esclavagistes, tels que la Géorgie, condamnèrent et interdirent l’ouvrage en 1830, promulguant des lois visant à empêcher les marins noirs de débarquer des navires en provenance du Nord dans leurs ports. Les autorités géorgiennes offrirent une récompense de 10 000,00 dollars à quiconque leur amènerait Walker vivant, ou 1 000 dollars pour son cadavre. Ses amis l’encouragèrent à fuir au Canada, mais il refusa, affirmant qu’il mourrait pour la cause de l’abolition.

Il fut retrouvé mort le 6 août 1830, ce qui donna lieu à des spéculations selon lesquelles il aurait été empoisonné (une affirmation encore répandue aujourd’hui). En réalité, il mourut de tuberculose, maladie qui avait également emporté sa fille une semaine auparavant. Il fut enterré dans une tombe anonyme à South Boston, et son épouse, incapable d’honorer les paiements liés à leur maison, en fut expulsée. Leur fils, Edward G. Walker (1830-1901), vit le jour après la mort de Walker et deviendrait plus tard avocat, puis membre de l’Assemblée législative de l’État du Massachusetts.

[ ![Edward G. Walker](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/20136.jpeg?v=1741036192-1741082334) Edward G. Walker Unknown Photographer (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/20136/edward-g-walker/ "Edward G. Walker")### *The Appeal*

*Dans The Appeal*, Walker s’appuie sur les Écritures, l’histoire et ses propres expériences pour condamner l’esclavage et plaider en faveur de son abolition. L’œuvre s’inspire du Livre de l’Exode, présentant les Américains blancs comme les Égyptiens qui, selon ce récit, avaient réduit les Israélites en esclavage, et les esclaves noirs comme les Hébreux conduits vers la liberté par [Moïse](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-14009/moise/). Walker écrit:

> J’ai promis dans une page précédente de démontrer, à la satisfaction des plus incrédules, que nous (les personnes de couleur de ces États-Unis d’Amérique) sommes la catégorie d’êtres la plus misérable, la plus dégradée et la plus abjecte qui ait jamais existé depuis la création du monde, et que les Américains blancs, après nous avoir réduits à l’état misérable de l’esclavage, nous traitent dans cette condition avec plus de cruauté (alors qu’ils sont un peuple éclairé et chrétien) que n’importe quelle nation païenne n’a jamais traité aucun peuple qu’elle aurait réduit à notre condition. Ces affirmations sont si bien ancrées dans l’esprit de tous les hommes sans préjugés qui ont pris la peine de lire l’histoire qu’elles n’ont pas besoin que je les explique.
> Mais pour les établir hors de tout doute, je vous renvoie en premier lieu aux enfants de [Jacob](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20063/jacob/), ou d’Israël, en Égypte, sous [Pharaon](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-288/pharaon/) et son peuple. Certains de mes frères ne savent pas qui étaient Pharaon et les Égyptiens – je sais qu’il est un fait que certains d’entre eux prennent les Égyptiens pour une bande de démons, faute de mieux savoir, et que ceux-ci (les Égyptiens), s’étant emparés du peuple du Seigneur, les traitaient presque aussi cruellement que les Américains chrétiens nous traitent de nos jours.
> (9-10)

Pour étayer son argumentation en faveur de l’abolition de l’esclavage et de l’égalité des droits pour tous, Walker cite des conversations avec d’autres personnes, des événements d’actualité rapportés dans les journaux, ses propres expériences, des précédents tirés de l’histoire mondiale, la [Bible](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-191/bible/) et le document fondateur des États-Unis, la Déclaration d’indépendance, ce qui le conduit à sa conclusion. Le chercheur Eugene D. Genovese commente:

> Dans son célèbre *Appeal*, David Walker a dénoncé la colonisation, qu’il considérait comme un moyen de séparer les Noirs libres, débrouillards et intelligents, des esclaves qu’ils pouvaient instruire et diriger. Il a ajouté que les Blancs reconnaissaient à quel point la simple présence d’hommes noirs libres était perturbante pour le système esclavagiste.
> (410)

Tout au long de son ouvrage, Walker plaide en faveur d’un renforcement des efforts éducatifs au sein des communautés noires et d’une acceptation des Noirs comme égaux par les communautés blanches. Si l’égalité et les droits humains fondamentaux ne devaient pas être accordés par les Blancs, affirme Walker, alors la révolte armée devrait être considérée comme la seule voie juste. Selon certains chercheurs, c’est ce raisonnement qui aurait inspiré la révolte de Turner de 1831 et auquel font référence les entretiens et les discours de Malcolm X, publiés en 1970 sous le titre *By Any Means Necessary (Par tous les moyens)*.

### Texte

Ce qui suit est la traduction d'un extrait de la troisième et dernière édition de *The Appeal*, publiée en 1830 sous le titre *Walker's Appeal, In Four Articles; Together With A Preamble, To The Coloured Citizens of the World, But In Particular, and Very Expressly, To Those Of The United States of America,* rédigée à Boston, dans l’État du Massachusetts, le 28 septembre 1829.

La version ci-dessous est l’édition électronique tirée du site [Documenting the South](https://docsouth.unc.edu/nc/walker/walker.html), recoupée avec l’ ouvrage *David Walker’s Appeal to the Coloured Citizens of the World* (2000), édité par Peter P. Hinks.

Les passages les plus souvent repris dans les anthologies sont ceux des pages 19 à 21, 23 à 24 et 29 à 30. La partie citant la Déclaration d’indépendance, aux pages 85 et 86, n’est pas toujours incluse. Voici les extraits les plus connus de cet ouvrage; l’œuvre complète est disponible ci-dessous dans la section "Bibliographie et liens externes".

> (**extraits des pages 19 à 21**) : Il est temps pour moi de conclure cet article. Mais avant de le faire, je me dois de faire remarquer à mes frères qu’à l’issue de la première Révolution dans ce pays, contre la Grande-Bretagne, l’Union ne comptait que treize États; aujourd’hui, elle en compte vingt-quatre, dont la plupart sont des États esclavagistes, et les Blancs nous traînent, enchaînés et menottés, vers leurs nouveaux États et territoires pour exploiter leurs mines et leurs fermes, afin de s’enrichir eux-mêmes et d’enrichir leurs enfants – et des millions d’entre eux croient fermement que, parce que nous sommes un peu plus foncés qu’eux, notre Créateur nous a faits pour être leur héritage et celui de leurs enfants à jamais – au même titre qu’une bande de bêtes.
> Sommes-nous des HOMMES !! – Je vous le demande, ô mes frères ! Sommes-nous des HOMMES ? Notre Créateur nous a-t-il créés pour être les esclaves de la poussière et des cendres, tels que nous sommes ? Ne sont-ils pas, tout comme nous, des vers mourants ? N’ont-ils pas, tout comme nous, à comparaître devant le tribunal du Ciel pour répondre des actes accomplis dans la chair ? Avons-nous un autre Maître que Jésus-Christ seul ? N’est-il pas leur Maître autant que le nôtre ? – De quel droit, alors, obéissons-nous et appelons-nous un autre Maître que Lui-même ? Comment pouvons-nous être si soumis à une bande d’hommes, dont nous ne pouvons dire s’ils sont aussi bons que nous ou non, je n’ai jamais pu le concevoir. Cependant, cela relève du Seigneur, et nous ne pouvons le dire avec précision – mais je déclare que nous jugeons les hommes à leurs œuvres.
> Les Blancs ont toujours été une race d’êtres injustes, jaloux, impitoyables, avares et sanguinaires, toujours en quête de pouvoir et d’autorité.– Nous les observons dans toute la Confédération grecque, où ils se sont d’abord fait connaître (grâce à l’éducation) ; nous les voyons là, s’égorgeant les uns les autres, s’efforçant de se plonger mutuellement dans la misère et le malheur – et pour y parvenir, ils ont recouru à toutes sortes de moyens trompeurs, déloyaux et impitoyables. Nous les observons ensuite à Rome, où l’esprit de tyrannie et de tromperie faisait rage avec encore plus de violence. On les voit en [Gaule](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-354/gaule/), en Espagne et en Grande-Bretagne. – En somme, on les voit partout en [Europe](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-35/europe/), ainsi que ceux qui étaient dispersés en Asie et en Afrique en tant que païens, et on les voit se comporter davantage comme des démons que comme des hommes responsables. Mais certains pourraient demander : les Noirs d’Afrique et les métis d’Asie n’ont-ils pas agi de la même manière que les Blancs d’Europe ? Je réponds : non – ils n’ont jamais été ni la moitié aussi avares, fourbes et impitoyables que les Blancs, d’après ce que l’on sait d’eux.
> Mais laissons de côté les Blancs ou les Européens en tant que païens, et considérons-les en tant que chrétiens ; à ce titre, nous les voyons cruels, sinon plus que jamais. En effet, pris dans leur ensemble, ils sont dix fois plus cruels, avares et impitoyables qu’ils ne l’ont jamais été ; car, lorsqu’ils étaient païens, ils étaient certes assez mauvais, mais il est indéniable qu’ils n’étaient pas assez audacieux pour aller capturer des navires entiers d’hommes, de femmes et d’enfants, puis, de sang-froid et par pure cruauté, les jeter à la mer et les assassiner de toutes sortes de façons. Quand ils étaient païens, ils étaient trop ignorants pour commettre une telle barbarie. Mais en tant que chrétiens, éclairés et sensés, ils sont tout à fait prêts à se livrer à de telles cruautés infernales.
> (**pp. 23-24**) : Les Blancs veulent des esclaves, et nous veulent pour esclaves, mais certains d’entre eux maudiront le jour où ils nous ont vus pour la première fois. Aussi vrai que le soleil a jamais brillé dans toute sa splendeur méridienne, ma couleur en fera disparaître certains de la surface même de la terre. Ils en auront assez de nous réduire en esclavage, de nous massacrer et de nous assassiner comme ils l’ont fait jusqu’à présent. Nul doute que certains diront que j’écris avec une mauvaise intention, et que moi, en tant que Noir, je souhaite que ces choses se produisent. Que j’écrive avec une mauvaise ou une bonne intention, je dis que si ces choses ne se produisent pas en temps voulu, c’est parce que le monde dans lequel nous vivons n’existe pas, et que nous sommes trompés quant à son existence. — Cela m’importe peu, cependant, qui y croit ou qui refuse d’y croire — bien que j’aimerais voir les Blancs se repentir, car peut-être [Dieu](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10299/dieu/) aura-t-il pitié d’eux ; certains, cependant, sont allés si loin que leur coupe doit être remplie.
> (**pp. 29-30**) : Les Blancs nous ont maintenus sous leur joug pendant plus de trois siècles, nous assassinant et nous traitant comme des bêtes ; et, comme M. Jefferson l’a sagement dit, ils ne nous ont jamais percés à jour — ils ignorent, en effet, qu’il existe dans le cœur des Noirs une disposition invincible qui, lorsqu’elle sera pleinement éveillée et mise en mouvement, ne pourra être maîtrisée qu’au prix de la destruction de leur existence physique. Mettez les Noirs en mouvement, et si vous n’avez pas affaire à une horde de tigres et de lions, je suis un imposteur aux yeux des Noirs et des Blancs… Si vous vous lancez, faites les choses sérieusement – ne prenez pas cela à la légère, car eux ne vous prendront pas à la légère – ils veulent de nous comme esclaves, et n’hésitent pas à nous assassiner pour nous soumettre à cette condition misérable – par conséquent, si nous tentons une action, c’est tuer ou être tué. Maintenant, je vous le demande : ne préféreriez-vous pas être tué plutôt que d’être l’esclave d’un tyran qui ôte la vie à votre mère, à votre femme et à vos chers petits enfants ? Regardez votre mère, votre femme et vos enfants, et répondez devant Dieu Tout-Puissant ; et croyez-moi, il n’y a pas plus de mal à tuer un homme qui tente de vous tuer qu’à boire une gorgée d’eau lorsque vous avez soif ; en effet, l’homme qui resterait les bras croisés et laisserait un autre l’assassiner est pire qu’un infidèle, et, s’il a un peu de bon sens, il ne mérite aucune pitié.
> (**pp. 85-86**) : Lisez votre Déclaration, Américains !!! Comprenez-vous vos propres mots ? Écoutez vos propres mots, proclamés au monde entier le 4 juillet 1776 : "Nous tenons pour évidentes les vérités suivantes : TOUS LES HOMMES SONT CRÉÉS ÉGAUX !! qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi lesquels la vie, la liberté et la poursuite du bonheur !!" Comparez vos propres mots ci-dessus, tirés de votre Déclaration d’indépendance, avec les cruautés et les meurtres infligés par vos pères cruels et impitoyables – et par vous-mêmes – à nos pères et à nous, des hommes qui n’avons jamais donné la moindre provocation ni à vos pères ni à vous !!!!!!
> Écoutez encore vos propres mots ! "Mais lorsqu’une longue série d’abus et d’usurpations, poursuivant invariablement le même objectif, révèle l’intention de les réduire à un despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir, de se débarrasser d’un tel gouvernement et d’établir de nouvelles garanties pour leur sécurité future."
> Or, Américains ! Je vous le demande en toute franchise : vos souffrances sous la Grande-Bretagne ont-elles été ne serait-ce qu’un centième aussi cruelles et tyranniques que celles que vous nous avez infligées sous votre joug ? Certains d’entre vous croient sans doute que nous ne nous débarrasserons jamais de votre gouvernement meurtrier et que nous ne "mettrons pas en place de nouvelles garanties pour notre sécurité future". Si Satan vous a fait croire cela, ne vous trompera-t-il pas ?
> Le Seigneur n’a pas enseigné aux Américains que nous ne nous débarrasserons pas, un jour ou l’autre, de leurs chaînes et de leurs menottes qui entravent nos mains et nos pieds, ni de leurs fouets diaboliques (dont certains d’entre eux auront encore largement l’occasion de faire l’expérience) qui lacèrent notre dos.
> Les Blancs disent-ils que, étant un homme noir, je devrais être humble, ce que j’admets volontiers ? Je leur demande : ne devraient-ils pas être aussi humbles que moi ? Ou pensent-ils pouvoir rivaliser avec Jéhovah ? Le Seigneur ne les humiliera-t-il pas encore ? Ou ces mêmes personnes de couleur qu’ils traitent aujourd’hui pire que des bêtes, mais qui sont sous l’autorité de Dieu, ne les humilieront-elles pas suffisamment ? Certains Blancs sont assez ignorants pour nous dire que nous devrions leur être soumis, afin qu’ils puissent garder leurs pieds sur nos gorges.
> Et si nous ne nous soumettons pas pour qu’ils nous battent à mort, nous sommes de mauvaises créatures et devons bien sûr être damnés, etc. Si quelqu’un souhaite entendre cette doctrine nous être prêchée ouvertement par les prédicateurs américains, qu’il se rende dans les régions du Sud et de l’Ouest de ce pays – je ne parle pas d’après des ouï-dire – ce que j’ai écrit, c’est ce que j’ai vu et entendu moi-même. Que personne ne pense que mon livre repose sur des conjectures : j’ai voyagé et observé moi-même la quasi-totalité de ces choses, et le peu que je n’ai pas pu constater par mes propres yeux, je l’ai appris de ceux, parmi les Blancs et les Noirs, en qui l’on peut avoir la plus grande confiance.
> Les Américains peuvent se montrer aussi vigilants qu’ils le souhaitent, mais ils ne peuvent pas l’être suffisamment aux yeux du Seigneur ; Ils ne peuvent pas non plus se cacher sans qu'il ne les trouve et ne les fasse sortir de là.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Aptheker, H. *Nat Turner's Slave Rebellion and "Confessions".* Dover Publications, 2006.](https://www.worldhistory.org/books/0486452727/)
- [Documenting the American South: Walker's Appeal, in Four Articles; Together with a Preamble, to the Coloured Citizens of the World, but in Particular, and Very Expressly, to Those of the United States of America, Written in Boston, State of Massachusetts, September 28, 1829.](https://docsouth.unc.edu/nc/walker/walker.html "Documenting the American South: Walker's Appeal, in Four Articles; Together with a Preamble, to the Coloured Citizens of the World, but in Particular, and Very Expressly, to Those of the United States of America, Written in Boston, State of Massachusetts, September 28, 1829."), accessed 3 Mar 2025.
- [Duff, J. B. & Mitchell, P. M. *Nat Turner Rebellion: The Historical Event and the Modern Controversy.* Harper & Row, 1971.](https://www.worldhistory.org/books/0060417927/)
- [Genovese, E, D. *Roll, Jordan, Roll: The World the Slaves Made.* Vintage Books, 1976.](https://www.worldhistory.org/books/0394716523/)
- [PBS - Africans in America: David Walker: 1796-1830](https://www.pbs.org/wgbh/aia/part4/4p2930.html "PBS - Africans in America: David Walker: 1796-1830"), accessed 3 Mar 2025.
- [Walker, D. & Hinks, P. P. *David Walker’s Appeal to the Coloured Citizens of the World.* Penn State University Press, 2000.](https://www.worldhistory.org/books/0271019948/)

## Auteur

Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l’histoire, la philosophie, la littérature et l’écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.
- [Linkedin Profile](https://www.linkedin.com/pub/joshua-j-mark/38/614/339)

## Questions & Réponses

### Qui était David Walker?
David Walker (né vers 1796 – 1830) était un abolitionniste et écrivain afro-américain de Boston, surtout connu pour son ouvrage "An Appeal to the Coloured Citizens of the World" (Appel aux citoyens de couleur du monde), publié en 1829 et 1830. 

### Pourquoi David Walker est-il célèbre?
David Walker est célèbre pour son "Appel aux citoyens de couleur du monde " (1829). Bien qu'il ait également écrit pour le journal afro-américain "Freedom's Journal", c'est surtout pour son "Appel" qu'on se souvient de lui. 

### Qu'est-ce que "Appel aux citoyens de couleur du monde" ?
"Appel aux citoyens de couleur du monde" est un pamphlet publié en 1829 par l'abolitionniste David Walker, qui prône l'abolition de l'esclavage par tous les moyens, y compris la révolte armée. Walker construit soigneusement son argumentation en s'appuyant sur la Bible, l'histoire mondiale et ses propres expériences. 

### Comment et quand David Walker est-il mort?
David Walker est mort de la tuberculose à Boston en août 1830. Bien que beaucoup aient affirmé, et continuent d'affirmer, qu'il fut empoisonné, aucune preuve n'est jamais venue étayer cette hypothèse. 


## Liens externes

- [Documenting the American South: Walker's Appeal to the Coloured Citizens of the World](https://docsouth.unc.edu/nc/walker/walker.html)
- [National Park Service: David Walker, 1796-1830](https://www.nps.gov/people/david-walker.htm)
- [City of Boston: David Walker - Boston's Fiery Anti-Slavery Writer](https://content.boston.gov/news/david-walker-bostons-fiery-anti-slavery-writer)
- [Africans in America: David Walker](https://www.pbs.org/wgbh/aia/part4/4p2930.html)

## Citer cette ressource

### APA
Mark, J. J. (2026, June 30). Appel aux citoyens de couleur du monde de David Walker. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2659/appel-aux-citoyens-de-couleur-du-monde-de-david-wa/>
### Chicago
Mark, Joshua J.. "Appel aux citoyens de couleur du monde de David Walker." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, June 30, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2659/appel-aux-citoyens-de-couleur-du-monde-de-david-wa/>.
### MLA
Mark, Joshua J.. "Appel aux citoyens de couleur du monde de David Walker." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 30 Jun 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2659/appel-aux-citoyens-de-couleur-du-monde-de-david-wa/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 30 June 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

