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title: Sur le rejet du Carême et la protection des libertés chrétiennes de Zwingli
author: Joshua J. Mark
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1929/sur-le-rejet-du-careme-et-la-protection-des-libert/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2026-06-14
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# Sur le rejet du Carême et la protection des libertés chrétiennes de Zwingli

_Rédigé par [Joshua J. Mark](https://www.worldhistory.org/user/JPryst/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Bien que [Ulrich Zwingli](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20206/ulrich-zwingli/) [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)(1483-1531) ait lancé ses initiatives réformatrices à Zurich en 1519, sa première rupture avec l'Église eut lieu en 1522, lorsqu'il prit la défense d'un groupe de citoyens qui avaient enfreint le jeûne de Carême en mangeant des saucisses. Cet événement, connu sous le nom d'Affaire des saucisses, marqua le début de la [Réforme protestante](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20181/reforme-protestante/) en Suisse.

[ ![Protestant Reformation in Switzerland](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/14841.png?v=1779377668) Réforme protestante en Suisse Ascot Elite Entertainment Group (Copyright) ](https://www.worldhistory.org/image/14841/protestant-reformation-in-switzerland/ "Protestant Reformation in Switzerland")L'événement eut lieu le premier dimanche de Carême 1522, lorsqu'un des paroissiens de Zwingli, l'imprimeur Christoph Froschauer, invita douze amis (dont Zwingli) à dîner et leur servit des saucisses, au mépris de l'interdiction de l'Église de manger de la viande pendant le Carême. Zwingli n'a pas en fait mangé de saucisse, mais sa seule présence aurait été interprétée comme un signe d'approbation [tacite](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-539/tacite/). Lorsque la nouvelle du dîner aux saucisses se répandit, Froschauer fut arrêté et les autres dénoncés, jusqu’à ce que Zwingli ne les défende dans son sermon intitulé *Du choix et de la liberté des aliments*, dans lequel il affirmait que le jeûne pendant le Carême – ou à tout autre moment – n’était pas conforme à la [Bible](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-191/bible/). Il expliqua ensuite les raisons de son sermon dans son ouvrage *Sur le rejet du Carême et la protection de la liberté chrétienne contre les obligations imposées par les hommes*, publié la même année, qui constituait un résumé de ce long sermon.

L’évêque de Constance fut outré par ce sermon et exigea que Zwingli soit démis de ses fonctions de prêtre du [Grossmünster](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17643/grossmunster/), mais le conseil municipal lui permit au contraire de présenter ses arguments et organisa un débat entre lui et une délégation catholique. Il en résulta la première dispute de 1523, au cours de laquelle Zwingli présenta ses 67 articles, établissant ainsi son programme réformé tout en accusant l’Église de corruption et de politiques antichrétiennes non fondées sur les Écritures. Après la deuxième dispute qui eut lieu la même année, Zwingli s’imposa définitivement en tant que chef de file de la Réforme protestante à Zurich et conserva ce rôle jusqu’à ce que son plaidoyer en faveur de la conversion forcée des catholiques par la [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) n'entraîne sa mort lors de la deuxième guerre de Kappel en 1531.

### Première rébellion

Zwingli fut nommé pasteur du Grossmünster de Zurich en 1519, malgré les objections de certains ecclésiastiques plus conservateurs, car il avait déjà montré ce qu’ils considéraient comme des "tendances rebelles" en satirisant par écrit la politique de l’Église. [Les 95 thèses de Martin Luther](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1891/les-95-theses-de-martin-luther/) avaient déjà déclenché la Réforme en Allemagne à partir de 1517, et en 1519, elles avaient été traduites en langue vernaculaire et largement diffusées. [Martin Luther](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19256/martin-luther/) (1483-1546) était un prêtre et théologien très respecté avant qu'il ne critique la politique de l’Église, et le clergé conservateur était inquiet à l’idée de nommer quelqu’un susceptible d’être favorable à la réforme au poste ecclésiastique le plus influent de Zurich.

Leurs inquiétudes se sont avérées fondées, car dès qu’il monta en chaire au Grossmünster, il abandonna la liturgie traditionnelle de l’Église et commença à lire, interpréter et commenter l’Évangile selon Matthieu, au mépris total de la politique de l’Église. En tant que prêtre du peuple, Zwingli exerçait non seulement la fonction de pasteur, mais aussi celle de médiateur entre le peuple et le conseil municipal; ce poste offrait donc la possibilité d’exercer une influence ecclésiastique, sociale et politique. En 1521, une fois encore malgré l’opposition des conservateurs, Zwingli fut nommé chanoine (magistrat) et citoyen de Zurich; à cette époque, sa puissante rhétorique et son défi ouvert à l’autorité papale avaient fait de lui une figure populaire parmi le peuple et très respectée par le conseil.

Martin Luther avait ouvertement défié l’Église lors de la [Diète de Worms](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20316/diete-de-worms/) en avril 1521, et l’édit de Worms l’avait condamné comme hors-la-loi et hérétique, mais le conseil municipal de Zurich refusa de publier l’édit, car il était favorable à sa cause. Le refus constant de Zwingli de se conformer à la politique de l’Église était également tacitement approuvé jusqu’à ce que l’affaire de la saucisse n'attire une plus grande attention sur ses activités et qu’ils ne soient contraints de prendre publiquement parti.

[ ![Zwingli by Hans Asper](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/14863.png?v=1779377658) Zwingli de Hans Asper Hans Asper (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/14863/zwingli-by-hans-asper/ "Zwingli by Hans Asper")### Affaire de la saucisse

La Réforme de Luther en Allemagne encouragea d’autres personnes à remettre en question l’autorité de l’Église ailleurs, et Zwingli attisait certainement déjà les étincelles du mouvement réformé en Allemagne avant le Carême de 1522. De nombreux chercheurs et historiens contemporains pensent en effet que Zwingli aurait orchestré l’"Affaire de la saucisse" et la divulgation de la nouvelle du dîner au public afin de se créer une tribune publique à travers laquelle il pourrait confronter l’Église sur ce qu’il considérait ses pratiques corrompues. D’autres estiment que l’événement fut spontané et que Zwingli aurait simplement tiré parti du scandale qui en résulta. Le spécialiste Hughes Oliphant Old commente:

> Le jeûne était devenu la pierre angulaire d’une vie de dévotion sérieuse. Il était au cœur du calendrier liturgique. Il y avait deux longues périodes de jeûne dans l’année, l’Avent et le Carême; puis il y avait les jeûnes du vendredi… Apparemment, la révolte contre les lois sur le jeûne aurait surgi spontanément parmi les citoyens de Zurich. Ce n’était pas un programme de réforme planifié. Au cours du Carême de 1522, plusieurs citoyens éminents de Zurich, dont l’éminent éditeur Christoph Froschauer, enfreignirent publiquement le jeûne de Carême. Une audience eut lieu à ce sujet, et les accusés invoquèrent les prêches de Zwingli pour se justifier. La question fit l’objet de discussions dans toute la ville, et Zwingli monta en chaire pour assurer à sa congrégation que les chrétiens vivant sous la grâce n’étaient pas liés par des lois concernant les aliments autorisés et ceux qui ne l’étaient pas. Cela avait été une caractéristique de la loi de [Moïse](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-14009/moise/), et non de l’Évangile du Christ. Comme Froschauer avait été particulièrement impliqué, il n’est pas surprenant qu’il ait publié le sermon de Zwingli. (51)

Après la défense de Froschauer et des autres par Zwingli, le conseil municipal décida de ne pas engager de poursuites dans cette affaire. Selon le spécialiste Diarmaid MacCulloch (entre autres), Froschauer, Zwingli et les autres participants au dîner (dont le prêtre Leo Judd, qui allait devenir l’un des plus fervents partisans de Zwingli) avaient pleinement l’intention de rendre publique la nouvelle du dîner aux saucisses afin de donner à Zwingli l’occasion de dénoncer le jeûne pendant le Carême ainsi que le Carême à proprement parler. Si tel est le cas (et cela semble probable), leur plan fonctionna à la perfection. Froschauer fut libéré, aucun des autres ne fut poursuivi, et Zwingli prononça l’un de ses sermons les plus percutants.

### Texte de "Sur le rejet du Carême"

Par la suite, afin de clarifier les raisons de son sermon et d’en faire la synthèse, il prononça son sermon intitulé *Sur le rejet du Carême et la protection de la liberté chrétienne contre les obligations imposées par les hommes*. Dans ce texte, il compare d’abord ses paroissiens aux Israélites sortis de l’esclavage dans le *Livre de l’Exode* qui ont été libérés, passe de cette comparaison pour aborder le "scandale" du dîner aux saucisses, et explique pourquoi les participants n’ont rien fait de mal mais avaient néanmoins besoin de sa défense en tant que pasteur. Il conclut en affirmant qu’il n’avait fait que suivre les Écritures, avançant ainsi son argument selon lequel sa vision du [christianisme](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-665/christianisme/) est plus authentique que celle de l’Église catholique romaine.

[ ![Statue of Zwingli in Zürich](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/15117.jpeg?v=1722554224) Statue de Zwingli à Zurich Roland zh (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/15117/statue-of-zwingli-in-zurich/ "Statue of Zwingli in Zürich")Le texte suivant est tiré de *The Latin Works and the Correspondence of Huldrych Zwingli: Together with Selections from His German Works par* [Samuel](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20614/samuel/) Macauley Jackson, traduit en anglais par Henry Preble, pp. 71-73 :

> Très chers bien-aimés de [Dieu](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10299/dieu/), après avoir écouté avec tant d’empressement l’Évangile et les enseignements des saints apôtres, depuis maintenant quatre ans, enseignements que Dieu Tout-Puissant a eu la miséricorde de vous faire connaître par mes piètres efforts, la majorité d’entre vous, grâce à Dieu, a été grandement enflammée par l’amour de Dieu et du prochain. Vous avez également commencé à embrasser fidèlement et à faire vôtres les enseignements de l’Évangile et la liberté qu’ils procurent, de sorte qu’après avoir goûté à la douceur du pain céleste dont l’homme vit, aucune autre nourriture n’a depuis été en mesure de vous satisfaire. Et, tout comme lorsque les enfants d’Israël furent conduits hors d’Égypte, d’abord impatients et peu habitués au dur voyage, ils souhaitaient parfois, dans leur agacement, retourner en Égypte, avec la nourriture qui y restait, comme l’ail, les oignons, les poireaux et les ragoûts de viande, ils oublièrent pourtant entièrement ces plaintes lorsqu’ils furent entrés dans la terre promise et qu’ils eurent goûté à ses fruits succulents: ainsi aussi, certains parmi nous ont bondi et sautillé de manière inconvenante à la première incitation — comme certains le font encore aujourd’hui, qui, tels des chevaux, ne peuvent ni ne doivent se débarrasser de l’éperon de l’Évangile; — pourtant, avec le temps, ils sont devenus si dociles et si habitués au sel et aux bons fruits de l’Évangile, qu’ils y trouvent en abondance, qu’ils évitent non seulement les ténèbres, le labeur, la nourriture et et au joug de l’Égypte, mais s’irritent aussi contre tous les frères, c’est-à-dire les chrétiens, partout où ceux-ci n’osent pas faire librement usage de la liberté chrétienne.
> Et pour le montrer, certains ont publié des poèmes en allemand, d’autres ont engagé des conversations et des discussions amicales dans des lieux publics et lors de rassemblements; d’autres encore, enfin, pendant ce jeûne — et ils estimaient que cela ne pouvait offenser personne d’autre —, chez eux et lorsqu’ils étaient ensemble, ont mangé de la viande, des œufs, du fromage et d’autres aliments jusqu’alors non consommés pendant les jeûnes. Mais leur opinion était erronée; car certains s’en sont offusqués, et cela, par de simples bonnes intentions; et d’autres, non par amour de Dieu ou de ses commandements (pour autant que je puisse en juger), mais afin de rejeter ce qui enseigne et met en garde les gens du commun, et de ne pas se rallier à leurs opinions, ont agi comme s’ils étaient lésés et offensés, dans le but d’accroître la discorde. La troisième partie des hypocrites animés d’un esprit fallacieux fit de même, et excita secrètement les autorités civiles, affirmant que de telles choses ne devaient ni ne seraient permises, qu’elles détruiraient les jeûnes, comme si jamais ils ne pouvaient jeûner, si le pauvre ouvrier, en cette saison printanière, devant supporter le plus lourdement le fardeau et la chaleur de la journée, mangeait de tels aliments pour le soutien de son corps et en raison de son travail.
> En effet, tous ceux-là ont tellement troublé l’affaire et l’ont aggravée, que l’honorable Conseil de notre ville a été obligé de s’en occuper. Et lorsque les personnes susmentionnées, instruites dans l’Évangile, se sont rendu compte qu’elles risquaient d’être punies, elles ont eu pour but de se protéger au moyen des Écritures, que cependant aucun membre du Conseil n’avait eu la sagesse de comprendre, de sorte qu’il puisse les accepter ou les rejeter. Que devrais-je faire, moi à qui ont été confiés le soin des âmes et l’Évangile, sinon fouiller à nouveau les Écritures, en particulier, et les apporter comme une lumière dans cette obscurité de l’erreur, afin que personne, par ignorance ou manque de discernement, ne blesse ou n’attaque autrui et ne vienne à le regretter amèrement, d’autant plus que ceux qui mangent ne sont pas des frivoles ou des bouffons, mais des gens honnêtes et de bonne conscience?
> C’est pourquoi il serait très mal pour moi, en tant que berger négligent et ne cherchant que son propre profit, de traiter ainsi les brebis confiées à mes soins, au point de ne pas fortifier les faibles et de ne pas protéger les forts. J’ai donc prononcé un sermon sur le choix ou la différence des aliments, sermon dans lequel je n’ai utilisé que les Saints Évangiles et les enseignements des Apôtres, ce qui a grandement réjoui la majorité et l’a émancipée. Mais ceux dont l’esprit et la conscience sont souillés, comme le dit Paul \[Tite, 1, 15\], cela n’a fait que les rendre fous. Mais comme je n’ai utilisé que les Écritures susmentionnées, et que ces gens crient néanmoins à l’injustice si fort que leurs cris se font entendre ailleurs, et que ceux qui les entendent sont irrités à cause de leur simplicité et de leur ignorance en la matière, il me semble nécessaire d’expliquer la chose à partir des Écritures, afin que chacun, s’appuyant sur les Écritures divines, puisse se défendre contre les ennemis des Écritures.

### Réponse de l’Église

L’évêque de Constance, Hugo von Hohenlandenberg (vers 1457-1532), était chargé de superviser les affaires ecclésiastiques dans plusieurs cantons (provinces), dont Zurich, et était au courant des activités de Zwingli depuis un certain temps. Il partageait l’objection de Zwingli à l’égard de la politique de l’Église sur les indulgences (des documents vendus par l’Église pour réduire le temps passé au purgatoire), reconnaissant qu’elles ne pouvaient pas offrir ce qu’elles prétendaient et n’étaient qu’un moyen de lever des fonds. Il semble également avoir fermé les yeux sur le rejet par Zwingli de la liturgie et sur la lecture de la Bible à l’assemblée pendant les offices du dimanche.

Cependant, lorsqu’il eut vent du sermon rejetant le jeûne du Carême, il fut scandalisé et exigea le renvoi de Zwingli. L’Église avait toutefois déjà appris de son expérience avec Martin Luther qu’une main de fer à l’égard des réformateurs ne faisait qu’accroître leur soutien populaire; Hohenlandenberg demanda donc au conseil municipal de Zurich, qui détenait le pouvoir sur les nominations ecclésiastiques, d’éloigner Zwingli en douceur.

Le conseil refusa et invita plutôt Hohenlandenberg à Zurich pour débattre avec Zwingli de la question du jeûne de Carême. L’évêque refusa de venir en personne mais envoya une délégation dirigée par le vicaire général Johannes Fabri, en chargeant Fabri de ne pas se laisser entraîner dans un débat public sur la théologie devant des laïcs ignorants, où Zwingli pourrait faire bonne figure, mais de confronter le prêtre renégat dans un débat privé et de le ramener dans le giron de l’Église.

Fabri se prépara donc pour un débat privé, mais Zwingli, connaissant son auditoire et le soutien dont il bénéficiait de la part du conseil, rédigea ses *67 articles* exposant la nature non biblique de l’Église et rejetant l’autorité papale, le sacerdoce, l’existence du purgatoire, le célibat des clercs, et abordant un certain nombre d’autres points nécessitant une réforme. Plus de 600 personnes assistèrent à la première dispute en janvier 1523, et Fabri, freiné par l’interdiction de discuter de théologie en public, ne put guère faire plus qu’insister sur l’autorité de l’Église sans étayer ses affirmations. Zwingli, en revanche, exposa ses *67 articles* avec éloquence, remporta la dispute et reçut l’ordre du conseil de continuer à prêcher conformément aux Écritures.

### Conclusion

La deuxième dispute, en octobre 1523, renforça la position de Zwingli en permettant aux églises locales de décider de mesures telles que le retrait des icônes, et, au printemps 1524, beaucoup s’étaient déjà détournées des pratiques traditionnelles comme les célébrations de [Pâques](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12554/paques/) et avaient adopté les enseignements de Zwingli. Zwingli vivait depuis quelque temps avec la veuve Anna Reinhart et, ayant désormais prouvé que le célibat des ecclésiastiques était contraire à la Bible (tout en soulignant que la plupart des membres du clergé vivaient secrètement ou ouvertement avec des femmes et étaient donc hypocrites), il l’épousa lors d’une cérémonie publique. Il appela également à la dissolution des ordres monastiques et fit transformer les monastères et les couvents de Zurich en hôpitaux, en hospices et en orphelinats.

Les réformes de Zwingli se poursuivirent tout au long de l’année 1529, et à mesure qu’il gagnait en soutien, il acquit la conviction que la Suisse, qui était alors une confédération de provinces fonctionnant de manière plus ou moins indépendante, devait s’unir en tant que pays protestant, sur le modèle de la communauté chrétienne décrite dans le livre biblique des [Actes des Apôtres](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23691/actes-des-apotres/). Lorsque les provinces catholiques refusèrent d’accepter sa vision, il déclencha les [guerres de Kappel](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20443/guerres-de-kappel/). La première guerre se termina par un armistice avant même d’avoir commencé, mais la paix ne mit pas fin à l’animosité qui s’était développée entre les cantons catholiques et protestants.

[ ![Zwingli's Death on the Battlefield of Kappel](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/15157.png?v=1779377644) Mort de Zwingli sur le champ de bataille de Kappel August Weckesser (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/15157/zwinglis-death-on-the-battlefield-of-kappel/ "Zwingli's Death on the Battlefield of Kappel")Les cinq cantons catholiques marchèrent sur Zurich lors de la deuxième guerre de Kappel en 1531, et Zwingli fut tué au combat, figurant parmi les 500 victimes protestantes. Comme Zwingli avait encouragé les hostilités, il fut tenu pour responsable de la défaite, et son mouvement perdit le soutien populaire jusqu’à ce qu’il ne soit repris par le plus modéré [Heinrich Bullinger](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20515/heinrich-bullinger/) (1504-1575), qui parvint à stabiliser et à populariser à nouveau l’interprétation protestante du christianisme.

Bien que Zwingli ait échoué dans son objectif d’une Suisse unifiée sous sa vision, il réussit à établir la Réforme dans le pays, et son œuvre fut poursuivie par Bullinger et d’autres partisans jusqu’à ce qu’elle ne soit achevée par [Jean Calvin](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20202/jean-calvin/) (1509-1564). Au début, cependant, avant qu’il ne commence à prôner la conversion par la force, Zwingli disposait de tout le soutien nécessaire pour développer sa vision, et tout commença par un simple plat de saucisses pendant le Carême.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Bossy, J. *Christianity in the West 1400-1700 .* Oxford University Press, 2010.](https://www.worldhistory.org/books/0192891626/)
- [Jackson, S. M. *The Latin Works and the Correspondence of Huldrych Zwingli: Together with Selections from His German Works.* P. Putnam's Sons, 1912.](https://www.worldhistory.org/books/0198266979/)
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- [Old, H. O. *The Reading and Preaching of the Scriptures in the Worship of the Christian Church, Volume 4.* Wm. B. Eerdmans-Lightning Source, 2002.](https://www.worldhistory.org/books/0802847757/)
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- [Rublack, U. *The Oxford Handbook of the Protestant Reformations .* Oxford University Press, 2019.](https://www.worldhistory.org/books/0198845960/)

## Auteur

Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l’histoire, la philosophie, la littérature et l’écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.
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## Citer cette ressource

### APA
Mark, J. J. (2026, June 14). Sur le rejet du Carême et la protection des libertés chrétiennes de Zwingli. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1929/sur-le-rejet-du-careme-et-la-protection-des-libert/>
### Chicago
Mark, Joshua J.. "Sur le rejet du Carême et la protection des libertés chrétiennes de Zwingli." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, June 14, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1929/sur-le-rejet-du-careme-et-la-protection-des-libert/>.
### MLA
Mark, Joshua J.. "Sur le rejet du Carême et la protection des libertés chrétiennes de Zwingli." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 14 Jun 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1929/sur-le-rejet-du-careme-et-la-protection-des-libert/>.

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Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 14 June 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

