---
title: Interview avec Greg Woolf
author: Kelly Macquire
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1885/interview-avec-greg-woolf/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2026-09-18
---

# Interview avec Greg Woolf

_Rédigé par [Kelly Macquire](https://www.worldhistory.org/user/kelly.mac144/)_
traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Joignez-vous à World History Encyclopedia pour un entretien avec l'auteur et professeur Greg Woolf au sujet de son ouvrage [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)*Rome : An [Empire](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-99/empire/)'s Story, deuxième édition*, publié par Oxford University Press (édition en anglais).

**Kelly (WHE) :** Pourriez-vous présenter brièvement le sujet de votre livre à nos lecteurs?

**Greg Woolf (auteur) :** Eh bien, c'est exactement ce qui est écrit sur la couverture! Il s'agit d'une histoire complète de Rome. Elle commence au VIIIe siècle avant J.-C., alors que Rome n'était qu'un ensemble de villages épars, dont nous ne connaissons l'existence que grâce à l'[archéologie](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-421/archeologie/), et se termine au VIIIe siècle après J.-C., lorsque les armées arabes ont conquis l'Égypte et la Syrie, balayé l'Afrique du Nord et envahi l'Espagne. Pendant plusieurs centaines d'années, le nord-ouest a été gouverné par des rois germaniques, etc. Je pars d'une petite ville au bord d'un fleuve pour aboutir à une petite ville sur le Bosphore, et entre les deux, l'empire s'étend et se rétrécit, sans jamais revenir exactement au même point.

[ ![Forum Romanum](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/145.jpg?v=1769354645) Forum Romanum wili\_hybrid (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/145/forum-romanum/ "Forum Romanum")**Kelly :** Fascinant. Abordez-vous tous les aspects de l'[Empire romain](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-100/empire-romain/), ou vous concentrez-vous uniquement sur son expansion et son développement géographiques?

**Greg :** Eh bien, on ne peut pas tout faire. Lorsque j'ai rédigé la première édition, j'ai décidé que je ne voulais pas me contenter de raconter l'histoire. Les chapitres alternent: il y a un chapitre narratif, suivi d'un chapitre consacré à un thème particulier, comme la religion, la ville de Rome ou autre chose. Et cela alterne tout au long de l'ouvrage. Les chapitres thématiques sont organisés dans un ordre logique, avec quelques digressions de temps à autre. Mais cela signifie que l'on peut se concentrer sur l'histoire sociale, sur le récit, ou sur les deux.

**Kelly :** Excellent. Pourquoi avez-vous voulu écrire ce livre sur l'histoire de Rome? Qu'est-ce qui vous a poussé à le faire?

**Greg :** Quand je l'ai écrit pour la première fois, il y a environ dix ans, j'arrivais à une étape de ma carrière où j'avais beaucoup enseigné, et je me suis dit que ce serait bien de rassembler tout ce que j'avais appris en enseignant, car on n'apprend vraiment quelque chose que lorsqu'on doit l'expliquer à quelqu'un d'autre. C'était un projet à réaliser une fois que j'en serais arrivé à un [stade](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10298/stade/) où j'aurais moins d'[heures](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21729/heures/) de cours, après avoir terminé un gros travail administratif. J'étais en congé pendant quelque temps, et c'est le genre de chose qu'on peut écrire presque n'importe où quand on maîtrise le sujet. J'ai écrit quelques passages à Paris, d'autres au Brésil, d'autres encore en Allemagne, et ainsi de suite. C'était un bon projet pour rassembler tout cela, et c'est pourquoi je le dédie à mes étudiants; c'est vraiment en leur expliquant les choses, en répondant à leurs questions, en découvrant ce qui les intéressait et ce qu'ils n'aimaient pas dans ce qui existait déjà, que j'ai eu une idée de ce qui fonctionnerait sous la forme d'un ouvrage en un seul volume.

C'est donc pour cela que j'ai écrit le premier livre, puis j'ai écrit la deuxième édition dix ans plus tard. Celle-ci est différente; c'est un projet né du confinement. La majeure partie a été écrite pendant le confinement, alors je me suis demandé: quel genre d'écriture puis-je produire alors que je ne peux pas vraiment sortir ni travailler comme d'habitude ? Et je me suis dit: "Eh bien, je peux écrire sur les dernières avancées, car la plupart de ces avancées, soit étaient déjà miennes, soit elles étaient disponibles sur Internet. Aujourd'hui, notre discipline, comme toutes les autres, s'exerce entièrement en ligne, et tous les nouveaux articles de revues sont accessibles sous forme électronique, tout comme bon nombre d'ouvrages, sous une forme ou une autre.

[ ![Rome: An Empire's Story Second Edition by Greg Woolf](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/14895.jpg?v=1637644186) Rome: An Empire's Story Second Edition par Greg Woolf Greg Woolf / Oxford University Press (Copyright) ](https://www.worldhistory.org/image/14895/rome-an-empires-story-second-edition-by-greg-woolf/ "Rome: An Empire's Story Second Edition by Greg Woolf")Je me suis dit que ce serait une bonne occasion de prendre le temps de faire le point: qu'est-ce qui a changé en dix ans? Bien sûr, beaucoup de choses n'ont pas changé, mais d'autres ont énormément évolué. C'était vraiment passionnant de revenir à ma propre discipline dix ans plus tard. Entre-temps, j'avais dirigé un institut de recherche à Londres pendant six ans, ce qui m'avait donné une perspective différente de celle que j'avais lorsque j'enseignais en Écosse. L'un des grands atouts de l'institut londonien était sa formidable bibliothèque. Des chercheurs venaient du monde entier. J'avais rencontré de nombreuses personnes venues d'Espagne, d'[Israël](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-180/israel/), des États-Unis, d'Allemagne et d'ailleurs. J'ai ainsi acquis une perspective légèrement plus large et différente. J'avais également visité certains des établissements qui utilisaient mon ouvrage dans le cadre de leurs cours. J'ai discuté avec des étudiants à Sydney qui avaient lu le livre et souhaitaient poser des questions. Je me suis rendu à Copenhague et j'ai discuté avec diverses personnes sur place. Beaucoup m'ont fait part de ce qu'ils n'aimaient pas dans l'ouvrage, mais la plupart estimaient qu'il était suffisamment bon et qu'il valait la peine d'y jeter un nouveau coup d'œil. C'est donc devenu mon projet pendant le confinement: relire le livre pour voir ce qu'il y avait de nouveau.

**Kelly :** Une expérience tellement internationale, mais dans le cadre du confinement. C'est génial. Vous avez dit que vous aviez découvert de nouvelles choses dix ans après avoir écrit le premier ouvrage. Pouvez-vous nous dire ce qui a changé entre les deux éditions?

**Greg :** Il y a eu plein de petits détails un peu partout, mais il y a peut-être trois grandes nouveautés, dont l'une que j'avais vue venir, mais pas les deux autres. Celle que j'avais anticipée, c'est que j'avais remarqué que les chercheurs en histoire ancienne allaient devoir s'intéresser beaucoup plus aux sciences naturelles et aux sciences de la vie. Entre la publication des deux ouvrages, de nombreux travaux ont été menés sur les fléaux et les épidémies; cela n'a pas vraiment été déclenché par la pandémie, cela avait commencé bien avant. Nous savions que de grands fléaux avaient balayé l'Empire romain. Il y avait quelques informations à ce sujet dans la première édition, mais nos connaissances se sont considérablement enrichies. Des chercheurs ont séquencé l'ADN de certains agents pathogènes. Ils ont mené des recherches beaucoup plus approfondies et ont comparé les données issues de différentes épidémies.

Mais il y a aussi d'autres aspects vraiment passionnants, comme les migrations. Les chercheurs se sont beaucoup plus intéressés à la mobilité liée aux migrations, et il existe désormais des moyens assez intéressants d'utiliser la [science](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-351/science/) pour compléter le tableau. Par exemple, certaines parties de notre corps se forment à différents moments de notre vie. Chaque fois qu'une partie de votre corps – vos dents, vos jambes, vos cheveux – se développe, elle absorbe des oligo-éléments présents dans l'environnement, dans ce que nous mangeons et, en particulier, dans l'eau que nous buvons. Si nous nous déplaçons un peu, ces éléments présentent alors des caractéristiques différentes. De nombreux chercheurs ont étudié des ossements romains pour tenter de comprendre ce phénomène. L'une des conclusions à laquelle nous sommes parvenus est que les gens se déplaçaient bien plus que nous ne le pensions au sein de l'Empire romain. C'était donc l'une des nouveautés: les sciences de la vie.

La deuxième nouveauté, c'est que les gens s'intéressent beaucoup plus à l'archéologie. On a toujours pratiqué l'archéologie, mais souvent d'une manière qui visait à illustrer un récit principalement raconté par l'histoire. On part de ce que disent les textes anciens, puis on l'illustre. Il y a un aspect dont on ne sait pas grand-chose, car les auteurs antiques n'ont pas beaucoup écrit sur les femmes; peut-être que certaines statues de femmes permettent de combler cette lacune. L'archéologie est utilisée comme une sorte de complément. Or, depuis une dizaine d'années, on adhère beaucoup plus à l'idée qu'il existe une histoire que l'on peut raconter à partir des vestiges matériels, une histoire qui se suffit à elle-même. On peut alors utiliser les autres éléments comme complément. Par exemple, il existe un livre formidable écrit par une femme nommée Amy Russell, qui est professeure à l'université Brown, sur la côte Est. Elle s'est penchée sur les espaces propres à Rome et sur la manière dont les bâtiments, les structures et les espaces publics ont évolué au fil du temps. Cela a permis de mettre en évidence une sorte d'exosquelette au sein duquel la politique se déroule, mais qui en est également le reflet. On peut ainsi observer cette évolution presque comme si l'on examinait les restes fossilisés d'un dinosaure antique. À quoi devaient ressembler les tissus mous pour avoir donné naissance à ces tissus durs? Il y a là un récit très fort. C'est le deuxième point important.

[ ![Greg Woolf](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/14894.jpg?v=1637644086) Greg Woolf Greg Woolf (Copyright) ](https://www.worldhistory.org/image/14894/greg-woolf/ "Greg Woolf")L'autre point est que les chercheurs se sont beaucoup plus intéressés aux extrémités chronologiques de l'Histoire romaine. Nous en savons beaucoup plus sur les tout débuts de Rome et beaucoup plus encore sur la Rome tardive. Certaines études ont porté sur la manière dont Rome interagissait avec d'autres peuples italiques au cours des siècles précédant l'apparition de l'écriture locale. Là encore, c'est une histoire qui doit beaucoup à l'archéologie. Nous disposons donc de nouveaux récits à ce sujet, qui ne se limitent pas aux légendes de Romulus, Rémus et [Énée](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-782/enee/), mais comprennent également des récits sur la manière dont différentes communautés de la péninsule italique se sont rassemblées et ont formé des alliances. On peut ainsi envisager les débuts de Rome non pas tant comme ceux d'un petit peuple courageux qui a conquis tous ses voisins, mais plutôt comme un processus par lequel différents groupes d'alliés locaux ont uni leurs forces. Bien sûr, Rome occupe toujours une place centrale, mais on voit comment les intérêts particuliers des propriétaires terriens, des chefs et des seigneurs de [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) se rejoignent pour donner naissance à un projet à l'échelle de l'[Italie](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-207/italie/). Beaucoup de travaux sont également menés sur la Rome tardive, sur la ville chrétienne, alors qu'une grande partie de l'empire est en réalité dirigée par les descendants de ceux qui avaient été ennemis par le passé. Ainsi, le début et la fin de mon livre se sont un peu étoffés, mais pas vraiment la partie centrale. En cours de route, j'ai également pu glaner quelques bribes d'informations et, d'une manière générale, enrichir mes connaissances, ce qui est toujours un plaisir.

**Kelly :** Tout cela est vraiment passionnant. J'adore l'idée de l'Histoire de la ville physique, de sa croissance et de l'évolution de ses bâtiments.

**Greg :** C'est formidable. L'autre aspect que les chercheurs ont examiné, c'est la manière dont les objets finissent par façonner les modes de vie d'un peuple. Nous avons l'habitude de regarder des objets et de dire: "Les Romains aimaient le vin, et pour le transporter, ils devaient fabriquer des jarres d'un certain type, qui voyageaient ensuite dans des bateaux d'un certain type." Nous pouvons retrouver les bateaux et les jarres, puis raconter l'Histoire du vin à partir de là. Nous utilisons donc l'archéologie, la culture matérielle, comme preuve indirecte des processus sociaux. Mais aujourd'hui, on s'intéresse à l'effet produit par le fait d'évoluer dans un monde où, partout où l'on va, on retrouve le même type de poteries. On voyage de Milan à Rome, puis on prend un bateau pour la Grèce, on traverse jusqu'à [Corinthe](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-218/corinthe/), on repart en bateau dans l'autre sens et on aboutit peut-être à [Éphèse](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-575/ephese/), en Turquie. Partout où l'on va, on trouve une culture matérielle qui reflète leurs valeurs. Comment cela affecte-t-il la psychologie collective des gens? Des personnes dont les ancêtres buvaient de la [bière](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10181/biere/) ou vivaient dans des types de maisons très différents se retrouvent désormais dans un cadre physique identique. Quel est l'impact de ce *sensorium* romain? Comment ces objets ont-ils rendu chaque génération plus semblable à ses contemporains qu'à ses ancêtres? Cela a constitué un autre axe de recherche vraiment intéressant, et c'était également passionnant à explorer.

**Kelly :** C'est fascinant, car ce n'est pas ainsi que l'on envisage habituellement les objets matériels et les artefacts.

**Greg :** On réfléchit à ce qu'on fait aux objets ou à ce qu'on en fait. Aujourd'hui, les archéologues s'interrogent sur ce que les objets nous font. C'est une grande différence.

**Kelly :** On attribue ainsi une capacité d'agir aux objets.

**Greg :** Exactement.

**Kelly :** Qu'est-ce qui vous a le plus surpris lors de vos recherches pour la deuxième édition?

**Greg :** Je pense que ce qui m'a le plus surpris, ce sont les sources les plus anciennes. Au début de ma carrière, j'ai commencé à travailler sur l'époque des premiers empereurs. J'enseignais et connaissais les périodes antérieures, j'avais quelques connaissances remontant, disons, à 300-400 avant J.-C., mais j'avais plus ou moins décidé que les périodes encore plus anciennes étaient inaccessibles, qu'il ne s'agissait que de légendes et qu'il fallait les ignorer. Ce sont des légendes intéressantes, mais elles le sont parce qu'elles nous renseignent sur les personnes qui les ont racontées. Par exemple, l'histoire selon laquelle les Romains descendaient des Troyens est intéressante en raison de la manière dont les Romains se positionnaient par rapport aux Grecs.

[ ![Aeneas' Arrival in Latium](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/13528.jpg?v=1777738277) Énée arrive dans le Latium Carole Raddato (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/13528/aeneas-arrival-in-latium/ "Aeneas' Arrival in Latium")Je pense que ce qui m'a vraiment intéressé, c'est de savoir dans quelle mesure on peut reconstituer ces périodes très anciennes, la fin de l'âge du bronze, le début de l'âge du fer, où l'on commence à voir toutes sortes de populations différentes s'interconnecter en Méditerranée occidentale. Des fouilles ont été menées en Sardaigne et en Afrique pour étudier les débuts de la métallurgie et commencer à retracer l'histoire de toutes ces petites langues étranges, dont on ne dispose que de minuscules fragments dans diverses inscriptions. Je pense que ce qui m'a surpris, c'est que j'avais en quelque sorte écarté ce sujet, alors qu'il y avait en réalité encore beaucoup à faire dans ce domaine. Ce n'est pas moi qui m'y suis attelé, mais cela a été très enrichissant de voir ce que d'autres ont réussi à accomplir. Catherine McDonald, à Durham, et Nicola Terranacha, au Michigan, ont réalisé des travaux extraordinaires. Il y a également de nombreux collègues italiens qui travaillent dans la baie de Naples et ses environs, ainsi qu'à Rome même. Leurs découvertes sont pour certaines tout à fait spectaculaires.

**Kelly :** C'est génial. J'adore le fait que ce soit un domaine de recherche en constante évolution. L'archéologie ne s'arrêtera jamais, et nous trouverons toujours de nouvelles choses qui viendront éclairer ce que nous pensions déjà savoir. D'après votre deuxième édition, quelle est la chose que selon vous les gens doivent savoir à propos de votre livre?

**Greg :** Je pense qu'il faut surtout qu'ils sachent que c'est un sujet très vivant, très dynamique. Certaines choses ne changeront jamais: on ne découvrira jamais que [Jules César](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-95/jules-cesar/) n'a pas existé, ni on ne réorganisera jamais l'ordre des empereurs du Ier siècle de notre ère. Il y a des points fixes, mais il existe de nombreux domaines où il reste encore beaucoup à faire et où des avancées sont possibles. J'espère donc que les personnes qui se procureront la deuxième édition et la poseront délicatement sur leur table de chevet, à côté de la première, se diront: "Waouh, en fait, l'histoire romaine évolue." Pas seulement que je fais quelque chose, que je tiens une chronique, mais qu'au cours des dix dernières années, nous avons vraiment avancé. Ceux qui le liront se poseront peut-être la question de ce qui va suivre. J'espère qu'ils verront qu'il existe un nouvel ensemble de liens à établir entre les sciences humaines traditionnelles, les disciplines artistiques et les sciences biologiques de toutes sortes. Cela signifie que ceux qui étudient le passé et l'avenir devront savoir ce qu'est un isotope autant que ce qu'est une épitaphe. Ils devront être capables de comprendre un peu les espèces animales et végétales, tout en ayant des connaissances sur les dynasties de différents types d'aristocrates. Ils devront avoir quelques notions de génétique.

Il fut peut-être un temps où l'on pouvait franchir une porte sur laquelle était écrit "Je ne vais étudier que les textes", "Je ne vais étudier que l'art" ou "Je ne vais m'intéresser qu'aux sciences", mais cette époque est révolue. Nous devons tous être capables d'avoir des connaissances générales sur tout le reste et faire preuve d'un peu d'humilité face aux compétences des autres, car aucun d'entre nous ne pourra tout faire tout seul. J'espère que les gens retiendront de tout cela qu'une formation polyvalente vaut vraiment la peine d'être suivie. Aucune discipline prise isolément ne suffira à elle seule. Cela vaut probablement aussi pour les sciences. Les sciences humaines appliquées à la médecine sont importantes, mais beaucoup de gens exercent des métiers dans lesquels ils devront également réfléchir au monde humain. J'espère donc que cela orientera la réflexion dans cette direction.

[ ![Stele with Epitaph from Roman Dacia (Romania)](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/2946.jpg?v=1624050902) Stèle avec épitaphe de la Dacie romaine (Roumanie) UBB contrib (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/2946/stele-with-epitaph-from-roman-dacia-romania/ "Stele with Epitaph from Roman Dacia (Romania)")Nous devons travailler en équipe, nous devons collaborer. L'ancienne conception selon laquelle on s'enferme dans une bibliothèque pendant trois ou quatre ans, on écrit un livre tout seul, puis on en ressort pour le montrer à quelqu'un d'autre, appartient désormais au passé. Nous devons travailler les uns avec les autres, et certains des travaux les plus importants menés actuellement le sont par ces climatologues. Les articles comptent douze auteurs, car il y a un glaciologue et un climatologue, et il faut quelqu'un qui comprenne comment se forment les roches dans les grottes, et on a probablement besoin de quelqu'un qui sache lire le grec, ainsi que d'une autre personne capable d'étudier des restes squelettiques humains. C'est donc un exemple, mais il y en a d'autres. Le grand ouvrage archéologique du moment, *Beginnings of Everything*, a été écrit par un sociologue et économiste, David Graeber, et un archéologue, David Wengrow. Ils se sont associés pour rédiger un récit de tout ce qui s'est passé au cours des 40 000 dernières années, un ouvrage qu'aucun d'eux n'aurait pu écrire seul. Je pense que c'est ainsi que nous travaillerons davantage à l'avenir. Il s'agit bien davantage d'un travail d'équipe.

**Kelly :** La collaboration est donc essentielle pour mieux comprendre notre Histoire à l'avenir.

**Greg :** Je pense que c'est tout à fait ça! Autrefois, les archéologues partaient sur le terrain avec une seule personne aux commandes, qui prenait toutes les décisions. Ils étaient accompagnés d'une équipe d'assistants: certains creusaient des fosses, d'autres cataloguaient les découvertes, d'autres encore s'occupaient des analyses géochimiques et géophysiques. Aujourd'hui, je pense que les rôles doivent être un peu plus équilibrés.

**Kelly :** Tout à fait! Ça permet d'avoir une vision plus complète de ce qu'on observe.

**Greg :** Oui! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre. S'il y a des personnes issues d'autres disciplines qui envisagent d'écrire un ouvrage très spécialisé et pointu, qu'elles n'hésitent pas à le faire, car c'est ce qui fait notre importance en tant que scientifiques et chercheurs. Mais de temps en temps, j'ai trouvé utile de dresser la tête, tel un suricate, pour regarder autour de moi et voir ce qui se passe ailleurs. J'en ai beaucoup appris, tout comme j'ai beaucoup appris en enseignant ces sujets. Je le recommanderais vraiment à tous ceux qui sont tentés de sortir leurs grands pinceaux et de peindre comme des fous pendant un court moment, même s'il n'y a pas de confinement pour le faire.

**Kelly :** Merci beaucoup de vous être joint à moi aujourd'hui.

**Greg :** Eh bien, merci de m'avoir invité, Kelly. C'était un plaisir de discuter avec vous.

#### Editorial Review

This human-authored article has been reviewed by our editorial team before publication to ensure accuracy, reliability and adherence to academic standards in accordance with our [editorial policy](https://www.worldhistory.org/static/editorial-policy/).

## Auteur

Kelly est diplômée de l'université Monash, où elle a obtenu une licence (avec mention) en Histoire ancienne et archéologie, avec une spécialisation en iconographie et le statut dans les sépultures de Pylos. Elle est passionnée par la mythologie et l'Âge du Bronze égéen.

## Citer cette ressource

### APA
Macquire, K. (2026, September 18). Interview avec Greg Woolf. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1885/interview-avec-greg-woolf/>
### Chicago
Macquire, Kelly. "Interview avec Greg Woolf." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, September 18, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1885/interview-avec-greg-woolf/>.
### MLA
Macquire, Kelly. "Interview avec Greg Woolf." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 18 Sep 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1885/interview-avec-greg-woolf/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 18 September 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

