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title: Amour, Sexe et Mariage en Grèce Antique
author: Ollie Wells
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1713/amour-sexe-et-mariage-en-grece-antique/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2022-11-08
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# Amour, Sexe et Mariage en Grèce Antique

_Rédigé par [Ollie Wells](https://www.worldhistory.org/user/olliewells02/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Dans la [Grèce antique](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-119/grece-antique/),[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/) l'amour, le sexe et le mariage sont dépeints dans la [littérature](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-562/litterature/) grecque comme des éléments de vie distincts, mais étroitement liés. Pour de nombreux hommes de la classe supérieure, le mariage n'était pas une question d'amour, et d'autres relations, que ce soit avec des hommes ou des femmes, jouaient ce rôle. Pour cette raison, une grande partie de la littérature traitant de l'amour concerne les relations des hommes en dehors du mariage, souvent des relations pédérastes. Pour les femmes, le mariage était une décision sociale et financière prise par leur père et, en particulier dans l'[Athènes](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-292/athenes/) classique, les femmes devaient rester à l'intérieur afin d'éviter toute accusation d'infidélité.

[ ![Greek Erotic Scene](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/640.jpg?v=1755169389) Scène érotique grecque Mark Cartwright (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/640/greek-erotic-scene/ "Greek Erotic Scene")Les traditions de mariage dans la Grèce antique différaient selon la cité-état, et la majorité des sources, tant littéraires que matérielles, concernent les classes supérieures. Dans les familles de la classe supérieure, le mariage était considéré comme un moyen pour le père de la mariée d'accroître la richesse et le statut social de la famille, et l'amour était rarement un facteur. Les femmes se mariaient généralement au début de leur adolescence - bien que ce n'ait pas été le cas à [Sparte](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-197/sparte/) - et les hommes se mariaient vers le milieu ou la fin de leur vingtaine. À Athènes, d'où proviennent la plupart des sources écrites, cela s'explique en partie par le fait qu'ils devaient accomplir auparavant un service militaire obligatoire. Dans l'ensemble du monde grec antique, un élément fondamental des arrangements prénuptiaux était la dot, sous forme d'argent, de terre ou de tout autre objet de valeur, que le père de la mariée s'arrangeait pour donner au marié dans le cadre du contrat de mariage.

### Le mariage à Athènes

La forme de cérémonie de mariage la plus documentée dans la littérature grecque ancienne est la tradition athénienne. Dans la tragédie grecque *[Iphigénie à Aulis](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17671/iphigenie-a-aulis/)*, [Euripide](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11828/euripide/), dramaturge athénien du Ve siècle avant Jésus-Christ, décrit les préparatifs du mariage (ou *proaulia*) d'Iphigénie avec [Achille](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10354/achille/) :

> Allons! le moment est venu de préparer les corbeilles sacrées. Couronnez-vous de fleurs; et toi, [Ménélas](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18822/menelas/), dispose tout pour l'hyménée : que dans votre demeure résonne le chant de la flûte et le bruit des danses! Voici pour la jeune fille un jour de bonheur.
> (G. Hinstin, Théâtre et fragments. Paris, Hachette, 1923 ).

Les sacrifices étaient une partie importante du *proaulia*, tout comme la musique qui accompagnait la procession vers la maison du marié le jour du mariage. Les sacrifices étaient le plus souvent offerts à [Héra](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10295/hera/), qui était l'exemple divin de la mariée, et à [Artémis](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-537/artemis/), la déesse de la virginité. La mariée sacrifiait des animaux et de la nourriture, mais surtout ses vêtements et jouets d'enfance, le mariage marquant le passage de l'enfance à l'âge adulte. Une inscription du IVe siècle avant J.-C. à [Cyrène](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-773/cyrene/) sur les règles de pureté parle des sacrifices prémaritaux qu'une femme doit faire à Artémis comme s'il s'agissait d'une pénalité qu'elle doit payer pour la perte de sa virginité.

Le jour du mariage *(gamos*) était principalement consacré au transfert de la mariée de la maison de son père à celle de son mari. La journée commençait par de nouveaux sacrifices aux dieux pour que le mariage soit béni et par le bain de la mariée, symbole de pureté. Les mariés faisaient ensuite des sacrifices ensemble dans un [temple](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-196/temple/) avant de se rendre dans la maison du père de la mariée pour un festin de mariage. Cependant, la partie la plus importante du *gamos* avait lieu le soir, lorsque le marié conduisaitt la mariée dans un [char](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-106/char/) sur un chemin éclairé par des torches jusqu'à sa maison, suivi par leur famille et leurs amis qui apportaient des cadeaux et jouaient de la musique grecque. Lorsqu'ils arrivaient chez le marié, le couple était arrosé de fruits secs, symbole de fertilité, avant que le mari ne conduise sa nouvelle épouse dans la chambre à coucher où son voile était rituellement retiré.

[ ![Terracotta Lekythos Depicting a Wedding Procession](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/13656.png?v=1740636964) Lekythos en terre cuite représentant une procession de mariage Metropolitan Museum of Art (Copyright) ](https://www.worldhistory.org/image/13656/terracotta-lekythos-depicting-a-wedding-procession/ "Terracotta Lekythos Depicting a Wedding Procession")Le lendemain du mariage, les parents et les amis se rendaient au domicile des jeunes mariés pour leur offrir des cadeaux, tels que des meubles, des pots et des bijoux. Nombre d'entre eux étaient décorés de scènes de ménage, illustrant notamment le rôle domestique que l'épouse devait désormais remplir au sein du foyer. Ce jour s'appelait l'*épaulie*.

### Le mariage à Sparte

Contrairement aux mariages d'Athènes, le mariage spartiate n'était certainement pas une grande affaire impliquant la famille et les amis. Les traditions qui existaient étaient conçues pour être secrètes et avaient lieu la nuit, la femme étant déguisée. Les femmes avaient environ 18-20 ans et les hommes une vingtaine d'années lorsqu'ils se mariaient. Selon [Plutarque](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-820/plutarque/), dans sa *Vie de [Lycurgue](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21190/lycurgue/)*, pour se préparer au rituel du mariage, la mariée devait "se couper les cheveux près de la tête" et "revêtir un manteau et des sandales d'homme" (livre 15, section 3.) La mariée était ensuite laissée dans une pièce sombre et le marié la capturait rituellement. Après cela, les maris étaient censés rendre visite à leurs nouvelles épouses en secret et la nuit.

[ ![Greek Vase Depicting Wedding Preparations](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/13701.jpg?v=1757061548) Vase grec représentant des préparatifs de mariage British Museum (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/13701/greek-vase-depicting-wedding-preparations/ "Greek Vase Depicting Wedding Preparations")Tout comme les traditions de mariage, la vie d'une épouse spartiate après le mariage était également très différente de celle d'une épouse à Athènes. À Sparte, les hommes étaient censés (sous peine de devenir des parias) passer la majorité de leur temps à la [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) ou avec leurs camarades et n'étaient pas autorisés à vivre avec leur femme avant l'âge de 30 ans. De ce fait, la femme était le chef de famille, assumant la responsabilité de gérer les terres et les hilotes (ouvriers agricoles semi-esclaves) donnés au mari par l'État. Cette liberté et cette responsabilité n'étaient pas accordées à l'épouse athénienne, dont la vie était celle de la réclusion. Malgré leur rôle dans la gestion quotidienne de la maison, principalement l'éducation des enfants et la confection des vêtements, elles n'étaient en aucun cas le chef de famille et il leur était, pour la plupart, interdit de quitter la maison sans escorte. Cependant, dans une rare similitude avec Athènes, avoir des enfants était considéré comme le rôle le plus important de la femme à Sparte. De nombreuses lois codifiées par Lycurgue, le légendaire législateur de Sparte, visaient à garantir que les femmes aient des enfants en bonne santé. L'une de ces lois obligeait les femmes à faire de l'exercice physique afin de les rendre plus fortes pour l'accouchement.

### La vie de famille

Dans la Grèce antique, avoir une famille et élever des enfants, en particulier des héritiers citoyens de sexe masculin, était primordial. [Démosthène](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-817/demosthene/), l'homme d'État athénien du IVe siècle avant J.-C., a décrit le rôle de l'épouse dans la famille de façon très directe dans une déclaration disant que leur travail consistait à "nous donner des enfants légitimes et à être les gardiens fidèles de nos foyers" *(Contre Nééra*, 59, 122.) Il était considéré comme le devoir de l'épouse de servir son mari et d'assurer l'entretien de ses biens et la continuation de sa lignée. Dans une famille athénienne, le père était le chef de famille *(kyrios)* qui était légalement responsable et contrôlait sa femme, ses enfants et les femmes célibataires de sa famille. Pour ces femmes, il était chargé d'organiser les mariages et de fournir les dots. Il avait même le pouvoir de rejeter à la naissance tout enfant qu'il ne souhaitait pas garder.

Une épouse athénienne était confinée dans sa propre partie du foyer, le *Gynécée,* où elle élevait ses fils jusqu'à l'âge de sept ans et apprenait à ses filles à fabriquer des vêtements, à tisser, à cuisiner, à organiser la nourriture et à gérer les esclaves. L'apprentissage de ces compétences constituait l'aboutissement de l'éducation d'une jeune fille athénienne, contrairement à son frère qui avait reçu une éducation formelle dès l'âge de sept ans. Cette éducation était supervisée par un *pédagogue*, un esclave qui emmenait le fils à l'école tous les jours et tenait le père de l'enfant informé de ses progrès. Le fils devait apprendre l'arithmétique, la musique, l'écriture et la lecture, principalement l'*[Iliade](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-226/iliade/)* et l'*[Odyssée](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-14584/odyssee/)* d'[Homère](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-225/homere/), qu'il devait mémoriser. Cette éducation se terminait généralement à l'âge de 15 ans, mais ceux qui n'étaient pas obligés de travailler pouvaient rejoindre un *[gymnase](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-14276/gymnase/)* où ils poursuivaient leurs études dans des domaines tels que les sciences et la [philosophie grecque](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11892/philosophie-grecque/).

[ ![Marble Grave Stele with a Family Group](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/13657.png?v=1709211604) Stèle funéraire en marbre avec un groupe familial Metropolitan Museum of Art (Copyright) ](https://www.worldhistory.org/image/13657/marble-grave-stele-with-a-family-group/ "Marble Grave Stele with a Family Group")### Divorce

Dans la Grèce antique, le processus de demande de divorce était beaucoup plus simple pour les hommes que pour les femmes. À Athènes, tout ce que le mari devait faire était renvoyer sa femme chez son père et lui rembourser sa dot. Lorsqu'une femme était reconnue coupable d'adultère, le mari était censé divorcer pour éviter les problèmes de légitimité d'un enfant né. Pour une femme, le divorce était plus compliqué. Tout d'abord, elle devait présenter sa demande devant un *archonte* (l'un des principaux magistrats de la ville) puis avoir le soutien de son père ou de son plus proche parent masculin. Le père de la femme avait également la possibilité de forcer le divorce (même si ni le mari ni la femme ne le souhaitaient), si le mariage s'avérait infertile. Selon [Hérodote](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-234/herodote/), dans le sixième livre des *Histoires*, le même principe était appliqué à Sparte ; la stérilité était un motif de divorce.

### L'amour dans la Grèce antique

Dans toute la Grèce antique, l'amour romantique était abondamment évoqué dans la [philosophie](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-340/philosophie/) et la poésie. À tel point que même la croyance dans les âmes sœurs que beaucoup de gens entretiennent aujourd'hui vit le jour dans le *Banquet* de [Platon](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-349/platon/). L'amour de cette nature n'est pas souvent évoqué comme existant au sein d'un mariage, et une grande partie de la discussion sur l'amour romantique dans la Grèce antique se concentre sur son existence dans les relations homosexuelles extraconjugales que les hommes entretenaient. Cependant, si le couple avait de la chance, l'amour pouvait exister dans le mariage, même s'il n'en était pas la raison. Un exemple de l'amour dans le mariage représenté dans l'art peut être interprété à partir de la stèle funéraire de Philomelos et Plathane, qui fut trouvée dans le Kerameikos et peut être datée du 5ème siècle avant Jésus-Christ. Le relief de la stèle funéraire montre le couple se donnant la main, symbole de l'unité durable entre les morts et leurs proches.

[ ![Grave Stele of a Couple, 5th Century BCE](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/13658.png?v=1758308825) Stèle funéraire d'un couple, Ve siècle avant notre ère Minneapolis Institute of Art (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/13658/grave-stele-of-a-couple-5th-century-bce/ "Grave Stele of a Couple, 5th Century BCE")Lorsque l'on parle d'amour dans la Grèce antique, un nom qui revient souvent est celui de [Sappho](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-13155/sappho/) (630-570 avant J.-C.), poétesse lyrique grecque originaire de l'île de [Lesbos](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-758/lesbos/), dont les écrits sur les femmes qu'elle aimait et les déchirements qui s'ensuivaient si ses sentiments n'étaient pas réciproques ont fait d'elle l'un des noms les plus célèbres de la [littérature grecque antique](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11684/litterature-grecque-antique/). Dans un monde androcentrique, Sappho écrit du point de vue d'une femme sur son amour pour d'autres femmes, montrant à quel point les constructions sociales sur ce qu'est l'amour varient. Tout au long de sa poésie, Sappho décrit l'amour comme étant à la fois beau et douloureux, selon l'état de la relation. Dans le fragment 94, par exemple, elle fait ses adieux à sa bien-aimée alors qu'aucune des deux ne veut quitter l'autre :

> La voilà donc partie à jamais ; 
> et sans mentir je voudrais mourir. 
> Elle m’a quittée, pleurant à chaudes larmes, 
> et disant : «Hélas, Sapho, quel sort cruel ! 
> Je te jure que c’est malgré moi que je te quitte.» 
> Et je lui répondais : «Pars joyeuse, 
> et souviens-toi de moi. 
> car tu sais combien je t’aimais. 
> Si tu l’as oublié, je veux te rappeler 
> toutes les [heures](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21729/heures/) douces et belles 
> qu’ensemble nous avons vécues, 
> toi qui, à côté de moi, disposais 
> sur tes cheveux tant de couronnes 
> de roses, de violettes et de safrans mêlés ! 
> Et tu nouais autour de ton tendre col 
> d’enivrantes guirlandes de fleurs ravissantes. 
> La myrrhe en abondance, précieuse essence, 
> digne d’un roi, parfumait ta tête bouclée.
> (traduction. A. Bonnard, )

La douleur désespérée que Sappho dépeint dans la première strophe et l'émotion contradictoire de souhaiter que la personne qui vous a blessé soit heureuse sont des émotions très reconnaissables et intemporelles. Sappho nous montre que, même très tôt dans l'histoire de la littérature grecque antique, il existait une conscience des sentiments intenses et parfois contradictoires que provoque l'amour. C'est ce que montre le fragment 130, où elle salue l'amour comme "Doux et amer, monstre invincible". Ce poème marque la première utilisation connue du mot "doux-amer" (γλυκύπικρον) en littérature.

[ ![Sappho](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/2882.jpg?v=1770299653) Sappho John William Godward (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/2882/sappho/ "Sappho")Dans son *Banquet*, Platon parle également de l'amour comme d'une force irrésistible qui rapproche deux personnes. Platon se concentre principalement sur les relations pédérastiques de l'Athènes classique - des relations qui existaient entre un homme adulte (l'*éraste*) et un adolescent (l'*éromène*). Ces relations étaient une norme sociale parmi la classe supérieure, et le rôle de la relation était normalement justifié comme éducatif, bien qu'un élément sexuel ait certainement été impliqué. Le discours le plus frappant du *Banquet* de Platon est peut-être celui d'[Aristophane](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11061/aristophane/) ; il présente l'idée d'une force innée qui nous pousse à trouver notre moitié. L'Aristophane de Platon va même jusqu'à discuter de ce que serait la réaction de deux personnes amoureuses physiquement fondues et soudées ensemble. L'histoire est singulière, peut-être même écrite pour être comique (Aristophane était un dramaturge comique), mais son allusion à l'idée d'âme sœur et d'avoir une "autre moitié" est toujours très présente dans notre société actuelle.

Tout d'abord, Aristophane explique qu'il y a très longtemps, il y avait trois sexes - mâle, femelle et androgyne - ils étaient tous de forme ronde avec deux séries de membres et deux visages. Ces premiers humains étaient puissants et ils ont essayé d'attaquer les dieux. [Zeus](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-538/zeus/) a donc proposé de réduire leur force en les coupant en deux. [Apollon](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-946/apollon/) guérit la blessure en la refermant au niveau du nombril, mais les humains se retrouvaient avec une blessure encore plus grande, à savoir la perte de leur autre moitié. Chaque moitié se languissait de l'autre. Zeus a eu pitié d'eux et a inventé le sexe comme solution. De cette façon, Platon introduit également l'importance du sexe dans les relations et comment ce désir est lié à l'amour.

### Le sexe dans la Grèce antique

Dans la Grèce antique, les attitudes et les points de vue sur la sexualité étaient très différents selon le sexe. La sexualité d'une femme était généralement entourée de stigmates et de soupçons, en particulier dans l'Athènes classique, car son rôle principal dans la société était de produire des enfants légitimes. La sexualité de l'homme, en revanche, était traitée de manière très libérale. Dans son ouvrage *Contre Nééra*, Démosthène déclare que "lNous prenons une courtisane pour nos plaisirs, une concubine pour recevoir d'elle les soins journaliers qu'exige notre santé, nous prenons une épouse pour avoir des enfants légitimes et une fidèle gardienne de tout ce que contient notre maison" (59, 122).

Pour les hommes, il était socialement acceptable de prendre part à des relations sexuelles en dehors de leur mariage. Les hommes pouvaient à la fois engager des prostituées et avoir des concubines sans être considérés comme infidèles. Par exemple, lors des *symposions* - une sorte de fête populaire comprenant un banquet et des divertissements - les hétaïres étaient souvent employées. Contrairement aux *pornai* (prostituées qui travaillaient généralement dans des maisons closes), une [hétaïre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19387/hetaire/) était une femme instruite qui pouvait être engagée par les hommes, non seulement pour le sexe, mais aussi pour ses compétences en matière de danse, de musique et de conversation grecques. Certains hommes choisissaient également d'avoir des *pallakae* (concubines), souvent des esclaves que les hommes achetaient et emmenaient dans leur foyer.

[ ![Symposiast & Hetaira](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/1035.jpg?v=1771650735) Symposiaste & Hétaïre SebastiÃ Giralt (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/1035/symposiast--hetaira/ "Symposiast & Hetaira")Les hommes pouvaient aussi avoir des relations pédérastes. Les Grecs anciens ne considéraient pas la sexualité ou l'amour en termes de genre, mais plutôt en termes de dynamique de pouvoir. Ainsi, le seul aspect d'une relation qui pouvait entraîner la honte était d'être le partenaire passif d'une relation avec un autre homme. Les relations pédérastiques étaient généralement approuvées par le père de l'*éromène*, car ces relations étaient censées jouer un rôle important dans l'éducation et l'initiation d'un homme de la classe supérieure dans la société.

Si les relations extraconjugales étaient normales pour les hommes de la Grèce antique, elles étaient strictement condamnées lorsqu'il s'agissait des femmes. L'accent mis sur la fidélité de la femme dans la Grèce antique faisait de sa sexualité un sujet dont on parlait peu et, pour cette même raison, la femme idéale semble généralement être celle qui a vécu sa vie dans l'obscurité. Dans toute la littérature classique, la fidélité de Pénélope, dans l'*Odyssée* d'Homère, est considérée comme la marque de la femme grecque idéale. Alors qu'elle a attendu pendant 20 ans le retour d'Ulysse de la [guerre de Troie](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10357/guerre-de-troie/), elle a repoussé des centaines de prétendants qui se disputaient sa main. La loyauté de Pénélope envers son mari et son manque d'intérêt pour d'autres hommes sont célébrés dans le dernier livre de l'*Odyssée*. Le fantôme d'[Agamemnon](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17386/agamemnon/) parle de la réputation d'immortalité de sa vertu et, d'après ce que nous savons des attitudes envers la sexualité des femmes dans l'Athènes classique, nous voyons certainement cet idéal en place des siècles plus tard.

#### Editorial Review

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## Citer cette ressource

### APA
Wells, O. (2022, November 08). Amour, Sexe et Mariage en Grèce Antique. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1713/amour-sexe-et-mariage-en-grece-antique/>
### Chicago
Wells, Ollie. "Amour, Sexe et Mariage en Grèce Antique." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, November 08, 2022. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1713/amour-sexe-et-mariage-en-grece-antique/>.
### MLA
Wells, Ollie. "Amour, Sexe et Mariage en Grèce Antique." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 08 Nov 2022, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1713/amour-sexe-et-mariage-en-grece-antique/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 08 November 2022. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

