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title: Autorité en Rome Antique: Auctoritas, Potestas, Imperium et Paterfamilias
author: Jesse Sifuentes
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1472/autorite-en-rome-antique-auctoritas-potestas-imper/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2022-09-09
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# Autorité en Rome Antique: Auctoritas, Potestas, Imperium et Paterfamilias

_Rédigé par [Jesse Sifuentes](https://www.worldhistory.org/user/UTrezzoto/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

L'autorité dans la [Rome antique](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-68/rome-antique/) était complexe et,[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/) comme on peut s'y attendre de Rome, empreinte de traditions, de mythes et de connaissance de sa propre histoire. L'autorité suprême était peut-être l'*imperium, le* pouvoir de commander l'[armée romaine](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11830/armee-romaine/). La *potestas* était le pouvoir légal appartenant aux différents rôles des fonctions politiques. Il y avait aussi l'*auctoritas*, une sorte d'autorité sociale intangible liée à la réputation et au statut. Dans le foyer romain quotidien, l'autorité absolue était le père, connu sous le nom de *paterfamilias*. Dans cet article, nous examinerons ces différents types d'autorité qui ont traversé les siècles et couvert toutes les facettes de la vie romaine - du foyer à la politique publique en passant par le champ de bataille.

[ ![Silver Denarius of Trajan (Reverse Side)](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/11444.jpg?v=1769279288) Denier en argent de Trajan (verso) Jesse Sifuentes (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/11444/silver-denarius-of-trajan-reverse-side/ "Silver Denarius of Trajan (Reverse Side)")### Auctoritas

Le terme latin *auctoritas* est essentiel pour comprendre la politique et la structure sociale de la Rome antique. Lisez une biographie de [Cicéron](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11710/ciceron/) (106-43 av. J.-C.), de [Jules César](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-95/jules-cesar/) (100-44 av. J.-C.) ou d'[Auguste](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-412/auguste/) (63 av. J.-C. - 14 av. J.-C.), et vous serez certain de rencontrer le mot *auctoritas*. Cependant, ce terme ne peut pas être simplement traduit par "autorité". La meilleure traduction viable serait "autorité sociale, réputation et statut". C'était différent de l'autorité légale qui, elle, était traduite par *potestas*. Elle était également différente de l'autorité militaire, qui était appelée *imperium*. L'*auctoritas* était plutôt un prestige intangible ; il était en partie gagné et en partie inhérent. Elle pouvait être gagnée par la valeur et la bravoure sur le champ de bataille, peut-être en tant que commandant, déclaré *imperator* ou "commandant victorieux" par ses soldats après une série de victoires. Elle pouvait également être acquise par l'obtention des magistratures politiques les plus prestigieuses, comme le *[consul](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-375/consul/)*, la plus haute fonction de la Rome antique. Mais elle était également héritée car il fallait avoir une lignée noble, un nom de famille ancien et des relations sociales et politiques considérables.

Un membre du [Sénat romain](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-15522/senat-romain/) cherchant à obtenir une fonction supérieure et un certain prestige devait généralement posséder l'*auctoritas* pour aller loin. Même au tribunal, l'*auctoritas* du défendeur jouait un rôle majeur. Avoir de profondes relations sociales et de l'*auctoritas* signifiait que quelqu'un d'important vous défendrait en son nom au tribunal, augmentant ainsi vos chances d'être acquitté. Par exemple, Cicéron et Auguste mirent tous deux à profit leur autorité sociale et leur réputation pour défendre avec succès leurs amis et associés devant les tribunaux, que ce soit par amitié sincère ou comme une faveur pour construire une alliance politique.

L'historien Adrian Goldsworthy raconte une histoire intéressante concernant [Pompée](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-550/pompee/) (106-48 avant J.-C.) en 62 av. J.-C., après avoir mené une campagne militaire extrêmement réussie, en battant [Mithridate VI](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-916/mithridate-vi/) du Pont (135-63 av.J.-C.). Avant d'entrer dans la ville de Rome, dans un effort pour dissiper les craintes du peuple romain qui était terrifié à l'idée qu'il ne devienne un tyran avec son commandement sur tant de légions, Pompée déposa son commandement et démobilisa ses troupes. Pompée était sûr que, même s'il "ne détenait plus de pouvoir officiel et ne contrôlait plus une armée", il pouvait "compter sur cette chose intangible que les Romains appelaient *auctoritas*" (Goldsworthy, *Augustus*, 45).

Un autre exemple est celui de Cicéron qui un jour parla avec dédain d'un Octave très jeune et inexpérimenté comme ayant "beaucoup de confiance, mais trop peu d'*auctoritas*" (Goldsworthy, Augustus, 104). Comparez cela avec un Octave plus âgé qui entra à Rome, après avoir vaincu Marc-Antoine et [Cléopâtre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-866/cleopatre/) à la [bataille d'Actium](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10408/bataille-dactium/). À ce moment-là, Octave était le fils adoptif de Jules César, *consul* cette année-là, commandant de plusieurs légions, déclaré *imperator* par ses soldats, et grâce à son lien avec Jules César déifié à titre posthume, il pouvait désormais faire remonter son ascendance à la déesse [Vénus](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-462/venus/), au demi-[dieu](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10299/dieu/) [Énée](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-782/enee/) et à [Rémus et Romulus](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12205/remus-et-romulus/). À ce moment-là, il était indéniable que l'*auctoritas* d'Octave était très élevée.

[ ![Augustus of Prima Porta](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/97.jpg?v=1749951425) Auguste de Prima Porta Andreas Wahra (original), new version by Till Niermann (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/97/augustus-of-prima-porta/ "Augustus of Prima Porta")En ce qui concerne l'adoption, un autre type d'autorité était celui du *paterfamilias* (père de famille), l'autorité suprême dans chaque foyer romain. La tradition romaine donnait au père un pouvoir absolu sur tous les membres de sa maison, même le pouvoir de vie et de mort s'il le jugeait bon. Même s'il n'était pas souvent appliqué à la fin de la [République romaine](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-560/republique-romaine/), le *paterfamilias* pouvait néanmoins exercer ce pouvoir. Le rôle du père était absolu. Ils étaient responsables de l'éducation de la génération suivante qui allait se présenter aux élections et devenir les prochains grands hommes de Rome. Dès leur plus jeune âge, "les garçons commençaient à passer plus de temps avec leurs pères, les accompagnant dans leurs affaires... Les garçons voyaient leurs pères rencontrer et saluer d'autres sénateurs... Ils commençaient à apprendre qui avait le plus d'influence au Sénat et pourquoi. Dès leur plus jeune âge, ils voyaient la conduite des grandes affaires de la République..." (Goldsworthy, *César*, 38).

Le rôle du *paterfamilias* était si important que l'un des plus grands honneurs qu'un magistrat - généralement un *consul* ou un empereur - pouvait recevoir était *Pater Patriae*, ce qui signifie "Père du pays". Ce titre appartenait à l'origine à Romulus pour avoir fondé Rome, et était donc le parent de Rome. Cicéron reçut cet honneur en 63 avant Jésus-Christ lorsqu'il écrasa les conspirateurs de la conspiration de Catiline. Il fut également conféré à Auguste en 2 avant Jésus-Christ par le Sénat pour avoir rétabli la paix et la stabilité à Rome. Plus tard, de futurs empereurs recevront également cet honneur, comme [Trajan](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-678/trajan/) (r. de 98 à 117 de notre ère) et [Hadrien](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-102/hadrien/) (r. de 117 à 138 de notre ère).

[ ![Silver Denarius of Trajan (Obverse Side)](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/11443.jpg?v=1769279285) Denier en argent de Trajan (face avers) Jesse Sifuentes (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/11443/silver-denarius-of-trajan-obverse-side/ "Silver Denarius of Trajan (Obverse Side)")### Imperium

Comparé à l'*auctoritas*, l'*imperium* était plus direct et tangible, mais il n'était pas sans particularités. L'*imperium* était l'autorité détenue par les magistrats et les promagistrats pour commander l'armée romaine. Il peut être considéré comme la forme suprême du pouvoir légal qui était donné aux magistrats tels que les *consuls*, les *préteurs* et les *proconsuls*. Il existait essentiellement deux types d'*imperium*: formel et délégué.

Pour mieux comprendre le poids du mot, examinons l'apparition prophétique du mot *imperium* dans l'*Enéide* de [Virgile](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-784/virgile/), écrit à l'époque d'Auguste. [Jupiter](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-653/jupiter/), l'équivalent de [Zeus](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-538/zeus/) dans la [religion romaine](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10552/religion-romaine/), donne une prophétie qui annonce la naissance du puissant [Empire romain](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-100/empire-romain/). Virgile (70-19 avant J.-C.) écrit :

> Dès lors, engraissé par la nourrice louve au pelage fauve,
> C’est Romulus qui continuera la lignée. Il fondera les remparts
> Voués à [Mars](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10341/mars/) et de son propre nom nommera les Romains.
> À eux, moi-même je ne pose ni limite à leurs exploits, ni durée dans le temps.
> Je leur assigne un **[empire](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-99/empire/) sans fin (**latin: ***imperium sine fine***).
> (Virgile, L'*Enéide*, 10 trad: Danielle Carlès)

Il s'agit de l'*imperium* dans un sens plus large que la simple autorité militaire. Jupiter accorda à Rome le droit à l'empire, au pouvoir et au contrôle sans fin sur le monde. C'est dans ce contexte que nous pouvons considérer correctement le terme. Pour les Romains, le droit à l'*imperium* sur le monde était un droit divin.

Les consuls détenaient officiellement l'*imperium* dans le cadre de leur autorité exécutive légale. Occupant le poste politique le plus élevé, le *consul* possédait l'*imperium* sur la plus grande partie des légions et était en charge des domaines de la plus haute importance. Par exemple, si l'affaire la plus urgente pendant le mandat d'un consul était une tribu nordique hostile qui faisait des raids et pillait les villes italiennes, le consul était le commandant de l'armée et s'occupait de l'affaire en question. En général, cela aboutissait à la défaite et, finalement, à la "pacification" de la tribu hostile.

L'*imperium* pouvait également être délégué. Les promagistrats, tels que les *proconsuls*, étaient choisis et se voyaient déléguer l'*imperium* par les magistrats élus de l'année, le Sénat servant de conseil consultatif dans leur prise de décision. Le *proconsul* était généralement un ex-consul qui agissait au nom du *consul* en exercice et était un gouverneur de province. Il gouvernait la province romaine qui lui était attribuée pour la durée de son mandat, pendant lequel il jouissait d'une autonomie quasi-totale et de l'*imperium* sur ses légions. Les temps de trajet entre une province comme l'Hispanie (l'Espagne actuelle) et Rome étant très longs, on n'attendait pas d'un *proconsul* qu'il envoie un messager à Rome pour demander l'autorisation de prendre des décisions militaires. Cela n'était ni réaliste ni faisable, et les proconsuls agissaient donc en tant qu'autorité suprême dans leur province. Voyez Jules César lorsqu'il était *proconsul*: il conquit la [Gaule](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-354/gaule/) au cours d'une campagne militaire réussie qui dura huit ans et au cours de laquelle il eut le contrôle et la responsabilité totale de ses légions.

[ ![Julius Caesar](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/2737.jpg?v=1773346218) Jules César Georges Jansoone (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/2737/julius-caesar/ "Julius Caesar")Une particularité de l'*imperium* était le lieu où il pouvait être détenu. De manière assez surprenante, le seul endroit où il ne pouvait pas être détenu était à l'intérieur de la ville de Rome. Les frontières officielles de Rome (appelées *pomerium*) étaient sacro-saintes et par conséquent, tous les commandants d'armée, quels qu'aient été leurs succès et leur *auctoritas*, devaient déposer leur *imperium* juste à l'extérieur des frontières de la ville avant d'y entrer. Cela posait problème à certains commandants corrompus qui, craignant des représailles et des conséquences juridiques pour leurs actions peu scrupuleuses en tant que *proconsul*, étaient vraiment vulnérables en entrant dans Rome, car ils ne contrôlaient plus une armée massive. Franchir les frontières officielles de Rome avec son *imperium* et ses légions était illégal, une provocation dangereuse et parfois une déclaration de [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/).

L'*imperium* à l'époque d'Auguste et du Principat (Empire plutôt que République) ne change que légèrement dans son concept, mais beaucoup dans sa pratique. Dans le concept, le titre et le prestige d'un *consul* ou d'un *proconsul* demeuraient, mais dans la pratique, leur autorité militaire totale n'existait plus ; ils étaient subordonnés à l'[empereur romain](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-1032/empereur-romain/) à tous égards. L'un des pouvoirs qu'Auguste avait en tant qu'empereur était*"maius imperium proconsular*... un pouvoir proconsulaire supérieur à tous les autres proconsuls" (Goldsworthy, *Augustus*, 497). Autre changement pendant le Principat : Auguste se vit accorder le droit de détenir cet *imperium* proconsulaire suprême même à l'intérieur des sacro-saintes frontières formelles de Rome. Cela conférait à Auguste le commandement militaire de toutes les provinces de l'empire, quel qu'ait été le lieu où il résidait à ce moment-là.

### Potestas

Alors que l'*auctoritas* était liée à de nombreux aspects différents et que l'*imperium* était une autorité redoutable et parfois dangereuse, la *potestas* était l'autorité légale d'une fonction politique. Parmi les différents types d'autorité dans la Rome antique, c'était peut-être la plus simple, car elle était définie dans la loi. Pour restreindre notre champ d'investigation, nous examinerons la *potestas* de trois des plus importantes fonctions politiques romaines : *consul*, *[préteur](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12329/preteur/)* et [tribun](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-15521/tribun/).

En tant que fonction politique la plus élevée, le *consul* disposait d'un vaste *pouvoir*: il pouvait proposer des lois, présider le Sénat et commander militairement les légions. Deux *consuls* étaient élus chaque année par l'Assemblée populaire *(Comitia* *Cenuriata*). Chaque *consul* devait être âgé d'au moins 42 ans, son mandat était d'un an et il ne pouvait pas être consécutif. Le simple fait d'accéder au poste de consul lui conférait un statut et une réputation élevés (auctoritas) en accédant à la magistrature la plus prestigieuse et la plus recherchée, un pouvoir juridique *(potestas*) de grande portée et une autorité militaire *(imperium*) sur la majorité des légions romaines dans les régions qui avaient un besoin urgent d'intervention militaire.

Sous la République, le *praetor urbanus* était le deuxième personnage juste derrière les *consuls*. Ils étaient élus juste après les *consuls* par la même Assemblée populaire. Les préteurs étaient généralement chargés de présider un tribunal. Les procès se déroulaient sur des plates-formes surélevées dans le Forum pour que le public puisse y assister. Le pouvoir légal des préteurs était second par rapport aux consuls, ils recevaient également l'*imperium* sur les légions et menaient des campagnes militaires de moindre importance. En outre, si une situation exigeant une action militaire se présentait alors que les consuls étaient partis faire une autre guerre, le préteu*r* était appelé à se montrer à la hauteur de la situation.

[ ![The Curia](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/491.jpg?v=1775623385) La Curie Chris Ludwig (Copyright) ](https://www.worldhistory.org/image/491/the-curia/ "The Curia")Ensuite, il y avait le tribun de la plèbe ; ce rôle n'était accessible qu'aux [plébéiens](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20632/plebeiens/). Le tribun était sacro-saint. C'était un crime de blesser physiquement le tribun de quelque façon que ce soit. Un tribun pouvait opposer son veto aux actes de tout magistrat et présenter des lois à l'Assemblée populaire. En y regardant de plus près, on constate que la *potestas* du tribun de la plèbe *(tribunicia potestas*) était immense, à tel point qu'en l'an 23 avant Jésus-Christ, lorsqu'Auguste démissionna du poste de consul, il fit son possible pour obtenir la *potestas* de tribun afin de s'assurer que son pouvoir légal resterait suprême et incontesté. En d'autres termes, même l'empereur eut besoin de la *potestas* d'un tribun.

### Conclusion

Souvent, les types d'autorité s'entremêlent, comme l'autorité militaire et l'autorité juridique. Par exemple, dans le cas des principaux magistrats - consuls et préteurs - le commandement des légions *(imperium*) était l'incarnation ultime de leur pouvoir légal *(potestas)*. L'*auctoritas* intangible aidait à grimper dans l'échelle politique et à cimenter des alliances politiques pour atteindre des positions où ils pouvaient obtenir l'*imperium* et la *potestas*. Chaque type d'autorité jouait un rôle clé dans la ville de Rome et dans ses provinces impériales. Les commandants exerçaient leur *imperium* et gagnaient de nouveaux territoires pour un empire en expansion, la *potestas* législative et administrative des différents magistrats du [gouvernement romain](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12980/gouvernement-romain/) était nécessaire à la prospérité de Rome, et l'*auctoritas* d'un individu pouvait influencer les décisions importantes et façonner la vie politique.

Ces rôles sont restés largement stables pendant des centaines d'années au cours de la République romaine. De l'*imperium* de [Scipion l'Africain](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-410/scipion-lafricain/) (236 - 183 av. J.-C.) au IIIe siècle av. J.-C., lorsqu'il vainquit [Hannibal](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-406/hannibal/) (247-183 av.J.-C.) lors de la [deuxième guerre punique](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-654/deuxieme-guerre-punique/), aux réformes foncières législatives révolutionnaires des tribuns, [Tibère](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10428/tibere/) (169/164 - 133 av. J.-C.) et Gaius Gracchus (160/153 - 121 av. J.-C.), au IIe siècle avant J.-C., en passant par l'immense réputation de Cicéron, dont l'*auctoritas* lui conférait une autorité et une influence incroyables au Sénat, au Ier siècle av. J.-C. Ces rôles ne seront déséquilibrés que pendant les troubles de la République tardive - une époque de triumvirats, de dictateurs et de guerres civiles. Le rôle de l'autorité militaire évoluera également dans la Rome impériale, à partir d'Auguste en 27 av. J.-C., au cours de laquelle l'*imperium* n'appartiendra plus vraiment aux consuls, préteurs et commandants proconsulaires mais uniquement à l'empereur *(princeps*). Au fil des siècles, les différents types d'autorité furent le moteur qui alimenta la structure sociale et politique de la Rome antique.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Pater patriae | ancient Roman title](https://www.britannica.com/topic/pater-patriae "Pater patriae | ancient Roman title"), accessed 5 Nov 2019.
- [Goldsworthy, A. *Augustus.* Yale University Press, 2015.](https://www.worldhistory.org/books/0300216661/)
- [Goldsworthy, A. *Caesar.* Yale University Press, 2008.](https://www.worldhistory.org/books/0300126891/)
- [P. Vergilius Maro. *Aeneid.* Hackett Publishing Company, Inc., 2005.](https://www.worldhistory.org/books/0872207315/)

## Auteur

I'm a World History teacher in Houston. I'm passionate about Ancient Rome, particularly Augustus' Principate and the Late Republic. My other passions include chess, cycling, art, and the Italian language.

## Citer cette ressource

### APA
Sifuentes, J. (2022, September 09). Autorité en Rome Antique: Auctoritas, Potestas, Imperium et Paterfamilias. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1472/autorite-en-rome-antique-auctoritas-potestas-imper/>
### Chicago
Sifuentes, Jesse. "Autorité en Rome Antique: Auctoritas, Potestas, Imperium et Paterfamilias." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, September 09, 2022. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1472/autorite-en-rome-antique-auctoritas-potestas-imper/>.
### MLA
Sifuentes, Jesse. "Autorité en Rome Antique: Auctoritas, Potestas, Imperium et Paterfamilias." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 09 Sep 2022, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1472/autorite-en-rome-antique-auctoritas-potestas-imper/>.

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Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 09 September 2022. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

