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title: Grand Jeu: La rivalité impériale entre la Grande-Bretagne et la Russie
author: Mark Cartwright
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26472/grand-jeu/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2026-06-22
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# Grand Jeu: La rivalité impériale entre la Grande-Bretagne et la Russie

_Rédigé par [Mark Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/markzcartwright/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Le [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)"Grand Jeu" désigne la rivalité entre les empires britannique et russe tout au long du XIXe siècle. Ce "jeu" portait principalement sur le contrôle de certaines régions d’Asie centrale et la défense de l’Inde britannique. Cette rivalité, bien que parfois surestimée et exagérée, s’est traduite par des manœuvres diplomatiques internationales, des mouvements de troupes et des invasions, des activités d’espionnage, ainsi qu’un épisode de [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) ouverte. Ce "Grand Jeu" a également eu des conséquences indirectes dans d’autres régions du monde, notamment lors de la ruée vers l’Afrique. Il a pris fin de fait après la défaite humiliante de la Russie face au Japon en 1905 et l’émergence d’une menace bien plus réelle et bien plus dangereuse encore: les ambitions de l’Allemagne impériale en [Europe](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-35/europe/).

### Origine du terme

Le terme "Grand Jeu" fut employé pour la première fois au XIXe siècle par Arthur Connolly, officier et explorateur britannique, mais s’est généralisé après son apparition dans le roman *Kim*, publié en 1901 par Rudyard Kipling (1865-1936). Ce terme désigne les relations entre les empires britannique et russe, ainsi que les efforts déployés par chacun d'eux pour nuire à l'autre et à leurs alliances respectives.

Ce "Grand Jeu" s’est déroulé tout au long du XIXe siècle, débutant dans les années 1820 et prenant fin avant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il a été décrit par des historiens tels que L. James comme une forme de guerre froide, car, à l’instar de la guerre froide plus moderne entre les États-Unis et l’URSS, il n’impliquait aucun conflit direct, mais consistait plutôt en une série de manœuvres comprenant des guerres par procuration, de l’espionnage, des stratégies diplomatiques et un peu de bluff. La guerre de Crimée (1853-1856) fait exception à cette règle: les deux camps s’y sont affrontés directement pour établir leur suprématie navale, en particulier en mer Noire.

L’Empire russe comptait alors environ 160 millions d’habitants et était dirigé par un [tsar](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19765/tsar/) autoritaire. La Grande-Bretagne, en revanche, était une démocratie parlementaire bien établie. L’Empire britannique comptait quelque 400 millions d’habitants répartis dans plus de 50 pays. Bien que la domination britannique dans ses colonies fût loin d’être aussi démocratique que dans la métropole, les dirigeants et diplomates britanniques se considéraient comme supérieurs à leurs homologues russes, car la Russie était dirigée par un autocrate non élu et accusait un retard considérable en matière de révolution industrielle.

[ ![Map of the British Conquest in India c. 1857](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/16460.png?v=1767880933-1756299708) Carte de la conquête britannique en Inde vers 1857 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND) ](https://www.worldhistory.org/image/16460/map-of-the-british-conquest-in-india-c-1857/ "Map of the British Conquest in India c. 1857")### Ambitions en Asie du Sud

La Grande-Bretagne et la Russie tenaient particulièrement à contrôler certaines parties de l’Asie. La Grande-Bretagne craignait avant tout que la Russie n’attaque l’Inde britannique – le bien le plus précieux de l’empire – via la Frontière du Nord-Ouest, c’est-à-dire la frontière entre ce qui est aujourd’hui le Pakistan et l’Afghanistan. Au XIXe siècle, cette région, avec son relief accidenté et ses cols de montagne d’importance stratégique comme le passe de Khyber (passe de Khaybar), était largement considérée comme la porte d’entrée du sous-continent pour toute armée envahissant depuis l’Asie centrale, tout comme elle l’avait été pour [Alexandre le Grand](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-265/alexandre-le-grand/) au IVe siècle avant J.-C.

La Perse (l’Iran actuel) et l’Afghanistan faisaient office de zone tampon entre les empires britannique et russe, mais chaque puissance cherchait à gagner en influence dans cette zone aux dépens de son rival. Cette influence provenait en grande partie du soutien apporté à tel ou tel dirigeant contre des factions politiques rivales. Les Britanniques soupçonnaient les Russes de vouloir envahir et contrôler l’Afghanistan, tandis que les Russes pensaient que les Britanniques poursuivaient le même objectif. Si la Russie contrôlait l’Afghanistan, elle pourrait utiliser cet État comme tremplin pour envahir l’Inde. De même, la Grande-Bretagne pourrait se servir de l’Afghanistan comme base pour frapper les États d’Asie centrale contrôlés par la Russie. Les Britanniques adoptèrent assurément une politique plus agressive envers l’Afghanistan, convaincus que s’ils n’y parvenaient pas les premiers, les Russes le feraient.

Le "Grand Jeu" voyait souvent ses acteurs se livrer à des activités d’espionnage, de diffusion de rumeurs, de propagande, de stratégie dite du bord de l'abîme et de paranoïa pure et simple, mais il ne s’agissait pas toujours de menaces imaginaires. En 1837, la Perse, avec le soutien de la Russie, avait assiégé la ville de Herat, dans le nord de l’Afghanistan. Les Britanniques tentèrent alors, sans succès, de prendre le contrôle de l’Afghanistan lors de la première guerre anglo-afghane (1838-1842). Dans le même temps, la Russie défiait la Grande-Bretagne à l’Est, établissant des concessions commerciales en Chine, et, en annexant les parties chinoises des fleuves Amour en 1858 et Oussouri en 1860, elle parvint à établir une base navale à Vladivostok. La Russie procéda ensuite à de nouvelles annexions territoriales dans les anciens khanats mongols d’Asie centrale, s’emparant de Khiva en 1864, de Tachkent en 1865 et de Samarcande en 1868.

[ ![The Last Stand of the Retreat from Kabul](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/16879.png?v=1673454907-1673454935) Affrontement final de la retraite de Kaboul William Barnes Wollen (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/16879/the-last-stand-of-the-retreat-from-kabul/ "The Last Stand of the Retreat from Kabul")Les Britanniques, par l’intermédiaire de la [Compagnie britannique des Indes orientales](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20958/compagnie-britannique-des-indes-orientales/) (une société commerciale privée, soutenue par l’État et disposant de sa propre armée), ne restèrent pas inactifs non plus, consolidant leur contrôle sur le sous-continent indien, en particulier dans le nord-ouest. Le Sind fut conquis en 1843, le Jammu-et-Cachemire en 1846, le Pendjab dès 1849, à la suite de leur victoire lors de la [seconde guerre anglo-sikhe](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21394/seconde-guerre-anglo-sikhe/), et le Baloutchistan en 1876. Les Britanniques tentèrent une nouvelle fois de contrôler la zone tampon afghane lors de la seconde guerre anglo-afghane (1878-1880), une tentative infructueuse menée en partie en réponse aux manœuvres diplomatiques de la Russie visant à exercer une influence plus directe à la cour de l’émir afghan Sher Ali Khan.

Alors que ces événements en Asie suivaient leur cours, le Grand Jeu connaissait des rebondissements dans d’autres parties du monde. Lors de la guerre de Crimée, la Grande-Bretagne, la France et l’Empire ottoman infligèrent une défaite décisive à la Russie, qui cherchait à s’emparer de portions de l’Empire ottoman en décomposition. Le statu quo dans la région de la mer Noire fut préservé. Une autre guerre importante fut la [révolte des cipayes](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21108/revolte-des-cipayes/) de 1857-1858, une rébellion interne contre la domination britannique en Inde. Les diplomates britanniques craignaient désormais que toute guerre anglo-russe ne soit exploitée par les séparatistes en Inde qui voulaient se libérer de la domination britannique. Une autre rébellion de l’ampleur de la révolte des [cipayes](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21089/cipayes/) serait un désastre pour les Britanniques.

En 1884, la Grande-Bretagne et la Russie nouèrent des liens familiaux étroits lorsqu’une petite-fille de la [reine Victoria](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21483/reine-victoria/) (r. de 1837 à 1901), Alexandra Feodorovna (1872-1918), épousa le [tsar Nicolas II](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24512/tsar-nicolas-ii/) (r. de 1894 à 1917). Le Grand Jeu ne fut guère affecté par cette évolution, puisque des troupes russes furent mobilisées à la frontière avec l’Afghanistan en 1885 lors de ce qu’on a appelé l’incident du Pandjeh. La construction de nouvelles lignes ferroviaires russes en Asie centrale, telles que le chemin de fer transcaspien (qui traverse ce qui est aujourd’hui le Turkménistan et l’Ouzbékistan jusqu’à la frontière avec l’Afghanistan), signifiait qu’une telle force pouvait désormais être facilement ravitaillée et renforcée, si nécessaire. La Russie pouvait théoriquement mobiliser environ 300 000 soldats à la frontière en moins de trois mois. L'armée anglo-indienne britannique stationnée à la frontière était nettement plus petite, avec environ 95 000 hommes. À la fin du XIXe siècle, renforcer cette armée n'était pas une mince affaire pour les Britanniques, car ils avaient d'importants engagements militaires ailleurs dans l'[empire](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-99/empire/), notamment la [guerre des Boers](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26354/guerre-des-boers/) en Afrique australe (1899-1902).

[ ![Building the Transcaspian Railway](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21879.jpg?v=1781597417-1781597600) Construction du chemin de fer transcaspien Unknown Artist (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21879/building-the-transcaspian-railway/ "Building the Transcaspian Railway")Malgré les ambitions de la Grande-Bretagne et de la Russie dans la région, l’Afghanistan restait farouchement indépendant et semblait invincible. Comme ni les Russes ni les Britanniques ne pouvaient contrôler une région aussi hostile, les Britanniques se contentèrent d’une politique d’endiguement, connue sous le nom de "*masterly inactivity*" (stratégie d'attentisme).

Une politique bien plus agressive fut adoptée par les Britanniques à l’égard du Tibet, alors un État presque totalement inaccessible dirigé par le Dalaï-Lama et des moines bouddhistes mais, du moins sur le papier, sous la suzeraineté de la Chine. Les Britanniques s’étaient mis en tête que la Russie avait l’intention d’envahir le Tibet et, de là, de semer davantage le trouble en Asie centrale. Pour prévenir un tel événement, une force britannique menée par le soldat-explorateur Francis Younghusband (1863-1942) envahit le Tibet en 1904. Les Tibétains n’avaient guère les moyens de résister à cette attaque menée par une armée moderne et la plupart des brefs affrontements militaires se transformèrent en massacres. Lorsque Younghusband arriva enfin à Lhassa, la capitale tibétaine, un lieu presque mythique tant il était difficile d’accès pour les étrangers, il n’y trouva aucun Russe ni aucune preuve qu’il y en eût jamais eu. Les Britanniques se retirèrent du Tibet après avoir reçu l’assurance de l’empereur chinois qu’il ne permettrait à aucune puissance rivale d’exercer son emprise sur le Tibet.

### Espions et russophobie

Le gouvernement britannique et les fonctionnaires coloniaux devinrent plutôt paranoïaques quant aux intentions de la Russie, et tout étranger qui voyageait en Asie centrale était considéré avec une grande méfiance. Même des explorateurs de renom comme le Suédois Sven Hedin (1865-1952) ne pouvaient obtenir ni bénédiction officielle ni aide pour leurs expéditions scientifiques. Hedin cherchait peut-être bien les sources de grands fleuves comme le Brahmapoutre et l’Indus, mais qui pouvait affirmer qu’en tant que cartographe chevronné, il ne recueillait pas également des renseignements d’une grande utilité pour un ennemi déterminé à envahir l’Asie du Sud? "La russophobie avait contaminé l’esprit de presque tous les hommes d’État, diplomates et stratèges britanniques du XIXe siècle, et était fortement ressentie dans toutes les classes sociales et toutes les tendances politiques" (James, 180). Le fait qu'une invasion effective de l'Inde par les forces russes fût d'un point de vue logistique si difficile qu'elle avait peu de chances d'aboutir était un aspect dont les Britanniques (ainsi qu'un ou deux généraux russes un peu rêveurs) avaient tendance à faire abstraction.

[ ![Potala Palace, Tibet](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21878.png?v=1781596977-1781597064) Palais du Potala, Tibet Bundesarchiv, Bild 135-KA-07-089 (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/21878/potala-palace-tibet/ "Potala Palace, Tibet")Des espions à la solde des Britanniques (et sans doute aussi des espions à la solde des Russes, mais on en sait beaucoup moins à leur sujet) avaient pour mission de rassembler autant de renseignements que possible sur les intentions de l’ennemi, ses capacités militaires et les mouvements de troupes à travers l’Asie centrale. On recrutait des locaux qui, se faisant passer pour des mendiants, pouvaient traverser les frontières sans se faire remarquer ni être importunés. Des télégraphistes et des employés des bureaux de poste étaient soudoyés pour faire des copies d'échanges entre fonctionnaires russes. Des espions, se faisant passer pour du personnel de maison, furent même placés au sein des consulats russes. Les agents doubles ne manquaient pas non plus; ils s’occupaient et protégeaient leur couverture en envoyant de fausses informations à chaque camp. L’espionnage devint une industrie à part entière, entretenant la méfiance avec des rapports douteux qui n’avaient en réalité pour seul but que d’assurer une rémunération à leur auteur. Néanmoins, le flot de rapports circulant à travers l’Asie alimentait une paranoïa diplomatique qui ne semblait pas prête de disparaître.

### Implication de la France dans le Grand Jeu

Une partie du Grand Jeu consistait à l’étendre à d’autres acteurs, chaque partie principale cherchant à bouleverser les alliances traditionnelles de l’autre. En 1882, la Grande-Bretagne s’empara du canal de Suez en Égypte, point de passage crucial entre l’Europe et l’Inde britannique. Le gouvernement français avait toujours considéré l'Égypte comme sa sphère d'influence particulière et n’était pas du tout satisfait de cette évolution, d’autant plus qu’elle faisait suite à des conflits similaires ailleurs lors de la ruée vers l’Afrique, lorsque les empires européens s’emparèrent de tout ce qu’ils pouvaient sur le continent. Les Français saisirent l'occasion présentée par la mobilisation des troupes russes à la frontière afghane en 1885. Le gouvernement français "profita des difficultés rencontrées par la Grande-Bretagne en Asie centrale pour obtenir des concessions en Afrique et dans le Pacifique" (James, 382).

La Russie chercha à exploiter cette discorde franco-britannique persistante et forma une alliance avec la France. Une décennie plus tard, en 1892, un groupe de navires russes entra en Méditerranée par le Bosphore et jeta l’ancre dans la base navale française de Toulon. La Royal Navy britannique fut consternée par la perspective d’une alliance navale entre son principal rival européen, la France, et la Russie, car cela signifierait qu’elle ne pourrait plus contrôler la Méditerranée.

[ ![Map of the Russian Empire on the Eve of World War I, 1914](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/20616.png?v=1772650488-1772650717) Carte de l'Empire russe à la veille de la Première Guerre mondiale, 1914 : un géant eurasien au bord du gouffre Simeon Netchev (CC BY-NC-ND) ](https://www.worldhistory.org/image/20616/map-of-the-russian-empire-on-the-eve-of-world-war/ "Map of the Russian Empire on the Eve of World War I, 1914")Les relations franco-anglo-russes se compliquèrent davantage encore avec la guerre russo-japonaise (1904-1905). La France était désormais l’alliée de la Russie, mais la Grande-Bretagne avait signé une alliance avec le Japon en 1902. Le Japon remporta la guerre sans aucune aide directe, en grande partie grâce à sa marine plus efficace; celle de la Russie, bien que troisième au monde en taille, s’avéra être obsolète. Le Japon s’empara de la Mandchourie et l’empire russe fut empêché de s’étendre en Chine. La défaite de la Russie fut l'un des facteurs qui contribuèrent à la [révolution russe de 1905](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24510/revolution-russe-de-1905/), au cours de laquelle le tsar Nicolas ne parvint qu'à grand-peine à se maintenir au pouvoir. Du point de vue britannique, la guerre avec le Japon fut significative car elle révéla ce que les espions avaient choisi de taire: la Russie était militairement incapable d’envahir l’Inde. Le Grand Jeu n’avait été que cela, un simple jeu pour des impérialistes à l’imagination débordante. Mais se livrer à ce jeu pour le plaisir eut un coût élevé, dont les frais furent supportés par des gens ordinaires dont la vie, les moyens de subsistance, parfois même le pays furent détruits.

### Fin de partie

Il est significatif que les relations anglo-françaises se soient améliorées à la suite des [crises marocaines](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25231/crises-marocaines/) de 1905 et 1911, lorsque l’Allemagne impériale tenta de s’imposer de force au Maroc français. Le soutien britannique à la France conduisit l’Allemagne à faire marche arrière. Le Grand Jeu prit effectivement fin en 1907 avec la signature de la Convention anglo-russe, qui apaisa enfin les tensions latentes liées aux revendications rivales sur l’Afghanistan, le Tibet et la Perse. La Russie accepta de ne pas s’ingérer en Inde britannique et les deux parties s’accordèrent sur leurs sphères d’influence en Perse. Cette nouvelle position reflétait à la fois la faiblesse de la Russie après sa désastreuse défaite face au Japon et le fait que la Grande-Bretagne et la France avaient finalement décidé que c'était l’Allemagne qui constituait la plus grande menace pour la paix mondiale. La méfiance mutuelle subsistait, mais, toujours en 1907, la Grande-Bretagne, la France et la Russie s’unirent au sein du bloc de l’Entente tripartite. Ce sont les puissances de l’Entente qui remportèrent la victoire contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie lors de la Première Guerre mondiale.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Corey, Melinda & Ochoa, George. *The Encyclopedia of the Victorian World.* Henry Holt & Co, 1996.](https://www.worldhistory.org/books/0805026223/)
- [Dalziel, Nigel & Mackenzie, John. *The Penguin Historical Atlas of the British Empire.* Penguin Books, 2006.](https://www.worldhistory.org/books/0141018445/)
- [Holmes, Richard. *Sahib.* HarperCollins UK, 2006.](https://www.worldhistory.org/books/0007137532/)
- [James, Lawrence. *Raj.* St. Martin's Griffin, 2000.](https://www.worldhistory.org/books/0312263821/)
- [James, Lawrence. *The Rise and Fall of the British Empire.* St. Martin's Griffin, 1997.](https://www.worldhistory.org/books/031216985X/)
- [Macrory, Richard. *The First Afghan War 1839–42.* Osprey Publishing, 2016.](https://www.worldhistory.org/books/1472813979/)

## Auteur

Mark est directeur de publication pour WHE et est titulaire d'une maîtrise en philosophie politique (Université de York). Il est chercheur, écrivain, historien et éditeur. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées communes à toutes les civilisations.

## Chronologie

- **c. 1820 CE - 1907 CE**: [The Great Game](https://www.worldhistory.org/The_Great_Game/) imperial rivalry between the British and Russian empires.
- **1838 CE - 1842 CE**: The [First Anglo-Afghan War](https://www.worldhistory.org/First_Anglo-Afghan_War/) between the Emirate of Afghanistan and the British [East India Company](https://www.worldhistory.org/East_India_Company/).
- **1845 CE - 1846 CE**: The [First Anglo-Sikh War](https://www.worldhistory.org/First_Anglo-Sikh_War/).
- **1848 CE - 1849 CE**: The [Second Anglo-Sikh War](https://www.worldhistory.org/Second_Anglo-Sikh_War/).
- **1853 CE - 1856 CE**: The Crimean [War](https://www.worldhistory.org/disambiguation/War/) between Russia and the [Ottoman Empire](https://www.worldhistory.org/Ottoman_Empire/) and its allies.
- **1864 CE**: Khiva becomes part of the Russian [Empire](https://www.worldhistory.org/empire/).
- **1865 CE**: Tashkent becomes part of the Russian [Empire](https://www.worldhistory.org/empire/).
- **1868 CE**: Samarkand becomes part of the Russian [Empire](https://www.worldhistory.org/empire/).
- **1901 CE**: The expression '[the Great Game](https://www.worldhistory.org/The_Great_Game/)' becomes more widely known following mention in Rudyard Kipling's novel Kim.
- **1901 CE**: The phrase '[the Great Game](https://www.worldhistory.org/The_Great_Game/)' is popularised after appearing in Rudyard Kipling's novel Kim.
- **1907 CE**: The Anglo-Russian Convention is signed which settles Anglo-Russo claims to Afghanistan, Tibet, and [Persia](https://www.worldhistory.org/Persia/).

## Citer cette ressource

### APA
Cartwright, M. (2026, June 22). Grand Jeu: La rivalité impériale entre la Grande-Bretagne et la Russie. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26472/grand-jeu/>
### Chicago
Cartwright, Mark. "Grand Jeu: La rivalité impériale entre la Grande-Bretagne et la Russie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, June 22, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26472/grand-jeu/>.
### MLA
Cartwright, Mark. "Grand Jeu: La rivalité impériale entre la Grande-Bretagne et la Russie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 22 Jun 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26472/grand-jeu/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 22 June 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

