---
title: Andrew Johnson: Le premier président américain à avoir encouru une procédure de destitution
author: Harrison W. Mark
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26463/andrew-johnson/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)
updated: 2026-08-19
---

# Andrew Johnson: Le premier président américain à avoir encouru une procédure de destitution

_Rédigé par [Harrison W. Mark](https://www.worldhistory.org/user/harrisonwmark/)_
traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Andrew Johnson [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)(1808-1875) fut le 17e président des États-Unis ; il fut propulsé à la tête du pays en 1865 à la suite de l’assassinat d’Abraham Lincoln. Démocrate sudiste au caractère bourru, Johnson prônait une fin rapide de la Reconstruction (vers 1863-1877), ce qui le mit en conflit avec les républicains radicaux qui contrôlaient le Congrès. Son opposition à la "Reconstruction radicale" conduisit à une procédure de destitution en 1868, à laquelle il survécut d’une seule voix. Après avoir quitté la présidence en disgrâce le 4 [mars](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10341/mars/) 1869, il prévoyait un retour à la scène politique nationale, mais il décéda le 31 juillet 1875, peu après avoir été élu au Sénat américain. Il est souvent considéré comme l'un des pires présidents américains, dépassé par les enjeux cruciaux de la Reconstruction.

### Jeunesse

Johnson était né dans la pauvreté. En effet, comme le rappellerait plus tard une de ses connaissances, la vie de Johnson fut "une lutte intense, incessante et désespérée pour s’en sortir" (cité dans Foner, 176). Il vit le jour dans une cabane de deux pièces à Raleigh, en Caroline du Nord, le 29 décembre 1808. Son père, [Jacob](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20063/jacob/) Johnson, mourut alors qu’Andrew n’avait que trois ans: portier d’hôtel pauvre et analphabète, Jacob était mort d’une crise cardiaque après avoir sauvé de la noyade deux riches clients de l’hôtel. La mère d’Andrew, Mary "Polly" McDonough, se retrouva alors seule à subvenir aux besoins de la famille; elle travailla sans relâche comme blanchisseuse pour nourrir Andrew et son frère aîné William (une troisième enfant de la famille Johnson, Elizabeth, était déjà décédée en bas âge).

Peut-être pour alléger son fardeau financier, Polly décida de placer ses deux fils en apprentissage chez James Selby, un tailleur local. À seulement 14 ans, Andrew était contractuellement tenu de travailler dans l’atelier de Selby jusqu’à son 21e anniversaire. Pendant cette période, il apprit le métier et devint très compétent. Souvent, pendant qu’il travaillait, des voisins venaient à l’atelier pour lui faire la lecture, à lui et aux autres apprentis; cela éveilla en lui un amour de la lecture et de l’apprentissage qui allait durer toute sa vie et qui allait grandement servir Johnson dans son parcours politique. En 1826, à l’âge de 17 ans, Johnson se lassa de la vie dans l’atelier de Selby. William et lui rompirent leur contrat d’apprentissage et s’enfuirent à New [Carthage](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-205/carthage/), en Caroline du Nord, où ils commencèrent à travailler comme tailleurs. Selby lança des mandats d’arrêt à leur encontre, invoquant la rupture de leur contrat d’apprentissage, ce qui força Johnson à retourner auprès de sa mère. Toute la famille déménagea bientôt vers l’Ouest et s’installa à Greeneville, dans le Tennessee. Là-bas, Johnson ouvrit son propre atelier de couture en face de chez lui. Il fit la connaissance d’Eliza McCardle, la fille d’un cordonnier âgée de seize ans. Ils commencèrent à se fréquenter presque immédiatement et se marièrent peu après. Eliza aida son jeune mari à poursuivre son éducation en lui donnant des cours particuliers de lecture, d’écriture et d’arithmétique, et en lui faisant la lecture pendant qu’il travaillait.

### Ascension politique

Il ne fallut pas longtemps à Johnson pour se faire accepter au sein de la communauté de Greeneville. Les habitants étaient impressionnés par son style d’expression rustique et populaire, ainsi que par son parcours d’homme qui s’était fait tout seul et avait appris par lui-même. Son atelier devint un lieu de rassemblement pour les discussions politiques, ce qui poussa Eliza à l’encourager à se présenter à des fonctions politiques. En 1829, Johnson, alors âgé de 21 ans, fut élu conseiller municipal et, quelques années plus tard seulement, devint maire de Greeneville. En 1835, il fut élu à la Chambre des représentants du Tennessee et se forgea une carrière dans la politique de l’État pendant les huit années suivantes. Au cours de son mandat à Nashville, la capitale de l’État, Johnson se forgea une réputation de défenseur de l’homme du peuple. Il gagna le soutien des ouvriers, des artisans et des agriculteurs, qui constituaient le noyau dur de sa circonscription. La ligne politique de Johnson s’aligna de plus en plus sur celle des démocrates jacksoniens, et il s’exprima d’ailleurs souvent en faveur de l’administration populiste du président [Andrew Jackson](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20164/andrew-jackson/).

[ ![Andrew Johnson's Tailor Shop](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21998.jpg?v=1785612286-1785998561) L'atelier de couture d'Andrew Johnson T. M. Schleier (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21998/andrew-johnsons-tailor-shop/ "Andrew Johnson's Tailor Shop")En 1843, Johnson fut élu à la Chambre des représentants des États-Unis et partit pour Washington, D.C. Il fut contraint de laisser Eliza derrière lui: elle avait contracté la tuberculose, qui l’avait rendue infirme et incapable de voyager. Elle continua néanmoins à le soutenir à distance et l’aida même à rédiger ses discours. Au Congrès, Johnson se rangea systématiquement du côté du Parti démocrate sur les questions relatives à l’esclavage et aux droits des États. Il était lui-même propriétaire d’esclaves, ayant acheté sa première esclave – une jeune fille de 14 ans nommée Dolly – la même année où il entra au Congrès. À cette époque, il estimait que les esclaves constituaient un bien personnel et que la Constitution américaine interdisait aux gouvernements fédéral ou des États d’abolir l’esclavage pour ce motif.

Il soutenait les politiques expansionnistes des démocrates, fondées sur la "destinée manifeste", notamment la [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) américano-mexicaine (1846-1848), même s'il appréciait peu le président James K. Polk et se disputait souvent avec lui. Johnson soutenait globalement le [compromis de 1850](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24595/compromis-de-1850/), qui permettrait à la Californie d’entrer dans l’Union en tant qu’État libre; cependant, il s’opposait à la disposition visant à interdire l’esclavage à Washington, D.C. Il perdit son siège au Congrès en 1852, lorsque ses adversaires réussirent à redécouper sa circonscription de manière à la faire disparaître. Au début, Johnson fut vraiment abattu et se lamentait de voir sa carrière prendre fin.

[ ![Carte des États-Unis selon le compromis de 1850](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/20534-fr.png?v=1768489333-1768935601) Carte des États-Unis conformément au Compromis de 1850 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND) ](https://www.worldhistory.org/trans/fr/3-20534/carte-des-etats-unis-selon-le-compromis-de-1850/ "Carte des États-Unis selon le compromis de 1850")Il allait toutefois faire un retour fulgurant, puisqu’il fut élu gouverneur du Tennessee l’année suivante. De retour à Nashville, il constata que ce poste ne lui conférait guère plus qu’un rôle de figure de proue, dépourvu de toute autorité réelle. Il mit néanmoins à profit l’influence dont il disposait pour promouvoir la création de bibliothèques publiques et mettre en place le premier système scolaire public du Tennessee. En 1856, il revint au Congrès, cette fois en tant que sénateur américain. Il suivit une nouvelle fois la ligne du Parti démocrate, plaidant en faveur d’une baisse des droits de douane et s’opposant aux mesures antiesclavagistes.

À cette époque, la nation se précipitait à grands pas vers la guerre civile; la question de l’esclavage avait divisé le pays selon des clivages régionaux, opposant les "États libres" du Nord aux "États esclavagistes" du Sud. Bien que Johnson fût lui-même sudiste et propriétaire d’esclaves, il était également un unioniste convaincu et frémissait à l’idée que les États esclavagistes puissent faire sécession et former leur propre pays. En décembre 1859, au lendemain du raid de [John Brown](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24420/john-brown/) sur Harpers Ferry, Johnson prononça un discours au Sénat dans lequel il fustigea les Nordistes et les abolitionnistes pour leur refus de tout compromis sur la question de l’esclavage, imputant la crise imminente à leur intransigeance.

### Carrière pendant la [guerre de Sécession](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21889/guerre-de-secession/)

Les tensions ne cessèrent de s’aggraver jusqu’en novembre 1860, date à laquelle le candidat du nouveau Parti républicain, opposé à l’esclavage, Abraham Lincoln, remporta l’élection présidentielle. Cela déclencha ce qu’on appelle "l’hiver de la sécession" de 1860-1861, au cours duquel sept "États esclavagistes" firent sécession de l’Union et proclamèrent leur indépendance sous le nom d’États confédérés. Johnson s’opposa farouchement à la sécession et fut horrifié de constater que son État d’origine envisageait de rejoindre la Confédération. Au printemps 1861, il retourna au Tennessee pour plaider contre la sécession. Sa position en faveur de l’Union lui valut de multiples menaces de mort, et il devait souvent prononcer ses discours avec un pistolet posé sur son pupitre, au cas où il serait attaqué. Malgré tous ses efforts, le Tennessee vota en faveur de la sécession et rejoignit la Confédération en juin 1861. Contrairement à de nombreux autres hommes politiques du Sud qui restèrent fidèles à leur État même s’ils avaient initialement été unionistes, Johnson refusa d’accepter la décision du Tennessee et resta, par défi, au Sénat américain.

La position unioniste intransigeante de Johnson fit de lui un héros parmi les républicains et les habitants du Nord. Il passa l’hiver 1861 à plaider en faveur d’une intervention militaire pour reprendre son État d’origine; il fut comblé au printemps suivant, lorsque les forces de l’Union occupèrent une grande partie du centre et de l’ouest du Tennessee et s’emparèrent de Nashville. En mars 1862, le président Lincoln nomma Johnson gouverneur militaire du Tennessee, le chargeant de l’administration des parties de l’État occupées par l’Union. Lorsque Johnson accepta, les Confédérés ripostèrent en s’emparant de ses terres, en confisquant ses esclaves et en transformant sa maison en hôpital militaire.

Johnson s’attacha à réprimer l’influence confédérée au Tennessee. Il exigea des fonctionnaires qu’ils prêtent serment d’allégeance à l’Union, fit fermer les journaux pro-confédérés et s’employa à fortifier Nashville. Malgré sa loyauté envers l’Union, Johnson n’était certainement pas un abolitionniste; en effet, il avait convaincu Lincoln d’exempter le Tennessee de la Proclamation d’émancipation de 1863, qui affranchissait les esclaves dans tous les autres États rebelles. Pourtant, il finit par se rendre compte que l’esclavage devait prendre fin si l’on voulait vaincre la Confédération, et il soutint à contrecœur les efforts visant à recruter d’anciens esclaves dans l’armée de l’Union.

À l’approche de l’élection présidentielle américaine cruciale de 1864 – une élection que beaucoup considéraient comme décisive pour l'issue de la guerre –, Johnson fut ajouté en tant que colistier de Lincoln. Johnson étant un Sudiste et un démocrate, on pensait que sa présence apaiserait les inquiétudes des "Copperheads" du Nord, qui pouvaient avoir le sentiment que Lincoln et les républicains devenaient trop radicaux. De plus, on espérait que la présence de Johnson au sein du tandem renforcerait le message d’unité nationale que l’administration Lincoln s’efforçait de promouvoir.

Cette coalition Lincoln-Johnson, connue sous le nom de Parti de l’Union nationale, réussit à remporter les élections de novembre 1864, battant le candidat démocrate, George B. McClellan. Leur victoire scella pratiquement le sort de la Confédération, qui comptait sur une présidence de McClellan comme seul moyen d’éviter une capitulation sans condition. Johnson prêta serment en tant que vice-président le 4 mars 1865. La veille au soir, il s’était saoulé à l’extrême lors d’une fête organisée en son honneur. Encore en proie à une terrible gueule de bois, il prononça un long discours décousu et incohérent qui choqua et embarrassa ses alliés.

### Présidence

Johnson fut propulsé de manière inattendue à la présidence le 15 avril 1865, le matin même où Lincoln succomba à une blessure par balle infligée par [John Wilkes Booth](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25360/john-wilkes-booth/), un comédien et sympathisant confédéré. Johnson – qui avait lui aussi été pris pour cible par le complot de Booth, mais était sorti indemne – se trouvait au chevet de Lincoln lorsque celui-ci rendit son dernier souffle à 7 h 22, et prêta serment en tant que président quelques [heures](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21729/heures/) plus tard. Les membres du gouvernement, dont beaucoup l'avaient vu pour la dernière fois complètement ivre lors de la cérémonie d'investiture, furent surpris par son attitude, qualifiée de solennelle et digne. Johnson tint sa première réunion de cabinet le jour même et choisit de conserver le cabinet de Lincoln. Les jours suivants furent un véritable tourbillon. Johnson présida les cérémonies funéraires de Lincoln à Washington, D.C., et apprit que la dernière grande armée confédérée s’était rendue. La guerre de Sécession était désormais terminée, mais la tâche de la reconstruction de la nation restait à accomplir. Tous les regards se tournèrent vers Johnson, dans l'attente de directives.

[ ![Assassination of President Lincoln](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21206.jpg?v=1782195187-1761540000) Assassinat du Président Lincoln Currier & Ives (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21206/assassination-of-president-lincoln/ "Assassination of President Lincoln")Au départ, de nombreux républicains se montraient optimistes quant à la présidence de Johnson. Ils pensaient qu’il poursuivrait non seulement l’œuvre entamée par Lincoln, mais qu’il accorderait également le droit de vote aux anciens esclaves (affranchis par le treizième amendement) et punirait le Sud; après tout, cet homme avait un jour déclaré que la trahison "devait être rendue odieuse, et que les traîtres devaient être punis et réduits à la misère" (cité dans White, 35). Pourtant, il apparut très vite que les opinions de Johnson sur la Reconstruction étaient bien différentes de celles des républicains radicaux.

Johnson partageait la conviction de son prédécesseur selon laquelle la sécession était inconstitutionnelle et que les États du Sud n’avaient en réalité jamais quitté l’Union. À ce titre, il estimait que le processus de Reconstruction devait être aussi rapide et indolore que possible. Il proposa aux anciens États confédérés des voies de réintégration dans l’Union clémentes, qui ne les obligeaient pas à accorder le droit de vote ni les droits civils aux affranchis. Johnson estimait que la question du droit de vote devait être laissée à l’appréciation des États; de plus, il ne pensait pas que les États du Nord, dont beaucoup n’accordaient pas encore le droit de vote aux affranchis eux-mêmes, avaient le droit d’imposer cette mesure au Sud. Il proposa également l’amnistie à tout ancien confédéré dont les biens s’élevaient à moins de 20 000 dollars. Cela reflétait la conviction de Johnson selon laquelle les Blancs pauvres du Sud avaient été induits en erreur par l’aristocratie esclavagiste pour se rebeller contre le gouvernement fédéral.

Le programme de reconstruction indulgent de Johnson – une période connue par la suite sous le nom de "reconstruction présidentielle" – provoqua la colère des Républicains qui estimaient que le Sud devait être puni et que les anciens esclaves avaient besoin de la protection et de l'aide du gouvernement fédéral pour réussir véritablement leur transition vers la liberté. Pourtant, pendant des mois, ils ne purent rien faire, car le Congrès ne devait se réunir à nouveau qu'en décembre. Pendant ce temps, les anciens États confédérés profitèrent de la clémence de Johnson pour réaffirmer leur pouvoir.

Ils élurent d’anciens confédérés au Congrès et cherchèrent à restreindre les droits civils des affranchis par le biais des "[Black Codes](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26462/black-codes/)". Adoptés par la quasi-totalité des anciens États confédérés entre 1865 et 1866, les "Black Codes" réactivèrent d’anciennes lois sur le vagabondage afin de restreindre la liberté de mouvement des Afro-Américains et les contraignaient à s’engager comme ouvriers agricoles sous contrat, sous peine d’emprisonnement. De nombreux républicains furent scandalisés par les "Black Codes", qu’ils considéraient comme une forme d’esclavage sous un nouveau nom; pourtant, dans le cadre du plan de Reconstruction de Johnson, rien ne pouvait être fait. Des groupes terroristes suprémacistes blancs, tels que le Ku Klux Klan, commencèrent également à émerger durant cette période, semant la terreur parmi les électeurs et les communautés noires.

[ ![The Union as It Was](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21892.jpg?v=1783079348-1782111085) L'Union telle qu'elle était Thomas Nast (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21892/the-union-as-it-was/ "The Union as It Was")Lorsque le Congrès se réunit à nouveau, les républicains savaient qu’ils devaient agir rapidement, de peur de perdre l’avantage qu’ils avaient acquis en remportant la guerre de Sécession. Ils refusèrent d’accorder un siège aux députés du Sud nouvellement élus et mirent en place une commission mixte chargée de superviser leur propre plan de Reconstruction. Johnson fut outré, y voyant une usurpation de son autorité présidentielle. Il tenta de contrecarrer cette nouvelle phase de la Reconstruction – la "Reconstruction radicale" – en opposant son veto à deux mesures du Congrès visant à protéger les libertés des Noirs. Cependant, ses vetos ne firent qu’aggraver le clivage partisan, dressant contre lui tant les républicains modérés que les républicains radicaux.

Le Congrès passa outre ces deux vetos, et les textes – la loi sur les droits civiques de 1866 et une prolongation du projet de loi sur le Bureau des affranchis – entrèrent en vigueur. Le Congrès adopta également le [quatorzième amendement](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26465/quatorzieme-amendement/) à la Constitution des États-Unis, garantissant la citoyenneté à toute personne née sur le sol américain et lui accordant une protection égale devant la loi. Johnson s’opposa à cet amendement, mais en vain; celui-ci fut ratifié par le nombre requis d’États, y compris son État d’origine, le Tennessee.

En réponse à ce défi lancé par le Congrès, Johnson passa à l’offensive. Il entreprit une tournée de 18 jours dans le Midwest à l’approche des élections de mi-mandat de 1866, défendant ses actions et fustigeant ses adversaires républicains radicaux. Cette tournée, que Johnson, connu pour son style simple et populaire, appella "Swing Around the Circle", se retourna contre lui de manière spectaculaire; Johnson prononça des discours narcissiques et grandiloquents, se comparant parfois à Jésus, et se lança souvent dans des disputes indignes avec des perturbateurs. Au final, les républicains remportèrent les élections de mi-mandat avec une victoire écrasante et conservèrent le contrôle du Congrès.

En janvier 1867, le chef de file des républicains radicaux, Thaddeus Stevens, présenta un projet de loi visant à instaurer la loi martiale dans le Sud, à dissoudre les gouvernements des États et à les redécouper en cinq districts militaires. Cela aboutit aux lois de reconstruction, que le Congrès adopta le 2 mars 1867 malgré le veto [tacite](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-539/tacite/) de Johnson. Ironiquement, en tentant d’accélérer la fin de la Reconstruction, Johnson l’avait involontairement prolongée et n’avait fait qu’aggraver le clivage partisan.

### Procédure de destitution et post-présidence

Le jour même où il adopta les lois de reconstruction, le Congrès adopta également la loi sur la durée des mandats (Tenure of Office Act), qui limitait le droit du président de révoquer certains titulaires de fonctions sans l’accord du Congrès; cette loi fut adoptée en réponse directe aux rumeurs selon lesquelles Johnson avait l’intention de limoger certains membres de son cabinet qui soutenaient la reconstruction radicale. Déjà furieux de voir ses pouvoirs s’amenuiser au profit du Congrès, Johnson choisit de mettre les républicains au pied du [mur](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-83/mur/) en limogeant le secrétaire à la Guerre Edwin M. Stanton, un proche allié des républicains radicaux.

Mais loin de mettre les républicains au pied du mur, Johnson était tombé droit dans leur piège, le Congrès entamant immédiatement une procédure de destitution à l’encontre du président. Jamais auparavant un président n’avait fait l’objet d’une procédure de destitution, et de nombreux Américains se demandaient ce que cela signifiait pour l’avenir de la nation. Les républicains se réjouissaient à l’idée que Johnson puisse être destitué et remplacé par quelqu’un de plus favorable à la "Reconstruction radicale", tandis que les partisans de Johnson estimaient que le Congrès tentait d’annuler le pouvoir du président et de s’arroger des pouvoirs dictatoriaux.

[ ![U.S. Senate Ticket to the Impeachment of Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21997.jpg?v=1785609317-1785998259) Ticket du Sénat américain pour la destitution d'Andrew Johnson United States Senate (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21997/us-senate-ticket-to-the-impeachment-of-andrew-john/ "U.S. Senate Ticket to the Impeachment of Andrew Johnson")Le 24 février 1868, la Chambre des représentants des États-Unis destitua Johnson, par 128 voix contre 47, au motif qu’il avait enfreint la loi sur la durée des mandats (Tenure of Office Act). Le 5 mars, le procès en destitution s’ouvrit au Sénat, sous la présidence du juge en chef Salmon P. Chase; si Johnson était reconnu coupable, il serait démis de ses fonctions. L’accusation fit valoir qu’en limogeant Stanton et en nommant son propre candidat à ce poste, Johnson avait abusé de son pouvoir exécutif et bafoué l’autorité du Congrès.

La défense déclara que Johnson n’avait pas enfreint la loi sur la durée des mandats, qui, selon elle, ne s’appliquait qu’aux titulaires de fonctions nommés par l’administration en place; puisque c’était Lincoln qui avait nommé Stanton, Johnson n’avait commis aucune faute. De plus, la défense fit valoir que le président devait être autorisé à tester la constitutionnalité des lois votées par le Congrès sans craindre une procédure de destitution. Finalement, Johnson fut acquitté, l’accusation n’ayant pas obtenu la majorité des deux tiers nécessaire pour obtenir une condamnation, à une voix près. On raconte que le président aurait fondu en larmes en apprenant le verdict.

Mais bien que Johnson eût sauvé le reste de son mandat, son efficacité en tant que dirigeant était compromise. Le Congrès était toujours contrôlé par les républicains radicaux, qui le haïssaient, et la procédure de destitution avait terni sa réputation. Bien qu’il fût resté très populaire parmi les anciens confédérés et les Blancs pauvres du Sud, Johnson échoua dans sa tentative de réélection lors de la Convention nationale démocrate de juillet 1868.

Il passa les derniers mois de sa présidence à lutter contre la Reconstruction radicale et à accorder de nouvelles [grâces](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-14768/graces/) aux anciens rebelles. Le jour de Noël 1868, il accorda sa grâce la plus large à ce jour, qui allait même jusqu’à amnistier l’ancien président confédéré [Jefferson Davis](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23146/jefferson-davis/). Le 3 mars 1869, dernier jour de sa présidence, il organisa une grande réception publique à la Maison Blanche et refusa d’assister à la cérémonie d’investiture de son successeur, Ulysses S. Grant.

[ ![Death of Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21996.jpg?v=1785607887-1785998456) Décès d'Andrew Johnson Currier & Ives (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21996/death-of-andrew-johnson/ "Death of Andrew Johnson")Après avoir quitté Washington en 1869, Johnson retourna à Greeneville, où il fut fêté par ses amis et ses voisins. Ce retour au pays prit toutefois rapidement une tournure tragique, car le fils de Johnson, Robert, se suicida cette même année. Accablé par la mort de Robert et se sentant à l'étroit dans la petite ville de Greeneville, Johnson chercha à revenir sur la scène politique nationale et à rétablir sa réputation. En 1875, il fut élu au Sénat américain et revint dans la capitale fédérale.

À ce moment-là, la Reconstruction touchait à sa fin: les citoyens américains commençaient à se lasser de l’occupation militaire du Sud par les républicains, tandis que la popularité de l’administration du président Grant déclinait en raison de difficultés financières et de scandales de corruption. Le moment semblait propice au retour politique de Johnson. Mais le destin en décida autrement. Le 31 juillet 1875, quelques mois seulement après son retour en politique, Johnson mourut d’un accident vasculaire cérébral à l’âge de 66 ans. On se souvient souvent de lui comme l’un des présidents américains les plus faibles et les moins efficaces, incapable de se montrer à la hauteur du moment critique que fut la Reconstruction.

#### Editorial Review

This human-authored definition has been reviewed by our editorial team before publication to ensure accuracy, reliability and adherence to academic standards in accordance with our [editorial policy](https://www.worldhistory.org/static/editorial-policy/).

## Bibliographie

- [Andrew Johnson | Biography, Presidency, Impeachment, & Facts](https://www.britannica.com/biography/Andrew-Johnson "Andrew Johnson | Biography, Presidency, Impeachment, & Facts"), accessed 24 Jul 2026.
- [Andrew Johnson: Life in Brief | Miller Center](https://millercenter.org/president/johnson/life-in-brief "Andrew Johnson: Life in Brief | Miller Center"), accessed 24 Jul 2026.
- [Foner, Eric. *Reconstruction: America's Unfinished Revolution, 1863-1877.* Harper Perennial Modern Classics, 2014.](https://www.worldhistory.org/books/0062354515/)
- [Meacham, Jon. *The Soul of America.* Random House Trade Paperbacks, 2019.](https://www.worldhistory.org/books/0399589821/)
- [Sinha, Manisha. *The Rise and Fall of the Second American Republic.* Liveright, 2024.](https://www.worldhistory.org/books/1631498444/)
- [White, Richard. *The Republic for Which It Stands: The United States During Reconstruction and the Gilded Age, 1865-1898.* Oxford University Press, 2017.](https://www.worldhistory.org/books/0199735816/)

## Auteur

Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.
- [Facebook Profile](https://www.facebook.com/harrison.mark.5/)
- [Linkedin Profile](https://www.linkedin.com/in/harrison-mark-b56213197/)

## Chronologie

- **1808 CE - 1875 CE**: Life of [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/), the 17th President of the United States.
- **1826 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) works as a tailor in New [Carthage](https://www.worldhistory.org/carthage/), North Carolina.
- **1829 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) is elected alderman in Greeneville, Tennessee.
- **1835 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) is elected to the Tennessee House of Representatives.
- **1843 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) is elected to the US House of Representatives.
- **1852 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) loses his seat in the US Congress.
- **1856 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) is elected to the US Senate.
- **Mar 1862 CE**: President [Abraham](https://www.worldhistory.org/Abraham,_the_Patriarch/) Lincoln appoints [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) military governor of Tennessee.
- **1864 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) is the running mate of [Abraham](https://www.worldhistory.org/Abraham,_the_Patriarch/) Lincoln in the election for US president.
- **15 Apr 1865 CE**: President [Abraham](https://www.worldhistory.org/Abraham,_the_Patriarch/) Lincoln dies after being shot the night before at Ford's Theater by [John Wilkes Booth](https://www.worldhistory.org/John_Wilkes_Booth/). His Vice President, [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/), is sworn in as President of the United States.
- **24 Feb 1868 CE**: The US House of Representatives impeaches President [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/), alleging he had violated the Tenure of Office Act. Johnson is acquitted.
- **1875 CE**: [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) is elected to the US Senate.
- **31 Jul 1875 CE**: Former US President [Andrew Johnson](https://www.worldhistory.org/Andrew_Johnson/) dies of a stroke.

## Liens externes

- [Research Guides: Andrew Johnson: A Resource Guide: Digital Collections](https://guides.loc.gov/andrew-johnson/digital-collections)
- [Andrew Johnson | whitehouse.gov](https://obamawhitehouse.archives.gov/1600/presidents/andrewjohnson)
- [The Papers of Andrew Johnson](https://www.archives.gov/nhprc/projects/catalog/andrew-johnson)
- [Andrew Johnson - Federal Impeachment](https://guides.loc.gov/federal-impeachment/andrew-johnson)

## Citer cette ressource

### APA
Mark, H. W. (2026, August 19). Andrew Johnson: Le premier président américain à avoir encouru une procédure de destitution. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26463/andrew-johnson/>
### Chicago
Mark, Harrison W.. "Andrew Johnson: Le premier président américain à avoir encouru une procédure de destitution." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, August 19, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26463/andrew-johnson/>.
### MLA
Mark, Harrison W.. "Andrew Johnson: Le premier président américain à avoir encouru une procédure de destitution." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 19 Aug 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26463/andrew-johnson/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 19 August 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

