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title: Guerre de Corée: Comment la guerre froide s'est transformée en guerre chaude
author: Reha Mert
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26331/guerre-de-coree/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2026-10-07
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# Guerre de Corée: Comment la guerre froide s'est transformée en guerre chaude

_Rédigé par [Reha Mert](https://www.worldhistory.org/user/rehamert/)_
traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

La [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) de Corée fut un conflit de la Guerre froide qui opposa la Corée du Nord à la Corée du Sud de 1950 à 1953.[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/) Elle opposa les forces des Nations unies (ONU), menées par les États-Unis, au bloc communiste soutenu par l'Union soviétique et la Chine, et elle est considérée comme le premier conflit armé entre les mondes capitaliste et socialiste après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

La période connue sous le nom de Guerre froide fut marquée par une rivalité économique, politique, militaire et technologique incessante entre les États-Unis et l'Union soviétique jusqu'à l'effondrement de cette dernière. Le monde était divisé en deux pôles par les idéologies du capitalisme et du communisme. L'Union soviétique, sortie victorieuse de la guerre contre l'Allemagne nazie, commença à établir autour d'elle des États satellites socialistes, tandis que la puissance représentant le capitalisme était les États-Unis, qui ne souhaitaient certainement pas voir le communisme se propager.

Les deux camps s'affrontèrent en Corée, chacun cherchant à étendre sa sphère d'influence. Tout comme le monde était fondamentalement divisé en deux pendant la Guerre froide, la Corée fut scindée en Corée du Sud et Corée du Nord; alors que le Nord choisit le communisme, les Sud-Coréens, eux, optèrent pour le monde capitaliste et libéral, ce qui conduisit à une guerre civile.

### Le 38e parallèle

Entre 1905 et 1945, la Corée était une colonie japonaise, et les Coréens menèrent une guerre d'indépendance principalement de type guérilla. Cependant, ils étaient incapables de résister à la puissance de feu supérieure du Japon, à ses forces navales et aériennes, ainsi qu'à son industrie de guerre. Lors de la Conférence du Caire de 1943, les dirigeants alliés (les États-Unis, le Royaume-Uni, ainsi que la Chine nationaliste) décidèrent que la Corée deviendrait à terme indépendante, mais qu'après avoir subi une occupation japonaise prolongée, le pays aurait du mal à s'autogouverner pendant des décennies; la Corée fut donc placée sous tutelle internationale.

Lors de la [Conférence de Yalta](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25266/conference-de-yalta/) en février 1945, l'Union soviétique s'engagea à entrer en guerre contre le Japon après la défaite de l'Allemagne nazie. En août, l'URSS pénétra dans la péninsule coréenne via la Mandchourie, acceptant la capitulation des forces japonaises présentes sur place. L'entrée rapide des troupes soviétiques en Corée fit craindre aux États-Unis que l'ensemble de la péninsule coréenne ne tombe sous contrôle soviétique. En conséquence, deux officiers américains, qui ne disposaient d'aucune donnée fiable (ils utilisaient des cartes du National Geographic), tracèrent une "frontière imaginaire", qui est devenue célèbre sous le nom de 38e parallèle, pour marquer la limite de l'avancée soviétique. Le 38e parallèle est ainsi apparu sur la carte comme une frontière de 200 miles (320 km), qui divisa la Corée en deux zones d'occupation militaire distinctes: la Corée du Nord et la Corée du Sud.

### Kim Il Sung et Syngman Rhee

Entre 1945 et 1948, l'administration militaire soviétique gouvernait le nord, tandis que le gouvernement militaire américain en Corée (USAMGIK) était en charge du sud. Kim Il-sung (1912-1994), connu dans sa jeunesse pour ses activités de guérilla contre les forces japonaises et qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avait suivi une formation au sein de l'Armée rouge avant d'y atteindre le grade de commandant, fut choisi pour diriger la Corée du Nord. Le projet initial prévoyait la tenue d'élections conjointes dans tout le pays sous la supervision des Nations unies, mais ce projet fut bloqué par l'opposition soviétique; les élections ne se déroulèrent donc que dans le Sud, en mai 1948. La République de Corée (Corée du Sud) fut fondée en août 1948 sous la direction de Syngman Rhee (1875-1965), tandis qu'au nord, Kim Il-sung fonda la République populaire démocratique de Corée. On se souvient encore aujourd'hui de lui comme du "président éternel de la République" de Corée (*Gonghwagug-ui yeongwonhan juseok*).

[ ![Kim Il-Sung During Korean Elections](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/22003.jpg?v=1790830929-1787060073) Kim Il-Sung lors des élections coréennes Unknown Photographer (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/22003/kim-il-sung-during-korean-elections/ "Kim Il-Sung During Korean Elections")Syngman Rhee et Kim Il-sung cherchaient tous deux à unifier la Corée sous leur propre contrôle, ce qui conduisit à de fréquents et sanglants affrontements frontaliers entre 1948 et 1950. Cependant, alors que les États-Unis refusaient de fournir des armes offensives lourdes à l'armée sud-coréenne, craignant que Rhee n'attaque le Nord, l'Union soviétique équipa et entraîna l'armée nord-coréenne avec des chars T-34, de l'artillerie lourde et des avions de chasse. En 1950, Kim Il-sung se rendit secrètement en Union soviétique, où Joseph Staline (1878-1953) accorda finalement l'autorisation nécessaire à la Corée du Nord pour envahir le reste de la péninsule. Staline n'avait aucune intention d'entraîner directement l'Union soviétique dans la guerre. "Il estimait que l'Union soviétique proprement dite n'était pas encore prête pour un conflit militaire avec l'Occident. Toutefois, tout le matériel de guerre demandé serait livré" (Malkasian, 16).

### Les premiers tirs

Le 25 juin 1950, un dimanche matin, le silence fut rompu par des coups de feu et des tirs d'artillerie. À ce jour, la question de savoir quel camp tira le premier coup de feu reste sujette à controverse. L'offensive nord-coréenne soudaine prit les troupes sud-coréennes complètement au dépourvu. De nombreux généraux et dirigeants du parti se trouvaient à l'étranger à ce moment-là. À peine deux jours plus tard, l'armée nord-coréenne se trouvait aux portes de Séoul. L'armée sud-coréenne était en proie à la panique, ce qui entraîna la destruction prématurée d'un pont stratégique qui enjambait le fleuve Han, laissant le matériel de l'armée sud-coréenne bloqué de l'autre côté du fleuve. Une force d'invasion composée de 100.000 soldats, de 300 chars de fabrication soviétique et de 150 avions s'était ruée vers la Corée du Sud.

Cette offensive nord-coréenne soudaine prit les États-Unis – tout autant que la Corée du Sud elle-même – par surprise; personne n'avait prévu qu'une attaque se produirait aussi tôt. Les États-Unis n'avaient nullement l'intention de laisser une péninsule aussi stratégique que la Corée tomber entre les mains des forces communistes. Les États-Unis s'opposaient farouchement à l'expansion du communisme et étaient déterminés à veiller à ce que les erreurs des années 1930, telles que l'incapacité à arrêter [Adolf Hitler](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19717/adolf-hitler/) plus tôt, ne se répètent pas. Une victoire du régime communiste dans la péninsule coréenne aurait directement mis le Japon et Taïwan en danger, tout en permettant à la Chine et à l'Union soviétique d'agir avec une plus grande liberté dans le Pacifique et en compromettant les politiques américaines dans la région.

[ ![President Truman and General MacArthur at Wake Island](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/22143.jpg?v=1790573649-1789540065) Le président Truman et le général MacArthur à Wake Island U.S. State Department (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/22143/president-truman-and-general-macarthur-at-wake-isl/ "President Truman and General MacArthur at Wake Island")Parmi ceux qui ne voulaient pas que le communisme s'étende à la Corée figurait le célèbre général américain Douglas MacArthur (1880-1964). Commandant légendaire de la guerre du Pacifique, MacArthur avait pris le commandement des forces alliées contre le Japon et s'était illustré en menant les troupes américaines à la victoire. Par la suite, après avoir personnellement supervisé la capitulation du Japon, il installa son quartier général dans le bâtiment de la Dai-Ichi Seimei (First Insurance) à Tokyo et gouverna le Japon depuis ce lieu. Dès qu'il eut vent de l'offensive lancée par l'armée nord-coréenne, il commença à envoyer des armes du Japon vers la Corée sans même attendre l'accord de Washington. À son arrivée à Pusan, en Corée, le 28 juin, MacArthur évalua l'état des forces armées coréennes et comprit que cette guerre ne pourrait être remportée uniquement grâce au soutien des forces aériennes et navales américaines. Le 30 juin, il envoya des rapports à Washington et affirma que des opérations terrestres devaient débuter sans plus attendre.

### Chute de Séoul et retraite

Entre-temps, le 28 juin, Séoul était tombée aux mains des forces communistes. Le président sud-coréen Syngman Rhee avait été évacué de la ville peu avant sa prise, et l'abandon précipité de la capitale, conjugué au manque de coordination lors de l'incident du pont, plongea le camp sud-coréen dans un état de démoralisation et de chaos dès les premiers jours du conflit. La ville s'était littéralement transformée en zone de guerre en l'espace de 72 [heures](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21729/heures/) seulement, et au fur et à mesure que le conflit se poursuivait, elle allait changer de mains à quatre reprises.

[ ![Syngman Rhee](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/22004.jpg?v=1790830933-1787059770) Syngman Rhee Harris & Ewing (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/22004/syngman-rhee/ "Syngman Rhee")Le 5 juillet, le lieutenant-colonel Charles B. Smith se retrouva face aux troupes nord-coréennes qui avaient décidé de faire halte et de se reposer juste au sud de Séoul. Cette unité, qui allait entrer dans l'histoire sous le nom de "Task Force Smith", ne comptait qu'environ 500 hommes et fut la première force américaine à affronter les chars nord-coréens lors de la bataille d'Osan. Comme on pouvait s'y attendre, cette force était loin d'être suffisante face aux troupes nord-coréennes, ce qui entraîna une retraite générale chaotique.

> Le terrain, la logistique, les mauvaises communications et les réfugiés ont davantage contribué à retarder l'avance nord-coréenne au cours des premières semaines de juillet que l'infanterie américaine qui se trouvait sur leur chemin. 
> (Hastings, 79)

### Le périmètre de Pusan

Les armées américaine et sud-coréenne semblaient être largement encerclées dans le sud-est de la Corée. La ligne défensive, connue sous le nom de périmètre de Pusan, fut établie en août et septembre 1950, au début de la guerre, et était devenue de fait le "dernier bastion" de la Corée du Sud et des forces de l'ONU. Pusan était une ville portuaire vitale située au sud-est de la péninsule coréenne, et la grande majorité du matériel et des ravitaillements militaires transitait par ce port. La chute de la ville aurait signifié une défaite totale. Alors que les Américains étaient occupés à faire face à leurs adversaires au nord, une situation critique se développait parallèlement sur le front occidental:

> une division nord-coréenne avait contourné Taejon et s'était précipitée vers le sud à travers la campagne sans défense. Le 1er août, ses éléments de tête se trouvaient près de Masan, à seulement trente miles du port de Pusan, au sud-est. 
> (Hastings, 82)

Cette ligne, qui s'étendait sur environ 230 kilomètres (140 mi), s'appuyait sur la rivière Naktong comme barrière naturelle à défendre. C'est là que le commandant de la 8e Armée américaine, le général Walton Walker (1889-1950) — un vétéran qui avait combattu aux côtés du général George S. Patton (1885-1945) sur les fronts africain et du nord-ouest de l'[Europe](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-35/europe/) pendant la Seconde Guerre mondiale —, lança son célèbre ordre à ses troupes, déclarant que la retraite n'était plus une option. L'ordre était très simple: "Tenez bon ou mourez!".

[ ![Two United Nations Soldiers Take a Smoke Break](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21819.jpg?v=1778960753-1779718663) Deux soldats des Nations Unies prennent une pause cigarette Gene Putnam (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21819/two-united-nations-soldiers-take-a-smoke-break/ "Two United Nations Soldiers Take a Smoke Break")Cette situation, en réalité, joua en faveur des forces américaines et sud-coréennes; leurs lignes de ravitaillement furent raccourcies et la ligne de front devint plus nette, tandis que celles de l'armée nord-coréenne s'allongèrent. Walker décrit la situation en ces termes:

> Il n'y aura plus ni retraite, ni repli, ni réajustement des lignes, ni aucun autre terme que vous choisirez. Il n'y a aucune ligne derrière nous vers laquelle nous puissions battre en retraite. Chaque unité doit contre-attaquer pour maintenir l'ennemi dans un état de confusion. Il n'y aura pas de Dunkerque, il n'y aura pas de Bataan; une retraite vers Pusan serait l'un des plus grands massacres de l'histoire. Nous devons nous battre jusqu'au bout. Être capturés par ces gens-là est pire que la mort à proprement parler. Nous nous battrons ensemble. Si certains d'entre nous meurent, nous mourrons en combattant ensemble.
> (Appleman, 207-208)

### Le débarquement d'Incheon

MacArthur avait un plan brillant pour sortir les forces des Nations Unies de cette situation difficile. S'appuyant sur l'expérience acquise en combattant l'armée japonaise lors d'une série de campagnes insulaires pendant la Seconde Guerre mondiale, il était convaincu qu'une frappe derrière les lignes ennemies et la coupure de leurs voies d'approvisionnement les laisseraient sans défense. Il fallait trouver un emplacement approprié pour cet assaut amphibie, et Incheon correspondait parfaitement à ce critère. De nombreux officiers doutaient que Incheon soit un site de débarquement approprié, et ils n'avaient aucune intention de détourner leurs troupes, déjà en infériorité numérique, de leur seule ligne de défense existante pour entreprendre une opération aussi risquée. MacArthur, cependant, était certain d'avoir choisi le bon endroit, et il tenta sa chance:

> Ce sera comme un ventilateur électrique. Vous allez jusqu'au [mur](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-83/mur/) et vous débranchez la prise, et le ventilateur s'arrête. Lorsque nous aurons pris pied à Incheon, les Nord-Coréens n'auront d'autre choix que de se retirer ou de se rendre. 
> (Hastings, 100).

Incheon était une importante ville portuaire située à l'ouest de Séoul, et il serait plus facile d'atteindre Séoul depuis là-bas que de combattre tout au long du chemin en remontant vers le nord depuis le sud. Finalement, le débarquement amphibie eut lieu le 15 septembre 1950, et Séoul fut reprise le 28 septembre. L'armée nord-coréenne n'avait d'autre choix que de battre en retraite ou de périr. Déterminées à s'enfoncer au-delà de leur territoire actuel, les forces de l'ONU poursuivirent leur avancée au nord du 38e parallèle et se dirigèrent vers le fleuve Yalu.

[ ![US Marines Conducting Inchon Landing](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21818.jpg?v=1778872084-1779718673) Préparatifs au débarquement des US marines à Incheon U.S. Army (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21818/us-marines-conducting-inchon-landing/ "US Marines Conducting Inchon Landing")### Première offensive chinoise

L'avance des forces des Nations Unies vers le fleuve Yalu, près de la frontière chinoise, fut perçue par la Chine comme une menace nationale à son encontre, et une armée chinoise, composée de "volontaires" venus se battre aux côtés de la Corée du Nord communiste, fut immédiatement dépêchée sur place. Le déploiement de cette armée sous le nom de "volontaires" était une mesure délibérée visant à éviter un conflit direct entre les États-Unis et la Chine. En octobre, environ 300.000 "volontaires" chinois traversèrent le fleuve Yalu et se mirent en marche vers les forces des Nations Unies. Entre-temps, les forces des Nations Unies avaient déjà pris Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord, et tout le monde pensait que la guerre touchait à sa fin. Cependant, les forces communistes n'avaient pas encore baissé les bras et bénéficiaient désormais du soutien des troupes terrestres chinoises ainsi que du soutien aérien soviétique fourni par des avions de chasse MiG-15.

Confrontées à la première offensive chinoise, les forces des Nations Unies furent incapables de résister à l'assaut de cette immense armée qui se ruait sur elles et commencèrent à battre en retraite une nouvelle fois. Alors même que les forces des Nations Unies recommençaient à avancer vers le nord après s'être remises du choc de la première offensive, la deuxième offensive fut lancée le 25 novembre 1950. Alors que la 8e armée américaine, sur le flanc ouest de la péninsule, subissait un coup dur et était contrainte à une retraite précipitée, les Marines américains sur le flanc est, près du réservoir de Chosin, parvinrent à défendre leurs positions dans les montagnes et à se replier tout en conservant discipline et ordre. Une force de 30.000 Marines fut encerclée par une armée chinoise qui comptait 120.000 hommes. La bataille se déroula pendant les mois d'hiver, avec des températures descendant jusqu'à -40 degrés Celsius; l'ennemi ne devait pas nécessairement prendre la forme d'un être humain ; il pouvait s'agir de mère nature. Se frayant un chemin jusqu'au port de Hungnam, ces unités finirent par réussir à briser l'encerclement, évacuant par la mer et emmenant avec elles des centaines de milliers de civils.

### Général contre président: la guerre d'usure

Les répercussions de cette deuxième offensive ne furent pas uniquement militaires; elles eurent également un poids politique considérable. L'un des épisodes les plus marquants de la guerre fut la rupture qui se produisit entre le général MacArthur et le président américain Harry S. Truman (1884-1972). MacArthur considérait le conflit comme une guerre d'anéantissement, défendant l'idée que la victoire ne pouvait être obtenue qu'en bombardant directement la Chine, ses ports et ses aérodromes, et en coupant ses lignes d'approvisionnement logistiques afin de provoquer des pénuries critiques. Truman estimait que c'était l'Union soviétique, plutôt que la Chine, le principal rival. Il soutenait que les États-Unis ne devaient pas mobiliser toutes leurs forces dans cette région, craignant que s'ils utilisaient – et donc gaspillaient – toutes leurs ressources en Corée, l'Union soviétique ne saisisse l'occasion de lancer une guerre en [Europe](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-15614/europe/) et de s'en emparer avant que les États-Unis ne puissent reconstituer leurs stocks de munitions. En conséquence, il préconisait que le conflit soit mené sous la forme d'une guerre contenue.

Néanmoins, l'événement qui porta le coup de grâce à leur relation fut l'ingérence de MacArthur dans la vie politique. Plus précisément, sa décision d'envoyer une lettre aux sénateurs républicains dans laquelle il critiquait ouvertement les décisions du président Truman conduisit ce dernier à le démettre de ses fonctions. En avril 1951, le célèbre général du Pacifique, MacArthur, fut relevé de son commandement, et cette décision provoqua une onde de choc dans tout le pays. Le reste de la guerre se déroula principalement sous la forme d'une guerre statique le long des lignes de front.

### Cessez-le-feu

En 1952, Dwight Eisenhower (1890-1969) fut élu président des États-Unis. L'idée selon laquelle l'élection d'Eisenhower jouerait un rôle plus décisif dans le cours de la guerre faisait de plus en plus l'unanimité (Malkasian, 82). En 1953, les deux camps cherchaient activement une issue militaire ou politique. Eisenhower s'efforçait d'éviter toute action susceptible d'entraîner les Soviétiques dans la guerre, tout en tentant de convaincre le camp communiste qu'il était inutile de prolonger davantage le conflit. Pendant ce temps, en Union soviétique, Staline mourut en [mars](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10341/mars/) 1953. La paix ne semblait plus si lointaine.

[ ![Korean War Armistice Agreement 1953](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/22144.jpg?v=1790573645-1789540347) Accord d'armistice de la guerre de Corée 1953 F. Kazukaitis. U.S. Navy (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/22144/korean-war-armistice-agreement-1953/ "Korean War Armistice Agreement 1953")La délégation de l'ONU présenta sa position finale en mai 1953, et si les communistes avaient rejeté cet accord, la seule solution restante aurait été de mettre fin au conflit par des moyens militaires. Le 27 juillet, l'armistice fut enfin signé.

### Conclusion

Alors que l'armée nord-coréenne déplora environ 600.000 pertes, les pertes civiles s'élevèrent à environ deux millions (Malkasian, 88), et l'Armée des volontaires chinois enregistra plus d'un million de pertes. Les forces armées sud-coréennes dénombrèrent 70.000 morts, tandis que les troupes américaines perdirent environ 33.000 hommes. Les pourparlers de paix de Genève en 1954 n'aboutirent à aucune résolution concrète et, en réalité, la guerre n'a jamais véritablement pris fin.

Kim Il-sung, quant à lui, réussit à consolider le régime communiste à l'intérieur des frontières de la Corée du Nord, établissant un État communiste qui perdure encore aujourd'hui. La Corée du Sud, de son côté, s'engagea dans une voie diamétralement opposée, en adoptant une approche libérale.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Appleman, Roy E. *South to the Naktong, North to the Yalu.* St. John's Press, 2016.](https://www.worldhistory.org/books/1944961917/)
- [Hastings, Max. *The Korean War.* Simon & Schuster, 1988.](https://www.worldhistory.org/books/067166834X/)
- [Hosch, William L. *The Korean War and the Vietnam War.* Britannica Educational Pub, 2010.](https://www.worldhistory.org/books/1615300112/)
- [Malkasian, Carter. *The Korean War.* Routledge, 2001.](https://www.worldhistory.org/books/1579583644/)
- [Morris-Suzuki, Tessa. *The Korean War in Asia/Pacific/Perspectives).* Rowman & Littlefield, 2018.](https://www.worldhistory.org/books/B0798TXKDR/)
- [Stueck, William. *The Korean War.* Princeton University Press, 1997.](https://www.worldhistory.org/books/0691016240/)
- [Veterans of Foreign Wars. *Pictorial History of the Korean War.* Ridgway and Clark Report, 1954.](https://www.worldhistory.org/books/B000HAAHX8/)

## Auteur

Reha Mert est historien. Il étudie l'histoire et la société turques à l'université de Bonn. Outre l'histoire, il aime apprendre les langues et s'intéresse à la philologie.
- [X/Twitter Profile](https://twitter.com/https://x.com/rmert416?s=21)

## Frise chronologique

- **25 Jun 1950 CE - 27 Jul 1953 CE**: [Korean War](https://www.worldhistory.org/Korean_War/).
- **28 Jun 1950 CE**: Seoul is captured by the North Korean Army.
- **28 Jun 1950 CE**: Upon landing in Pusan, [Korea](https://www.worldhistory.org/Korea/), General Douglas MacArthur observes the state of the Korean military.
- **15 Sep 1950 CE**: Inchon Landing takes place during the [Korean War](https://www.worldhistory.org/Korean_War/).
- **25 Oct 1950 CE - 6 Nov 1950 CE**: The Chinese First Offensive in the [Korean War](https://www.worldhistory.org/Korean_War/).
- **Apr 1951 CE**: The renowned Pacific general, Douglas MacArthur, is relieved of his duty.
- **1952 CE**: Dwight Eisenhower (1890-1969) is elected the President of the United States.
- **Mar 1953 CE**: Joseph Stalin dies.
- **27 Jul 1953 CE**: An armistice signed at the end of the [Korean War](https://www.worldhistory.org/Korean_War/).

## Liens externes

- [EXPLORING AND](https://www.worldhistoryde.org/wp-content/uploads/2020/12/ExploringTeaching_The_Korean_War.pdf)
- [Korea War Lesson Plans - Free Resources](https://koreanwarlegacy.org/teaching-tools/korean-war-legacy/)
- [Military Resources: Korean War | National Archives](https://www.archives.gov/research/alic/reference/military/korean-war.html)

## Citer cette ressource

### APA
Mert, R. (2026, October 07). Guerre de Corée: Comment la guerre froide s'est transformée en guerre chaude. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26331/guerre-de-coree/>
### Chicago
Mert, Reha. "Guerre de Corée: Comment la guerre froide s'est transformée en guerre chaude." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, October 07, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26331/guerre-de-coree/>.
### MLA
Mert, Reha. "Guerre de Corée: Comment la guerre froide s'est transformée en guerre chaude." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 07 Oct 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26331/guerre-de-coree/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 07 October 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

