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title: Edmond Ier: Le deuxième roi d'Angleterre
author: Michael McComb
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26318/edmond-ier/
format: machine-readable-alternate
updated: 2026-05-21
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# Edmond Ier: Le deuxième roi d'Angleterre

_Rédigé par [Michael McComb](https://www.worldhistory.org/user/michaelmccomb/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Edmond Ier régna sur le royaume des Angles de 939 à 946.[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/) Dans sa jeunesse, aux côtés de son frère, le roi [Æthelstan](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24653/aethelstan/) (règne de 924 à 939), il vainquit une alliance celtique-viking lors de la [bataille de Brunanburh](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2657/bataille-de-brunanburh/) (937). Cependant, lorsque Æthelstan mourut en 939 et qu'Edmond hérita de la couronne, les [Vikings](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16741/vikings/) revinrent et s'emparèrent de York. Edmond passa une grande partie de son règne en [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) contre les dirigeants vikings de York, finissant par reprendre la ville en 944 et rétablir le contrôle de la maison de Wessex sur le nord. Il s'intéressa de près aux affaires celtiques au-delà de ses frontières, entretenant des relations étroites avec les souverains gallois et écossais et envahissant avec succès le royaume de Strathclyde en 945.

Bien qu’Edmond reste dans l’ombre d’Æthelstan et de leur grand-père, [Alfred le Grand](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16848/alfred-le-grand/) (règne de 871 à 899), il a laissé un souvenir favorable tant chez les spécialistes du Moyen Âge que chez les chercheurs contemporains. Le chroniqueur du XIIe siècle, Jean de Worcester, le considérait comme un "grand roi", et l'historien Sir Frank Stenton le décrivait comme "à la fois guerrier et efficace sur le plan politique" (98 & 357).

### La maison de Wessex

Au début du Xe siècle, l’Angleterre connaissait une transformation radicale. L’époque des nombreux royaumes anglais rivaux était révolue, les invasions vikings de la fin du IXe siècle ayant balayé les anciens royaumes d’Est-Anglie, de Mercie et de Northumbrie. Le dernier royaume, le Wessex, résista sous Alfred le Grand et entama une reconquête sous son fils, Édouard l’Ancien (règne de 899 à 924). Au cours des années 910, Édouard étendit son pouvoir aux territoires vikings des Midlands de l'Est et de l’Est-Anglie.

Edmond vit le jour en 921, peu après l'achèvement de cette conquête, fils d'Édouard et de sa troisième épouse, Eadgifu de Kent. En nommant son fils Edmond, le roi liait sa dynastie à celle du dernier souverain anglais du royaume d'Est-Anglie, saint Edmond le [Martyr](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11533/martyr/), qui fut tué par les Vikings lors de leur première prise du royaume en 869.

Edmond grandit probablement dans le Wessex sous la garde de sa mère. L’historien du XIIe siècle Guillaume de Malmesbury nous apprend que les fils d’Édouard furent éduqués "comme des philosophes" et "reçurent une formation approfondie dans l’étude des livres" (201). Edmond aurait également été formé comme guerrier, maîtrisant l’épée et la lance, l’équitation et la stratégie militaire.

Enfant, il n’aurait jamais pu s’attendre à hériter du trône. Edmond n’était qu’un humble quatrième fils. Du premier mariage d’Édouard avec Ecgwyn était issu l’aîné, Æthelstan, qui était déjà un jeune homme aguerri au combat. De son second mariage avec Ælfflaed naquirent les deuxième et troisième fils: Ælfweard et Edwin. Outre Edmond, l’union avec Eadgifu donna naissance à un cinquième fils, Eadred.

### Un apprentissage royal

Le statut d’Edmond fut très vite rehaussé. Son père, Édouard, mourut en 924. Une lutte de succession s’ensuivit entre les fils aînés: Æthelstan contre Ælfweard, le premier l’emporta et le second mourut. Étant donné qu'Æthelstan avait près de trente ans de plus qu'Edmond et Eadred, il était pour eux une figure paternelle. Guillaume de Malmesbury évoque "l’affection remarquable d’Æthelstan envers ses autres frères \[Edmond et Eadred\], qui n’étaient que des nourrissons à la mort de leur père, qu’il éleva avec amour durant leur enfance" (229).

Malgré des troubles fraternels précoces, le règne d’Æthelstan prit un bon départ. En 927, après la mort du souverain viking Sihtric, roi de York, Æthelstan marcha vers le nord, s’empara de la ville et se proclama ainsi souverain de toute l’Angleterre. Même ses voisins, les Gallois, les Bretons de Strathclyde, les Écossais et le seigneur anglais de Bamburgh, furent contraints de se soumettre et de se prosterner devant leur nouveau suzerain. Æthelstan restera peut-être dans les mémoires comme le premier roi d’Angleterre, mais il nourrissait de plus grandes ambitions, aspirant à régner sur toute la Grande-Bretagne.

[ ![Statue of King Aethelstan](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/20303.jpg?v=1743633550-1744205453) Statue du roi Æthelstan Smabs Sputzer (CC BY) ](https://www.worldhistory.org/image/20303/statue-of-king-aethelstan/ "Statue of King Aethelstan")Six ans plus tard, en 933, son troisième fils, Edwin, mourut en mer, faisant d’Edmond, âgé de 12 ans, le nouvel héritier de ce nouvel [empire](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-99/empire/). Mais son apprentissage connut des débuts chaotiques lorsque, en 934, les Écossais retirèrent leur allégeance aux Anglais. En réponse, Æthelstan rassembla ses vastes forces: seigneurs anglais, comtes danois, une grande flotte et princes gallois, d’abord à Nottingham, puis à Durham, avant de s’enfoncer dans les terres des Écossais. Edmond se joignit lui aussi à l’invasion. Trop jeune pour combattre, il était là pour observer et apprendre du leadership de son frère: c’était une leçon sur la manière de dominer ses voisins. L'Écosse fut complètement ravagée et pillée avant que son roi, Constantin II, ne se rende une nouvelle fois. On lui permit de rester en vie, mais il fut traîné vers le sud pour assister au conseil du roi afin d'afficher publiquement sa soumission.

Malgré cette entreprise colossale, les Écossais trahirent une nouvelle fois leurs promesses. En 937, ils s’allièrent à Strathclyde et à Olaf Gothfrithson de Dublin. Leurs plans se concrétisèrent rapidement. Au début de l’hiver 937, une immense armée débarqua sur le Wirral, sur la côte ouest de l’Angleterre. Æthelstan marcha vers le nord pour les affronter, rassemblant des forces du [royaume de Mercie](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17610/royaume-de-mercie/) et du Wessex. À ses côtés se trouvait à nouveau Edmond. Le garçon devenait rapidement un homme et, à 16 ans, il commandait l’armée aux côtés de son frère. S’ensuivit la bataille de Brunanburh, le plus grand affrontement de la Grande-Bretagne du Xe siècle. Un poème contemporain célébrant la bataille fit l’éloge des frères:

> Le roi Æthelstan, seigneur des guerriers, 
> patron des héros, ainsi que son frère, 
> le prince Edmond, se sont forgé une gloire éternelle 
> Au combat, en brandissant leurs épées 
> autour de Brunanburh; ils brisèrent le [mur](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-83/mur/) de boucliers, 
> Les fils d’Édouard, avec leurs épées bien forgées, 
> Frappèrent les boucliers de tilleul; telle était leur nature 
> Depuis leur enfance, car au combat ils avaient souvent 
> Combattu pour leur terre, ses trésors et ses foyers, 
> Contre tous les ennemis. Leurs adversaires tombèrent, 
> Les soldats écossais et leur armée de pirates, 
> Étaient voués à périr.
> (Campbell)

Cette victoire assura la domination sur le nord de l’Angleterre – pour le moment. Mais plus au nord, les Écossais, bien que vaincus, restaient hors de la sphère d’influence anglaise. Le jeune Edmond aurait pu se dire que si l’invasion de 934 et la victoire à Brunanburh n’avaient pas réussi à soumettre les Écossais, alors peut-être que rien d’autre n’y parviendrait. De telles questions allaient bientôt se poser à lui. Il commençait déjà à saisir la myriade de problèmes liés à son héritage. Comment traiter avec les Écossais? Comment se défendre contre les incursions vikings? Devait-il avoir des fils, alors qu’il avait déjà un frère prêt à lui succéder? Le moment arriva plus tôt que prévu. Æthelstan mourut en 939, à l’âge de 45 ans, et Edmund, alors âgé de 18 ans, dut relever le défi de prouver qu’il était un digne successeur.

### La bataille pour York

Le couronnement d’Edmond eut lieu à la fin de l’année 939 à Kingston-upon-Thames. Alors qu’il s’agenouillait devant l’archevêque Wulfhelm de Cantorbéry, il réfléchissait peut-être à son héritage, en tenant compte des leçons apprises de son frère et de ses propres projets pour l’Angleterre. Edmond avait peut-être envisagé un règne long, paisible et prospère. Il n’en fut rien. L’Angleterre fut immédiatement plongée dans la crise. Peu après la mort d’Æthelstan, les notables de York firent appel à Olaf Gothfrithson pour régner sur eux. De vastes portions des Midlands de l'Est danois firent également défection, agrandissant ainsi le nouveau royaume d’Olaf.

[ ![The Coronation Stone at Kingston-upon-Thames](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/20586.jpg?v=1750164982-1750165039) Pierre du couronnement à Kingston-upon-Thames Hellodavey1902 (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/20586/the-coronation-stone-at-kingston-upon-thames/ "The Coronation Stone at Kingston-upon-Thames")En 940, Olaf progressa plus au sud et Edmond plus au nord, se faisant face à Leicester. Un combat fut évité grâce à l'intervention de l'Église. Le principal transfuge anglais et nouveau bras droit d’Olaf, l’archevêque Wulfstan de York, négocia la paix avec l’évêque Oda de Ramsbury, le principal conseiller d’Edmond. Mais Olaf était agité et n’était pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Une fois la paix assurée avec le sud, l’année suivante, il se tourna vers le nord pour combattre le comté anglais de Bamburgh. Mais au cours de la campagne, il mourut – peut-être au combat.

À York, il fut remplacé par son cousin, Olaf Kvaran. Mais tout comme les Vikings avaient profité de la succession d’Edmond, celui-ci renversa la situation et, en 942, il marcha vers le nord pendant la transition du pouvoir à York. Il parvint à reconquérir plusieurs villes du nord-est des Midlands, connues sous le nom des "Cinq Bourgs" (Derby, Leicester, Lincoln, Nottingham et Stamford). Le roi fut à nouveau acclamé par les poètes contemporains pour ses exploits martiaux; il était "le brave Edmond" et "celui qui accomplit les actes nécessaires" (McLoughlin). Pourtant, York restait hors de sa portée. Cependant, le nouvel Olaf était moins belliqueux que son prédécesseur, et pour éviter de nouvelles pertes, il chercha la paix avec Edmond. Olaf accepta même le baptême pour favoriser de meilleures relations avec les Anglais. Mais ses partisans à York ne furent guère impressionnés. Olaf avait perdu les Cinq Bourgs et cherchait désormais à apaiser l’ennemi. Très vite, son cousin, Ragnall, fut élevé au trône à la place d’Olaf, et le royaume se divisa entre des souverains rivaux.

Ragnall suivit lui aussi l’exemple de son cousin, acceptant à la fois le baptême et l’amitié des Anglais, espérant peut-être qu’Edmond l’aiderait à vaincre Olaf. Mais il avait mal jugé le jeune roi anglais, qui était bien trop heureux de laisser York se diviser et s’affaiblir. En 944, Edmond décida de passer à l’attaque. Bénéficiant du soutien de l’archevêque Wulfstan, il franchit la frontière nord et s’empara de York. Ragnall fut exécuté et Olaf s’enfuit en exil. Après cinq années de conflit, York était enfin de nouveau entre les mains des [Saxons](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-13480/saxons/) de l’Ouest, et Edmond pouvait désormais revendiquer la souveraineté sur tous les territoires anglais, tout comme l’avait fait Æthelstan.

Il y eut peu de conflits directs au cours de ces années et aucune bataille rangée n’est mentionnée. Il s’agissait plutôt d’une guerre visant à rallier les élites locales par des démonstrations de force, en exploitant les transitions de pouvoir et en divisant les factions rivales. Or, c’étaient là des compétences que tout roi-guerrier se devait de posséder, et Edmond les avait bien apprises.

### Roi des Anglais et des peuples voisins

Les ambitions d’Edmond s’étendaient au-delà de l’Angleterre. À l’instar d’Æthelstan avant lui, il cherchait à exercer son influence sur l’ensemble de la Grande-Bretagne, se proclamant "roi des Anglais et des peuples voisins" (Trousdale, 289). À cette époque, le Pays de Galles restait un patchwork de royaumes, divisé entre deux cousins. Au nord, Idwal Foel (Idwal le Chauve) régnait sur le royaume de Gwynedd; au sud, Hywel le Bon dirigeait le royaume de Deheubarth. Les relations d’Edmond avec les souverains gallois sont mal documentées, mais les sources qui nous sont parvenues suggèrent une suzeraineté plus légère que celle de son frère. Les Gallois n’étaient tenus que de payer un tribut et de refuser de s’allier aux Vikings.

Cet accord fut rompu en 942. Idwal semble s'être retourné contre Edmond – soit en se rebellant contre la suzeraineté anglaise, soit en s'alliant avec les Vikings. Edmond réagit rapidement, envahissant Gwynedd et battant les forces d'Idwal. Le roi gallois vaincu fut tué, et le Gwynedd passa aux mains d’Hywel, désormais souverain de la quasi-totalité du Pays de Galles. Il resta un allié fidèle des Anglais et fut manifestement considéré par Edmond comme un voisin digne de confiance.

[ ![British Isles at the Beginning of the 10th Century](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/19967.png?v=1738583367-1739438097) Iles britanniques au début du Xe siècle Ikonact (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/19967/british-isles-at-the-beginning-of-the-10th-century/ "British Isles at the Beginning of the 10th Century")Plus au nord, la capacité d’Edmond à influencer les événements au début de son règne était limitée. York, aux mains des Vikings, servait de tampon contre l’influence anglaise sur les royaumes d’Écosse et de Strathclyde. Mais cela changea en 944 lorsque York tomba aux mains d’Edmond, lui permettant d’intervenir dans l’extrême nord.

Le Strathclyde présentait un intérêt particulier, s’étant allié aux Vikings et accueillant des pillards nordiques, parmi lesquels figurait peut-être le souverain déchu de York, Olaf Kvaran. Accueillir les ennemis de l’Angleterre était jugé inacceptable par Edmond. En 945, il envahit le royaume, chassant les Nordiques et le souverain du Strathclyde. Cependant, il ne garda pas le territoire pour lui-même. Au lieu de cela, il le concéda au roi Malcolm Ier d’Écosse, qui venait de succéder à son cousin, Constantin II. Ce don marqua le début d’une nouvelle relation entre les Anglais et les Écossais. Contrairement à Constantin, Malcolm ne paierait pas de tribut et ne se rendrait pas à la cour royale du Wessex en tant que vassal. En revanche, il était tenu de fournir uniquement un soutien militaire lorsque le nord de l’Angleterre était attaqué par les Vikings.

Les relations d’Edmond avec ses voisins révèlent un changement de stratégie, que [Alaric](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-13229/alaric/) A. Trousdale explique très clairement: "La stratégie du roi Edmond consistait à renforcer le pouvoir des rois vassaux amis dans les terres limitrophes des siennes, contrairement à la politique du roi Æthelstan qui consistait à imposer la soumission des rois vassaux" (126). En tant que vétéran de Brunanburh, Edmond avait été témoin du danger d’une alliance entre Celtes et Vikings. Il avait vu comment la main de fer d’Æthelstan avait poussé les rois celtiques dans les bras des Vikings et en avait tiré les leçons. Au lieu de se présenter comme un empereur ou un suzerain de la Grande-Bretagne, l’approche plus souple d’Edmond le plaçait comme un "premier parmi ses égaux", le Pays de Galles et l’Écosse étant les partenaires subordonnés de l’Angleterre.

Ces partenaires subordonnés, Hywel et Malcolm, tirèrent même profit de l’amitié d’Edmond, car il facilita leur expansion vers le Gwynedd et le Strathclyde. Si cette approche n’exaltait pas la monarchie des Saxons occidentaux comme l’avait fait celle d’Æthelstan, elle constituait sans doute un moyen plus durable de maintenir la puissance anglaise et de tenir les Vikings à l’écart.

### Cour du roi et lois

Sur le plan intérieur, en tant que jeune roi, Edmond s’appuyait sur ses conseillers plus expérimentés. Parmi eux figuraient sa mère, Eadgifu, son cousin, l’ealdorman Æthelstan, et l’archevêque Oda de Cantorbéry. Æthelstan était si puissant que les générations suivantes le surnommèrent le "demi-roi". En tant qu’ealdorman d’Est-Anglie – une vaste province comprenant de larges pans des Midlands de l'Est –, il était en première ligne des guerres contre York et constituait une source cruciale de puissance militaire pour Edmond. Mais son influence transparaît surtout à travers l’ascension de sa famille élargie, ses frères – Æthelwold et Eadric – étant devenus ealdormen dans le Kent et le Wessex sous le règne d’Edmond. Ils ne furent pas les seuls cousins royaux à être élevés; un autre, Ealhhelm, fut nommé ealdorman en Mercie par Edmond. On voit là l’approche du roi vis-à-vis des provinces de son royaume (la Mercie, l’Est-Anglie et le Kent), puisqu’il confia le pouvoir à ses proches plutôt qu’aux élites locales.

[ ![Silver penny of Edmund I](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21777.jpg?v=1777498802-1778580500) Penny en argent avec Edmond Ier York Museums Trust (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21777/silver-penny-of-edmund-i/ "Silver penny of Edmund I")Une exception majeure concerne l’Église. Oda, l’évêque qui avait négocié la paix avec York en 940 et avait été nommé archevêque de Cantorbéry l’année suivante, était d’origine viking mais était également un chrétien fervent. Il devint une figure clé dans l’élaboration de la législation du roi; cette influence dut être positive, car on se souvenait d’Edmond comme d’un législateur qui "décrétait avec sagesse" et "honorait [Dieu](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10299/dieu/) et respectait ses lois" (Robertson, 129).

À l’instar de ses prédécesseurs, Edmond se souciait beaucoup de mettre fin aux vendettas et aux vols. Mais ses lois comportent également des éléments novateurs – peut-être grâce à l’influence d’Oda qui, au cours de ses nombreux voyages diplomatiques, avait été fortement marqué par les idées réformatrices du royaume de Francie. En conséquence, on constate qu’Edmond prônait des normes plus élevées pour les moines et renforça le célibat par des châtiments sévères. On constate également que le rôle des évêques fut considérablement renforcé, ceux-ci étant encouragés à parcourir leurs diocèses et à rendre des jugements lors des assemblées locales. Les évêques reçurent également l’ordre de reconstruire les églises tombées en désuétude dans les zones de peuplement viking, le roi étant tenu de contribuer à ce grand projet de reconstruction.

### Famille et décès

Edmond se maria deux fois. Vers 939, il épousa Ælfgifu de Shaftesbury, issue d’une famille aisée liée à l’abbaye de Shaftesbury dans le Dorset. Le couple eut deux fils, Eadwig et Eadgar, qui devinrent tous deux rois d’Angleterre. À la mort d’Ælfgifu en 944, le roi se remaria avec Æthelflaed de Damerham, fille de l’Ealdorman Aelfgar d’Essex. L’influence politique et le rôle de ses deux épouses furent largement limités et éclipsés par la mère du roi, Eadgifu, qui resta la figure de proue de la cour royale.

En 946, Edmond, âgé de 25 ans, pouvait se prévaloir d’un règne couronné de succès, marqué par l’expansion militaire, l’harmonie avec ses principaux magnats et des alliances avec ses voisins. Il s’était en effet révélé un digne successeur d’Æthelstan. Le 26 mai 946, il se retira à Pucklechurch, dans le Gloucestershire, pour célébrer la fête de saint Augustin, le moine qui fut le premier à apporter le [christianisme](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-665/christianisme/) aux Anglais. C'était un moment rare où le roi pouvait mettre de côté ses devoirs royaux et profiter des festivités avec sa famille et ses compagnons. Mais au cours des célébrations, un voleur notoire du nom de Leofa s’introduisit dans la salle royale. Ses intentions réelles ne sont toujours pas connues, mais il fut rapidement identifié par l’intendant du roi et sommé de partir. Il refusa, et une bagarre éclata. Lorsque le roi s’en aperçut, il intervint en personne, mais au milieu du chaos de la bagarre qui s’ensuivit, Leofa le poignarda et le tua.

Il fut inhumé à l’abbaye de Glastonbury, une prestigieuse église du Wessex, qu’il affectionnait et avait soutenu de son vivant.

[ ![Glastonbury Abbey](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/12295.jpg?v=1626560103) Abbaye de Glastonbury Wanda Marcussen (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/12295/glastonbury-abbey/ "Glastonbury Abbey")Ses fils étant trop jeunes pour régner, le frère d'Edmond, Eadred, hérita du trône. Une fois de plus, York se rebella sous la conduite des Vikings, et Eadred passa le reste de son règne à se battre pour le nord. Ce n'est qu'après une nouvelle décennie de conflits que York tomba définitivement aux mains de la maison du Wessex.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Riedel, Christopher & Blanchard, Mary . *The Reigns of Edmund, Eadred and Eadwig, 939-959.* Boydell Press, 2024.](https://www.worldhistory.org/books/1783277645/)
- Roberts, Edward . "Bishops, canon law and governance in tenth-century England: the Constitutiones of Oda of Canterbury." *Journal of Ecclesiastical History*, Vol. 76 (2024), pp. 25-54.
- [Robertson, A. J. *The Laws of the Kings of England From Edmund to Henry I .* Cambridge University Press, 1925.](https://www.worldhistory.org/books/B01N6M8WCT/)
- Smyth, Alfred. *Scandinavian York and Dublin: the history and archaeology of two related Viking kingdoms .* Templekieran Press, 1979
- [Stenton, Frank. *Anglo-Saxon England.* Clarendon Press, 1971.](https://www.worldhistory.org/books/0192801392/)
- [The Battle of Brunanburh translated by Campbell, A](https://www.csub.edu/~cmacquarrie/isle_of_man/documents/texts/brunnanburgh.pdf "The Battle of Brunanburh translated by Campbell, A"), accessed 12 May 2026.
- [The Chronicles of John of Worcester, translated by Thomas Forester](https://archive.org/details/chronicleofflore00flor/page/n3/mode/2up "The Chronicles of John of Worcester, translated by Thomas Forester"), accessed 12 May 2026.
- [Thomson, R. M, Winterbottom, M & Mynors, R. A. B. *William of Malmesbury, The History of the English Kings.* Clarendon Press, 1998.](https://www.worldhistory.org/books/019820678X/)
- Trousdale, Alaric. *"Rex Augustissimus": Reassessing the Reign of King Edmund of England, 939-46.* PhD Thesis, University of Edinburgh, 2007.
- [‘The Capture of the Five Boroughs’ translated by Paul McLoughlin](https://wildcourt.co.uk/2164/ "‘The Capture of the Five Boroughs’ translated by Paul McLoughlin"), accessed 12 May 2026.

## Auteur

Michael McComb a obtenu sa maîtrise d'histoire à l'Université métropolitaine de Manchester en 2022 et a écrit pour The Historians Magazine, The Collector, Medieval Living et Lessons from History.
- [X/Twitter Profile](https://twitter.com/michael195919)

## Chronologie

- **937 CE**: The [Battle of Brunanburh](https://www.worldhistory.org/article/2657/battle-of-brunanburh/); [Aethelstan](https://www.worldhistory.org/Aethelstan/) defeats coalition from [Britain](https://www.worldhistory.org/disambiguation/Britain/), [Ireland](https://www.worldhistory.org/disambiguation/Ireland/), and [Scotland](https://www.worldhistory.org/disambiguation/Scotland/); consolidates rule.
- **939 CE - 946 CE**: Reign of [Edmund I](https://www.worldhistory.org/Edmund_I/), King of the English.

## Citer cette ressource

### APA
McComb, M. (2026, May 21). Edmond Ier: Le deuxième roi d'Angleterre. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26318/edmond-ier/>
### Chicago
McComb, Michael. "Edmond Ier: Le deuxième roi d'Angleterre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, May 21, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26318/edmond-ier/>.
### MLA
McComb, Michael. "Edmond Ier: Le deuxième roi d'Angleterre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 21 May 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26318/edmond-ier/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 21 May 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

