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title: Révolte des Mau Mau: Nationalisme et terrorisme au Kenya britannique
author: Mark Cartwright
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26203/revolte-des-mau-mau/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2026-05-04
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# Révolte des Mau Mau: Nationalisme et terrorisme au Kenya britannique

_Rédigé par [Mark Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/markzcartwright/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

La révolte des Mau Mau [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)(1952-1960), menée par le peuple kikuyu du Kenya, fut une [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) de guérilla menée contre le pouvoir colonial britannique, motivée par la colère suscitée par les confiscations de terres et la menace qui pesait sur les croyances et les pratiques culturelles autochtones. Qualifiée par les Britanniques d’"état d’urgence au Kenya", la réponse des autorités à la vague d’attaques violentes menées par les Mau Mau contre des civils africains et des colons blancs s’est traduite par des arrestations massives suivies de détentions dans des camps, des représailles contre des villages, la réinstallation forcée de civils soupçonnés d'être impliqués, ainsi que par des exactions telles que la torture et des exécutions sans procès.

### Une colonie britannique

La Grande-Bretagne s’était implantée en Afrique de l’Est dès 1887, lorsqu’elle loua cette partie de ce qui était alors connu sous le nom de [Côte swahilie](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18053/cote-swahilie/) au sultan de Zanzibar. Une charte royale fut accordée à la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est en 1888, et cette entité contrôlait ce qui s’appelait alors l’Afrique orientale britannique (composée du Kenya et de l’Ouganda). À cette époque, l’ivoire constituait la principale exportation. Nairobi, qui devint la capitale du Kenya, fut fondée en 1899 et sa population connut un essor fulgurant, avec l’arrivée de nombreux immigrants venus de Grande-Bretagne et de l’Inde britannique. L’Afrique orientale britannique fut un protectorat britannique à partir de 1895, puis devint une colonie à part entière en 1920, date à laquelle elle fut rebaptisée Kenya.

La colonie prospéra (d'un point de vue impérial) grâce à son climat tempéré, propice à diverses plantations. Le Kenya disposait également de vastes réserves de chasse (où la chasse était strictement contrôlée), créées pour la première fois en 1898. Les Africains étaient exclus de toute représentation politique, sauf au niveau local au sein des Conseils autochtones locaux.

En 1948, on comptait environ 30 000 colons blancs au Kenya, qui avait alors une population totale d’environ 5 millions d’habitants. Au début des années 1950, le gouvernement britannique se rendit compte que les mouvements d'indépendance à travers l'[Empire](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-99/empire/) britannique devenaient de plus en plus insistants. Néanmoins, le gouvernement souhaitait préserver et continuer à promouvoir les intérêts britanniques partout où cela était possible, y compris au Kenya. Il fallait trouver un équilibre permettant de préserver à la fois les intérêts britanniques, ceux des nationalistes et ceux des groupes minoritaires. Les conditions essentielles à un transfert de pouvoir dans des colonies plus avancées et stables comme le Kenya étaient le suffrage universel lors d'élections libres et un développement multiracial.

[ ![Map of Africa in World War II](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/19072.png?v=1771887849-1770796865) Carte de l'Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale Simeon Netchev (CC BY-NC-ND) ](https://www.worldhistory.org/image/19072/map-of-africa-in-world-war-ii/ "Map of Africa in World War II")Une proposition visant à réunir le Kenya, l'Ouganda et le Tanganyika pour créer une Fédération d'Afrique de l'Est fut rejetée car contraire à l'objectif principal du gouvernement britannique, qui était de veiller aux intérêts des Africains, et non pas uniquement à ceux des colons blancs dans ces régions. Les trois États partageaient un système postal, une [monnaie](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-430/monnaie/) et un marché commun. Les mouvements nationalistes des trois pays aspiraient à leur propre État indépendant. Certains Kenyans, en particulier parmi le peuple Kikuyu, étaient prêts à recourir à la violence pour obtenir un réel changement.

### Causes de la révolte des Mau Mau

Le peuple Kikuyu était présent au Kenya depuis le XVIIe siècle. Les [Kikuyus](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19759/kikuyus/) constituaient alors le groupe ethnique le plus important du Kenya (et le sont encore aujourd’hui). Ils dominaient les hautes terres centrales, dont le climat frais et le sol fertile étaient idéaux pour l’agriculture. Dépourvus de chefferie traditionnelle et avec un gouvernement vaguement fondé sur les anciens de la tribu, c’est la domination coloniale qui les rassembla en un mouvement de résistance unifié fondé sur l’ethnicité. Comme le note l'historien P. Curtin: "Avant l'impact colonial, les Kikuyus du centre du Kenya n'avaient pas de conscience profonde d'une identité commune, probablement parce qu'ils vivaient sur des crêtes montagneuses distinctes, avaient des traditions historiques très locales et ne disposaient pas d'un système politique unifié" (518). Comme l’a déclaré Waruhiu Itote, général des Mau Mau, en 1967: "J’avais pris conscience de moi-même en tant qu’Africain kenyan, l’un parmi des millions dont le destin était encore entre les mains d’étrangers" (Dalziel, 128).

Dans le Kenya colonial, les Kikuyus étaient unis par des griefs communs à l’encontre des autorités britanniques. Ces griefs comprenaient la colère suscitée par le fait que des terres avaient été prises aux Kikuyus pour être données à des colons blancs, en particulier dans les zones très prisées connues sous le nom de *White Highlands*, où l’altitude plus élevée permettait une meilleure croissance des cultures et offrait la possibilité de cultiver une plus grande variété de plantes. Le gouvernement britannique souhaitait encourager les colons britanniques; ainsi, dès le début du XXe siècle, un programme fut mis en place selon lequel un nouveau colon blanc recevait soit 1 000 acres (404 ha) de terres agricoles, soit 5 000 acres (2 023 ha) de pâturages, dans le cadre de baux à long terme. Au moins 16 000 miles carrés (41 440 km²) de terres furent ainsi réservés à la culture par des propriétaires fonciers blancs. Face à une grave pénurie de terres, de nombreux agriculteurs kikuyus se retrouvèrent alors contraints de travailler comme métayers dans des fermes qui appartenaient à des Blancs. Le [peuple maasaï](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18566/peuple-maasai/), de tradition pastorale, subit également les conséquences de ces restrictions et perdit l'accès aux terres qu'il utilisait traditionnellement pour faire paître son bétail.

[ ![Karen Blixen's Bungalow, Kenya](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21765.jpg?v=1777273079-1777273396) Bungalow de Karen Blixen, Kenya Grenadille (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/21765/karen-blixens-bungalow-kenya/ "Karen Blixen's Bungalow, Kenya")Les lois adoptées dans les années 1930 commencèrent à restreindre la propriété foncière des Africains au sein de la colonie. Elles interdisaient également aux Africains de cultiver certains types de plantes. Le café, par exemple, était réservé aux propriétaires terriens blancs et reflétait la politique du gouvernement selon laquelle les Africains devaient cultiver des denrées alimentaires pour le marché intérieur du Kenya tandis que les propriétaires blancs cultivaient des cultures de rente plus lucratives destinées à l'exportation. La politique de restriction eut l'effet escompté puisque, en 1956, 95 % des exportations agricoles du Kenya provenaient de fermes appartenant à des Européens.

Les Kikuyus n'appréciaient ni l'expansion des centres urbains ni les restrictions de ségrégation imposées aux Africains par les autorités. À Nairobi, les Africains n’étaient pas autorisés à pénétrer dans le centre-ville sans laissez-passer. Un autre grief concernait le fait que la promotion par les Britanniques des écoles primaires et des écoles missionnaires chrétiennes érodait les religions traditionnelles et les pratiques culturelles. En 1960, 49 % des enfants kenyans étaient inscrits à l’école primaire, soit le double du chiffre de 1950. Les Kikuyus commencèrent à créer leurs propres écoles concurrentes.

Comme le note l'historien R. J. Reid, parmi tous ces griefs, ce sont la crise foncière et l'insistance du gouvernement à créer une main-d'œuvre africaine bon marché capable de travailler dans les fermes européennes ou pour les entreprises urbaines qui furent à l'origine des émeutes des Mau Mau:

> Les pauvres dépossédés de leur terre – dépourvus de compétences et d’accès à celles-ci, travaillant comme ouvriers soit dans les fermes des Blancs, soit dans les centres urbains en pleine expansion – constituaient une part importante de la population, de plus en plus politisée, radicalisée et ouverte aux idées politiques révolutionnaires; ils étaient mûrs pour la mobilisation et commencèrent à se rallier à toute cause qui promettait la destruction du système politique et social existant. Telles étaient les racines profondes de la révolte des Mau Mau.
> (207)

### La violence éclate

En 1952, cette lutte pour l'indépendance du Kenya, qui couvait depuis longtemps, entra dans une phase terrible et violente. Les rebelles, basés dans les forêts et les collines du centre-sud du Kenya, tentèrent essentiellement de saboter tout ce qui avait un lien avec les Européens. Les membres du mouvement Mau Mau, qui comptaient également une minorité d'Embus et de Merus, prêtèrent un serment d'allégeance qui non seulement renforçait leur identité commune, mais garantissait également la discipline et, surtout, le secret, dans leur mission visant à renverser la domination blanche. Ce sont les Britanniques qui donnèrent à ces rebelles le nom de "Mau Mau", mais la signification précise de ce terme est très controversée. L'historien R. J. Reid suggère que ce nom serait une déformation du slogan des rebelles kikuyus "*uma uma*", signifiant "dehors, dehors", ou qu'il dériverait de "*muma"* qui signifie "serment".

La plupart des victimes des rebelles Mau Mau n’étaient pas des Européens, mais d’autres Kikuyus soupçonnés de collaborer avec les Blancs. Des hommes, des femmes et des enfants furent torturés, mutilés et assassinés dans le but délibéré de semer la terreur au sein du régime colonial et parmi ses partisans. Parfois, des villages entiers furent attaqués de cette manière, comme lors du tristement célèbre massacre de Lari en [mars](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10341/mars/) 1953, où 75 villageois furent parqués dans leurs huttes, qui furent ensuite incendiées. Seul un petit nombre de colons blancs furent attaqués et assassinés par les Mau Mau, mais les quelques cas notoires eurent un effet dramatique sur la colonie et sur le gouvernement britannique à Londres. Comme le note l'historien L. James:

> Très peu de colons furent tués par les Mau Mau, mais l’effet psychologique fut énorme, leur rappelant leur faible nombre et leur isolement. Les Mau Mau incarnaient le cauchemar ultime de l’homme blanc, nourri d’images d’une Afrique sombre et impénétrable, de sorcellerie et de la peur d’une attaque soudaine par des membres de tribus enragés, armés de pangas et de lances.
> (611)

[ ![British Soldiers Arrest a Mau Mau Suspect](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21775.png?v=1777385720-1777385783) Des soldats britanniques arrêtent un suspect Mau Mau Imperial War Museums (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/21775/british-soldiers-arrest-a-mau-mau-suspect/ "British Soldiers Arrest a Mau Mau Suspect")L'état d'urgence national fut déclaré en 1952, et le mouvement Mau Mau fut classé comme organisation terroriste, ce qui permit aux autorités d'étendre les pouvoirs de la police, de suspendre les libertés individuelles et de censurer la presse. Les colons blancs bénéficiaient d'une protection, assurée en grande partie par des soldats africains entraînés, qui protégeaient les fermes les plus isolées, ainsi que par les services de police kenyans et l'armée. Les villages étaient systématiquement fouillés et des arrestations aveugles furent effectuées. 70 000 Kikuyus et autres Africains fidèles au régime colonial se portèrent volontaires pour former une sorte de garde locale. Certains volontaires furent même regroupés en "contre-bandes pour combattre les Mau Mau" (Reid, 276) et pour agir en tant qu'espions au sein de l'organisation Mau Mau.

### Arrestations et centres de détention

Jomo Kenyatta (1894-1978) était le leader nationaliste kenyan le plus en vue. En 1952, Kenyatta, qui était un Kikuyu, fut arrêté pour implication présumée dans la rébellion des Mau Mau. En réalité, l’implication de Kenyatta auprès des rebelles Mau Mau n’a jamais été directe. Kenyatta avait privilégié des moyens plus pacifiques pour parvenir à un changement politique par le biais du parti politique dont il était président depuis 1947, l'Union africaine du Kenya (KAU). Néanmoins, en 1953, Kenyatta fut reconnu coupable d'avoir organisé des groupes au sein de la rébellion et fut condamné à sept ans de travaux forcés. On découvrit par la suite que les preuves utilisées contre Kenyatta étaient le fruit d'un parjure.

Quiconque était alors soupçonné d’être un rebelle Mau Mau ou d’avoir des liens avec le mouvement était arrêté. Tant d’Africains furent arrêtés qu’il fallut construire des centres de détention spéciaux. Le plus tristement célèbre de ces centres était la prison du camp de Hola, où les rebelles étaient battus, fouettés, torturés, pendus ou abattus lorsqu’ils tentaient de s’échapper (selon les autorités). Les chiffres sont éloquents. En l’espace de six mois seulement, entre novembre 1952 et avril 1953, "430 prisonniers avaient été abattus alors qu’ils tentaient de s’échapper…" (James, 610). L’absence de blessés suggère fortement que ces personnes furent tout simplement exécutées.

[ ![Mau Mau Safe Conduct Pass](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21772.png?v=1777383991-1777384004) Sauf-conduit pendant la révolte des Mau Mau Brigade Piron (CC BY) ](https://www.worldhistory.org/image/21772/mau-mau-safe-conduct-pass/ "Mau Mau Safe Conduct Pass")Une enquête menée plus tard révéla ce qui s’était réellement passé dans des endroits comme le camp de Hola. Les autorités britanniques avaient déclaré que l’adhésion au mouvement des Mau Mau était due à une sorte de maladie mentale, un endoctrinement d’idées violentes qu’il fallait désormais, d’une manière ou d’une autre, inverser. Comme le note R. J. Reid:

> …les détenus étaient traités avec une brutalité manifeste, subissant notamment un lavage de cerveau et des travaux forcés dans le but de purifier leur corps et leur esprit de cette "maladie". De nombreux détenus avaient refusé de travailler et avaient été victimes de violences physiques, certains d’entre eux ayant été battus à mort.
> (277)

### Échec du mouvement

La majorité du peuple kikuyu n’a cependant pas soutenu le mouvement Mau Mau. Les méthodes de violence brutale utilisées furent largement rejetées. Le manque de popularité des Mau Mau, l'absence d'idéologie cohérente et l'imprécision de leur structure de commandement empêchèrent le mouvement de s'étendre à d'autres régions du Kenya ou d'impliquer d'autres Kenyans. Les appels des rebelles en faveur de réformes suscitaient une certaine sympathie, mais il était largement admis que les autorités coloniales, bien mieux armées que les rebelles, mettraient finalement un terme à cette vague de violence. Il y avait également un nombre important d’agriculteurs kikuyus qui avaient tiré profit de la politique coloniale les cantonnant au marché intérieur, car ils pouvaient toujours trouver des clients pour leurs produits dans les centres urbains en pleine expansion. Ces Kikuyus aisés, ainsi que les Kenyans qui occupaient des emplois de cols blancs ou possédaient des entreprises dans les villes, n’avaient aucun intérêt particulier à renverser le système colonial.

[ ![Jomo Kenyatta, 1949](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21774.png?v=1777383473-1777383538) Jomo Kenyatta, 1949 Gopal Singh of Star Studio (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/21774/jomo-kenyatta-1949/ "Jomo Kenyatta, 1949")La révolte des Mau Mau fit la une de l’actualité internationale et servit parfois d’inspiration à d’autres nationalistes africains ailleurs pour leurs propres mouvements d’indépendance. Même en Grande-Bretagne, l’idée longtemps répandue selon laquelle les Britanniques civilisaient d’une certaine manière les populations de leurs colonies était sérieusement remise en question, tout comme l’idée même d’un empire dans le XXe siècle d’après-guerre. De toute évidence, les autorités coloniales ne pouvaient pas prendre le risque de laisser la rébellion s'intensifier ou s'éterniser. 12 000 soldats furent mobilisés, ainsi que l'armée de l'air, et, avec l'aide de la police kenyane et d'une armée de recrues africaines locales, les rebelles furent traqués sans relâche et le mouvement fut finalement écrasé. La révolte était en grande partie terminée en 1956, lorsque le chef le plus en vue des Mau Mau, Dedan Kimathi, fut arrêté, jugé et pendu. Il fallut ensuite plusieurs années supplémentaires pour éliminer les groupes rebelles Mau Mau isolés. Pendant cette période, des milliers de Kenyans ordinaires furent contraints de rester dans les camps de détention. L'état d'urgence ne fut officiellement levé qu'en 1960.

Au total, environ 11 000 rebelles furent tués et au moins 80 000 personnes furent arrêtées pendant la rébellion. 2 000 Africains et 32 civils blancs furent tués par les rebelles Mau Mau. Plus d’un million d’Africains furent déplacés de force vers des villages gardés par les autorités coloniales. En 2013, le gouvernement britannique a reconnu que des atrocités avaient été commises par les deux camps et a débloqué 20 millions de livres sterling pour indemniser les victimes de violences policières pendant la révolte des Mau Mau.

### Indépendance du Kenya

Les problèmes du Kenya, et en particulier ceux des Africains, n'ont pas disparu avec la fin de la rébellion. En 1956, la population blanche du Kenya ne représentait encore qu'à peine 1 % de la population totale. Au moins, le gouvernement britannique commençait à admettre qu'un changement devait avoir lieu. Des réformes agraires ont été mises en place, notamment l'ouverture des White Highlands aux colons africains, et des subventions ont été accordées à l'agriculture africaine. Ces réformes n'ont profité qu'aux Kenyans les plus aisés, plutôt qu'aux agriculteurs les plus pauvres qui avaient rejoint le mouvement Mau Mau. Néanmoins, ce n'était plus qu'une question de temps et de savoir quelle forme prendrait l'autonomie. En effet, il est tout à fait possible que la révolte des Mau Mau ait, au contraire, retardé les progrès politiques vers l'indépendance, car aucun transfert de pouvoir ne pouvait être envisagé tant qu'une certaine stabilité n'était pas rétablie. Le Ghana, par exemple, avait obtenu son indépendance en 1957.

Le Premier ministre britannique Harold Macmillan, en fonction de 1957 à 1963, a décrit de manière célèbre les inexorables mouvements qui appelaient à l’indépendance à travers l’Empire britannique comme un "vent de renouveau" lors d’un discours prononcé en Afrique du Sud en 1960. Les dirigeants coloniaux dans les colonies concernées étaient quant à eux nettement moins enthousiastes à l’idée de changement. Patrick Renison, gouverneur du Kenya à partir de 1959, continua d’insulter des personnalités telles que Kenyatta, le qualifiant de "chef menant vers les ténèbres et la mort" (Marshall, 177). Néanmoins, Kenyatta fut libéré de prison en 1961, et des élections libres furent organisées; elles virent les premiers Africains entrer au gouvernement. Une autre élection en 1963, cette fois au suffrage universel, permit à Kenyatta et à son parti, désormais appelé Union nationale africaine du Kenya (KANU), de former un gouvernement. Le Kenya obtint son indépendance le 12 novembre 1963, et Kenyatta devint son premier Premier ministre, puis président en 1964 (lorsque le Kenya devint une république), poste qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1978. Bien que loin d’être exempt de troubles, le Kenya a depuis joui d’une plus grande stabilité politique et économique que la plupart des États postcoloniaux d’Afrique.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Dalziel, Nigel . *The Penguin Historical Atlas of the British Empire.* Penguin Books, 2006.](https://www.worldhistory.org/books/0141018445/)
- [James, Lawrence. *Empires in the Sun.* Pegasus Books, 2017.](https://www.worldhistory.org/books/1681774631/)
- [James, Lawrence. *The Rise and Fall of the British Empire.* St. Martin's Griffin, 1997.](https://www.worldhistory.org/books/031216985X/)
- [Marshall, P. J. *The Cambridge Illustrated History of the British Empire.* Cambridge University Press, 1996.](https://www.worldhistory.org/books/0521432111/)
- [Oliver, R. A. *Cambridge Encyclopedia of Africa.* Cambridge University Press, 1981.](https://www.worldhistory.org/books/0521230969/)
- [Pakenham, Thomas. *Scramble for Africa .* Econ Verlag, 1970.](https://www.worldhistory.org/books/3430174163/)
- [Philip Curtin & Steven Feierman & Leonard Thompson & Jan Vansina. *African History.* Pearson, 1995.](https://www.worldhistory.org/books/0582050707/)
- [Reid, Richard J. *A History Of Modern Africa.* WB, 2011.](https://www.worldhistory.org/books/1405132655/)
- [The Kenya Emergency Explained](https://www.iwm.org.uk/history/cold-war-and-late-20th-century-conflicts/the-kenya-emergency-explained "The Kenya Emergency Explained"), accessed 28 Apr 2026.

## Auteur

Mark est directeur de publication pour WHE et est titulaire d'une maîtrise en philosophie politique (Université de York). Il est chercheur, écrivain, historien et éditeur. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées communes à toutes les civilisations.

## Chronologie

- **1952 CE - 1960 CE**: The [Mau Mau rebellion](https://www.worldhistory.org/Mau_Mau_Rebellion/) against British rule in Kenya.
- **1952 CE - 1961 CE**: Jomo Kenyatta, the Kenyan nationalist leader, is arrested and falsely imprisoned during the [Mau Mau rebellion](https://www.worldhistory.org/Mau_Mau_Rebellion/).

## Liens externes

- [The Kenya Emergency - IWM](https://www.iwm.org.uk/history/cold-war/kenya-emergency)
- [The Kenya Emergency Explained](https://www.youtube.com/watch?v=bh6MoD6lJHo)
- [[PDF] A Kenyan Revolution: Mau Mau, Land, Women, and Nation.](https://dc.etsu.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=3495&context=etd)
- [The Mau Mau Rebellion | African Studies Center - Boston University](https://www.bu.edu/africa/outreach/teachingresources/history/colonialism/the-mau-mau-rebellion/)

## Citer cette ressource

### APA
Cartwright, M. (2026, May 04). Révolte des Mau Mau: Nationalisme et terrorisme au Kenya britannique. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26203/revolte-des-mau-mau/>
### Chicago
Cartwright, Mark. "Révolte des Mau Mau: Nationalisme et terrorisme au Kenya britannique." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, May 04, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26203/revolte-des-mau-mau/>.
### MLA
Cartwright, Mark. "Révolte des Mau Mau: Nationalisme et terrorisme au Kenya britannique." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 04 May 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26203/revolte-des-mau-mau/>.

## Licence & Copyright

Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 04 May 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

