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title: Pierre Gaveston: De l'ascension à la chute du compagnon controversé d'Édouard II
author: Harrison W. Mark
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24381/pierre-gaveston/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)
updated: 2026-04-30
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# Pierre Gaveston: De l'ascension à la chute du compagnon controversé d'Édouard II

_Rédigé par [Harrison W. Mark](https://www.worldhistory.org/user/harrisonwmark/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Pierre Gaveston [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)(vers 1284-1312) était un noble anglais d’origine gasconne, célèbre pour avoir été le favori du roi Édouard II d’Angleterre (r. de 1307 à 1327). Les origines modestes de Gaveston et l’influence excessive qu’il exerçait sur le roi suscitèrent la jalousie et le ressentiment au sein de la noblesse anglaise. Ses ennemis le firent exiler d'Angleterre à plusieurs reprises, mais il était toujours invité à revenir par le roi, et il revenait plus hautain et plus sûr de lui qu'auparavant. Finalement, les comtes en eurent assez; ils le traquèrent, le capturèrent et l'assassinèrent à Blacklow Hill en 1312. Gaveston provoqua une rupture entre Édouard II et les seigneurs du pays, ce qui finit par conduire à la chute du roi.

### Jeunesse

Pierre Gaveston vit le jour en Gascogne, une province du sud-ouest de la France, vers 1284; bien que l'année exacte soit inconnue, on dit qu'il avait à peu près le même âge qu'Édouard II, ce qui situerait sa naissance au milieu des années 1280. Son père, Arnaud de Gabaston, avait été chevalier au service du vicomte de Béarn jusqu’à ce que son mariage avec la riche héritière Claramonde de Marsan ne lui apporte de vastes étendues de terres en Gascogne. Alors qu’il s’installait dans sa nouvelle vie de chevalier terrien, les choses allaient bien pour Gabaston, et il passa les années suivantes à s’occuper de ses domaines et de sa famille grandissante.

Puis, vers 1287, Claramonde mourut, ce qui incita plusieurs de ses parents et voisins à sortir de l'ombre pour faire valoir leurs droits sur ses terres. Les tentatives de Gabaston pour défendre ses biens contre ces envahisseurs débouchèrent sur une série de longues et coûteuses batailles juridiques qui épuisèrent ses fonds et durèrent jusqu'à la fin de sa vie. Ayant désespérément besoin d'argent, Gabaston offrit ses services de chevalier à son suzerain, le roi [Édouard Ier d'Angleterre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18603/edouard-ier-dangleterre/) (r. de 1272 à 1307).

Gabaston remplit plusieurs fonctions pour le roi. À deux reprises, il servit d’otage, séjournant à la cour de souverains hostiles en gage de la bonne volonté d’Édouard Ier. Le plus souvent, il accompagnait le roi dans ses nombreuses campagnes militaires, combattant aussi loin que le Pays de Galles et l’Écosse. Lorsque ses fils furent en âge de le faire, Gabaston les emmena avec lui pour leur donner une éducation militaire sur le terrain. Piers Gaveston n’était encore qu’un adolescent lorsqu’il accompagna son père en Flandre lors d’une campagne en 1297. On ignore exactement ce qui se passa ensuite, mais Gaveston dut se montrer très vaillant, car il attira l’attention du roi.

Édouard Ier s’inquiétait pour son fils et héritier, le prince Édouard de Caernarfon, qui ne manifestait pas les traits "virils" dignes d’un futur monarque. Plutôt que de fréquenter les comtes et les barons du royaume, le prince préférait l'humble compagnie des comédiens et des bouffons. Plutôt que de s’entraîner à la noble pratique des armes, le garçon préférait des passe-temps plus rustiques comme la natation et la pose de chaume. Édouard Ier espérait qu’une amitié avec un jeune homme chevaleresque et martial comme Gaveston remettrait le prince Édouard sur le droit chemin. Quelque temps avant la mort de son père – vers 1302 – Gaveston entra au service du prince.

Gaveston était déjà devenu un fort bel homme plein de charme. Un chroniqueur le décrit comme "gracieux et agile de corps, vif d’esprit, raffiné dans ses manières… \[et\] versé dans les affaires militaires" (cité dans Jones, 359). Le prince Édouard tomba rapidement sous le charme de son charisme, et très vite, les deux jeunes hommes devinrent pratiquement inséparables. "Lorsque le fils du roi le vit", écrit un autre chroniqueur, "il tomba tellement amoureux qu’il conclut avec lui un pacte durable et choisit de nouer avec lui un lien d’affection indissoluble, devant tous les autres mortels" (cité dans Weir, 35).

Il n’était pas rare, dans l’Angleterre médiévale, que de jeunes hommes se jurent des pactes de fraternité de sang. Pourtant, le lien entre Gaveston et le prince était si intime qu’il attira l’attention de tous à la cour. Naturellement, beaucoup commencèrent à murmurer sur la nature exacte de leur relation; un écrivain contemporain la condamna comme une "union illicite et pécheresse" tandis qu’un autre accusa le prince Édouard d’être "particulièrement enchanté par le vice de la sodomie" (*ibid.*). Certains chercheurs modernes s’accordent à dire qu’Édouard et Gaveston étaient amants, bien qu’il soit impossible de l’affirmer avec certitude.

Que les deux jeunes hommes aient été amants ou simplement des amis proches, le roi Édouard Ier regretta bientôt l’influence de Gaveston sur son fils. Le Gascon était hautain et d’une arrogance insupportable, des traits de caractère qui commencèrent à offenser les nobles de Westminster. En 1305, Édouard Ier bannit Gaveston de la cour – cette décision n’avait toutefois pas grand-chose à voir avec Gaveston, mais visait à punir le prince pour s’être disputé avec le trésorier royal. Gaveston revint quelques mois plus tard et fut adoubé en mai 1306. Il partit rejoindre le roi dans l’une de ses nombreuses campagnes contre les Écossais, mais se montra incapable de rester dans le droit chemin. Lui et 21 autres chevaliers s’éclipsèrent de l’armée du roi pour participer à un tournoi.

[ ![Ivory Casket Panel of a Knight in Combat](https://www.worldhistory.org/img/r/p/750x750/21760.jpg?v=1776888161-1776924812) Plaque de cercueil en ivoire avec chevalier au combat British Musuem (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/21760/ivory-casket-panel-of-a-knight-in-combat/ "Ivory Casket Panel of a Knight in Combat")Édouard Ier fut furieux lorsqu’il l’apprit et exigea l’arrestation des déserteurs, mais il annula l’ordre lorsque son épouse le convainquit de changer d’avis. La goutte d’eau qui fit déborder le vase survint au début de l’année 1307, lorsque le prince Édouard s’adressa à son père pour lui demander que le comté de Ponthieu soit accordé à Gaveston. C’en était tout simplement trop; le roi entra dans une rage folle, attrapa son fils et lui arracha des mèches de cheveux. "Espèce de salaud", hurla-t-il, "tu veux donner des terres? Toi qui n’en as jamais gagné aucune? Par le Seigneur, si ce n’était la crainte de voir le royaume se désagréger, tu ne jouirais jamais de ton héritage!" (cité dans Jones, 357).

### Ascension au pouvoir

En février 1307, peu après sa dispute avec son fils, Édouard Ier bannit Gaveston du royaume. Mais cet exil ne devait pas durer longtemps. À peine cinq mois plus tard, Édouard Ier tomba gravement malade alors qu’il menait une nouvelle campagne en Écosse. Réalisant qu’il était mourant, il convoqua ses hommes les plus puissants, Henry de Lacy, comte de Lincoln, et Guy de Beauchamp, comte de Warwick, et leur fit promettre de veiller sur son fils et d’empêcher le retour de Gaveston.

Malgré leurs promesses, Lincoln et Warwick furent impuissants à intervenir lorsque le prince – désormais le roi Édouard II – rappela Gaveston de son exil presque immédiatement après son accession au trône. Comme pour afficher son nouveau pouvoir et son indépendance, Édouard II accorda à Gaveston le comté de Cornouailles, un titre assorti d’un revenu annuel de 4 000 livres. Le nouveau roi arrangea également un mariage entre son favori et Marguerite de Clare, sœur du comte de Gloucester. D'un seul coup, Gaveston était passé du statut d'exilé déshonoré à celui de l'un des hommes les plus puissants d'Angleterre.

Le favoritisme dont Édouard II comblait Gaveston dérangeait les puissants barons anglais, qui se sentaient menacés par l’ascension soudaine au pouvoir du Gascon. Non seulement était-il un étranger – et de basse extraction, qui plus est –, mais il semblait prendre plaisir à mépriser les descendants des familles les plus distinguées d’Angleterre. "Les magnats le haïssaient", écrit l’auteur anonyme de la *Vita Edwardi Secundi,* "car lui seul trouvait grâce aux yeux d’Édouard II et se comportait en maître sur eux comme un second roi… son nom était vilipendé de tous côtés" (cité dans Hallam, 167).

En janvier 1308, le roi quitta l’Angleterre pour épouser la princesse [Isabelle de France](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21817/isabelle-de-france/). Il nomma Gaveston régent pour gouverner en son absence; bien que Gaveston ne semble pas avoir abusé de ses fonctions, sa nomination consterna néanmoins l’ancienne noblesse, car la régence était souvent confiée à un comte de haut rang ou à un proche de la famille royale. Le mois suivant, Gaveston joua un rôle central lors de la cérémonie de couronnement d’Édouard II. Il était vêtu d'un habit pourpre somptueux, tel "le [dieu](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10299/dieu/) [Mars](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10341/mars/)", et portait la couronne sacrée d'[Édouard le Confesseur](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18759/edouard-le-confesseur/). Au cours du banquet qui suivit, les invités furent scandalisés de voir la salle ornée des armoiries d'Édouard et de Gaveston, plutôt que de celles d'Édouard et de la reine Isabelle. En effet, Édouard II passa la quasi-totalité du banquet assis à bavarder avec Gaveston, ignorant les autres convives, y compris Isabelle.

[ ![Portrait of Edward II of England](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/11682.jpg?v=1771301303) Portrait d'Édouard II d'Angleterre Unknown Artist (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/11682/portrait-of-edward-ii-of-england/ "Portrait of Edward II of England")Les barons comprirent que Gaveston exerçait une trop grande emprise sur le roi et qu’il fallait s’occuper de lui, de peur que son influence ne s’accroisse davantage. Lors d’une session du Parlement en avril 1308, le comte de Lincoln – se souvenant peut-être de la promesse qu’il avait faite à Édouard Ier sur son lit de mort – présenta une série d’articles, dont l’un demandait que Gaveston soit dépouillé de ses titres et banni. Parmi les accusations portées par Lincoln contre le favori du roi figuraient le fait qu’"il déshérite la couronne et… l’appauvrisse… et sème la discorde entre le roi et son peuple" (cité dans Jones, 365). Édouard II résista d’abord à cette demande, mais Lincoln bénéficiait du soutien des comtes les plus puissants du royaume. Finalement, le roi céda et accepta d’envoyer Gaveston en exil.

Mais le bannissement de Gaveston ne fut pas aussi complet que ses ennemis l’auraient souhaité. Au lieu de cela, Édouard II lui accorda des terres en Gascogne et le nomma lieutenant royal d’Irlande. Après des adieux larmoyants, Gaveston se rendit en Irlande, où il attendit son heure, menant plusieurs campagnes contre les insurgés irlandais. Édouard II, quant à lui, s’efforça de garantir son retour. Ses négociations avec Lincoln et les autres comtes aboutirent au Statut de Stamford, dans lequel il accorda plusieurs concessions politiques en échange de la fin de l'exil de Gaveston. En août 1309, Gaveston revint en Angleterre et fut rétabli dans ses fonctions de comte de Cornouailles.

### Troisième exil et retour

Si les comtes espéraient que, pendant son exil, Gaveston avait réfléchi à son arrogance et reviendrait repentant, ils se trompaient lourdement. À son retour, Gaveston se montra aussi arrogant et mesquin que jamais, affublant les comtes de surnoms insultants. Par exemple, il surnomma le corpulent comte de Lincoln "Ventre gonflé", qualifia le comte de Gloucester de "fils de pute" et baptisa le comte de Warwick « le "Chien noir d’Arden"; "Me traite-t-il de chien?" grogna Warwick lorsqu’il apprit l’insulte. "Qu’il prenne garde, de peur que je ne le morde!" (cité dans Weir, 68).

Mais Gaveston, déterminé à se venger, alla au-delà de la simple moquerie. Il persuada ouvertement Édouard II d’accorder des charges et des faveurs à ses amis et partisans, montrant ainsi qu’il exerçait toujours une influence indue sur le royaume. Furieux, les comtes s’unirent une nouvelle fois contre lui. Lors d’une session du Parlement en février 1310, ils déclarèrent que "la situation du roi et du royaume s’était considérablement détériorée depuis la mort du précédent roi Édouard" (cité dans Jones, 368). Dressant une liste de griefs, ils accusèrent le roi d’avoir été guidé par de mauvais conseillers, ce qui l’avait conduit à négliger ses devoirs royaux.

Pour sauver le royaume de Gaveston, les barons décidèrent qu’ils devaient limiter le pouvoir du roi. Ils exigèrent l’élection de 21 "hommes discrets et puissants, jouissant d’une bonne réputation", qui seraient chargés de rédiger une liste de réformes visant à restreindre l’autorité royale sur les comtes. Bien qu’Édouard II fût réticent à accepter ces exigences, il se heurta une fois de plus à l’opposition des seigneurs les plus puissants d’Angleterre et fut contraint de céder. Le 20 mars 1310, ces 21 hommes, connus sous le nom d’*Ordainers*, prêtèrent serment et se mirent au travail pour rédiger leurs réformes.

Édouard II savait que s’il voulait conserver son autorité, il devait agir vite et remporter une victoire qui rendrait les *Ordainers* impuissants. Pour ce faire, il s’inspira de la stratégie de son père et envahit l’Écosse en septembre 1310. Son armée, cependant, était lamentablement mal préparée. Après une campagne infructueuse, il retourna en Angleterre, pour découvrir que la situation s’était aggravée. Le comte de Lincoln, qui avait été le chef de file des *Ordainers*, était décédé en février 1311. Bien qu’il se fût souvent opposé à Gaveston, Lincoln était un modéré, et sa présence au sein du conseil promettait de freiner les réformateurs les plus zélés. Son remplaçant, Thomas, comte de Lancaster, était un homme dangereux et ambitieux, peu susceptible de faire preuve de la même retenue.

Et de fait, les pires craintes d’Édouard II se réalisèrent bientôt. En septembre 1311, Lancaster présenta au roi une liste de 41 ordonnances, dont la plupart imposaient des restrictions au pouvoir royal. Mais pour le roi, l’ordonnance la plus scandaleuse était celle qui exigeait l’exil définitif de Gaveston, au motif qu’il avait "égaré le roi" et "éloigné le cœur du roi de ses vassaux" (Jones, 372). Vaincu, Édouard II n’eut d’autre choix que d’accepter. En novembre 1311, Gaveston s’exila une nouvelle fois, se rendant cette fois en Flandre. Il n’y resta cependant que quelques semaines, car Édouard II le fit revenir en secret; le roi avait changé d’avis et décidé qu’il n’accepterait pas sans se battre les humiliantes ordonnances de 1311. Gaveston fit route vers l’Angleterre et rejoignit le roi dans le Yorkshire vers Noël. Il arriva juste à temps pour assister à la naissance de sa fille, Jeanne.

Les ennemis de Gaveston n'étaient pas prêts à laisser passer ce défi sans réagir. L'archevêque de Cantorbéry fit excommunier Gaveston, tandis que Lancastre et les autres barons commençaient à se préparer à la [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/). En mars 1312, ils rassemblèrent une armée sous prétexte d'organiser un tournoi. Puis, le mois suivant, Lancastre mena l'armée vers le nord, bien décidé à régler son compte à Gaveston une bonne fois pour toutes. Avec l'armée des barons à leurs trousses, Édouard II et Gaveston décidèrent de se séparer le 4 mai: le roi se rendrait à York, tandis que Gaveston fortifiait le château de Scarborough.

[ ![Scarborough Castle Ruins](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21759.jpg?v=1776885711-1776924847) Ruines du château de Scarborough George Shepherd (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/21759/scarborough-castle-ruins/ "Scarborough Castle Ruins")### Capture, mort et conséquences

Après avoir appris que le roi et Gaveston s'étaient séparés, Lancastre positionna son armée entre eux et envoya une petite troupe assiéger Scarborough. Dès qu'il vit les hommes du comte devant sa fenêtre, Gaveston sut que tout était fini, car il n'avait ni la nourriture ni les effectifs nécessaires pour résister à un siège prolongé. Il envoya une lettre à Aymer de Valence, comte de Pembroke, lui proposant de se rendre à une seule condition: que Pembroke jure de ne pas lui faire de mal. Pembroke, ravi d’avoir l’occasion d’être celui qui mettrait fin au conflit, accepta et fit le serment solennel de garantir la sécurité de Gaveston. Sur ce, Gaveston se rendit le 19 mai. Il fut mis aux fers et emmené vers le sud, au village de Deddington dans l’Oxfordshire, où Pembroke fit halte pour attendre l’arrivée de Lancastre et des autres comtes. Gaveston supposa – comme presque tout le monde – qu’il serait utilisé comme un pion pour amener Édouard II à accepter les Ordonnances, après quoi il serait à nouveau banni sur le continent.

Mais la situation prit alors un tournant inattendu. Peu après son arrivée à Deddington, Pembroke annonça soudainement et de manière inexplicable qu’il partait rendre visite à sa femme à Bampton, mais qu’il laisserait son prisonnier sur place sous une faible escorte. Tôt le lendemain matin, le 10 juin, un important groupe d’hommes en armes fit son entrée dans le village; à leur tête se trouvait nul autre que le comte de Warwick, que Gaveston avait autrefois raillé en le qualifiant de "Chien noir d’Arden". Alors que ses hommes encerclaient la chambre où Gaveston était détenu, Warwick s’écria d’une voix tonitruante: "Lève-toi, traître! Tu es prisonnier" (cité dans Hallam, 185).

Lorsqu’il comprit qu’il était encerclé et que ses propres gardes n’avaient aucunement l’intention de riposter, Gaveston s’habilla et se livra une nouvelle fois à l’ennemi. Vindicatif, Warwick le fit sortir de Deddington à pied, ses hommes faisant retentir leurs clairons pour annoncer leur victoire. Gaveston fut emmené au château de Warwick, où il fut jeté dans le [donjon](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17073/donjon/).

Au cours de la semaine suivante, les autres comtes rebelles affluèrent à Warwick, impatients de voir ce qu’il adviendrait de ce gênant Gascon. Peu après, Lancastre arriva et, en tant que noble le plus haut placé sur les lieux, prit la responsabilité de décider du sort de Gaveston. Le 19 juin, le prisonnier fut traîné devant un tribunal improvisé mis sur pied par Lancastre et Warwick. Accusé de trahison, il fut reconnu coupable et condamné à mort. En apprenant la sentence, Gaveston se serait apparemment agenouillé devant Lancastre et aurait imploré sa clémence en s’écriant: "Noble comte, ayez pitié de moi!"

[ ![Guy de Beauchamp Stands Atop the Beheaded Piers Gaveston](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/21758.jpg?v=1776884331-1776924995) Guy de Beauchamp se tient au-dessus du corps décapité de Pierre Gaveston T. Tovey (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/21758/guy-de-beauchamp-stands-atop-the-beheaded-piers-ga/ "Guy de Beauchamp Stands Atop the Beheaded Piers Gaveston")Lancastre, cependant, ne fit preuve d’aucune pitié et se contenta de dire à ses gardes: "Relevez-le, relevez-le. Au nom de Dieu, qu’on l’emmène" (*ibid.*). Deux gardes s’emparèrent de Gaveston et le traînèrent jusqu’à Blacklow Hill, à trois kilomètres au nord du château de Warwick. Là, il fut assassiné; l’un des gardes le transperça d’un coup d’épée, l’autre lui trancha la tête. Ainsi prit fin la vie du favori du roi, âgé d’environ 27 ou 28 ans.

Les gardes prirent la tête coupée de Gaveston et la présentèrent comme un trophée à Lancastre, tandis que son corps fut laissé sur Blacklow Hill pour servir de pâture aux corbeaux. Finalement, ses restes furent récupérés par des frères dominicains, qui prirent soin de recoudre sa tête sur son corps et l’emmenèrent à Oxford. Il fut embaumé, revêtu d’habits dorés, et laissé en repos dans la maison dominicaine pendant les trois années suivantes; comme il était toujours excommunié, il ne pouvait être enterré en terre consacrée. Finalement, au début de l’année 1315, le roi convainquit le pape d’absoudre Gaveston, qui fut alors enterré dans un tombeau somptueux, aujourd’hui disparu.

Selon l’auteur de la *Vita Edwardi Secundi*, Édouard II "fut profondément affligé" en apprenant la mort de Gaveston, se lamentant auprès de ses courtisans: "Par l’âme de Dieu, il s’est comporté comme un imbécile. S’il avait suivi mon conseil, il ne serait jamais tombé entre les mains des comtes" (*ibid.*). Mais bientôt, le chagrin initial du roi fit place à la rage, et il jura de se venger des hommes qui avaient assassiné son favori. Bien qu’il finît par vaincre et tuer Lancastre lors de la bataille de Boroughbridge, le mal était fait pour son règne. La querelle entre le roi et ses barons, qui avait commencé avec Gaveston, ne fit que s’intensifier et finirait par contribuer à la chute finale d’Édouard II.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- [Hallam, Elizabeth. *Four Gothic Kings.* Grove Pr, 1987.](https://www.worldhistory.org/books/1555841716/)
- [Jones, Dan. *The Plantagenets.* Penguin Books, 2014.](https://www.worldhistory.org/books/0143124927/)
- [Piers Gaveston, earl of Cornwall | English Noble, Edward I’s Favorite | Britannica](https://www.britannica.com/biography/Piers-Gaveston-Earl-of-Cornwall "Piers Gaveston, earl of Cornwall | English Noble, Edward I’s Favorite | Britannica"), accessed 10 Apr 2026.
- [Weir, Alison. *Queens of the Age of Chivalry.* Ballantine Books, 2023.](https://www.worldhistory.org/books/1101966742/)

## Auteur

Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.
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## Questions & Réponses

### Le roi Édouard II et Gaveston étaient-ils amants?
Bien qu'il soit impossible de l'affirmer avec certitude, il est plausible que le roi Édouard II et Pierre Gaveston aient été amants. Leur relation était exceptionnellement étroite, même pour l'époque, et de nombreux chroniqueurs contemporains les en ont accusés. Il n'existe toutefois aucune preuve irréfutable pour étayer cette hypothèse. 

### Qui était Pierre Gaveston?
Pierre Gaveston était un chevalier originaire de Gascogne qui devint le compagnon intime et le favori du roi Édouard II d'Angleterre. Son influence sur le roi suscita la colère et la jalousie des puissants barons du royaume. 

### Comment Pierre Gaveston est-il mort?
Pierre Gaveston fut capturé par des barons rebelles et décapité en 1312.


## Citer cette ressource

### APA
Mark, H. W. (2026, April 30). Pierre Gaveston: De l'ascension à la chute du compagnon controversé d'Édouard II. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24381/pierre-gaveston/>
### Chicago
Mark, Harrison W.. "Pierre Gaveston: De l'ascension à la chute du compagnon controversé d'Édouard II." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, April 30, 2026. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24381/pierre-gaveston/>.
### MLA
Mark, Harrison W.. "Pierre Gaveston: De l'ascension à la chute du compagnon controversé d'Édouard II." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 30 Apr 2026, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24381/pierre-gaveston/>.

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Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 30 April 2026. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

