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title: Matariki
author: Kim Martins
translator: Babeth Étiève-Cartwright
source: https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19856/matariki/
format: machine-readable-alternate
license: Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/)
updated: 2021-10-27
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# Matariki

_Rédigé par [Kim Martins](https://www.worldhistory.org/user/kim.martins/)_
_Traduit par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright)_

Le peuple maori d'Aotearoa [](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1290/fantomes-nordiques-et-au-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-148/textes-des-pyramides-guide-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-119/les-chaouabtis-la-main-doeuvre-de-lau-dela/)[](https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1942/communautes-diasporiques-en-mediterranee-et-au-del/)(Nouvelle-Zélande) observe depuis longtemps le lever héliaque (avant l'aube) de l'amas d'étoiles communément appelé Pléiades ou Messier 45 (M45), situé dans la constellation du Taureau. Matariki est le mot maori désignant ce groupe de sept étoiles, qui constituent une caractéristique astronomique importante et une source de connaissances cosmiques pour les Maoris.

Les Pléiades sont visibles la majeure partie de l'année dans le ciel nocturne mais descendent sous l'horizon occidental en début de soirée au mois de mai. L'apparition avant l'aube de Matariki à l'horizon nord-est au début des mois d'hiver (juin et juillet) signifie le début du nouvel an maori, célébré par des chants, des danses et la reconnaissance du lien profond de Matariki avec la récolte, la célébration de la vie et l'honneur des *tupuna* (ancêtres). Matariki coïncidait avec la fin de la saison des récoltes, lorsque les *pātaka* (entrepôts de nourriture) étaient pleins et qu'il y avait plus de temps à passer avec la *whanau* (famille).

Le dernier lever héliaque de Matariki, en juin, était particulièrement important car les Maoris croyaient que les esprits ou la force vitale (*wairua*) de ceux qui étaient morts voyageaient le long de *Te Ara Wairua* (chemin des esprits), pour descendre dans le monde souterrain et la nuit sans fin. *Pohutukawa*, l'une des étoiles de l'amas Matariki, était liée aux morts, et les *whanau* faisaient leurs adieux aux êtres chers en appelant les noms des défunts lorsque Matariki se levait dans le ciel du petit matin.

Les *Tohunga kokorangi* (experts en astronomie) observaient la visibilité, la forme et la couleur de chaque étoile de l'amas Matariki et faisaient des prédictions sur l'année à venir pour leur *iwi* (tribu). Par exemple, si les étoiles étaient brumeuses et semblaient proches les unes des autres, on prévoyait un hiver froid, et la plantation de la *kumara* (patate douce) serait retardée jusqu'en octobre. Les navigateurs maoris experts en navigation sur leurs *waka* (canoës) utilisaient Matariki comme système de guidage céleste dans leur voyage à travers le Pacifique.

Tous les *iwi* ne célèbrent pas Matariki au même moment, mais c'est une période de renouveau et de réflexion, ainsi qu'une occasion de tirer des leçons des succès et des échecs de l'année écoulée. Traditionnellement, un *pūtātara* (trompette en coquillage) était utilisé pour signaler le début de Matariki, et ils faisaient voler des *pākau* (cerfs-volants) car on pensait qu'ils touchaient le ciel.

### Les Pléiades dans le monde antique

Les Pléiades exaltent depuis longtemps l'imagination des gens, et ce, dans le monde entier, peut-être parce qu'il s'agit de l'un des amas d'étoiles les plus proches de la Terre (440 années-lumière) et qu'il peut être vu à l'œil nu. Les étoiles des Pléiades sont considérées comme des "étoiles sœurs", nées du même nuage de poussière il y a environ 100 millions d'années.

Les Pléiades ont servi de calendrier agricole et maritime à de nombreuses civilisations, ainsi que de marqueur temporel. On pense que ce nom vient du grec ancien "*plein*", qui signifie "naviguer", bien qu'une autre version du nom soit orthographiée "*Peleiades*", qui signifie "bande de colombes". Pour les Grecs, les Pléiades marquaient le retour de la navigation en Méditerranée. Des dessins paléolithiques vieux de 20 000 ans des grottes de Lascaux, en France, représenteraient les Pléiades.

L'ensemble de l'amas d'étoiles contient plus de 1000 étoiles, bien que seules six à neuf soient visibles à l'œil nu, selon la qualité de vue de l'observateur. Dans l'Antiquité classique, le chiffre sept était considéré comme mystique et de bon augure, c'est pourquoi les Pléiades étaient appelées les Sept Sœurs, les Sept Demoiselles ou les Sept Petites Filles. Les Grecs anciens considéraient les Pléiades comme les sept filles d'[Atlas](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11850/atlas/) et de Pléione (protectrice de la voile), tandis que les Aborigènes australiens pensent qu'il s'agit de sept femmes poursuivies par des hommes mythologiques.

Un artefact de l'âge du bronze, le disque céleste de Nebra, datant de 1600 avant notre ère, a été découvert dans la forêt de Ziegelroda en Allemagne. Un groupe de sept points en haut à droite du disque a été interprété comme la constellation des Pléiades.

[ ![Nebra Sky Disc](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/366.jpg?v=1772374448) Disque céleste de Nebra Rainer Zenz (CC BY-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/366/nebra-sky-disc/ "Nebra Sky Disc")Pour les Celtes, l'apparition des Pléiades avant l'aube signalait un changement de saison et était associée à la célébration des morts. Des prières étaient dites, et c'est une coutume qui se répète encore aujourd'hui avec la veille de la Toussaint (Hallow) le 31 octobre. Une croyance commune à de nombreuses cultures concernant l'amas des Pléiades au seuil de l'hiver est la croyance que la frontière entre notre monde et le suivant est un voile fin qui nous permet de nous connecter à ceux qui sont passés. Pour les Maoris, la notion de frontière mince était une confirmation supplémentaire du lien étroit avec les ancêtres et le *whakapapa* (généalogie).

En Amérique du Nord, les Cherokees croyaient qu'ils descendaient des Pléiades et qu'ils étaient venus sur Terre sous forme de graines d'étoiles, ce qui fait référence au nom que le peuple Zuni de l'actuel Nouveau-Mexique donnait à l'amas d'étoiles - les étoiles semences. Pour de nombreuses cultures dans le monde, "étoiles semences" est un nom approprié car la saison des semis est associée à la disparition de l'amas au printemps dans l'hémisphère nord.

Le nom japonais des Pléiades est Subaru, qui signifie "rassemblement" ou "réunion". Le logo de Subaru, le constructeur automobile japonais, comporte six étoiles. L'une des premières références astronomiques aux Pléiades dans la [littérature](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-562/litterature/) chinoise date de 2357 av. JC, et l'amas scintillant était appelé étoiles de floraison ou étoiles-fleurs.

Bien que les Pléiades aient été connues sous différents noms au cours de l'histoire, les anciennes cultures et mythologies associées à l'arrangement d'étoiles en forme de petite louche partageaient certains thèmes: le changement des saisons, le renouveau et la mort, les plantations et les récoltes.

### Matariki dans le Pacifique

Dans le Pacifique pré-européen, la traditoin désignait les Pléiades par plusieurs noms qui présentent des similitudes linguistiques: *Matali'i* (Samoa), *Matari'i* (Tahiti), *Makali'i* (Hawaii), *Mata-ariki* (archipel des Tuamotu) et *Matariki* (Rapa Nui, Rarotonga et Aotearoa).

Matariki a été traduit par "petits yeux" bien que les Maoris le traduisent par "les yeux du [dieu](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10299/dieu/)", une abréviation de *Ngā Mata o te Ariki*. Selon une légende, le dieu auquel on fait référence est Tāwhirimātea, dieu des vents et de la météo. Il fut désemparé lorsque ses parents, Ranginui (père du ciel) et Papatūānuku (mère de la terre), furent séparés de force par leurs autres enfants, et que Ranginui fut envoyé dans les cieux. Tāwhirimātea lui arracha les yeux et les lança dans les cieux en signe de son *aroha* (amour) pour son père, où ils se collèrent à la poitrine de Ranginui, formant ainsi Matariki. *Te Tautari-nui-o-Matariki* est un autre nom pour l'amas d'étoiles et signifie "Matariki fixé dans les cieux".

Pour certains *iwi*, Matariki est un amas de sept étoiles contenant une mère (*whaea*), entourée de ses six filles portant les noms d'étoiles suivants: Tupu-ā-nuku, Tupu-ā-rangi, Waipunarangi, Waitī, et sa jumelle, Waitā, et Ururangi. L'astronome maori, le Dr Rangi Mātāmua, suggère que deux étoiles ont été perdues dans le savoir indigène - Pōhutukawa et Hiwaiterangi - faisant en fait de Matariki un groupe de neuf étoiles. Selon ce *whakapapa* (généalogie), chaque étoile a un but défini qui est lié à la croyance maorie selon laquelle Matariki veille au bien-être, aux récoltes abondantes, à la vie et à la mort :

1. **Matariki** (la mère) est l'étoile individuelle Alcyone et est désignée comme *kai whakahaere* ou le "rassembleur", encourageant les gens à réfléchir sur le passé.
2. **Pōhutukawa** (Stérope/Astérope) est l'étoile qui transporte les esprits de ceux qui sont morts depuis le dernier lever héliaque de Matariki, reliant les vivants à ceux qui sont passés. Pōhutukawa donna naissance au dicton " *kua wheturangihia koe* " (tu es maintenant devenu une étoile).
3. **Tupuānuku** (Pléioné) est l'aînée des filles de Matariki et encourage la culture du *kai*, du *rongoā* et du *kākahu* (nourriture, médecine et vêtements).
4. **Tupuārangi** (Atlas) est liée aux oiseaux et à la nourriture provenant des arbres, comme les fruits et les baies. Les *Kererū* (pigeon de brousse) étaient attrapés, cuisinés et conservés dans leur graisse lorsque Matariki se levait au petit matin. Tupuārangi apprenait les chants des oiseaux indigènes, et son but était d'encourager le partage des cadeaux avec les autres.
5. **Waitī** (Maïa) est liée à l'eau douce et à la nourriture qui provient des rivières, des ruisseaux et des lacs.
6. **Waitā** (Taygète) est associée à l'océan. Les jumeaux, Waitī et Waitā, nous rappellent d'apprécier les sources d'eau et leur environnement.
7. **Waipunarangi** (Électre). Le nom de cette étoile peut être traduit par "eau qui se déverse dans le ciel" et associe l'amas d'étoiles à la pluie.
8. **Ururangi** (Mérope) détermine la nature des vents.
9. **Hiwaiterangi/Hiwa** (Céléno) est la plus jeune étoile de l'amas et est l'étoile des souhaits. Les Maoris demandaient que Hiwa apporte une récolte abondante ou que les espoirs et les rêves se réalisent.

Les premiers colons *Pākehā* (européens) tentèrent d'enregistrer l'histoire des étoiles maories. L'ethnographe du XIXe siècle, Elsdon Best (1856-1931), compila un dossier complet dans son livre, *The Astronomical Knowledge of the Maori* (1922), qui montrait que la connaissance ancestrale du cosmos faisait partie intégrante de la vie maorie. Trois explorateurs notables de la Nouvelle-Zélande enregistrèrent et publièrent des comptes rendus détaillés de la vie et de la culture maories sans y inclure l'astronomie maorie: Le capitaine James Cook (1728-1779), Jean-François-Marie de Surville (1717-1770), un capitaine marchand de la Compagnie française des Indes orientales, et l'explorateur français Marc Joseph Marion du Fresne (1724-1772), qui arriva dans la baie des îles (île du Nord) en 1772 et fut tué par des Maoris; tous avaient des astronomes à bord, qui effectuaient leurs propres observations astronomiques. Le savoir céleste indigène était cependant un savoir étroitement gardé, enseigné seulement à quelques privilégiés dans le *whare kōkōrangi* (maison d'apprentissage astronomique).

[ ![Elsdon Best](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/14251.jpg?v=1623729921) Elsdon Best Alexander Turnbull Library, Wellington, New Zealand. (Public Domain) ](https://www.worldhistory.org/image/14251/elsdon-best/ "Elsdon Best")Elsdon Best, écrivant plus de cent ans après le premier contact avec les Européens nota: "Il est certain qu'autrefois, le Maori moyen en savait beaucoup plus sur les étoiles que l'homme moyen parmi nous \[aujourd'hui\]" (cité dans Orchiston, 42).

À la fin du XIXe siècle, la colonisation européenne, la [guerre](https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-154/guerre/) et l'aliénation des terres, ainsi que les ravages de la maladie, ont fait que les pratiques astronomiques traditionnelles des Maoris et la célébration du Matariki avaient largement disparu.

### Matariki et Kumara

Matariki est profondément associé à la culture, la récolte, le stockage et le don de nourriture et était considéré par les Maoris comme un fournisseur de nourriture pour l'année à venir. L'apparition et le regroupement de l'amas d'étoiles pendant *Pipiri* (juin) étaient interprétés par les *tohunga kokorangi*, qui prédisaient alors le moment de la plantation, en particulier de la *kumara* (patate douce). Si l'interprétation était favorable, la plantation de la *kumara* commençait en septembre. Matariki est parfois appelé "*Hoko kumara*".

La *kumara* est un *taonga* (trésor) et une culture très prestigieuse pour les Maoris, dont les ancêtres polynésiens apportèrent le légume avec eux lorsqu'ils sont arrivèrent en Nouvelle-Zélande vers 1320-1350. Les offrandes de la première récolte de *kumara* étaient données à Matariki, et lorsque l'amas d'étoiles était haut dans le ciel nocturne, des aliments étaient suspendus aux arbres voisins pour encourager la croissance des *kumara* tout au long du *koanga* (printemps) et du *raumati* (été).

Les Maoris suivaient un calendrier lunaire (*maramataka*), qui compte douze mois de 29,5 jours et une année de 354 jours. On croyait que les phases de la lune, ainsi que les *whetū* (étoiles), influençaient également la croissance des aliments, et *Mawharu*, qui est le douzième jour après la nouvelle lune, était considéré comme un moment favorable pour planter les *kumara*.

### La renaissance moderne de Matariki

Tout au long du 20e siècle, de nombreuses pratiques culturelles et astronomiques maories s'estompèrent, principalement parce que la plupart d'entre elles étaient transmises en mode oral, et la célébration de Matariki disparut.

[ ![Edition of Te Paki o Matariki, July 25, 1893](https://www.worldhistory.org/img/r/p/500x600/14258.jpg?v=1623720457) Édition de Te Paki o Matariki, 25 juillet 1893 Archives of New Zealand (CC BY-NC-SA) ](https://www.worldhistory.org/image/14258/edition-of-te-paki-o-matariki-july-25--1893/ "Edition of Te Paki o Matariki, July 25, 1893")Une renaissance de Matariki s'est produit à la fin des années 1990, avec plusieurs festivals planifiés auxquels ont participé des milliers de personnes qui ont fait voler des *pākau* (cerfs-volants traditionnels portant le nom d'aile d'oiseau). Bien qu'il n'y ait pas de jour unique pour marquer le Matariki et que certains *iwi* considèrent *Puanga* (Rigel dans la constellation d'Orion) comme le signal du début de la nouvelle année, l'intérêt général a conduit à l'institution du premier jour férié dédié au Matariki, qui aura lieu le vendredi 24 juin 2022 - une occasion unificatrice en reconnaissance de l'histoire indigène d'Aotearoa et de l'identité partagée du pays.

#### Editorial Review

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## Bibliographie

- Isabel Hawkins. "The Pleiades Experience in Polynesia, Mesoamerica, and the Andes." *Research Notes of the AAS*, Number 4, Vol 5, 2021, p. 93.
- [Matamua, Rangi. *Matariki.* HUIA Publishers, Wellington, 2017.](https://www.worldhistory.org/books/1775503259/)
- [Orchiston, Wayne. *Exploring the History of New Zealand Astronomy.* Springer, 2015.](https://www.worldhistory.org/books/3319225650/)
- Williams, Jim. "Puaka and Matariki: The Maori New Year." *The Journal of the Polynesian Society*, 122 (1) (2013), pp. 7-20.

## Auteur

Kim est une écrivaine indépendante basée en Nouvelle-Zélande. Elle est titulaire d'une licence d'histoire et d'une maîtrise en sciences du chaos et de la complexité. Elle s'intéresse particulièrement aux fables et à la mythologie, ainsi qu'à l'exploration du monde antique.
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## Citer cette ressource

### APA
Martins, K. (2021, October 27). Matariki. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). *World History Encyclopedia*. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19856/matariki/>
### Chicago
Martins, Kim. "Matariki." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, October 27, 2021. <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19856/matariki/>.
### MLA
Martins, Kim. "Matariki." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. *World History Encyclopedia*, 27 Oct 2021, <https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19856/matariki/>.

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Soumis par [Babeth Étiève-Cartwright](https://www.worldhistory.org/user/bab.cartwright/ "User Page: Babeth Étiève-Cartwright"), publié le 27 October 2021. Veuillez consulter la ou les sources originales pour obtenir des informations sur les droits d'auteur. A noter que les contenus liés à cette page peuvent avoir des des termes de licence différents.

