Roi Salomon

Définition

John S. Knox
de , traduit par Jerome Couturier
publié le 25 janvier 2017
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Texte original en Anglais : Solomon

Dream of Solomon (by Web Gallery of Art, Public Domain)
Le Rêve de Salomon
Web Gallery of Art (Public Domain)

Selon la tradition biblique (le mythe, pour certains), le roi Salomon était le troisième et dernier roi de l'ancien Royaume uni d'Israël. D'autres confessions, telles que l'Islam, reconnaissent également le nom de Salomon en tant que celui d'un roi avisé, et puissant prophète d'Israël. Il était réputé pour sa sagesse, ses nombreux écrits et ses réalisations architecturales. Né vers 1010 av. JC, Salomon était le dixième fils du roi David (deuxième roi de l'ancien Israël uni) et le deuxième fils de Bethsabée. Comme le roi Saül et le roi David, le roi Salomon régna pendant 40 ans dans l'une des périodes les plus brillantes et les plus prospères de l'histoire d'Israël - appelée par beaucoup 'l'Âge d'or' d'Israël.

Pendant son règne, Salomon contrôlait les routes commerciales venant d'Edom, d'Arabie, d'Inde, d'Afrique et de Judée. Il construisit un réseau d'alliances élaboré et profitable (cimenté par des centaines d'épouses et concubines). Il devait construire le premier Temple de Dieu à Jérusalem, lequel fut détruit (avec toute la ville) par les Babyloniens en 586 av. JC. En dépit de succès initiaux, le règne de Salomon fut marqué vers sa fin par plusieurs insurrections et attaques d'ennemis intérieurs et étrangers, ainsi que par une dégradation de l'intégrité nationale et religieuse en raison des relâchements culturels en Israël, qui compromirent et affaiblirent le tissu social du Royaume uni. Il mourut en 931 av. JC, à 80 ans, et fut probablement le roi le plus prospère et le plus productif qui ait jamais régné sur Israël.

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Histoire Traditionnelle du Roi Salomon

L'histoire du roi Salomon commence avec son père, le roi David, et sa mère, Bethsabée. Dans les Écritures, le roi David, oint par le prophète Samuel avant la disparition du roi Saül pour le remplacer, devint officiellement roi de Judée en 1010 av. JC (2 Samuel 2:4). Plus tard (en 1002 avant notre ère), tous les anciens d'Israël l'approchèrent pour qu'il soit leur chef, et "Le roi David fit alliance avec eux à Hébron devant le Seigneur, et ils oignirent David comme roi sur Israël" (Ibid., 5:3). Le règne du roi David dura 40 ans et, comme celui du roi Saül, il commença mieux qu'il ne se termina.

LES ÉCRITURES DÉCLARENT QUE DIEU DONNA À SALOMON NON SEULEMENT LA CONNAISSANCE & LA SAGESSE, MAIS AUSSI 'LA RICHESSE & LES HONNEURS'.

Le zèle initial de David pour Dieu et pour l'intégrité éthique ouvrit la voie à sa renommée initiale et à la fortune. Mais, bien qu'étant un homme de guerre et de sang (selon les Écritures), Dieu décida que David n'était pas apte à être celui qui construirait le Temple de Dieu (lequel devait être remis entre les mains de son fils, Salomon). De plus, l'affaire illicite de David et les actions tortueuses qui suivirent (conduisant à l'assassinat d'Uriah le Hittite et à sa dissimulation) - avec le viol de Tamar, le meurtre d'Ammon et la tentative de coup d'état d'Absalom, entre autres controverses - compliquèrent le reste de son règne. À la fin de sa vie, David avait perdu le contact avec la société israélite et en perdit finalement aussi le contrôle politique. Cela conduisit à une tentative de coup d'état par son fils, Adonija (dont la mère était Haggith, cinquième épouse de David), qui se proclama roi avec l'aide du général Joab et du Grand-Prêtre Abiathar. Cependant, la majorité des agents institutionnels d'Israël ne soutinrent pas la prétention au trône d'Adonija. Les Écritures déclarent que le prophète Nathan se rendit d'abord auprès de Bethsabée pour la prévenir de l'usurpation du trône par Adonija, laquelle se rendit ensuite auprès de son mari, le roi David, pour lui annoncer la préoccupante nouvelle. Finalement, le prophète Nathan rejoignit les deux, et le roi David fit de Salomon son héritier officiel. David dit à Bethsabée: "Assurément, Salomon, ton fils, sera roi après moi, et il s'assiéra sur mon trône à ma place" (1 Rois 1:30).

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Salomon Devient Roi

Le roi David mourut de cause naturelle vers 970 av. JC, et fut inhumé à Jérusalem. Comme évoqué dans les écritures hébraïques et grecques, il facilita l'établissement du royaume d'Israël par sa piété et sa lignée. Avant sa mort, David donna ses derniers ordres à son fils, Salomon, disant: "Observe les ordres du Seigneur ton Dieu: en marchant dans ses voies, et en gardant ses statuts, ses commandements, ses jugements et ses témoignages, comme il est écrit dans la loi de Moïse, afin que tu réussisses en tout ce que tu feras, et où que tu te tournes... car tu es un homme sage". (Ibid., 2:3)

Map of the Levant circa 830 BCE
Carte du Levant vers 830 av. JC
Richardprins (GNU FDL)

Le risque de guerre civile et l'exécution immédiate d'Adonija pour trahison purent être évités pendant un certain temps. Cependant, Adonija tenta de posséder l'ancienne concubine du roi David, Abishag la Sunammite (du village de Sunem en Galilée), derrière le dos du roi Salomon. Cela mit le roi en rage, très probablement à cause de la triangulation clandestine d'Adonija avec Bethsabée et à cause des machinations politiques d'Adonija pour suivre les traces du roi David (Ibid., 2:13-18). Par la suite, "Le roi Salomon envoya Benaja, fils de Jehoiada, qui le frappa [Adonija], et il mourut" (Ibid., 2:25). Le roi Salomon se débarrassa également des autres meneurs du coup d'état - le général Joab et Abiathar le prêtre, Joab fut exécuté et Abiathar, exilé.

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L'un des aspects les plus fantastiques mais essentiels de l'histoire biblique de Salomon est peut-être le don divin qu'il reçut de Dieu tel qu'il est rapporté dans les Écritures. Salomon implora: "Maintenant, Seigneur Dieu, que ta promesse à David mon père soit ferme, car tu m'as établi roi sur un peuple nombreux comme la poussière de la terre. Maintenant, donne-moi la sagesse et la connaissance" (2 Chroniques 1:9). Selon les Écritures, cela impressionna Dieu, donc Salomon reçut non seulement la connaissance et la sagesse, mais aussi "des richesses, des biens et de l'honneur, comme aucun roi n'en a eu avant toi, et aucun n'aura après toi" (Ibid., 1:12). Le Coran indique également que Salomon reçut un don divin de sagesse, et d'autres dons spéciaux: "Nous le [cas en jugement] fîmes comprendre à Salomon. Et à chacun Nous donnâmes le jugement et la connaissance" (21:78-79).

SELON LES ÉCRITURES, "LE ROI RENDIT L'ARGENT & L'OR AUSSI COMMUNS À JÉRUSALEM QUE LES PIERRES & LES CÈDRES AUSSI ABONDANTS QUE LES SYCOMORES DANS LA PLAINE" (2 CHRONIQUES 1:15).

Caractéristiques du Règne de Salomon

La prospérité et le succès de Salomon ont également été permis grâce à des réformes et des innovations ingénieuses telles que l'amélioration des mesures de défense, l'expansion de la cour royale, la manne financière d'une fiscalité plus sophistiquée, les conscriptions de main-d'œuvre Cananéenne et Israélite, les tributs et les dons de pays étrangers sous influence de Salomon, enfin un système de commerce terrestre et maritime qui utilisait une marine et une armée puissantes pour protéger les biens et les routes commerciales. Selon les Écritures, "Le roi rendit l'argent et l'or aussi communs à Jérusalem que des pierres, et les cèdres aussi abondants que les sycomores le sont dans la plaine» (2 Chroniques 1:15).

Le roi Salomon était également fameux pour ses relations internationales, formant des alliances avec des nations voisines puissantes telles que l'Égypte, Moab, Tyr, l'Arabie etc. Beaucoup de ces partenariats furent cimentés par des mariages royaux et des dons de concubines à Salomon, ce qui lui donna finalement 700 épouses et 300 concubines. L'une de ses relations politico-amoureuses les plus célèbres fut avec la reine de Saba (peut-être le Yémen actuel), qui visita Israël avec un somptueux hommage de 120 talents d'or. "Et quand la reine de Saba eut vu la sagesse de Salomon, la maison qu'il avait bâtie, les mets sur sa table, le service de ses serviteurs et leur tenue, ses échansons et leur livrée, et l'entrée par laquelle il montait à la maison du Seigneur, elle en perdit l'esprit" (Ibid., 9:3-4).

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De toute évidence, la reine fut impressionnée par Salomon et ses réalisations, et les deux cultivèrent une relation intime. La reine aida à créer, favorisa et maintint le commerce de Salomon avec d'autres rois arabes. Selon la foi Rastafari (mouvement culturel et religieux développé en Jamaïque depuis les années 1930), Salomon et la reine de Saba eurent un enfant ensemble, dont l'empereur d'Éthiopie Haïlé Selassié Ier ('Dieu de la race noire' car lié alors à la fois au roi David et à Jésus-Christ), serait le descendant.

Le Temple de Salomon

Les Écritures attribuent au roi Salomon d'avoir parrainé, planifié, financé et exécuté la construction du Temple pour abriter l'Arche d'Alliance, selon les souhaits de son père, le roi David, et de Dieu. La construction du Temple est rapportée dans les Écritures comme ayant débuté dans la quatrième année du règne de Salomon, et s'étant terminée sept ans plus tard par une consécration ostentatoire (1 Rois, 2 Chroniques). Au cours d'une célébration de sept jours, Salomon sacrifia 22 000 bœufs et 120 000 moutons pour célébrer l'achèvement du Temple et la volonté de Dieu d'y habiter parmi les Israélites.

Solomon's Temple, Jerusalem
Temple de Salomon, Jérusalem
Unknown Artist (Public Domain)

La conception architecturale du Temple fut calquée sur le tabernacle qui abritait l'Arche d'Alliance pendant des décennies (voire des siècles). Assez somptueux, il était deux fois plus grand et construit principalement en pierre, avec des panneaux de cèdre pour cacher toute la maçonnerie, recouverts d'or. L'intérieur du temple était décoré de sculptures élaborées (calebasses et fleurs ouvertes), de chandeliers dorés, d'un autel à encens (également appelé 'l'Autel d'Or') et de deux colonnes en bronze encadrant son entrée, parmi d'autres ornements. À l'époque, avec plus de 30 m de long sur 12 m de large et 18 m de haut, avec des portes extérieures en ivoire, le Premier Temple a dû sembler une impossibilité, une réalisation miraculeuse, pour la plupart des visiteurs Israélites.

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Selon les Écritures, après l'achèvement du Temple, Salomon fit déplacer l'Arche d'Alliance de la tente que le roi David avait faite pour elle et il la plaça dans la chambre dédiée à l'extrémité la plus occidentale du Temple appelée 'Le Saint des Saints'. Il s'agissait d'un cube parfait de 6 x 6 x 6 m, c'était la pièce la plus sacrée dans laquelle personne à part le Grand-Prêtre (le jour du Grand Pardon, Yom Kippur) ne pouvait entrer sans mourir. Au niveau institutionnel et national, c'était le lieu de l'intersection du Divin avec son peuple à travers son médiateur. Le Temple n'abritait pas seulement les prêtres lévitiques, des pièces latérales et une cour furent construites autour de tout le bâtiment, avec des zones séparées pour les prêtres et les gens du peuple.

En tant que bâtisseur, le roi Salomon s'engagea également dans d'autres projets de construction tels que son palais personnel, la Maison de la Forêt du Liban (à cause du cèdre de ses poutres), la Salle des Colonnes et la Salle de Justice. Et encore, Salomon ne limita pas ses projets à Jérusalem, il reconstruisit aussi plusieurs villes, commanda des flottes de navires et développa de nombreux ports pour les besoins des routes commerciales. Il construisit enfin des écuries pour abriter ses milliers de chevaux et de chars. Il est même possible qu'il ait aidé à ériger (ou financé par le pillage du Temple par les Assyriens ou les Babyloniens) les fameux Jardins Suspendus de Babylone (l'une des légendaires Sept Merveilles du Monde antique).

Littérature de Salomon

Le roi Salomon est également reconnu pour avoir contribué à plusieurs livres et œuvres littéraires des Écritures, incluant le Livre des Proverbes, le Cantique des Cantiques et l'Ecclésiaste. On lui attribue aussi, traditionnellement, des œuvres extra-bibliques, notamment des chants, de la poésie, des histoires et des ouvrages scientifiques de botanique et de zoologie (bien qu'aucun écrit n'ait encore été découvert). Sous Salomon, l'Âge d'Or d'Israël produisit la plupart des œuvres qui furent finalement été rassemblées dans 'Les Écrits' ou 'Ketouvim' des écritures hébraïques.

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Model of Herod's Renovation of the Temple of Jerusalem
Maquette de Restitution du Temple de Jérusalem
Berthold Werner (Public Domain)

Bien que la théologie soit une composante des écrits de Salomon, le genre de la sagesse (également trouvé dans la littérature égyptienne et akkadienne) se concentre davantage sur des domaines extérieurs à la théologie - fournissant des conseils sur le monde réel, les relations, des questions pratiques et divers sujets ou défis personnels. Ainsi, Proverbes traite de l'art de vivre, de comment faire des choix intelligents pour son bien-être futur. Le Cantique des Cantiques (ou Cantique de Salomon) est un poème romantique qui présente l'union suprême entre la mariée et le marié, mettant l'accent sur les thèmes de l'amour, de la sagesse, de la beauté, du pouvoir, du désir, du sexe, de la loyauté, etc. Le Livre de l'Ecclésiaste est un testament royal qui comprend des réflexions personnelles, des méditations et des instructions sur le sens et les buts de la vie, faisant allusion à plusieurs aspects qui auraient été pertinents pour les expériences personnelles de Salomon - sagesse, futilité, richesse, serviteurs, hédonisme, productivité et humble réalisation de soi. Bien que Salomon était le sage écrivain original de beaucoup de ses proverbes, il rechercha également dans son royaume et son empire d'autres écrits et idées d'hommes érudits, et les inclut dans ses compilations.

En dehors des écritures hébraïques, il existe également des écrits attribués au roi Salomon. Le Testament de Salomon est un texte apocryphe du 3ème siècle ap. JC qui mélange la magie, l'astrologie et la démonologie pour raconter la construction du Temple, entre autres thèmes. Le Livre de la Sagesse (ou en grec, la Sagesse de Salomon) est un recueil deutérocanonique (faisant partie de la Bible catholique et orthodoxe, mais non hébraïque) de dictons de sagesse attribués au roi Salomon (Sagesse 9: 7–8), bien que le Fragment de Muratori suggère qu'il a été "écrit par les amis de Salomon en son honneur".

Perte de la Faveur de Dieu

Malgré toutes ces grandes réalisations, les Écritures indiquent que le déclin de Salomon fut similaire à la chute des précédents souverains du Royaume uni d'Israël, en ce que la vanité personnelle et les compromis religieux et moral conduisirent à la désintégration sociale et aux conflits. Salomon s'éloigna progressivement de la priorité de sa relation et de ses obligations envers Dieu afin d'apaiser ses nombreuses épouses étrangères, et de protéger la prospérité et la longévité de son règne. Finalement, "les épouses [de Salomon] tournèrent son cœur vers leurs dieux, et son cœur n'était pas pleinement dévoué au Seigneur son Dieu, comme le cœur de David son père l'avait été" (1 Rois 11:2-4). L'attitude et les actions ingrates et déloyales de Salomon - bien qu'il était l'homme le plus sage et le plus béni de la terre - provoquèrent la colère et le jugement du Seigneur.

Ainsi, bien qu'encore capable de garder le contrôle de la nation d'Israël en raison de la promesse de Dieu au roi David, Salomon perdit la protection et la faveur de Dieu qui auparavant lui avait fourni une paix et une prospérité remarquables. Salomon rencontra rapidement de nouveaux défis à l'intérieur et à l'extérieur de son royaume; en particulier, Jéroboam à qui il avait été promis qu'il règnerait sur Israël par le prophète Ahijah, de Silo, qui contestait le contrôle territorial de Salomon sur la partie sud d'Israël (futur Juda), et celui de Rezon de Damas, qui menaçait la partie nord.

Le roi Salomon mourut de cause naturelle en 931 av. JC, à l'âge de 80 ans. Son fils, Roboam, hérita du trône, ce qui conduisit à une guerre civile et à la fin du Royaume uni d'Israël en 930 av. JC.

Preuves Épigraphiques et Archéologiques pour le Roi Salomon

Comme pour le roi David, vérifier l'existence du roi Salomon est au mieux difficile, d'autant plus que les épigraphes fournissent généralement des informations imprécises, et les récits bibliques reposent sur une présupposition de réalités surnaturelles. Bien qu'il existe de nombreuses preuves archéologiques et épigraphiques pour étayer l'historicité de certaines assertions scripturaires, les découvertes archéologiques n'ont fourni à ce jour que des informations principalement indirectes. Avec de telles lacunes dans les preuves et avec la contamination de trop nombreux champs archéologiques, il est facile de spéculer, de théoriser ou d'argumenter à partir du silence, mais il est difficile de prouver empiriquement ou de réfuter l'existence de Salomon. Cependant, certaines découvertes archéologiques stimulantes mais controversées ont été faites au cours du siècle dernier et appellent considération.

Jean-François Champollion, qui découvrit la Pierre de Rosette en 1799, examina en 1828 le Portique des Bubastites (construit en 925 av. JC), au temple d'Amon à Thèbes. Sur ses murs, figure une longue liste de peuples vaincus par le pharaon Sheshonq Ier comprenant ceux des "Hautes Terres de David", vraisemblablement dirigés à l'époque par le roi Roboam. Ceci amena Champollion à conclure que le pharaon Sheshonq et le roi Shishak d'Égypte des Écritures (1 Rois 14:25), ne sont qu'un.

En 1868, le missionnaire Frederick Augustus Klein découvrit une stèle intacte à Dhiban, en Jordanie, la 'Stèle de Mesha', portant un texte qu'il ne pouvait pas lire. Bien que la stèle fut brisée lors d'une querelle avec des habitants, un estampage sur papier put être faite l'année suivante, et la stèle réassemblée. L'inscription sur la stèle fait référence aux Moabites, à leur dieu, ainsi qu'à la nation d'Israël et à Omri, son sixième roi. Des découvertes similaires telles que l'Obélisque noir de Salmanazar III et la Chronique de Sennachérib confirment également l'existence de rois israélites pendant la domination assyrienne.

The Black Obelisk of Shalmaneser III, side A, 2nd register
L'Obélisque Noir de Salmanazar III, côté A, 2ème registre
Osama Shukir Muhammed Amin (CC BY-NC-SA)

Entre 1957 et 1971, l'archéologue Yigael Yadin commença des fouilles dans deux des trois villes mentionnées dans 1 Rois 9 (Hazor et Megiddo), dont les portes étaient supposées avoir été construites par le roi Salomon vers 960 av. JC. À partir de preuves archéologiques comparées des trois sites, qui incluaient le rapport de fouille de Stewart Macalister à Gezer de 1902 à 1909, Yadin conclut (sur la base des mêmes dimensions de structure) que les portes des trois villes avaient été conçues par le même ingénieur, construites par les mêmes ouvriers (stylistiquement et méthodologiquement de Phénicie), et firent appel au même matériau (maçonnerie de pierre de taille extraite à Tyr). En outre, dans les années 1860, Charles Warren découvrit un mur et une cour à Jérusalem qui se révélèrent plus tard identiques à ceux de Megiddo et datant de la période du roi Salomon.

En 1993, Avraham Biran découvrit l'inscription de la stèle brisée de Tel Dan, dans le nord d'Israël. L'inscription commémore la victoire d'un roi araméen sur ses voisins du sud et fait spécifiquement référence à la fois au "roi d'Israël" et au "roi de la Maison de David". C'est peut-être la première preuve historique réelle et directe de la Dynastie de David en Israël.

En 2010, Eilat Mazar et son équipe découvrirent un mur du 10ème siècle av. JC entre le Mont du Temple et le quartier arabe moderne de Silwan. Le mur faisait partie d'un grand complexe qui comprenait une guérite, une tour de garde et d'autres bâtiments. Sur la base d'objets trouvés dans et autour de la zone, Mazar soupçonne que le mur a au moins 3 000 ans, ce qui placerait sa construction à l'époque du roi Salomon (comme indiqué dans 1 Rois).

En 2012, Eilat Mazar et son équipe découvrirent une ancienne structure sur l'Ophel à Jérusalem qui remonterait à l'époque de Salomon. Dans une dépression rocheuse au sein de cette structure, les archéologues découvrirent aussi une grande jarre de stockage (ou pithos) portant les premières lettres alphabétiques jamais trouvées à Jérusalem écrites sur une jarre en terre cuite. Bien que les sceaux ne fassent pas directement référence au roi David ou Salomon, l'inscription de l'Ophel suggère l'existence d'une société avancée vivant à Jérusalem plus tôt qu'on ne le croyait auparavant, ainsi qu'une administration pleinement opérationnelle qui collectait des impôts et instituait des règlementations pendant la période du règne du roi Salomon.

En 2013, Erez Ben-Yosef et son équipe découvrirent des preuves de datation au radiocarbone obligeant les archéologues et historiens à revoir leurs présomptions concernant les mines de cuivre du désert d'Arava en Israël. Précédemment supposées être égyptiennes, les nouvelles évidences suggèrent que les mines étaient en fait exploitées par les Edomites, anciens ennemis d'Israël mentionnés à plusieurs reprises dans les Écritures, et qui vivaient à l'époque de Salomon.

En 2014, des étudiants et des professeurs de l'Université d'État du Mississippi découvrirent six sceaux officiels d'argile à Khirbet Summeily, près de Gaza. Bien que les sceaux ne fassent pas directement référence aux rois David ou Salomon, ils indiquent une activité officielle du gouvernement au 10ème siècle av. JC, que l'on avait supposé jusque là trop tribal pour une telle sophistication.

En 2016, des archéologues israéliens ont découvert lors de fouilles au Mont du Temple de nombreux petits objets datés de l'époque du Premier Temple, il y a près de 3 000 ans. Ils comprennent des fragments de poterie (une référence en matière de datation archéologique), des noyaux d'olives, des os d'animaux, et ils remontent tous une date uniforme dans la période de Salomon, selon les données de l'équipe.

Conclusion

En aucun cas définitivement concluantes, les découvertes mentionnées donnent une certaine crédibilité à la théorie selon laquelle un Royaume uni d'Israël existait autrefois dans la région méditerranéenne, bien que l'influence régionale d'Israël, les performances militaires, les contributions infrastructurales, et les premiers dirigeants clés d'Israël restent encore quelque peu voilés. Heureusement, de nouvelles découvertes archéologiques ne cessent d'être faites, et les technologies avancées continuent de mettre en lumière ce qui fut dans l'ombre pendant des siècles et des siècles.

Des preuves archéologiques d'autres rois d'Israël et de Juda - tels qu'Omri, Achab, Joram, Ochozias, Jéhu, Ézéchias - ont pu être replacées dans le paysage historique (et l'on peut imaginer que d'autres suivront). Pourtant, compte tenu de la vision traditionnelle du roi Salomon comme le plus sage, le plus prospère, et roi de son temps (et de tous les futurs rois d'Israël), le manque de références historiques et archéologiques directes à lui, avec le nom de "roi Salomon", en dehors des écritures hébraïques, qui le dépeignent comme 'le plus sage des fous', est assez curieux ou alors démonstratif.

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Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

John S. Knox
Le Dr John S. Knox a enseigné la sociologie, l'histoire et la religion pendant près de 20 ans dans des universités chrétiennes du nord-ouest du Pacifique et de la côte est. Il est l'auteur de 10 livres à ce jour, ainsi que de nombreux articles scientifiques sur la sociologie, l'histoire et la religion.

Citer cette ressource

Style APA

Knox, J. S. (2017, janvier 25). Roi Salomon [Solomon]. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-195/roi-salomon/

Style Chicago

Knox, John S.. "Roi Salomon." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. modifié le janvier 25, 2017. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-195/roi-salomon/.

Style MLA

Knox, John S.. "Roi Salomon." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 25 janv. 2017. Web. 24 oct. 2021.