Sisyphe

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 14 décembre 2016
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Texte original en Anglais : Sisyphus

Sisyphus (by Bibi Saint-Pol, Public Domain)
Sisyphe
Bibi Saint-Pol (Public Domain)

Sisyphe est une figure de la mythologie grecque qui, en tant que roi de Corinthe, devint tristement célèbre pour sa nature trompeuse et pour avoir par deux fois défié la mort. Il obtint néanmoins ce qu'il méritait quand Zeus lui infligea la punition éternelle de rouler à jamais un rocher sur une colline dans les profondeurs de Hadès. Fondateur des Jeux Isthmiens et grand-père de Bellérophon, on se souvient aujourd'hui de lui comme un symbole poignant de la folie de ceux qui traitent l'ordre naturel des choses à la légère et qui désirent éviter la mort triste mais inéluctable de l'humanité. L'adjectif Sisyphéen désigne une tâche qui ne peut jamais être accomplie.

Il trompa la mort

Dans la mythologie grecque, l'histoire de Sisyphe a des versions multiples et souvent contradictoires avec des embellissements ajoutés au fil du temps, de sorte que le seul point de certitude est sa terrible punition. Il était le fils d'Éole, décrit par Homère comme un humain qui gouvernait les vents. Sisyphe a le mérite d'être le fondateur et le premier roi de Corinthe. Il acquit l'infamie pour sa tromperie et son intelligence méchante, mais son plus grand exploit fut de tromper la mort et Hadès en personne, non pas une fois mais deux fois, ainsi fidèle à la description qu'Homère fit de lui comme « le plus rusé des hommes » (Iliade, 6, 153). Dans le premier épisode, le roi, après être mort et descendu dans Hadès, réussit audacieusement à capturer Thanatos, la personnification de la Mort, et l'enchaîner pour qu'aucun humain ne meurt par la suite. Seule l'intervention d'Arès résolut la crise, et la Mort fut libérée pour poursuivre son travail naturel.

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Le roi des dieux veilla à ce que les humains ne soient pas encouragés par les exploits de Sisyphe LE TROMPEUR .

Le deuxième épisode fut encore plus couronné de succès. Après être mort pour la deuxième fois et se retrouvant une fois de plus dans le monde de l'obscurité, Sisyphe persuada Hadès de le laisser sortir dans le royaume lumineux des vivants. Car le roi avait habilement arrangé pour que sa femme ne fournisse pas les offrandes et les sacrifices habituels qui étaient dus à la mort de son mari. Travaillant sur la femme aimable de Hadès, Perséphone, le roi plaida qu'en étant libéré, il serait en mesure d'ordonner à sa femme d'accomplir les rituels appropriés et tout serait réglé. À sa libération, Sisyphe, naturellement, ne retourna pas à Hadès, mais vécut jusqu'à un âge mûr, en grande partie grâce à la Mort qui maintenant ne voulait plus s'approcher de lui après sa malheureuse expérience précédente.

Punition de Zeus

Quand le roi mourut de nouveau, il ne devait pas y avoir de fuite possible pour lui cette fois, alors Zeus en personne décida d'intervenir. Le roi des dieux veilla à ce que les humains ne soient pas encouragés par les exploits de Sisyphe le trompeur. Son destin devrait être long et fastidieux. Dans l'Odyssée d'Homère, le héros Odysseus descend dans Hadès et, en rencontrant beaucoup de héros tombés, il voit Sisyphe et sa punition éternelle :

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Sisyphe, agité par de cruels tourments, s'offre à mes regards ; il roule un énorme rocher et le pousse avec ses pieds et ses mains jusqu'au sommet d'une montagne. Mais dès que la roche est près d'atteindre à la cime, une force supérieure la repousse en arrière et l'impitoyable pierre retombe de tout son poids dans la plaine. Sisyphe recommence sans cesse à pousser la roche avec effort, la sueur coule de ses membres, et des tourbillons de poussière s'élèvent au-dessus de sa tête. (Odyssée, Livre 11:593)

Autolycos et autres associations

Dans un autre conte, Sisyphe utilisa sa ruse pour attraper Autolycos, grand-père d'Odysseus et infâme voleur. Sisyphe avait habilement attaché des plaques de plomb aux pieds de son propre troupeau de bétail, et donc quand Autolycos les vola, Sisyphe put suivre les traces et prendre le voleur la main dans le sac. Les plaquettes avaient toutes été inscrites avec les mots « Autolycos les a volés ».

The Punishment of Sisyphus
Le châtiment de Sisyphe
The British Museum (Copyright)

Sisyphe fut aussi le fondateur des célèbres jeux isthmiques de Corinthe, qui se tenaient tous les deux ans en l'honneur de Poséidon, et l'un des quatre grands jeux panhelléniques qui incluaient les Jeux olympiques. Sisyphe fut remplacé en tant que roi de Corinthe par son fils Glaucos – qui fut mis en pièces par ses propres chevaux mangeurs de chair – puis par son petit-fils Bellérophon, dont le cheval ailé Pégase devint un symbole de la ville et une caractéristique des pièces de monnaie corinthiennes.

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Sisyphe dans l'art

Le monde souterrain était un sujet relativement rare pour les peintres de vase grecs, mais il y a une douzaine de vases du 6ème siècle AEC représentant Sisyphe. Sur une amphore athénienne à figures noires, datant de c. 510 AEC et maintenant au British Museum, on peut admirer une scène de la punition de Sisyphe. L'escroc pousse un énorme rocher sur une pente en utilisant ses bras et un genou pendant qu'Hadès, Perséphone et Hermès le regardent. Un autre exemple est une amphore noire au Staatliche Antikensammlungen de Munich qui date de 530 AEC et montre encore une fois Perséphone en train de regarder pendant que Sisyphe porte son rocher, cette fois, inhabituellement peint en blanc. Le mythe revient en popularité au 4ème siècle AEC, lorsqu'il est représenté à l'intérieur de plusieurs tasses à figures rouges et apparaît sur un certain nombre de vases à figures rouges similaires datés qui montrent de multiples figures des Enfers. Dans un de ces derniers exemples, Sisyphe a la punition supplémentaire d'être fouetté par l'une des Furies qui porte une peau de panthère.

En sculpture, Sisyphe apparaît sur une métope de grès de 540 AEC environ, provenant de l'Héraion alla Foce del Sele, près de Paestum. Là, le malheureux escroc doit non seulement rouler sa pierre sur une colline très raide, mais il est en même temps attaqué par derrière par un démon ailé.

Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth enseigne l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2016, décembre 14). Sisyphe [Sisyphus]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-13620/sisyphe/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Sisyphe." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le décembre 14, 2016. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-13620/sisyphe/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Sisyphe." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 14 déc. 2016. Web. 22 oct. 2021.