Ancienne Mythologie Égyptienne

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Caroline Martin
publié le 17 janvier 2013
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Texte original en Anglais : Ancient Egyptian Mythology

Egyptian God Osiris (by Ali Kalamchi, Copyright)
Le Dieu Égyptien Osiris
Ali Kalamchi (Copyright)

La mythologie égyptienne était la structure de croyance et la forme sous-jacente de la culture égyptienne ancienne remontant au moins à 4000 AEC environ (comme en témoignent les pratiques funéraires et les peintures dans les tombes) jusqu’à 30 AEC avec la mort de Cléopâtre VII, le dernier souverain de la dynastie ptolémaïque d'Égypte. Chaque aspect de la vie dans l'Égypte ancienne était façonné par les histoires qui racontaient la création du monde et le maintien de ce monde par les dieux.

La religion égyptienne a influencé d'autres cultures par sa transmission à travers le commerce et elle est devenue particulièrement répandue après l'ouverture de la route de la soie en 130 AEC, la ville portuaire égyptienne d'Alexandrie étant un pôle commercial important. L'importance de la mythologie égyptienne pour d'autres cultures réside dans son développement du concept d'une vie éternelle après la mort, de divinités bienveillantes et de la réincarnation. On dit que les grecs Pythagore et Platon ont été influencés par les croyances égyptiennes en la réincarnation et la culture religieuse romaine a emprunté de manière tout aussi extensive à l'Égypte qu'à d'autres civilisations.

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L’existence humaine était comprise par les égyptiens comme un petit segment d’un voyage éternel présidé et orchestré par des forces surnaturelles sous la forme des nombreuses divinités qui composaient le panthéon égyptien. Selon l’historien Bunson,

Heh, appelé Huh à certaines époques, était l’un des dieux originaux de l’Ogdoad [les huit divinités adorées pendant l’Ancien Empire, 2575-2134 AEC] à Hermopolis et il représentait l’éternité – le but et le destin de toute vie humaine dans les croyances religieuses égyptiennes, une étape de l’existence dans laquelle les mortels pouvaient atteindre le bonheur éternel. (86)

La vie terrestre n’était pas, cependant, simplement un prologue à quelque chose de plus grand, mais faisait partie du voyage entier. Le concept égyptien de l’au-delà était un miroir de la vie sur terre (en particulier, la vie en Égypte) et il était nécessaire de bien vivre cette vie si l’on espérait profiter du reste de son voyage éternel.

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La création du monde

OSIRIS Se révéla être UN DIEU RÉFLÉCHI ET JUDICIEUX ET ATOUM, APRÈS LUI AVOIR DONNÉ LA GOUVERNANCE DU MONDE, PARTIt ALORS POUR vaquer à SES PROPRES AFFAIRES.

Pour les Égyptiens, le voyage commença avec la création du monde et de l’univers hors des ténèbres et du chaos tourbillonnant. Jadis, il n’y avait rien d’autre que de l’eau noire sans fin sans forme ni but. Dans ce vide se trouvait Heka (dieu de la magie) qui attendait le moment de la création. De ce silence aquatique (Nu) la colline primordiale, connue sous le nom de Benben, se leva, le grand dieu Atoum se tenait dessus (ou, dans certaines versions du mythe, le dieu Ptah). Atoum regarda le néant et reconnut sa solitude et ainsi, par l’agence de la magie, il s’accoupla avec sa propre ombre pour donner naissance à deux enfants, Shou (dieu de l’air, qu’Atoum cracha) et Tefnout (déesse de l’humidité, qu’Atoum vomit). Shou donna au monde initial les principes de la vie tandis que Tefnout contribua aux principes de l’ordre.

Laissant leur père sur le Benben, ils entreprirent d’établir le monde. Après un certain temps, Atoum s’inquiéta parce que ses enfants étaient partis depuis longtemps et il enleva donc son œil et l’envoya à leur recherche. Alors que son œil était parti, Atoum resta assis seul sur la colline au milieu du chaos pour contempler l’éternité. Shou et Tefnout revinrent avec l’œil d’Atoum (plus tard associé à l’Œil d’Oudjat, l’Œil de Ra, ou l’Œil tout voyant) et leur père, reconnaissant qu'ils soient rentrés sains et saufs, versa des larmes de joie. Ces larmes, tombant sur la terre sombre et fertile du Benben, donnèrent naissance aux hommes et aux femmes.

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Isis Wall Painting
Peinture murale d’Isis.
The Yorck Project Gesellschaft für Bildarchivierung GmbH (GNU FDL)

Ces premières créatures n’avaient nulle part où vivre, cependant, et donc Shou et Tefnout s'accouplèrent et donnèrent naissance à Geb (la terre) et Nout (le ciel). Geb et Nout, bien que frère et sœur, tombèrent profondément amoureux et étaient inséparables. Atoum trouva leur comportement inacceptable et repoussa Nout loin de Geb, haut dans les cieux. Les deux amants pouvaient toujours se voir mais ne pouvaient plus jamais se toucher. Nout était déjà enceinte de Geb, cependant, et elle donna finalement naissance à Osiris, Isis, Set, Nephtys et Horus - les cinq dieux égyptiens les plus souvent reconnus comme les premiers ou, du moins, les représentations les plus familières des figures de dieux plus anciens. Osiris se révéla être un dieu réfléchi et judicieux et Atoum, après lui avoir donné la gouvernance du monde, partit alors pour vaquer à ses propres affaires.

Osiris & Set

Osiris administra efficacement le monde, régnant avec sa sœur-épouse Isis, et il décida où les arbres pousseraient le mieux et ou l’eau coulerait le plus gentiment. Il créa la terre d’Égypte en parfait accord avec le Nil pour répondre aux besoins du peuple.

En toutes choses, il agit conformément au principe de Maât (harmonie) et honora son père et ses frères et sœurs en gardant toutes choses dans un équilibre harmonieux. Son frère Set devint envieux de la création, cependant, ainsi que de la puissance et de la gloire d’Osiris. Il fit prendre les mesures exactes de son frère en secret, puis commanda un coffre élaboré créé précisément selon ces spécifications. Quand le coffre fut achevé, Set organisa un grand banquet auquel il invita Osiris et soixante-douze autres convives. À la fin de la fête, il offrit le grand coffre en cadeau à celui qui pourrait le mieux tenir à l’intérieur. Osiris, bien sûr, tenait parfaitement et, une fois qu’il fut à l’intérieur du cercueil, Set claqua le couvercle hermétiquement et le jeta dans le Nil. Il dit alors à tout le monde qu’Osiris était mort et il prit la gouvernance du monde.

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Egyptian Hunting in the Marshes
Chasse Égyptienne dans les marais
Jan van der Crabben (CC BY-NC-SA)

Isis refusa de croire que son mari était mort et elle partit à sa recherche, trouvant finalement le cercueil à l’intérieur d’un arbre à Byblos. Les gens de la contrée furent heureux de l’aider à récupérer le cercueil dans l’arbre et, pour cela, Isis les en bénit (comme ils sont devenus plus tard les principaux exportateurs de papyrus en Égypte, on pense que ce détail fut ajouté par un scribe pour honorer la ville qui était si importante pour le travail de l’écrivain). Elle ramena le corps en Égypte et elle se mit à ramasser les herbes et à faire les potions qui ramèneraient Osiris à la vie; laissant sa sœur Nephtys garder l’endroit où elle avait caché le corps.

OSIRIS AVAIT ÉTÉ RAMENÉ À LA VIE PAR ISIS MAIS, PARCE QU’IL ÉTAIT INCOMPLET, IL DESCENDit DANS LE MONDE DE L’AU-DELÀ POUR DEVENIR LE JUGE ET SOUVERAIN VERTUEUX DU ROYAUME DES MORTS.

Pendant ce temps, Set commença à s’inquiéter qu’Isis pourrait localiser le corps d’Osiris et trouver un moyen de le ramener à la vie, car elle était très puissante et bien informée sur ces questions. En la trouvant partie, il demanda à Nephtys où elle était et, quand la déesse répondit, il sut qu’elle mentait. Il put obtenir d’elle où le corps d’Osiris était caché et il y alla, il arracha le couvercle du cercueil, et découpa le corps en quarante-deux morceaux (bien que certaines sources en revendiquent seulement quatorze). Il jeta ensuite les fragments d’Osiris partout à travers l’Égypte de sorte qu’Isis ne pourrait jamais être en mesure de les retrouver et, cela accompli, il retourna à son palais pour y régner.

Quand Isis fut de retour et trouva le cercueil détruit et le corps parti, elle tomba à genoux de désespoir et elle se mit à pleurer. Nephtys, se sentant coupable d’avoir trahi son secret, raconta à Isis ce qui était arrivé et offrit de l’aider à retrouver les morceaux d’Osiris. Les deux sœurs commencèrent alors à explorer le pays à la recherche des morceaux d’Osiris. Partout ou elles trouvèrent une partie du corps, elles l’enterrèrent sur place et construisirent un tombeau pour le protéger de Set. De cette façon, les quarante-deux provinces d’Égypte furent établies par les deux déesses.

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Elles assemblèrent finalement tout le corps sauf le pénis, qui avait été mangé par un poisson. Isis créa ensuite une partie de remplacement pour le phallus et elle s’accoupla avec son mari, tombant enceinte de son fils Horus. Osiris avait été ramené à la vie avec succès par Isis mais, parce qu’il était incomplet, il ne pouvait pas gouverner le monde comme il l’avait fait auparavant. Au lieu de cela il descendit dans le monde de l’au-delà pour devenir le juge et souverain vertueux du royaume des morts.

Horus Bird Statuette
Statuette d'Horus oiseau
Ali Kalamchi (Copyright)

Horus (parfois connu comme Horus le jeune pour le différencier d’Horus le frère d’Osiris) fut élevé dans le secret pour le protéger de Set et, après avoir atteint l’âge adulte, il défia son oncle pour le règne de l’ancien royaume de son père. La bataille fit rage pendant quatre-vingts ans jusqu’à ce que Horus ait vaincu Set et l’ait banni d’Égypte pour aller demeurer dans les déserts arides (bien qu’il y ait de nombreuses variantes de cette histoire et, dans certaines, Horus et Set acceptent de diviser le royaume et, dans d’autres, Set est détruit). Horus régna alors avec sa mère Isis et sa tante Nephtys comme ses conseillères et l’harmonie fut de nouveau restaurée dans le pays.

L’importance de Maât

Bien qu’il existe de nombreuses versions différentes de ce mythe, le seul élément qui reste une référence dans chacune d’elles est le concept de l’harmonie qui est perturbée et qui doit être restaurée. Le principe de Maât était au cœur de toute la mythologie égyptienne et chaque mythe, sous une forme ou une autre, s’appuie sur cette valeur pour la façonner. L’historienne Jill Kamil écrit : « La narration jouait un rôle important dans la vie des anciens Égyptiens. Les actions des dieux et des rois ne furent pas écrites dans les premiers temps et ne trouvèrent leur chemin que par la tradition orale dans la littérature d’une date ultérieure » (Nardo, 52). Il est intéressant de noter que, quelle que soit l’époque dans laquelle les récits furent composés, le principe de l’équilibre harmonieux, de Maât, est au cœur de chacun.

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Le refoulement d’Apep [Apophis], la créature maléfique ressemblant à un dragon qui rôdait à l’horizon, était [un] récit populaire. Chaque soir, au coucher du soleil, il essayait d’arrêter le passage du soleil couchant à travers le monde souterrain. Si le ciel était clair, il indiquait un passage facile ; un coucher de soleil rouge sang montrait une bataille désespérée entre les forces du bien et celles du mal ; mais le soleil était le vainqueur et il y avait toujours une aube nouvelle. [Les Égyptiens] racontaient comment la végétation qui mourait avec la moisson renaissait quand le grain germait, tout comme le dieu-soleil mourait chaque soir et renaissait le lendemain matin (Nardo, 53-54).

Dans l’univers tout était censé être maintenu dans un équilibre constant sans fin et, comme les êtres humains faisaient partie de cet univers, ils participaient eux aussi à cet équilibre éternel. Maât a été rendu possible par la force sous-jacente qui existait avant la création et a rendu possible tous les aspects de la vie : Heka. Heka était le pouvoir magique qui permettait aux dieux d’accomplir leurs devoirs et il soutenait toute vie et était personnifié dans le dieu Heka qui permettait également à l’âme de passer de l’existence terrestre à l’au-delà.

Shabti Dolls
Figurines chaouabtis
koopmanrob (CC BY-SA)

Quand l’âme quittait le corps à la mort, on pensait qu’elle se présentait dans la salle de la vérité pour se tenir devant Osiris pour son jugement. Le cœur du défunt était pesé sur une balance en or contre la plume blanche de Maât. Si le cœur était plus léger que la plume, l’âme était autorisée à se déplacer vers le champ des roseaux, le lieu de la purification et de la béatitude éternelle. Si le cœur était plus lourd que la plume, on le laissait tomber au le sol où il était mangé par le monstre Ammout (le dévoreur) et l’âme cessait alors d’exister.

Bien qu’il existât un concept du monde souterrain, il n’y avait pas « d’enfer » tel qu’il est compris par les religions monothéistes modernes. Comme l’écrit Bunson, « les Égyptiens craignaient l’obscurité et l’inconscience éternelle dans l’au-delà parce que les deux conditions contredisaient la transmission ordonnée de la lumière et du mouvement évident dans l’univers » (86). L’existence, étant une partie du voyage universel qui a commencé avec Atoum et le Benben, était l’état naturel d’une âme et la pensée d’être éternellement séparé de ce voyage, de la non-existence, était plus terrifiant pour un ancien égyptien que n’importe quel monde souterrain de tourment pourrait jamais l’être ; même dans un monde de douleur éternelle, on existait encore.

Un concept d’un monde souterrain semblable à l’enfer chrétien s’est développé en Égypte mais n’a en aucun cas été universellement accepté. Bunson écrit : « L’éternité était la destination commune de chaque homme, de chaque femme et de chaque enfant en Égypte. Une telle croyance a imprégné la vision du peuple… et lui a donné une exubérance de vie certaine inégalée dans le monde ancien » (87). La mythologie des anciens Égyptiens reflétait cette joie de vivre et elle a été l’inspiration pour les merveilleux temples et monuments qui sont une part si importante de l’héritage de l’Égypte aujourd’hui. L'admiration durable pour la mythologie égyptienne et la culture qu'elle a inspirée témoigne de la puissance du message d’hymne à la vie inhérent à ces récits anciens.

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Traducteur

Caroline Martin
Française, ayant vécu au Royaume Uni pendant 20 ans, Caroline Martin est totalement bilingue. Lectrice passionnée depuis son plus jeune âge, elle a développé un amour de l'histoire qui remonte a ses années sur les bancs de l’école. Elle s'intéresse maintenant beaucoup à l'histoire en général et à la géopolitique.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2013, janvier 17). Ancienne Mythologie Égyptienne [Ancient Egyptian Mythology]. (C. Martin, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10650/ancienne-mythologie-egyptienne/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Ancienne Mythologie Égyptienne." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. modifié le janvier 17, 2013. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10650/ancienne-mythologie-egyptienne/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Ancienne Mythologie Égyptienne." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 17 janv. 2013. Web. 24 oct. 2021.