Le royaume de Jérusalem (1099-1291) vit le jour au lendemain de la première croisade (1096-1099) et devint le plus prestigieux des États croisés établis au Levant. Bien qu'il ait été créé par la conquête, ses souverains furent confrontés au défi permanent de gouverner un royaume dont la population, l'économie et la position stratégique dépendaient de la coopération entre les colons latins, les communautés chrétiennes orientales, les puissances maritimes italiennes, les ordres militaires et les États musulmans voisins. La succession était souvent déterminée autant par les mariages, les régences et les factions nobles que par l'héritage direct, ce qui donna naissance à une culture politique dans laquelle les reines, les épouses et les prétendants absents pouvaient exercer une influence considérable. Les fortunes du royaume ont connu des hauts et des bas au gré des événements plus généraux qui ont marqué la Méditerranée orientale médiévale, notamment l'essor des ordres militaires, l'expansion des pouvoirs des Zengides et des Ayyoubides, ainsi que l'évolution des priorités des mouvements croisés successifs.
La période représentée dans cette infographie retrace l'histoire de la maison royale autochtone, de Godefroy de Bouillon (règne de 1099 à 1100) à Isabelle II (règne de 1212 à 1228), dont la mort marqua la fin de la dynastie souveraine autochtone de Jérusalem. Au cours de ces générations, le royaume connut à la fois une expansion territoriale et des crises existentielles, notamment la défaite d'Hattin (1187) et la perte de Jérusalem au profit de Saladin (règne de 1174 à 1193). Pourtant, l'État survécut encore pendant plusieurs décennies, déplaçant son centre politique à Acre et s'adaptant à l'évolution de la situation grâce à la diplomatie, aux alliances dynastiques et au soutien continu des croisades venues d'Europe.