La décision de larguer la bombe atomique en août 1945 fut prise afin d'éviter de nouvelles pertes parmi les Alliés dans la guerre du Pacifique en obligeant le Japon à une capitulation immédiate. Une autre raison venait du fait que, alors que les vainqueurs se disputaient le contrôle des empires brisés des vaincus de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), il s'agissait de montrer à l'URSS que, dans le monde d'après-guerre, les États-Unis disposaient de l'arme de destruction ultime.

Hiroshima et Nagasaki furent choisies comme cibles car il s'agissait de grandes villes relativement épargnées par les combats; ainsi, leur destruction par une attaque nucléaire aurait un impact d'autant plus choquant sur le gouvernement militaire japonais, partisan de la ligne dure, qui semblait déterminé à continuer le combat à tout prix. Le largage des bombes contribua bel et bien de manière significative à la capitulation du Japon, qui survint peu après, à la mi-août.

Le projet Manhattan, nom de code secret du programme de recherche américain visant à mettre au point une bombe atomique, démarra véritablement en août 1942. Au printemps 1945, l'équipe scientifique, dirigée par le physicien nucléaire Robert Oppenheimer (1904-1967), avait atteint son objectif. Le projet avait mobilisé plus de 100 000 personnes et coûté environ 2,5 milliards de dollars. L'essai "Trinity", mené le 16 juillet 1945 dans un endroit isolé du désert près d'Alamogordo, au Nouveau-Mexique, prouva qu'il s'agissait d'une nouvelle arme dévastatrice capable de rayer de la carte plusieurs villes d'un seul coup. L'explosion, d'une puissance équivalente à 18 600 tonnes de TNT, avait détruit toute forme de vie végétale et animale dans un rayon d'un mile (1,609 km). L'onde de choc était si puissante qu'elle fit voler en éclats les vitres à 200 miles (322 km) de là. La déflagration s'était avérée dix fois plus puissante que ce à quoi s'attendaient les scientifiques.

Non seulement la guerre, mais aussi le destin du monde entier avaient basculé du jour au lendemain. Oppenheimer se souvint d'une phrase tirée du texte sacré hindou, la Bhagavad-Gita: "Maintenant, je suis devenu la Mort, le destructeur des mondes" (Marston, 292).

Le projet Manhattan avait été mené pour plusieurs raisons. La première était qu'avec une telle arme, les États-Unis pourraient gagner la guerre. La deuxième était de s'assurer que l'arsenal américain puisse rivaliser avec tout ce qui était développé en secret en Allemagne nazie et en URSS (en réalité, aucun de ces deux États n'avait mis au point de bombe atomique opérationnelle en 1945). Une autre raison, qui apparut plus clairement dans les dernières phases du conflit, était que la possession d'une nouvelle arme aussi redoutable permettrait aux États-Unis de dominer le monde de l'après-guerre.

Alors que la défaite de l'Allemagne semblait inévitable au début de l'année 1945, les États-Unis et l'URSS commencèrent à négocier entre eux pour déterminer qui contrôlerait les territoires autrefois (et pour certains encore en 1945) occupés par les puissances de l'Axe: l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Cette rivalité prit la forme de discussions diplomatiques et de négociations lors de réunions des dirigeants alliés telles que la Conférence de Téhéran (novembre-décembre 1943), la Conférence de Yalta (février 1945) et la Conférence de Potsdam (juillet-août 1945). Les revendications formulées lors de ces conférences avaient beaucoup plus de chances d'aboutir si le prétendant était effectivement en possession du territoire en question. Joseph Staline (1878-1953), le dirigeant de l'URSS, était par exemple déterminé à faire de la Pologne un État satellite soviétique. Le président américain Franklin D. Roosevelt (1882-1945) et le Premier ministre britannique Winston Churchill (1874-1965) tenaient quant à eux absolument à ce que la Grèce reste une démocratie libre et indépendante. Ce ne sont là que deux exemples parmi les nombreuses régions du monde qui firent l'objet de litiges dans ce jeu des empires d'après-guerre.

Les relations des États-Unis et de la Grande-Bretagne avec l'URSS étaient ambiguës. En 1944, les Alliés souhaitaient que l'URSS se joigne à la guerre contre le Japon. En contrepartie, certaines exigences soviétiques seraient satisfaites. Ces exigences comprenaient le contrôle des îles Kouriles, de la partie sud de l'île de Sakhaline (toutes deux situées dans la mer d'Okhotsk et occupées par le Japon), ainsi que le maintien du statu quo en ce qui concernait la Mongolie, un État satellite de la Russie depuis 1924. En 1945, cependant, les États-Unis et la Grande-Bretagne craignaient que, si l'URSS entrait effectivement en guerre contre le Japon, Staline ne formule alors des revendications territoriales en Asie de l'Est. En réalité, l'URSS ne déclara la guerre au Japon que le 9 août 1945 (après le largage de la bombe atomique).

La Conférence de Potsdam adressa un ultimatum au Japon sous la forme de la Déclaration de Potsdam, prononcée le 27 juillet 1945. Le Japon devait se rendre sans condition ou faire face à une "destruction immédiate et totale" (cité dans Smurthwaite, 133). Le gouvernement militaire japonais ignora cette déclaration, estimant peut-être qu'il restait encore une marge de négociation. Cependant, suite au rejet de l'ultimatum par le Japon, il ne faisait désormais plus aucun doute dans l'esprit des dirigeants alliés (si tant est qu'il y en ait jamais eu) que la bombe atomique serait utilisée. Cela valait aussi bien pour Churchill que pour le successeur de Roosevelt, Harry S. Truman (1884-1972), ainsi que pour les hauts responsables militaires. La question n'était pas de savoir si, mais plutôt quand et où?

Conscients des terribles ravages qu'une bombe atomique pourrait infliger à l'ennemi après l'essai "Trinity", les dirigeants alliés comprirent qu'une justification claire était nécessaire pour convaincre l'opinion publique de la nécessité de mesures aussi radicales. Cette justification publique masquait une autre motivation, mais elle était néanmoins largement considérée comme vraie par toutes les parties concernées. L'idée était que seul le largage d'armes atomiques permettrait d'obtenir la capitulation du Japon et d'éviter les pertes humaines extrêmement élevées, tant d'un côté que de l'autre, qu'entraînerait inévitablement un débarquement amphibie conventionnel sur les îles principales du Japon.

Jusqu'alors, tout au long de la guerre du Pacifique, les forces américaines et alliées avaient subi des pertes effroyables pour s'emparer de divers archipels du Pacifique occupés par les forces japonaises. Lors de la bataille d'Okinawa, en avril, mai et juin 1945 – qui s'avéra être la dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale –, environ 100 000 combattants japonais, jusqu'à 150 000 civils et environ 12 000 soldats américains trouvèrent la mort.

La majorité des soldats japonais se battirent jusqu'à la mort pendant la guerre du Pacifique, car on leur avait inculqué que la capitulation était déshonorante et qu'il n'y avait rien de plus glorieux que de sacrifier leur vie pour protéger celle de l'empereur et le territoire japonais contre toute invasion étrangère. Des missions suicides kamikazes avaient été menées tout au long de l'année 1945, et d'autres étaient en cours de préparation au cas où une invasion se produirait. Les bombardements intensifs des villes japonaises par les Alliés, combinés à un blocus naval privant l'armée des ressources nécessaires pour mener la guerre, avaient mis l'armée japonaise à genoux. De nombreux commandants de la Marine américaine affirmaient avoir déjà remporté la guerre. À l'inverse, les commandants de l'Armée de l'air américaine affirmaient que c'étaient eux qui étaient sur le point de remporter la guerre s'ils pouvaient poursuivre la campagne de bombardements encore un peu plus longtemps. Une réalité s'imposait toutefois: le Japon ne s'était toujours pas rendu.

Il subsistait des défenses redoutables à travers tout le Japon, comme le résume ici l'historien D. Wright:

Le Japon disposait encore de 2 350 000 soldats d'active, 250 000 soldats de garnison, 7 000 avions, 4 000 employés des forces armées et 23 000 000 d'hommes, de femmes, de garçons et de filles déterminés à se battre jusqu'à la mort. Si l'on ajoute à cela les kamikazes et les vestiges de la marine, on obtient tous les ingrédients d'un bain de sang qui ferait passer les batailles précédentes pour insignifiantes.
(76)

Même si une invasion réussissait, et rien ne garantissait qu'elle le ferait, les experts et les planificateurs alliés chargés de l'opération de débarquement, baptisée "Opération Downfall", prévoyaient un taux de pertes d'au moins 35 % parmi les troupes américaines engagées, tout comme cela avait été le cas à Okinawa. La bataille pour le Japon prolongerait la guerre jusqu'en 1946, voire au-delà. Le Pentagone estimait à au moins un demi-million le nombre de morts ou de blessés américains qu'une telle opération entraînerait. La médaille Purple Heart est décernée aux militaires américains blessés au combat, et un énorme stock de ces médailles avait été constitué (en fait, il en avait été fabriqué suffisamment en 1945 pour couvrir toute la durée de la guerre de Corée, de la guerre du Vietnam et une bonne partie du XXIe siècle). Il fallait également tenir compte du fait que plus de 100 000 prisonniers de guerre alliés étaient détenus au Japon, et l'on craignait qu'ils ne soient exécutés en cas d'invasion.

Comme l'a fait remarquer Winston Churchill:

Quoi qu'il en soit, il n'y eut jamais le moindre débat sur l'opportunité d'utiliser ou non la bombe atomique. Éviter un carnage immense et sans fin, mettre un terme à la guerre, apporter la paix au monde, apporter le réconfort à ses peuples torturés par une démonstration de puissance écrasante au prix de quelques explosions, tout cela semblait, après toutes nos épreuves et tous nos périls, un miracle de délivrance.
(Moskin, 295)

Les Alliés combattaient depuis plus de cinq ans aux quatre coins du globe. Le risque de devoir faire face à un nombre encore plus grand de soldats alliés était bien réel, et l'idée que deux avions larguent seulement deux bombes pour mettre fin à la guerre semblait donc irrésistible. Tel était le message destiné au public, mais c'était aussi l'opinion personnelle de nombreux dirigeants impliqués. Anthony Eden, alors ministre britannique des Affaires étrangères, déclara plus tard:

Je pense que nous n'avions d'autre choix que de l'utiliser … quelle horreur aurait été l'alternative, combien de temps cela aurait duré et combien de souffrances cela aurait engendré… Je ne pense pas que quiconque aurait pu renoncer volontairement à la possibilité d'écourter la guerre, malgré l'horreur de cette arme.
(Holmes, 571)

Il y avait une deuxième raison, plus subtile, de larguer la bombe: montrer à l'URSS que les États-Unis disposaient désormais d'une arme pour soutenir leur vision du monde d'après-guerre. En effet, cette motivation avait toujours été présente tandis que des milliards de dollars étaient investis dans le projet Manhattan. Comme l'a noté le général Leslie R. Groves, superviseur général du projet:

Dès les deux semaines qui ont suivi ma prise de fonction à la tête de ce projet, je n'ai jamais eu la moindre illusion: la Russie était notre ennemie et le projet était mené sur cette base.
(Dear, 57)

Il ne fait aucun doute que le président Truman estimait que "seule une véritable frappe atomique convaincrait Staline de la force irrésistible qui sous-tendait la diplomatie américaine" (cité dans Liddell Hart, 438). Ce renforcement fut jugé plus nécessaire que jamais à la suite de ce qui était perçu comme une réticence de Staline à respecter les accords conclus lors de conférences telles que celles de Téhéran et de Yalta. Truman était pleinement conscient que de nombreux Américains estimaient que l'URSS tirait le meilleur parti des négociations concernant le partage du pouvoir dans le monde d'après-guerre, une perception illustrée par le dicton courant selon lequel les États-Unis avaient "gagné" la guerre mais "perdu" la paix.

La question restait de savoir où frapper exactement. Deux cibles étaient nécessaires car le projet Manhattan avait mis au point deux différents types de bombes. L'une utilisait de l'uranium radioactif et l'autre du plutonium pour déclencher une réaction nucléaire. Deux attaques pourraient également convaincre le gouvernement japonais que d'autres suivraient, même si les États-Unis ne disposaient pas réellement d'autres bombes nucléaires à l'époque. Si deux grandes villes étaient touchées coup sur coup, le gouvernement militaire japonais, partisan de la ligne dure, pourrait bien être poussé, sous le choc, à capituler immédiatement.

Le Comité des cibles de l'armée de l'air américaine choisit ses deux cibles pour le largage des bombes atomiques pour des raisons très précises. Les scientifiques exigeaient des cibles urbaines plus vastes que l'explosion prévue afin de pouvoir évaluer le potentiel de dégâts. Ça ne servait à rien de raser une petite ville si la majeure partie de l'énergie nucléaire destructrice devait être "gaspillée" dans la campagne alentour. Une deuxième exigence consistait à choisir une cible qui n'ait pas déjà été trop endommagée par les bombardements conventionnels, là encore afin d'évaluer plus précisément la puissance destructrice de l'engin nucléaire. De plus, des cibles de la bombe atomique aussi intactes que possible renforceraient l'impact psychologique de l'attaque. Pour cette même raison, il fut décidé de ne donner aucun avertissement avant l'attaque lorsqu'elle aurait finalement lieu. Enfin, les cibles devaient abriter des installations militaires et industrielles afin que l'attaque ne soit pas dirigée directement, du moins officiellement, contre des civils.

Le bombardement de Tokyo en 1945 à l'aide de bombes incendiaires avait causé tant de destructions que la capitale ne constituait pas une option viable pour une attaque atomique. Soixante-trois autres villes furent écartées pour la même raison. Au prix de quelques difficultés, une liste de dix cibles potentielles fut établie. Deux villes suffisamment grandes et encore relativement épargnées par la campagne de bombardements américains figuraient en première et troisième position sur la liste: Hiroshima et Kokura (qui fait aujourd'hui partie de Kitakyushu). La ville classée deuxième, Kyoto, fut écartée en raison de son importance historique et culturelle; on estimait en effet que sa destruction risquait d'inciter le peuple japonais à continuer de se battre.

Hiroshima, située dans le delta de la rivière Ota, répondait à tous les critères. En plus d'être un grand centre industriel, c'était un important point de rassemblement de l'armée. Hiroshima comptait 280 000 civils et 43 000 soldats. Un autre avantage d'Hiroshima était l'absence de camp de prisonniers de guerre. La bombe à l'uranium "Little Boy" fut larguée par le Boeing B-29 Superfortress Enola Gay sur la ville d'Hiroshima le 6 août 1945.

Une variante de la bombe au plutonium, baptisée "Fat Man", fut larguée par le B-29 Bockscar trois jours plus tard, mais pas sur Kokura comme prévu, car d'épais nuages recouvraient la zone cible. Nagasaki, qui figurait également sur la liste des "10 cibles prioritaires", fut alors choisie comme cible de remplacement. Le ciel était également nuageux au-dessus de Nagasaki, et la bombe fut larguée à 1,5 mile (2,4 km) de son point de visée prévu. Par conséquent, les effets de la bombe ne furent pas aussi puissants que prévu, et les chantiers navals Mitsubishi ainsi que les usines de torpilles ne furent pas, comme cela avait été prévu, totalement détruits.

Les estimations varient, mais on estime que jusqu'à 140 000 personnes furent tuées lors de l'attaque d'Hiroshima et 74 000 à Nagasaki. Ces deux attaques atomiques firent des dizaines de milliers de survivants blessés, et un nombre encore plus important de personnes souffrirent par la suite des effets néfastes de l'exposition aux radiations. Le bilan réel s'élevait peut-être à 300 000 morts. Comme l'annonçait la radio de Tokyo: "Les morts sont trop nombreux pour être comptés. La puissance destructrice de ces bombes est indescriptible" (Moskin, 303).

Les deux bombes atteignirent leur objectif pratique premier: semer la terreur et la stupeur. De plus, l'Armée rouge de l'URSS envahit immédiatement la Mandchourie occupée par le Japon. Staline, désireux de revendiquer des territoires en Asie de l'Est, avait ignoré les initiatives diplomatiques secrètes du Japon visant à obtenir la paix. Face à la menace d'autres horreurs atomiques et à l'apparition d'un nouvel ennemi, l'URSS, l'empereur Hirohito déclara au peuple japonais sa volonté de signer un acte de capitulation le 15 août. Alors que la moitié du gouvernement militaire souhaitait encore se battre malgré tout, seule l'intervention de l'empereur avait rendu la paix possible. Comme l'a noté plus tard le marquis Kōichi Kido, conseiller en chef de l'empereur:

D'une certaine manière, on pourrait dire que les bombardements atomiques et l'entrée en guerre de la Russie contre le Japon ont contribué à mettre fin au conflit. Si ces événements ne s'étaient pas produits, le Japon, à ce stade, n'aurait probablement pas pu cesser de se battre.
(Holmes, 575)

L'empereur Hirohito fut autorisé à conserver son titre, mais après avoir renoncé à sa divinité telle que la revendiquait la religion shintoïste, son rôle fut redéfini en celui d'un monarque constitutionnel. Les États-Unis maintinrent ensuite des troupes d'occupation au Japon jusqu'en 1952.

Le Dr James Bulgin, responsable de l'histoire publique à l'Imperial War Museum britannique, résume ici le débat qui perdure sur les motivations ainsi que le bien-fondé ou non du largage des deux bombes atomiques:

La décision de larguer les bombes sur le Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale reste extrêmement controversée jusqu'à aujourd'hui; certains soutiennent que la guerre aurait pris fin sans qu'il soit nécessaire de les utiliser. D'autres affirment que, même si elles ont finalement joué un rôle significatif pour contraindre le Japon à capituler, cela ne saurait en aucun cas justifier le coût humain qu'elles ont entraîné. Mais c'est là quelque chose d'injustifiable en toutes circonstances. D'autres soutiennent par ailleurs que ce ne sont pas, en réalité, les bombes qui auraient mis fin à la Seconde Guerre mondiale en Asie et dans le Pacifique, mais la décision de l'Union soviétique de déclarer la guerre au Japon et d'envahir la Mandchourie. Ces sujets font l'objet de débats permanents et, en fin de compte, il est probable que nous ne parvenions jamais à un consensus à leur sujet.
(IWM)

Qu'on ait eu raison ou tort d'utiliser une arme nucléaire, le génie était sorti de la lampe. La question que tout le monde se posait en 1945 était la suivante: que pourrait-il se passer ensuite? Oppenheimer et de nombreux autres éminents scientifiques protestèrent contre l'utilisation de la fission nucléaire à des fins militaires et appelèrent à ce que le contrôle de ces armes relève de la compétence d'un organisme international. Certains scientifiques allèrent plus loin encore et réclamèrent l'interdiction totale des armes nucléaires. Cela n'arriva jamais. En réalité, c'est le contraire qui se produisit. Aux États-Unis, les scientifiques poursuivirent leurs expériences et mirent au point une bombe encore plus puissante, la bombe à hydrogène, qui fut testée pour la première fois en 1952 dans les îles Marshall. L'URSS mit en place avec succès son propre programme nucléaire, à l'instar de plusieurs autres États. Désormais, même les avions n'étaient plus nécessaires; des fusées atomiques pouvaient frapper des cibles n'importe où, d'une simple pression sur un bouton. Il était clair que les armes nucléaires étaient là pour de bon, et depuis lors, le monde retient son souffle dans l'espoir qu'aucun État ne les utilise plus jamais dans le feu de l'action.