Au nom de World History Encyclopedia, nous sommes heureux d’accueillir l'égyptologue Garry Shaw, auteur d’un nouvel ouvrage intitulé Egyptian Mythology: A Traveller's Guide from Aswan to Alexandria.

Kelly (WHE) : Bonjour Garry, pourriez-vous commencer par nous dire en quelques mots de quoi parle votre livre?

Garry Shaw (auteur) : Bien volontiers! Il s’agit d'un livre consacré à la mythologie égyptienne, mais c’est également un récit de voyage. L’histoire débute dans le sud du pays, à la frontière traditionnelle qu'est la région d'Assouan, puis elle se poursuit vers le nord jusqu'à la mer Méditerranée, en passant par différents sites chargés d'histoire et de mythologie. J’ai voulu emmener mes lecteurs en voyage afin de leur parler de la mythologie égyptienne au fil des régions traversées. Ceci est une approche à la fois originale et divertissante, assez différente de ce que l'on trouve habituellement dans la plupart des ouvrages sur le sujet.

Les ouvrages consacrés à la mythologie égyptienne abordent généralement le sujet de manière thématique: un chapitre est consacré à un thème en particulier, puis un second aborde un autre sujet. Dans mon livre, j'ai choisi une approche différente, axée sur les différents sites archéologiques de l’Égypte antique. Chaque chapitre est consacré à un lieu en particulier, aux divinités et aux mythes qui y sont rattachés, ainsi qu’aux rituels qui lui sont liés. Mon objectif est de faire découvrir à mes lecteurs différentes villes et localités, et de leur parler, au fil de notre parcours, des créatures mythiques et des croyances qui les entourent. Ce livre s'adresse non seulement à ceux qui entreprennent un voyage en Égypte, mais également à toute personne qui préfère voyager depuis son canapé. Que vous soyez en croisière sur le Nil ou simplement chez vous, si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l'Égypte, sur ses lieux emblématiques et sa mythologie, ce livre est pour vous. J’espère que cette approche originale sera à la fois accessible, captivante, et une véritable invitation au voyage. J’espère que mes lecteurs apprécieront ce livre, car il sort un peu des sentiers battus.

Kelly : J'ai pour ma part beaucoup apprécié votre façon d'aborder la mythologie égyptienne. Comment êtes-vous parvenu à associer voyage et mythologie? Avez-vous rencontré des difficultés?

Garry : J'ai en fait beaucoup de chance, car la mythologie égyptienne se prête très bien à un livre axé sur le thème du voyage - ceci pour la simple raison que chaque région d'Égypte a ses propres dieux. Lorsqu'on visite une ville, on constate qu'un dieu en particulier est à l'honneur dans le temple de cette localité. Puis, quelques kilomètres plus au nord, on découvre une autre ville, un autre temple dédié à un autre dieu. Cela crée donc, au fil du voyage, une trame narrative toute naturelle. Prenons l'exemple de la ville d'Edfou, située dans le sud de l'Égypte, où le dieu vénéré est Horus. La mythologie autour de ce dieu est très riche, car il occupe une place extrêmement importante dans le panthéon égyptien. Tous les rois d'Égypte étaient considérés comme des incarnations du dieu Horus. Ainsi on retrouve Horus à Edfou, et je peux vous parler des mythes qui lui sont associés de manière générale, mais aussi des récits plus spécifiques à cette région, car c'était l'un des principaux lieux de culte de ce dieu.

Il y a aussi à Edfou un temple fabuleux, incroyablement bien conservé, dédié à Horus. Ce temple constitue une attraction touristique majeure et nombreux sont les voyageurs qui se rendent spécialement sur place pour le visiter. Ceci me fournit déjà d’une certaine manière une trame narrative. J’ai donc choisi de consacrer un chapitre de mon livre à ce site. Je me suis rendu sur place; je peux le décrire. Une fois le décor planté, j’en viens à parler de manière générale du dieu Horus, de ce qu'il représentait pour les Égyptiens, puis de la mythologie et des légendes spécifiques liées à ce temple. C'est ce schéma que j'essaie de suivre dans les différents chapitres de mon récit. En ceci je ne fais que suivre les Égyptiens eux-mêmes, puisque leur religion différait selon les régions du pays et en fonction des divinités qui étaient vénérées dans tel ou tel lieu.

Kelly : Je pense que deux éléments m'ont principalement marquée à la lecture de votre livre: d’une part la grande diversité des mythes égyptiens, mais aussi le fait qu’un grand nombre de dieux ont évolué au fil du temps.

Garry : C'est vrai, les dieux égyptiens varient en fonction du lieu. Il n’est pas rare de trouver un mythe dans une région donnée du pays où telle divinité tient le rôle principal, puis, dans une autre région, de découvrir le même mythe avec une autre divinité occupant ce rôle. Il n’y a pas une mythologie figée. Les récits des Égyptiens ont évolué en fonction du lieu et de l’époque, et les dieux impliqués diffèrent souvent d’une légende à l’autre. Il y a une multitude de variations, sans compter que nous avons souvent affaire à des sources fragmentaires, datant de plusieurs milliers d’années. Les mythes égyptiens ont naturellement évolué au fur et à mesure qu’ils étaient repris et répétés au fil du temps. Des éléments fondamentaux de la mythologie égyptienne présentent eux aussi des variations selon les régions. Ce livre m’a ainsi permis d’aborder un certain nombre de points généralement passés sous silence dans d'autres ouvrages. Les lieux eux-mêmes nous obligent à évoquer cette diversité de la mythologie égyptienne!

Comme chacun le sait, les Égyptiens accordaient une importance considérable au soleil, qu'ils vénéraient comme le dieu créateur, l’un des dieux les plus importants de leur panthéon. Ceci semble naturel dans un pays où le soleil brille en permanence. Pour les Égyptiens de l’antiquité, le dieu Soleil renaissait chaque matin ; il se levait au-dessus des montagnes de l’orient et traversait l’horizon à bord d'une barque, le bleu du ciel étant alors perçu comme de l'eau. Après avoir parcouru le ciel d’est en ouest, il disparaissait derrière les montagnes du couchant sous les traits d’un vieillard. Le soleil vieillissait au fil de la journée avant de pénétrer dans un monde souterrain que les Égyptiens appelaient le Douât. Ayant parcouru ce royaume, il se régénérait, puis renaissait. Il s’agit là d’un cycle infini dont nous sommes tous témoins chaque jour. Dans les tombes royales de la Vallée des Rois, on a découvert le Livre de l'Amdouat, qui raconte le périple du dieu Soleil pendant les heures de la nuit. Ces récits présentent parfois des variations, même au sein d’une même tombe.

Kelly : Iriez-vous jusqu’à dire que les versions des mythes égyptiens qui sont aujourd’hui les plus connues ou les plus populaires sont celles qui ont le mieux traversé les siècles, mais pas nécessairement celles auxquelles croyait le plus grand nombre d'Égyptiens dans l’Antiquité?

Garry : En effet, on ne peut s'appuyer que sur ce qui a survécu. Bon nombre des mythes et légendes encore populaires aujourd’hui sont ceux qui ont été repris par les Grecs puis par les Romains, notamment l’histoire d’Osiris. En outre, lorsqu’on examine les sources antiques, on ne dispose que de ce qui a réussi à subsister. On s’appuie sur les découvertes réalisées lors de fouilles, mais même cela reste très fragmentaire. Il y a tout un puzzle à reconstituer. Étant donné aussi que la majeure partie des sources dont nous disposons provient de temples, et plus encore, de tombes, il est normal que l’accent soit mis sur les croyances relatives à l’au-delà. C'est pourquoi on en sait beaucoup plus sur Osiris, par exemple, que sur d'autres dieux. Parce qu’il était le dieu des morts et de l'au-delà, on le retrouve dans chaque tombe. On dispose d'énormément d'informations sur lui, alors que d'autres dieux étaient peut-être tout aussi populaires au niveau local.

Il faut préciser aussi que les choses étaient certainement très différentes selon qu’il s’agissait de temples importants ou de plus petits lieux de culte, voire de petits sanctuaires régionaux ou familiaux. Je suis certain qu’une multitude de mythes et récits locaux n’ont jamais été consignés par écrit. Nous disposons d’une excellente connaissance de la religion égyptienne, mais celle-ci est souvent très centrée sur la religion d’État officielle telle qu’elle était pratiquée dans les plus grands temples, lesquels ont mieux survécu à l’épreuve du temps. Parfois aussi ce qui a survécu se rapporte à une période très tardive de l’histoire égyptienne et les mythes les plus anciens n'ont pas été retenu. On se heurte à toutes sortes de difficultés de ce genre. J’essaie d’être le plus transparent possible dans mon livre: j'avoue que nos sources sont parfois lacunaires, que tel ou tel récit s’arrête brusquement ou qu’il manque un bout de papyrus… Dans bien des cas on ne connait pas la fin de l’histoire…

Kelly : En effet, vous indiquez à plusieurs reprises que certains éléments sont fragmentaires ou qu'il manque une partie du récit, ce qui nous oblige à émettre des hypothèses sur tel ou tel mythe. Vous avez dû, j'en suis sure, avoir recours à de nombreuses sources pour tenter de reconstituer ces récits. Cela a dû être un travail très complexe.

Garry : C'est vrai, ceci a toujours constitué un défi majeur pour les égyptologues depuis qu'ils sont parvenus à déchiffrer les hiéroglyphes. Cependant, toutes sortes de données ont été collectées à partir de ce qui a été découvert dans les temples et les tombes, et celles-ci font l'objet d'études depuis de nombreuses années. J’ai la chance d'avoir hérité de toutes ces connaissances et je peux m’en servir pour mes propres recherches. Mais l’étude de tous ces mythes, des variations que tel ou tel récit peut prendre est un véritable travail de fourmi. Il y a tellement de détails, de similitudes ou au contraire de divergences, que, lorsque j'ai entrepris la rédaction de ce livre, j’ai eu l'impression de recommencer mes recherches à zéro! Pourtant j'avais déjà écrit un ouvrage sur la mythologie égyptienne.

Kelly : Malgré la complexité du travail que vous avez fourni pour écrire ce livre, on vous lit très facilement. J'ai beaucoup apprécié la façon dont votre voix transparaît dans le texte. Vous y avez glissé de petits commentaires qui, selon moi, apportent une touche de légèreté.

Garry : Je suis ravi que le ton de mon livre vous ait plu; j'ai essayé, c’est vrai, d'y glisser quelques touches d'humour. C'est important, je pense, car on retient mieux ce qu’on prend du plaisir à lire. J'espère que mes lecteurs passeront un bon moment en compagnie de mon livre. Je les imagine tenant mon livre entre leurs mains chez eux, sur leur canapé, ou peut-être lors d'une croisière. Mais j'espère surtout que mon récit ne sera pas soporifique! Quelques traits d'humour par ci par là permettront à mes lecteurs, je pense, de retenir certains détails importants. En tant qu'auteur, il m’a semblé essentiel d'avoir une "voix" juste et de laisser transparaitre un peu de ma personnalité dans mon livre. J'ai avant tout cherché à m'adresser à chacun de mes lecteurs, comme si je lui racontais une histoire.

Kelly : À la lecture de votre livre je me suis sentie transportée en Égypte, et vous étiez mon guide sur chaque site que je visitais. C'est ce qui a rendu la lecture de votre ouvrage si agréable, comparé à celle d'autres livres sur le sujet. Mais j'ai une autre question : avez-vous un site archéologique préféré?

Garry : L'Égypte regorge évidemment de lieux exceptionnels, mais mon site préféré est sans doute Saqqarah, dont je parle au chapitre intitulé "Memphis et sa nécropole". Dans ce chapitre, je parle de Memphis, qui se situe près de l'actuelle ville du Caire, j'évoque également sa nécropole et les pyramides de Gizeh. Juste au sud de Gizeh se trouve Saqqarah, une autre grande nécropole où furent enterrés des défunts pendant des milliers d'années. Je suis absolument fasciné par ce site, par la richesse de son histoire ! Saqqarah est un site exceptionnel, parce que les Égyptiens y ont réalisé des sépultures de tous types pendant des milliers d’années : non seulement des sépultures humaines, mais aussi animales. On y a notamment découvert des puits remplis d’animaux momifiés. C'est également là que se trouve la plus ancienne pyramide connue à ce jour: la pyramide à degrés de Djéser. Il s’agit d'un édifice monumental, entièrement construit en pierre, ce qui est vraiment impressionnant! À Saqqarah, on trouve également des pyramides plus récentes, dans lesquelles on a retrouvé les Textes des Pyramides, qui constituent les plus anciennes descriptions du voyage d'un pharaon vers l’au-delà. Il y a tellement de choses à voir à Saqqarah que j’aurais pu écrire des centaines de pages à ce sujet. J’adore passer du temps dans ce lieu et me laisser émerveiller et impressionner par tout ce qui a survécu jusqu’à aujourd’hui.

Kelly : Grâce à votre livre, j'ai également appris que d'autres sites avaient joué un rôle important dans l'Égypte antique, même s’il n’en reste plus grand-chose aujourd'hui. Je pense à un site en particulier, mais son nom m’échappe…

Garry : Vous pensez sans doute à Pi-Ramsès, cette grande cité construite par le célèbre pharaon Ramsès II, aussi connu sous le nom de Ramsès le Grand. Il ne reste plus aujourd'hui qu'un petit village appelé Qantir, où il n'y a rien de particulier à voir, sinon dans un champ, deux pieds monumentaux en pierre, vestiges d'une statue. Pi-Ramsès n'est pas un site touristique. La ville a été abandonnée lorsque les canaux qui l'entouraient se sont ensablés et que l'on a transféré toutes les grandes structures en pierre vers un site voisin, appelé Tanis. La ville de Pi-Ramsès a ainsi été entièrement déplacée et tous ses éléments ont été réutilisés. Lorsqu'on se trouve dans le petit village de Qantir, charmant mais tout à fait ordinaire, il est assez étrange de se dire qu'à cet endroit précis se trouvait jadis une importante cité antique dont il ne reste plus rien aujourd’hui. Je tenais à en parler dans mon livre car Pi-Ramsès fut une ville majeure de l'Antiquité. Cela souligne le contraste entre ce qui a perduré, les grands temples notamment, et d'autres lieux – en particulier les villes et les agglomérations – qui n'ont pas survécu, tout simplement parce qu'on a continué à bâtir des villes sur les mêmes emplacements. Certains vestiges ont donc disparu au fil des millénaires, et il est pratiquement impossible de les retrouver à moins de procéder à des fouilles sous les habitations actuelles ou d'utiliser un géoradar. L'Égypte nous réserve encore bien des découvertes.

Kelly : Ceci me fait penser à un autre lieu abandonné et tombé dans l’oubli: je veux parler d'un site construit durant le règne d’Akhenaton, l'une des périodes de l'Égypte antique qui me fascine tout particulièrement. Vous nous rappelez qu’Akhenaton a jadis construit une cité entière dédiée au culte du dieu Aton, placé par lui au sommet du panthéon égyptien, même si d’autres dieux continuaient à être vénérés.

Garry : C’est vrai, mais la difficulté avec Akhenaton, c’est qu’il est parfois difficile de saisir exactement son système de pensée. Chacun élabore par conséquent ses propres théories à son sujet. Le dieu Aton existait bien avant Akhenaton. Il s’agissait d’une manifestation du dieu Soleil, du disque solaire tel que chacun peut l’observer dans le ciel. Aton était vénéré depuis bien longtemps, mais il n'occupait pas une place aussi importante que d'autres dieux tels que Horus, Osiris, et surtout Amon, Amon-Rê, l'une des divinités les plus importantes avant le règne d'Akhenaton. Akhenaton lui-même était né sous le nom d’Amenhotep. Au début de son règne il était encore connu sous le nom d’Amenhotep IV. Son nom fait donc référence à Amon, ce dieu si important à l'époque. Mais les choses n'en sont pas restées là et le règne d'Amenhotep IV va quelque peu s'écarter de la norme.

Rapidement Amenhotep IV se rend à Karnak où se trouve le principal temple dédié à Amon. Et là, il entreprend la construction d'un temple dédié à Aton! Ce geste marque le début d’un étrange tournant dans l'histoire de l'Égypte, notamment dans les domaines de l'art, de l'architecture et de la religion. Amenhotep IV change de nom pour devenir Akhenaton, en référence à Aton, supprimant ainsi "Amon" de son nom. Il semble nourrir une haine particulière envers le dieu Amon, dont le nom et ceux des membres de sa famille, sont progressivement effacés de tous les sites. Toute référence à une pluralité de dieux est également supprimée et remplacée par la notion d’un dieu unique. La période d’Amarna, la nouvelle capitale bâtie par Akhenaton, est à ce titre une phase très inhabituelle et assez brève de l’histoire égyptienne. Akhenaton n’a régné que 17 ans environ, mais il a opéré tous ces changements assez rapidement. Si les avis divergent quant à ses intentions, il n'en demeure pas moins qu’il s’en est pris personnellement à Amon et à plusieurs autres dieux du panthéon égyptien, leur retirant toute leur importance. Akhenaton était obsédé par le culte du disque solaire, d’un dieu de la lumière, tout le contraire d’Amon qui représentait le monde caché. À l’instar de nombreux dieux égyptiens Amon était vénéré dans l’obscurité, dans un petit sanctuaire situé à l’arrière du temple. Il incarnait donc l’opposé de ce que l’on attend d’un dieu du soleil.

Ce qui est plutôt surprenant c'est qu'Akhenaton s'en soit tout particulièrement pris au dieu Amon, alors qu'il est resté plus tolérant envers d'autres divinités. Sa capitale, Tell el-Amarna, fut fondée sur un site ou personne n'avait encore jamais construit. Dédiée au culte d'Aton, elle fut construite à un rythme effréné mais son existence fut de courte durée. On y bâtit plusieurs palais, un temple principal, ainsi qu'un second temple consacré à Aton. On creusa également des tombes, notamment une tombe royale, à l'intérieur de falaises situées à l'est de la ville, ce qui était à l'époque contraire à la tradition. Les tombes étant alors orientées vers l'ouest, censé symboliser la direction de la mort. Akhenaton, lui, pris la décision d'édifier des tombes à l'est, dans la direction du soleil levant. Il allait également apporter des modifications dans le domaine de l'art et il semble qu'il ait lui-même composé plusieurs hymnes à Aton. On suppose pour autant que le peuple ait été autorisé à continuer de pratiquer les cultes familiaux. Il ne semble pas y avoir eu d'interdiction totale des cultes traditionnels, mais il est clair qu'au niveau de l'État on ait voulu se débarrasser de certains dieux.

À la mort d’Akhenaton, Amarna fut abandonnée et l’on en revint aux anciennes coutumes. Son règne représente une parenthèse assez brève dans l’histoire de l’Égypte. Avec le temps, tout fut enseveli, mais les fondations de la ville sont toujours présentes sous le sable. C’est l’un des sites archéologiques les plus importants au monde, car il révèle une période tout à fait singulière de l’histoire égyptienne, mettant en évidence les bouleversements qui eurent lieu sous le règne de ce roi assez atypique. J’aborde ce sujet dans le chapitre de mon livre consacré à Tell el-Amarna. J'ai essayé de donner un éclairage équilibré et de parler à la fois des changements apportés par Akhenaton mais aussi des choses auxquelles il ne toucha pas. Je laisse mes lecteurs libres de juger par eux-mêmes à quel point Akhenaton fut un pharaon révolutionnaire. J’espère que ce chapitre les intéressera.

Kelly : Tout cela est en effet fascinant! Merci mille fois d'avoir accepté mon invitation et d'être venu nous parler de votre livre!

Garry : C'est moi qui vous remercie!