La guerre du Pacifique désigne le théâtre de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) qui se déroula dans l'océan Pacifique et dans l'est de l'Asie entre le Japon, d'une part, et les États-Unis et leurs alliés, d'autre part. Le Japon avait étendu son empire dans la région tout au long des années 1930, mais l'attaque surprise contre la base américaine de Pearl Harbor entraîna ce pays dans la guerre. La puissance militaire et industrielle des États-Unis leur permit de lancer offensive après offensive et, malgré de lourdes pertes, de repousser l'armée japonaise vers les îles principales, qui furent ensuite bombardées sans relâche. La guerre du Pacifique et la Seconde Guerre mondiale prirent fin après le largage de deux bombes atomiques et la capitulation du Japon en août 1945.

En quête de prestige, de territoires, de nouveaux marchés et de ressources vitales telles que le pétrole, l'armée japonaise n'avait cessé d'étendre l'Empire japonais tout au long des années 1930. Le Japon était dirigé par un gouvernement militaire au sein duquel l'empereur Hirohito n'exerçait qu'une influence purement symbolique. Sur le plan culturel, de nombreux Japonais avaient été éduqués dès leur plus jeune âge à croire qu'ils étaient supérieurs à tous les autres en raison de leur race et à faire preuve d'une loyauté inébranlable envers l'empereur. En bref, le gouvernement militaire avait réussi à convaincre la population que la guerre était une forme naturelle de politique étrangère et que la domination japonaise sur le Pacifique était inévitable.

Jusqu'à la fin de l'année 1941, la confiance du gouvernement militaire semblait justifiée. Le Japon occupait la Mandchourie, Formose (Taïwan), la Corée, certaines parties de la Chine côtière et l'Indochine française (qui comprenait ce qui est aujourd'hui le Laos, le Cambodge et certaines parties de la Thaïlande). Le Japon contrôlait également les îles Mariannes, les îles Carolines et les îles Marshall, et ce depuis la fin de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Le Japon n'était pas le seul à mener une politique impérialiste. La Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et les États-Unis possédaient tous leurs propres possessions coloniales dans la région du Pacifique.

Le 7 décembre 1941, le Japon lança sa célèbre attaque contre Pearl Harbor, à Hawaï, siège de la flotte américaine du Pacifique. On espérait qu'une frappe préventive contre la marine américaine permettrait au Japon de dominer ce théâtre d'opérations de la Seconde Guerre mondiale. Les commandants militaires japonais étaient peut-être devenus trop sûrs d'eux après leur série de victoires en Asie et dans le Pacifique.

Les États-Unis n'étaient pas encore militairement engagés dans la Seconde Guerre mondiale, mais ils apportaient leur aide aux ennemis des puissances de l'Axe (l'Allemagne, l'Italie et le Japon). Les défaites essuyées face à l'Allemagne nazie par les Pays-Bas, la France et la Grande-Bretagne en Europe en 1940 signifiaient qu'ils avaient moins de chances de pouvoir défendre leurs territoires dans le Pacifique. De plus, un traité de paix avec l'URSS, signé en avril 1941, permettait au Japon de se concentrer librement sur son expansion dans le Pacifique. Enfin, la guerre terrestre entre le Japon et la Chine s'était quelque peu enlisée. Il semblait à de nombreux militaristes japonais, en particulier au sein de la Marine impériale japonaise, que toute cette région, soit la moitié du globe, constituait une cible facile à dominer.

D'autres raisons justifiaient l'attaque d'une base navale américaine. La plus importante était que l'embargo américain sur la vente de pétrole et d'autres matières premières au Japon, imposé en 1941, obligeait ce dernier à rechercher les ressources dont il avait besoin par la conquête. Le Japon ne pouvait produire que 6 % de ses besoins en pétrole, tandis que parmi les autres matières premières indispensables figuraient le minerai de fer, le charbon, le plomb, l'étain, le caoutchouc et le nickel. L'Asie du Sud-Est était particulièrement riche en gisements pétroliers. En mettant d'un seul coup la marine américaine hors de combat, la marine japonaise pourrait se concentrer sur l'occupation de ces gisements. On espérait même que le gouvernement américain, alors que de nombreux Américains prônaient une politique d'isolationnisme, préférerait négocier la paix avec le Japon s'il ne disposait pas de suffisamment de navires de guerre pour riposter.

L'attaque de Pearl Harbor exigeait un effet de surprise absolu; c'est pourquoi le gouvernement japonais ne déclara la guerre aux États-Unis que quelques heures avant l'attaque (en réalité, en raison de retards diplomatiques, la déclaration n'arriva qu'après le largage des premières bombes). Les attaques prirent bel et bien les Américains par surprise, bien que les services de renseignement militaires les aient anticipées. La plupart des commandants américains pensaient que les Philippines seraient la première cible d'une éventuelle attaque japonaise.

La force opérationnelle japonaise finit par couler ou sérieusement endommager 18 navires (dont huit cuirassés), détruire ou endommager près de 200 avions américains, et faire 2 403 morts et 1 178 blessés (Dear, 680). Les forces japonaises ne perdirent que 29 avions et six sous-marins. Fait crucial, les porte-avions américains ne se trouvaient pas à Hawaï à ce moment-là, et les dépôts de ravitaillement vitaux restèrent intacts. En conséquence, après l'entrée en guerre des États-Unis en réponse à ce raid, la marine américaine put se remettre de ses pertes. L'attaque fut une victoire tactique, mais pas stratégique. Ce n'était en rien la fin de la guerre du Pacifique, mais seulement le début.

Ce même mois de décembre, le Japon lança avec succès des attaques contre la Malaisie, la Birmanie (Myanmar) et Hong Kong, alors sous contrôle britannique. La marine américaine étant temporairement paralysée et les Britanniques distraits par les événements sur d'autres théâtres d'opérations, l'Empire japonais connut une expansion spectaculaire. Singapour fut prise en février 1942. En mars et avril, les forces japonaises balayèrent les principales îles des Indes orientales néerlandaises (Sumatra, Java, Bornéo, Célèbes et Nouvelle-Guinée). Il semblait que le Japon allait bientôt contrôler l'ensemble du Pacifique occidental, du nord de la Chine jusqu'à l'Australie. Il ne restait plus qu'à s'emparer de la Papouasie et des îles Salomon. L'Australie serait alors terriblement exposée aux attaques aériennes japonaises. Si le Japon parvenait ensuite à s'emparer des Fidji, des Samoa et de la Nouvelle-Calédonie, plus à l'est dans le Pacifique, la marine américaine se retrouverait complètement coupée de sa chaîne d'approvisionnement qui partait de Brisbane et de Sydney.

La première riposte directe des forces armées américaines à l'agression japonaise fut le raid Doolittle du 18 avril 1942. Ce raid, qui tire son nom de son commandant, le lieutenant-colonel James H. Doolittle, vit 16 bombardiers américains B-25 tenter de frapper Tokyo et d'autres cibles au Japon après avoir décollé du porte-avions Hornet, situé à 700 miles (1 100 km) de la capitale japonaise. Ne disposant pas de suffisamment de carburant pour regagner le Hornet, les bombardiers B-25, après avoir frappé Tokyo, durent atterrir en Chine, alliée des États-Unis. La valeur stratégique de ce raid fut très limitée, mais il démontra tant au Japon qu'à l'opinion publique américaine que les forces armées américaines étaient capables de frapper au cœur même de l'ennemi. Tout comme l'attaque de Pearl Harbor, l'effet de choc l'emporta largement sur les dégâts matériels (100 bâtiments endommagés et 50 personnes tuées).

La riposte en mer débuta avec la bataille de la mer de Corail en mai 1942. Il s'agissait de la première bataille de porte-avions de l'histoire. Les États-Unis empêchèrent le Japon d'occuper la Papouasie et les îles Salomon. Le commandant de la flotte américaine du Pacifique, l'amiral Chester W. Nimitz (1885-1966), fut aidé par les services de renseignement militaire qui parvinrent à déchiffrer les messages codés de la marine japonaise. Au cours de cette bataille, le Japon perdit le porte-avions léger Shōhō – c'était la première fois qu'il perdait un porte-avions depuis le début de la guerre –, tandis que les États-Unis perdirent le porte-avions Lexington. Ce fut un prix qui valait la peine d'être payé pour mettre enfin un terme à l'expansion japonaise dans le Pacifique et infliger à la marine japonaise son premier échec opérationnel de la Seconde Guerre mondiale. Plus important encore, deux porte-avions japonais furent si gravement endommagés qu'ils ne purent participer à la confrontation navale suivante, bien plus cruciale.

La bataille de Midway, en juin 1942, est largement considérée comme le tournant de la guerre, car après cet épisode, la marine japonaise mena principalement une guerre défensive marquée par un recul constant. À Midway, la flotte américaine du Pacifique coula quatre porte-avions japonais, ne perdant qu'un seul porte-avions américain, le Yorktown, et détruisit près de 250 avions japonais. Les lourdes pertes en pilotes expérimentés et en équipes de maintenance constituèrent un autre revers grave. Le peuple japonais ne fut pas informé que quatre porte-avions avaient été perdus à Midway en seulement 24 heures.

L'amiral Isoroku Yamamoto (1884-1943), commandant en chef de la Flotte combinée, avait commis plusieurs erreurs importantes qui, malheureusement pour le Japon, allaient se répéter à maintes reprises au cours de la guerre du Pacifique. L'historien M. M. Boatner note que Yamamoto:

…n'a pas suivi la maxime napoléonienne consistant à rassembler toutes les forces disponibles pour l'effort principal; il ne s'est pas placé en position de contrôler les opérations… il n'a pas informé de manière exhaustive les principaux commandants subordonnés du plan à suivre; il a fait preuve de négligence dans le déploiement des forces de reconnaissance et de couverture; mais sa plus grande faute fut peut-être son excès de confiance.
(622)

La puissance économique, industrielle et militaire des États-Unis se manifesta clairement avec la construction de 14 porte-avions de classe Essex en 1943. Ces porte-avions s'accompagnaient de milliers d'appareils. Les États-Unis étaient prêts à passer à l'offensive.

Chasser le Japon des territoires qu'il occupait dans le Pacifique fut loin d'être facile. La plupart des combats devaient se dérouler sur de petites îles, repoussant ainsi les forces japonaises vers le nord grâce à une série de débarquements amphibies. Le premier de ces débarquements eut lieu dans les îles Salomon. La campagne de Guadalcanal dura d'août 1942 à février 1943 et fut marquée par une série de 50 batailles terrestres, aériennes et navales.

19 000 marines américains débarquèrent à Guadalcanal, l'île principale de l'archipel. Au total, 82 navires participèrent à l'opération qui réussit à prendre l'ennemi par surprise. La marine japonaise riposta à l'attaque en envoyant une force de frappe depuis sa base de Rabaul, en Papouasie, ce qui perturba la force de couverture américaine et le débarquement proprement dit. L'armée japonaise fit alors débarquer ses propres forces. Les deux camps voulaient prendre le contrôle de la piste d'atterrissage stratégique de l'île. Les combats dans la jungle intérieure furent acharnés: de nombreux soldats japonais se battirent jusqu'à la mort, voire firent semblant de se rendre avant de se faire exploser, eux et leurs ravisseurs, à l'aide de grenades. C'était là un phénomène préoccupant qui allait désormais caractériser la guerre du Pacifique. De nouvelles batailles navales et l'arrivée de renforts finirent par faire basculer cette guerre d'usure en faveur des États-Unis. Les États-Unis déplorèrent 6.111 pertes. Le Japon perdit environ 24.000 hommes. Le Japon ne pourrait plus menacer les lignes de ravitaillement vitales des États-Unis qui s'étendaient jusqu'en Australie.

Les batailles suivantes eurent lieu lors de la campagne des îles Gilbert et Marshall (de novembre 1943 à février 1944). La stratégie américaine était désormais claire. Dans le cadre de ce que l'on appelle souvent la "stratégie de saut d'île en île", les forces américaines attaquaient et s'emparaient d'un groupe d'îles, puis les utilisaient comme base aérienne et navale pour attaquer un autre archipel. Vaincre l'armée japonaise constituait un défi, même si les forces américaines avaient perfectionné l'art des assauts amphibies: de violents bombardements navals et aériens, suivis du débarquement de milliers de soldats sur les plages à bord de véhicules blindés LVT (Landing Vehicles, Tracked), puis d'un appui aérien encore plus massif à mesure que les troupes s'enfonçaient dans les terres avec des chars.

La bataille de l'atoll de Tarawa, en novembre 1943, devint l'un des combats épiques de la guerre du Pacifique. Comme c'était souvent le cas, les troupes japonaises s'étaient retranchées dans un réseau déroutant de défenses dissimulées et les défendirent jusqu'au dernier homme. Les Marines américains apprirent rapidement comment combattre au mieux cet ennemi invisible à l'aide de bulldozers, d'explosifs et de lance-flammes. Même lorsque la victoire semblait acquise, les soldats japonais, estimant que la reddition était déshonorante et craignant d'être torturés s'ils étaient capturés, lancèrent une dernière charge banzaï désespérée pour éliminer le plus grand nombre possible de soldats américains. L'attaque banzaï tirait son nom du cri de guerre que poussaient les soldats lors de leur charge suicidaire: "Tenno heika banzaï" ("Vive l'Empereur"). La prise de contrôle par les États-Unis des îles Gilbert et des îles Marshall enferma le Japon dans la moitié occidentale du Pacifique. Les forces américaines pourraient désormais lancer des attaques contre la principale base navale japonaise de l'atoll de Truk (nom actuel: lagune de Chuuk), dans les îles Carolines, et commencer à s'enfoncer plus profondément à l'intérieur de l'Empire japonais.

Dans le même temps, la campagne de bombardements alliés sur le Japon se poursuivait, causant des destructions considérables dans plus de 60 villes. L'objectif était de détruire les sites industriels essentiels à l'effort de guerre japonais, mais les bombardements incendiaires étaient aveugles et des dizaines de milliers de civils y perdirent la vie. Des combats acharnés se poursuivaient également contre les forces japonaises dans certaines régions d'Asie du Sud-Est, notamment en Birmanie (Myanmar) et en Chine continentale.

La campagne des Philippines constituait un autre théâtre d'opérations majeur. Sur ce territoire contrôlé par les États-Unis, le général Douglas MacArthur (1880-1964) commandait les forces américaines d'Extrême-Orient depuis son quartier général à Manille. Le Japon attaqua la base aérienne américaine de Luçon en même temps qu'il frappait Pearl Harbor. Une invasion japonaise en décembre 1942 provoqua le retrait des Américains. Les guérilleros philippins poursuivirent leur lutte de résistance jusqu'au retour des forces américaines sous le commandement de MacArthur, d'abord sous la forme d'un groupe aéronaval en septembre 1944, puis d'une force d'invasion à part entière en octobre. Ici, comme ailleurs, la défense japonaise fut acharnée et prolongée.

Pendant ce temps, dans le Pacifique, la série d'assauts amphibies menés par les États-Unis et la résistance acharnée des Japonais se poursuivaient. Parmi les batailles les plus importantes et les plus sanglantes figurent la bataille de Saipan (juin-juillet 1944) et la bataille de Guam (juillet-août 1944), qui permirent aux États-Unis de prendre le contrôle des îles Mariannes. Les offensives américaines parvenaient systématiquement à utiliser de manière efficace et parfaitement coordonnée leurs forces interarmées: marine, aviation navale, marines, infanterie de l'armée de terre, aviation de l'armée de terre et renseignement militaire. L'armée de l'air américaine était désormais en mesure d'exploiter des aérodromes à partir desquels des bombardiers Boeing B-29 Superfortress pourraient frapper directement le Japon. Le bombardement de Tokyo pendant la Seconde Guerre mondiale devint un terrible exemple de la destruction que les États-Unis pouvaient désormais infliger à leurs ennemis.

Nimitz installa son quartier général à Guam, d'où il dirigerait le reste de la campagne du Pacifique. Une autre défaite écrasante pour les Japonais survint lors de la bataille de la mer des Philippines (19-20 juin), où, au cours de la plus grande bataille de porte-avions de la guerre, environ 400 avions japonais, 17 sous-marins et trois porte-avions furent perdus. À la suite de ces pertes, le Premier ministre japonais, le général Hideki Tōjō (1884-1948), qui ne bénéficiait plus du soutien de l'empereur, fut destitué le 18 juillet. Tōjō fut remplacé par Kuniaki Koiso (1880-1950), mais la guerre se poursuivit.

Deux autres débarquements amphibies et deux autres victoires exténuantes pour les États-Unis eurent lieu lors de la bataille d'Iwo Jima et de la bataille d'Okinawa au printemps 1945. L'historien D. Marston a noté qu'Iwo Jima fut "la bataille la plus sanglante de l'histoire du Corps des Marines et le seul débarquement au cours duquel les Japonais infligèrent à leur ennemi plus de pertes qu'ils n'en subirent eux-mêmes" (172). Nimitz déclara: "Parmi les Américains qui ont combattu à Iwo Jima, l'exceptionnelle bravoure était une vertu courante" (Wright, 10). Vingt-sept médailles d'honneur furent décernées pour la bravoure dont ils avaient fait preuve au cours de la bataille.

Okinawa était historiquement considérée comme faisant partie des îles principales du Japon. Elle fut finalement prise, mais au prix d'un taux de pertes extrêmement élevé, atteignant 35 % parmi les troupes alliées. Avec environ 100.000 combattants japonais et jusqu'à 150.000 civils tués, ce fut la dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale.

L'armée japonaise était désormais de plus en plus désespérée. Un nombre important de missions kamikazes avaient déjà été menées contre des cibles à Okinawa. Les avions étaient soigneusement préservés afin de pouvoir effectuer davantage de missions kamikazes lorsque les troupes américaines attaqueraient les principales îles japonaises, ce qui semblait être la prochaine phase inévitable de la guerre. Le Japon pouvait encore mobiliser plus de 2,5 millions de soldats pour se défendre. En fin de compte, l'invasion n'aurait jamais lieu. Les États-Unis avaient secrètement mis au point une nouvelle arme qui promettait de mettre fin à la guerre en une seule journée.

Une équipe de scientifiques américains et européens travaillait depuis août 1942 sur le projet secret Manhattan qui visait à mettre au point une bombe atomique. Ce projet mobilisa plus de 100.000 personnes et coûta environ 2,5 milliards de dollars. En juillet 1945, deux bombes nucléaires avaient été fabriquées et pouvaient être acheminées par avion vers leurs cibles. C'était là un moyen d'éviter une opération amphibie sur les îles principales du Japon, qui, selon les estimations du Pentagone, aurait entraîné, même si elle devait réussir, au moins un demi-million de morts ou de blessés américains.

Lors de la Conférence de Potsdam (juillet-août 1945), le président américain Harry S. Truman, le Premier ministre britannique Winston Churchill, puis son successeur Clement Attlee, ainsi que le Premier ministre soviétique Joseph Staline, lancèrent au Japon, le 27 juillet, un ultimatum de capitulation connu sous le nom de Déclaration de Potsdam. Cet ultimatum fut ignoré. Les dirigeants alliés convinrent tous que des bombes nucléaires devaient être larguées sur le Japon. Il fut décidé de ne donner aucun avertissement afin d'accroître l'impact psychologique de l'attaque. Pour la même raison, les cibles choisies devaient avoir été relativement épargnées par la campagne de bombardements conventionnels. L'espoir était qu'une nouvelle arme aussi terrible obligerait le gouvernement militaire japonais à se rendre immédiatement.

La bombe à l'uranium "Little Boy" fut larguée par le B-29 Enola Gay sur la ville japonaise d'Hiroshima le 6 août 1945. La bombe au plutonium "Fat Man" fut larguée par le B-29 Bockscar sur Nagasaki trois jours plus tard, le 9 août 1945. Les estimations varient, mais l'attaque d'Hiroshima aurait fait jusqu'à 140.000 morts. À Nagasaki, la bombe tua environ 74.000 personnes et en blessa 75.000 autres. Lors de ces deux attaques, des dizaines de milliers de survivants souffrirent des effets néfastes de l'exposition aux radiations au cours des semaines, des mois et des années qui suivirent; en effet, bien plus de personnes perdirent la vie de cette manière que lors des explosions initiales. L'empereur Hirohito déclara sa volonté de signer la capitulation japonaise le 15 août.

Ces deux bombes démontrèrent à l'URSS que les États-Unis possédaient désormais l'arme la plus puissante au monde. Ces deux géants militaires se disputaient déjà le contrôle des territoires autrefois occupés par les puissances de l'Axe. En réalité, le largage des bombes et son impact sur les relations américano-soviétiques, présentes et futures, avaient constitué dès le départ un objectif primordial de l'ensemble du projet, même si la justification officielle était de sauver la vie des militaires alliés. Les États-Unis et leurs alliés avaient remporté la guerre du Pacifique, mettant ainsi fin à la Seconde Guerre mondiale, mais l'ère nucléaire venait de commencer, tout comme la longue Guerre froide entre les États-Unis et l'URSS et leurs alliés respectifs.